MARINE LE PEN

Introduction

On l’appelle souvent Marine chez les adhérents du FN et les électeurs sympathisant du Front National : ce parti que l’on prend un malin plaisir à définir comme d’extrême droite est appelé aujourd’hui officiellement Rassemblement National, RN.

Dans l’opinion publique, les médias, les intellectuels, journalistes, chroniqueurs et, pour les autres familles politiques, c’est toujours le Front National. Et c’est toujours Marine Le Pen. Qui plus est, la femme fatale et le parti d’extrême droite, le mouvement « populiste » quand ont veut l’associer avec le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. Dans cet article assez long, mise à part les personnalités publiques hautement connues de tous, les identités de personnes moins connues seront tronquées afin de respecter la notoriété et l’image de chacun sur le web. Moins connues mais connues tout de même ; il vous sera facile d’identifier la véritable identité des personnes auxquelles je ferais référence. Marine Le Pen n’a pas froid aux yeux : elle a décrit son enfance à travers un ouvrage réalisé en 2006 : « A contre Flot ». Elle écrira aussi un peu plus tard à l’occasion des élections présidentielles de 2012 « Pour que vive la France ». Je n’hésiterai pas dans cet article à faire référence à ces deux ouvrages quand je trouverai utile d’y mettre mon « grain de sel », mon interprétation en tant que lecteur. Et de plus, je ferai de même à propos de Caroline Fourest qui, bien que je l’apprécie quelque peu, semble commettre une mauvaise interprétation du livre A contre flot ; quand elle y fait référence dans son ouvrage de 2011 : Marine Le Pen. D’accord, elle s’est déplacé, a convenu des interviews et notamment auprès de la famille Le Pen, d’accord elle a rencontré au sein du RN (comprendre FN), du monde qui ont accepté de la recevoir… Cela ne lui donne pas le droit d’avoir toujours raison ! Loin s’en faut, mais je ne prétend pas non plus détenir la vérité absolue moi aussi. On peut aussi me contester, bien entendu. Enfin, Marine Le Pen est la fille d’un homme que l’on prend plaisir à détester… La plupart des combats politiques menée par Marine Le Pen, les débats qu’elle mène sur les plateaux de télévision, les interviews qu’elle donne, sont aujourd’hui devenu banales, c’est à dire accepté dans l’inconscient collectif ; si l’on compare avec les années 80 où le parti de Jean-Marie Le Pen avait à peine le droit de louer une salle pour organiser une conférence publique, à peine la possibilité de se voir invité par les journalistes, à peine 5% aux élections… Voilà donc que le RN a redoré son blason, rafraîchit son image, et monté dans les sondages à plus de 20% presque systématiquement. Comment ne pas ressentir le besoin, peut-être même la tentation, de s’y inscrire comme nouveau membre voire ancien membre de retour ? Alors comprendre les ressorts, les mécanismes, les effets politiques de ce parti crée en 1972, nécessite de s’intéresser d’autant plus à Marine Le Pen. Caroline Fourest a réclamé un interview auprès de l’intéressée : sans réponse d’abord, accepté ensuite à contre- cœur de Marine Le Pen ce coup-ci, peut-être. Il paraît que le livre de Caroline Fourest a fait l’objet d’un procès… Elle croise Marine Le Pen dans une émission qui s’intitule Semaine critique, de Franz-Olivier Gi. , où la chroniqueuse habituelle fait son passage professionnel courant. Marine Le Pen a le trac, elle n’a pas l’habitude d’affronter les personnalités authentiques, fortes : devoir répondre à des questions relatives à des vrais sujets de société, n’a jamais été sa meilleure qualité ; c’est le moins que l’on puisse dire. Pourtant Marine Le Pen fut avocate et a défendu des travailleurs immigrés en règle avec la loi -ou non !- sur le territoire français. Elle est donc censé avoir un esprit ouvert ! Pas aussi simple. Mais porter le nom patronymique depuis sa naissance : « Le Pen », ce n’est pas banal dans notre république actuelle qui défend certains principes inscrits dans la constitution. Ajouté à la pression qui va avec, ce ne doit pas être léger à porter. C’est la rentrée 2010 pour l’émission évoquée ci-dessus, et pour faire sa rentrée politique elle en a besoin. Elle doit à la fois séduire le grand public et convaincre les adhérents qui commencent à douter, de lui faire confiance. Non pas directement, la famille Le Pen ne s’adresse jamais directement à ses adhérents, mais au moins par l’intermédiaire des cadres élus quand ça n’est pas les journalistes. N’est-ce pas un pari schizophrène ? Dans cette émission il y a une certaine pression des dialogues entre Caroline Fourest, et Marine Le Pen :  Madame Le Pen s’agace, a du mal à placer un mot quand on lui coupe la parole ; elle a bien du mal à offrir une réponse complète ; enfin se réfugie dans l’attaque personnelle : « Vous êtes gênée parce qu’en réalité vous vous retrouvez d’accord avec le FN. Et ça vous ennuie… » Marine Le Pen conclue : « Etre français, c’est respecter la France et ses traditions ». Lessivée, lassée et humiliée comme toujours : elle accepte l’arrogance de Nicolas Bedos qui entre en scène comme à son habituel pour lui dire : « Marine, tu devrais tuer le père, et venir t’éclater en boîte de nuit. «  Marine Le Pen hésite entre l’envie de rire, et la peur de l’humiliation, mais, on est plus à cela près. Quelques jours plus tard, le chargé de communication en 2010, du RN, Alain Vizir, appelle Caroline Fourest pour lui proposer un rendez-vous. Au siège. L’interview avait lieu avec Caroline Fourest, au siège social du RN aussi en 2010, quelques jours après l’émission radio. Marine Le Pen attend  dans son bureau pour une interview qui va durer deux heures. Chacune est concentrée. Caroline sur ses questions, Marine Le Pen sur ses réponses, puisque de toute évidence, on a déjà soumis les questions à Mme Le Pen, qu’elle a approuvé avant de décider de faire l’interview. Cette entrevue n’est donc pas authentique et spontanée, les dés sont pipés. Marine Le Pen en pleine campagne pour le congrès de la rentrée 2010, son emploi du temps est chargé. Elle passe ses jours de la semaine à sillonner la France pour convaincre des salles préparées à l’avance pour sa venue, ce sont les cadres élus qui la reçoivent et c’est eux qu’elle à cœur de s’adresser, comme une patronne à ses employés… Les adhérents sont triés sur le volet, et gare si l’un d’entres- eux tente de lui adresser la parole, ou de la contester. Les discours tenus au congrès et en conférence locales relatives à ses déplacements sont mûrement bien préparés : comme une leçon apprise par cœur au collège quand on va au tableau devant son maître -le père- sur l’Europe, la mondialisation… Du populisme ?

De toute évidence on le sait à présent en cette année 2019, Marine Le Pen veut tuer « le père », changer le Front National en Rassemblement National non pas seulement en se contentant de changer le nom, mais pour changer la structure interne et les idées du parti. Au risque de perdre des adhérents ? Un électorat fidèle jusqu’alors ?

Croyez-vous que cela va arriver ? Il y a deux ans en 2017, dans les coulisses du plateau du second tour des élections présidentielles, elle a eu un « burn-out » comme on dit dans le monde du travail. Le sentiment d’en avoir marre, que c’est sans illusion. Une autre question me taraude alors : Marine Le Pen a-t-elle vraiment pour projet de gagner un jour les élections présidentielles ? Dans le doute, le parti se conforte en attendant, dans l’opposition -populiste ?- confortable et facile, car sans grandes responsabilités… Vient ensuite la séduction, la masturbation cérébrale : le menhir d’Obélix. La métaphore étant à comparer avec le roseau : souple mais sans plier, avec résistance. Mais avec son père dans le subconscient, sans l’histoire noire du Front National, mais sans ambition d’y croire vraiment aussi… Pour aller où ? Quel est son stimulant ? Où veut-elle nous emmener ? En vérité, toutes les familles politiques font des discours rhétoriques, dénués de sens profond. Marine Le Pen n’est pas une exception. Il faut donc décrypter, contextualiser en comparant avec des faits de société réels, analyser. Cerner ce qui a été dit, mais surtout ce qui n’a pas été dit. La télévision et la radio ne le permettent pas, les articles de presses non plus, quant au blog et site du parti : ce n’est pas Marine Le Pen qui tient le contenu, tout comme sur Facebook ou Twitter, ce n’est pas là non plus que l’on pourra contacter Marine Le Pen directement. Un billet ou un article librement pensé comme sur WordPress le permet. Je prends cette liberté. Même si je n’ai pas toutes les sources. C’est peut-être ici, sur WordPress, que  je peux profiter de cette liberté de rédiger au calme et avec réflexion, analyse, un article, un billet, qui pourrait devenir un livre…?

« Fille de… » et victime

Marine Le Pen ne croit pas à une quelconque discrimination sociale, à l’envers comme à l’endroit ; elle croit plutôt à l’existence d’une polémique à propos d’une  discrimination dite positive ou inversé ; argument inventé pour elle par d’autres pour justifier une quelconque compassion ou une préférence à l’égard d’une certaine population ; mais elle considére que les sympathisants et adhérents sont des électeurs acquis, cependant limités en capacité d’intelligence et de réflexion.

Dans son entretien avec Caroline Fourest le 20 septembre 2010, elle le dit clairement  : « Je ne crois pas que [la discrimination contre la diversité dite arabo-africaine] existe. Je pense que la France est le pays le moins raciste du monde ». Pour elle il y a juste des électeurs qu’il faut manier un peu comme des chiens de chasse qu’il faudrait dresser.

Marine Le Pen considère aussi que les chômeurs de longue durée, les bénéficiaires de minimas sociaux en d’autres termes, sont des assistés, des gens qui se confortent dans une forme de pauvreté qu’ils auraient choisi volontairement, mais qui refusent de s’assumer en se disant victimes d’injustices. Pour Marine Le Pen, les français respectables sont de toutes évidence des salariés qualifiés agent de maîtrise au minimum, avec un salaire qu’elle estime « décent » ; 2000€ net par mois, et en CDI s’il vous plaît ! D’ailleurs la majorité des adhérents bien vu par le RN, les sympathisants ensuite -par rapport à la totalité des adhérents et sympathisants- est de cette tranche, sinon cadres.  En outre, elle prend un malin plaisir à se servir du racisme antiblanc en l’associant aux anti-Le Pen, une sorte d’appel d’air pour capter un électorat supplémentaire… Ce qu’elle ignore ou feint d’ignorer c’est qu’une discrimination contre les indos-européens à peau claire et/ou cheveux blonds existe bel et bien mais ne détermine pas un électorat FN pour autant ! On peut être victime de cette discrimination et être tenté tantôt par l’abstention, tantôt par l’extrème gauche pour des raisons souvent purement économiques et sociales, comme sortir de la pauvreté et avoir un emploi par exemple. Mais dans l’esprit de son autobiographie, son livre A contre flots, publié aux éditions GRANCHET en 2006, est volontiers mis en avant aux électeurs déjà acquis par le FN, devenu maintenant le RN. A cette époque, Marine Le Pen n’était pas encore officiellement du parti, elle était seulement la fille de…

Franche et touchante, elle y décrit une enfance quasi-catastrophique du fait du nom patronymique qu’il lui faut porter déjà très jeune, et une vie passée vers l’âge adulte à « contre-courant ». A contre flots. C’est peut-être ainsi que se perçoit la famille Le Pen : une famille de rameurs paisibles, traçant leur sillon malgré des vents contraires. Un roseau entre les dents, presque la fleur au fusil, ils « résistent ».

Les vents contraires étant l’opposition, le roseau l’électeur qui doute du RN, le fleuve et les fougères pouvant être le monde des (vrais) insoumis : les abstentionnistes.

Cette résistance est une adversité que Marine Le Pen prétend avoir subie étant enfant, mais qu’elle choisie d’affronter -faute de mieux ? – une fois adulte.

Or c’est l’adulte d’aujourd’hui, c’est elle qui a souhaité devenir présidente de son parti et qui a fini par réussir à le devenir ; par contre elle n’a jamais souhaité en vérité  être véritablement présidente de la république, tout comme le père n’a jamais voulu lui-même le devenir un jour. C’est cette adulte qui raconte avoir souffert des discriminations et des persécutions de tout bord, camarades d’écoles mais aussi enseignants ?!

La bohème entre Neuilly et Alger

Marine Le Pen est effectivement née à contre-courant. Dans une clinique (privée) de Neuilly sur seine, un beau jour de 1968. Année où les bobos, la classe sociale la moins fragile, descend dans la rue pour réclamer la démission du Général de Gaulle, l’homme qui a crée le suffrage universel, peut-être l’homme le moins libéral et le moins à droite que la France ai pu connaître dans cette deuxième moitié du XXe siècle ; la Ve république vieillissante et peu démocratique puisque paradoxe oblige : l’idéologie libérale -quelques soient  les partis politiques élus- est resté dominante depuis plus de 50 ans maintenant. Une sorte de libéralisme anonyme qui se dit social, démocratique  et aussi « gaulliste », qui a permis au RN d’avoir maintenant 20% au minimum à chaque élection. Marine Le Pen est née quelque mois après ce mois de mai mouvementé, le 5 août exactement. La France vient de vivre un mois de mai particulier, viendra l’année suivante lorsqu’un certain Serge Gainsbourg chantera « 1969, l’année érotique ». Le pays commence à bouillonner de soif de liberté tant  du point physionomique -l’érotisme-  que de liberté d’expression, et de comportements ; le pays a soif de débats politiques plus proche d’un certain « peuple ».

Jean-Marie Le Pen, lui, avait déjà connu sa pire traversée du désert.

Un député atypique, à l’Assemblée Nationale, n’a pas été suffisamment attentif à ce qui va venir plus tard dans quelques années. Depuis 1962 et les Accords d’Evian, année ou le Général de Gaulle a cédé aux revendications de l’OAS qui, en vérité, fut le partenaire du FLN, Jean-Marie Le Pen se distingue par ses revendications opposantes. En effet, l’OAS et le FLN ont tout deux main dans la main, fait flanché la France, pour qu’elle devienne non plus Aryenne comme peut-être l’aurait souhaité Adolf Hitler, mais progressivement maghrébine, par l’Algérie d’abord, puis viendra ensuite le Maroc… Les idées de Jean-Marie Le Pen sont alors aux antipodes de la majorité populaire des partis politiques, ceux qui ont su faire accepter leurs idées plus facilement : le capitalisme républicain, seul horizon indépassable… Mitterrand par sa position en 1983, puis dans les années 1990 validera ce choix assumé du PS…

Mais revenons à l’année 1968, quand Marine naît, Jean-Marie le père n’est pas là…

Il n’est pas au chevet du lit de sa femme pour assister à la naissance.

Jean-Marie Le Pen fait bien un saut à la maternité pour voir la nouveau-née,  mais repart aussitôt à la Trinité-Sur-Mer. 6 ans après les barricades à Alger, Ce jeune Jean-Marie en pleine forme, milite au sein des comités de soutien pour Tixier-Vignancour, avocat défendeur de l’Algérie Française. Un homme dont il va diriger la campagne présidentielle de 1965, et qui devient le parrain de sa fille aînée.

Le vrai parrain de Marine, en vérité, s’appellera Henri Botey...

Le parrain

« Parrain » est un terme qui, paraît-il selon Caroline Fourest, bien adapté au patron de plusieurs bars, boîtes de nuit et hôtels de Pigalle. Dans cette manière de comprendre le mot on pense plus à Robert de Niro dans Les Affranchis qu’au gentil parrain du cercle familial. A l’époque, le camarade de « virée » de Jean-Marie Le Pen est surnommé l’empereur de Pigalle. La Brigade de Répression du Proxénétisme -BRP-  le soupçonnait de tenir en « sous-main » deux bars, le Lorelei et le Mucha, dans lesquels les hôtesses ne font pas que servir à boire…  A ces différents propos, le RN étant constamment -et en même temps persuadé- d’être le dindon de la farce, le parti victime de préjugés, son service de presse refusa de communiquer.  La petite Marine, quant à elle, se considèra comme petite fille chérie, cependant, sa mère l’appella « miss trompe-la-mort ». Une mort qu’elle va croiser jeune, et de près.

L’attentat

C’est un véritable traumatisme chez Marine Le Pen. La famille vit alors sur deux étages. Au 4e, l’appartement des parents sert à la fois de domicile et de permanence politique. Une véritable formation militaire qu’est cette famille : la discipline et le patriotisme sont de rigueur chez la famille Le Pen ; Tous les cadres élus de l’extrême droite y sont conviés régulièrement, pour dîner. Les filles sont mises en retrait, d’ailleurs elles dorment à l’étage du dessus. Les dupleix ne sont pas encore à la mode et le terme serait de toute façon impropre puisque les deux appartements ne communiquent pas : Pour aller de l’un à l’autre, Il faut emprunter l’escalier de l’immeuble  ; donc pour se rendre dans leurs quartiers selon Caroline Fourest.

Un couloir que Yann -la jeune cadette de 12 ans au moment de l’attentat, Marie-Caroline l’aînée en avait 16- traversa souvent pour visiter ses voisins de palier, dont elle garde le petit garçon. Un heureux hasard a fait que, lorsque je suis venue au monde -3e et dernière fille-, le petit appartement du 5e s’est libéré. expliqua Marine Le Pen dans son livre A contre flots. Si je me basais sur le raisonnement de l’écrivain je dirais que même au sein de la famille, y’avait déjà l’idée de frontières. . Mais il n’en était rien. La seule remarque que l’on puisse faire c’est que cette famille avait bien l’air de ne pas avoir vraiment de problème de manque de logement, quand tant de français peinait déjà à trouver un logement convenable, c’était en 1976. Pour la famille Le Pen, le problème ne se posait pas : Mon père a saisi cette opportunité pour mettre sa famille un peu plus au large, d’où l’extension du domaine familial et la juxtaposition, sur 2 étages, du royaume des enfants et de celui des parents. Parfois Yann passait la nuit au 5e étage. Elle préfère regagner son lit et échappe au pire. C’est ainsi que parfois le destin, l’ange-gardien, nous dis ce que l’on doit faire ce jour-là. Yann est allée faire un baby-sitting chez nos voisins, les parents du petit Guillaume, un bébé d’un an. Elle devait en théorie rester chez eux, mais elle a finalement retraversé le palier pour venir se glisser dans son lit. Les trois soeurs dorment à point fermé quand survient l’explosion : « Il était 3h45 du matin ».

30 ans plus tard, Marine Le Pen n’a pas le souvenir du moindre bruit, seulement d’un immense courant d’air ; un courant d’air qu’elle rappelle dans son livre, <A contre flots> en effet, elle écrira 30 ans plus tard en 2006 : « C’est le froid qui m’a réveillée. A moins que ce ne soit le silence. Un silence de mort, assez assourdissant pour arracher à son premier sommeil une petite fille de 8 ans. » […] En ce matin du 2 novembre 1976, nous n’avons plus de toit. Son premier sommeil ? Marine Le Pen avait-elle des angoisses, des mauvais rêves, des problèmes avec ses parents, pour qu’à seulement 8 ans elle puisse enfin arriver à dormir paisiblement ? Sa chambre est jonchée d’éclats de verre. Je vais me lever lorsque je m’aperçois que mon lit et ma chambre sont parsemés d’éclats de verre. Un trou béant a remplacé l’escalier. Il y a des bris de verre partout, des gravats et surtout le froid qui monte de ce trou, béant, par où semble avoir disparu l’escalier. « Nous voilà maintenant toutes les trois sur le lit de Yann, mortes de peur. Agenouillées, grelottantes, les mains jointes, nous nous mettons à prier avec la ferveur du désespoir : <Je vous salue Marie…>, quand on entend la voix de notre père qui crie depuis l’étage du dessous : <Les filles ! les filles ! Est-ce que vous êtes vivantes ?>  Elles n’ont rien à part quelques égratinures et une grosse frayeur. C’est Marie-Caroline qui répond : « Oui, oui, nous on est là. On n’est pas blessées ! » Les voisins non plus. Mais leur bébé a disparu. Il {Jean-Marie} appelle maintenant les voisins : « Monique, est-ce que vous êtes blessés ? » C’est Bernard, le père du petit Guillaume, qui répond d’une voix blanche : « Pour nous ça va, mais le bébé n’est plus là. Sa chambre a été soufflée ! » On le retrouvera un peu plus tard, suspendu en l’air par sa gigoteuse ; Un matelas a également amortis sa chute ; Il n’a qu’un bras cassé. C’est le petit Guillaume. Projeté du 5e étage avec son matelas qui a amorti la chute -il y était attaché par une « gigoteuse »-, il est tombé sur un arbre et n’a qu’un bras cassé.

Au final, seul le caniche des filles Le Pen, littéralement vitrifié, a succombé à la dynamite. En fait, on retrouvera notre malhereux caniche Rainbow, littéralement « vitrifié » sur notre canapé pendu dans le vide… Ce n’est pas la première fois que les ennemis de Jean-Marie Le Pen tentent de lui régler son compte à l’explosif.

Pour la jeune Marine Le Pen, c’est une nuit « d’horreur », le début d’une brutale prise de conscience. Elle comprend que sa famille n’est pas une famille comme les autres.

Que ceux qui passent à l’improviste au domicile de la famille ne sont pas seulement des amis, mais des camarades de lutte. Que son père « fait de la politique » et que c’est dangereux : Il a fallu en réalité cette nuit d’horreur pour que je découvre que mon père, lui aussi, « faisait de la politique ». J’ai 8 ans et réalise brutalement que mon père est quelqu’un de connu et qu’on lui en veut. Je comprends aussi que mon père peut mourrir, et ce qui est pire encore, de mourir parce qu’on veut le tuer. Des années durant, Marine Le Pen va vivre dans la peur « qu’il arrive quelque chose » à son père. J’ai longtemps vécu dans la peur qu’il lui arrive quelque chose… C’est de cette époque [1976] que Marine Le Pen date son « aversion radicale » pour le terrrorisme, elle le rappellera en 2006. C’est encore ce qui fait qu’aujourd’hui j’éprouve une aversion radicale pour le terrorisme, que je considère comme la forme la plus vile du combat politique, que nulle cause au monde ne peut justifier. Un terrorisme en 1976 n’était pas spécialement réalisé au nom de l’Islam. Ce pouvait être un acte terroriste politique, réalisé par des révolutionnaires indépendants, sorte d’organisation A politique mais  qui se disent communistes ou trotkistes sans pour autant que les partis politiques situés à l’extrême gauche y soient d’ailleurs pour quelque chose !

Ce sont là bel et bien dans ce cas hypothétique, des personnes se revendiquant anti-fascistes qui se cachent dérrière une étiquette politique. Un peu comme le groupe de skeans qui va saccager des pierres tombales de personnes d’origine juive -en référence à l’affaire Carpentras- et qui se cache dérrière l’étiquette FN.

Le FN n’avait peut-être pas de liaison directe ou indirecte avec une profanation à caractère antisémite à cette époque. Et bien l’hypothèse est valable et applicable aussi pour l’extrème gauche ; si peu que vous soyez tenté, cher lecteur et lectrice, de classer ainsi les auteurs de l’attentat Le Pen.

Dans tous les cas, c’est à partir de cet attentat que naît pour Marine Le Pen son besoin de faire bloc avec son père contre l’adversité et l’injustice.

30 ans plus tard, avec son livre « A contre flot », elle continue de voir de l’adversité partout. . Et aussi elle pense au fait que son père n’ait « jamais reçu le moindre signe de solidarité ni de compassion des autorités ». « Mon père, lui, n’a en tout cas jamais reçu le moindre signe de solidarité ni de compassion des autorités. » Mais encore, elle revendique le fait que l’opinon publique, la presse, ainsi que les autorités de tous bord ne se soient jamais demandées qui étaient les coupables : « Le Parisien avait-il des informations ? Probablement pas, mais la question de la libération, anticipée ou non, du ou des auteurs de l’attentat ne s’est jamais posée pour la bonne raison qu’ils n’ont jamais été retrouvés. Ont-ils seulement été recherché ? J’ose l’espérer, mais rien encore aujourd’hui ne permet de l’affirmer. » « A croire qu’il est des victimes qui méritent leur sort… Et c’est là où à l’âge des poupées, je prends conscience de cette chose terrible et incompréhensible pour moi : mon père n’est pas traité à l’égal des autres, nous ne sommes pas traités à l’égal des autres. » Cette « différence de traitement » deviendra, selon ses propres mots, « le moteur de son adversité pour l’injustice ». Cette « différence de traitement », que j’ai ressentie et intégrée dès après l’attentat, deviendra le moteur de mon aversion pour l’injustice.  Moins maintenant en 2019.

En réalité, son père ne fut pas complètement abandonné. Il reçu la visite d’un conseiller d’arrondissement : le comte Bertrand de Maigret, gendre de Michel Poniatowski, alors ministre de l’Intérieur.

La prison dorée de Montretout

Dans son autobiographie, Marine Le Pen révèle que les services de la Ville de Paris n’ont crée aucun « collectif » pour reloger les sinistrés de la Villa Poirier. Il n’y eut aucun « collectif » créé pour le relogement des sinistrés de la Villa Poirier, ou de toit offert par la ville de Paris et l’Etat. C’était à nous d’en trouver un. Mais la famille Le Pen s’en tire pas trop mal, tout du moins il s’en sorte bien plus facilement et beaucoup plus rapidement : En plus des appartements loués par Pierrette Le Pen -la Femme de Jean-Marie et donc la mère des trois enfants- la famille possède une maison de campagne à Mainterne, près de Dreux. Quand Jean-Marie Le Pen veut montrer les crabes à ses filles, il peut aussi les emmener dans leur maison familiale de Bretagne. La vente de ces biens permettrait d’acheter à Paris….

Ce ne sera pas nécessaire. Grâce à Hubert Lambert, la famille vient d’hériter d’une dizaine de millions de francs et d’un hôtel particulier à Saint-Cloud, où la famille s’installe, moins de 5 semaines après l’attentat. Ce fut donc à Saint-Cloud, dans le parc de Montretout, la maison d’Hubert Lambert léguée par héritage à mon père. Hubert Lambert, héritier des ciments éponymes, n’était pas l’oncle caché d’Amérique par où vous vient la bonne fortune… Un ami de longue date ? Cétait un ami de Le Pen, et bien que cette relation fût importante pour l’un comme pour l’autre, la profonde amitié de coeur et d’esprit qui les liait depuis des années ne fut pas la seule et unique raison de son geste… Vient ensuite l’emménagement des cousins qui vont vivre au rez-de-chaussée avec leur famille. Vivant dans une totale fusion avec sa mère, Hubert Lambert n’a en effet pu supporter le chagrin causé par le décès. Il se laisse littéralement mourir dans la maison de Montretout, où ils vivaient tout deux (au rez-de-chaussée, la famille Le Pen étant installé à l’étage) : A ce moment-là, au décès d’Hubert Lambert, vivaient au rez-de-chaussée de la maison leurs cousins. Ce qui donne lieu à une cohabitation franchement orageuse, faite de courants d’airs glacés et d’insultes dans les couloirs. Ces derniers s’attendaient à hériter, du moins est-il logique de le penser, et apprennent sans joie excessive -ce que la suite montrera- l’existence de ce testament qui les déshérite au profit d’un légataire universel, Jean-Marie Le Pen…. Chez les voisins forcés que nous sommes devenus, les cousins Lambert et nous, les noms d’oiseaux volent plus souvent qu’à leur tour. Entre le rez-de-chaussée et les étages supérieurs l’ambiance est donc électrique !

Sauf pour la petite Marine et la petite Lambert, trop heureuses de pouvoir se rencontrer pour jouer du fait de leur âge. Il n’empêche, je réussis malgré tout à devenir copine avec la dernère des Lambert, qui doit avoir 7 ans. Bien qu’enfants, nous n’en avons pas moins conscience des enjeux qui séparent nos parents, alors nous jouons un peu en cachette dans le jardin, dans le parc…Elles enterrent la hache de guerre, « en l’occurence, un coupe-ongles que nous enterrons en secret au fond du jardin ». Alors, comme signe d’une indéfectible amitié et pour sceller le pacte de non-agression entre le rez-de-chaussée et le premier étage, la petite Lambert et la petite Le Pen s’en vont, main dans la main, déposer la hache de guerre au fond du jardin – en l’occurence un coup-ongles que nous enterrerons en grand secret au pied d’un arbre. Dans cet hôtel particulier au début des années 1980, il y a parfois du beau monde, comme Alain Delon ou le prince Sixte de Bourbon-Parme.

C’est dans cette atmosphère particuliere,  à la fois grandiose et désuète, que la jeune Marine Le Pen va grandir après l’attentat. La vie n’en deviendra pas facile pour autant. Dans ce milieu, les gens tiennent particulièrement à leur intimité : l’arrivée de Jean-Marie Le Pen ne fut pas ressentie comme un présage de tranquilité. Quant à nous les filles, il nous semblait avoir atterri en pleine cambrousse. Paris était bien loin et nos amis aussi. Nous avons donc repris une existence en apparence normale après l’attentat, cela dans un contexte qui lui, était tout sauf normal. Avant toute chose, nos parents considéraient que nous n’avions pas à être protégées de la vie. Jean-Marie Le Pen est avant toute chose un homme politique et la politique nécessite un certain nombre de sacrifices. La vie familiale en fait partie. Bien entendu je comprends, même si ça fait mal, que certains le détestent. Un père ayant la passion de lire les factures téléphoniques détaillées de ses employés, on imagine également un argent de poche distribué au compte-gouttes. Ce qui lui ressemble bien, surtout s’il veut faire de la politique en s’adressant à son milieu social.

Brimades à l’école de Saint-Cloud ; parcours

Marine Le Pen allait vers ses 9 ans lorsqu’elle se rend, seule, à l’école communale de Saint-Cloud. Comme toutes les petites filles, elle n’aime pas l’idée d’aller dans une nouvelle école. Quant à son père, il ne souhaite aucune protection particulière pour ses filles. Marine y voit surtout un trait de caractère,  une façon de ne jamais surprotéger ses enfants pour qu’elles s’habituent, très tôt, au nom qu’elles portent. Il n’a pas choisi de les inscrire dans une école privée catholique, mais dans l’école publique de Saint-Cloud, toute proche.  En janvier 1977, nous faisons notre rentrée à l’école publique de Saint-Cloud. En apparence, nous avons repris une vie normale et du haut de mes 8 ans je me rends en effet à l’école comme toutes les petites filles. Aucune protection particulière ne nous a été affectée, aucune mesure de sécurité n’a été prise. Il faut dire que Le Pen est un Breton assez bretonnant et qu’il nous a élevées, formées et forgées, dans l’idée qu’on doit affronter la vie de face et l’assumer coûte que coûte. Il est de ceux qui pensent que ce qui doit arriver arrive ; donc ce n’est pas la peine de changer ses habitudes. Donc à 8 ans, rescapée d’un attentat, je vais à la communale de Saint-Cloud seule et je rentre à la maison, seule.

A l’école, Marine Le Pen réalise combien son père ne laisse personne indifférent : A partir de ce moment,  être la fille Le Pen  a signifié l’entrée dans un monde foncièrement injuste, un monde où j’allais devoir sans cesse me surveiller, me justifier et défendre mon père. Notamment dans l’univers scolaire. C’est en effet à cette époque, et surtout à partir du collège, que je m’aperçois que Le Pen est quelqu’un de connu, en tout cas chez les enseignants. Elle en veut à l’école laïque, cette école qu’elle reproche trop politisée, à cause du zèle idéologique de professeurs de gauche décomplexés par la victoire de Mitterrand. Une école qui va lui découvrir ce qu’est la peur et la boule au ventre, l’humiliation ? Ce sont les expériences vécues enfant qui va amener Marine Le Pen à définir ce que devrait être la laïcité ; en insistant sur la « neutralité » : Mes premières années de collège sont celles du début de la campagne qui voit l’arrivée de Mitterrand au pouvoir.  A 12 ou 13 ans je découvre avec stupéfaction qu’un certain nombre de professeurs ne peuvent pas m’encadrer, pour parler clairement, au seul titre que je suis la fille de mon père. Et ils me le font savoir. Cela a même parfois pris  des proportions assez violentes, comme ce jour où je me suis blessée, au collège, et où, au lieu de me traiter comme n’importe quelle élève, on m’a intimé l’ordre de me taire en disant : « Mademoiselle Le Pen, arrêtez votre comédie ! » Une « comédie » qui s’est terminée à l’hôpital  où ma mère m’a conduite ensuite au sortir de l’école, et qui m’a valu le port d’une minerve pendant un mois. De tels comportements amènent à se poser très objectivement la question de la laïcité. Parce que si l’on en parle, c’est exclusivement sous l’angle de la neutralité religieuse ; or, il ne faut jamais oublier que la laïcité c’est aussi, et peut-être avant tout, la neutralité tout court. Mais cet aspect de la Laïcité, qui devrait être prioritaire dans l’esprit du corps enseignants, a été largement laissé de côté. Or le fondement même de la laïcité c’est la neutralité, y compris politique. Ici l’allusion est donnée : la laïcité c’est aussi la neutralité politique sur la question des religions. Ce qui selon ce qu’elle prétend, ne fut pas le cas dans son école qu’elle juge « très politisée » avec des enseignants très portés sur les idées mitterrandistes. C’est frustrant pour une jeune fille quand il s’agit d’être l’élève disciplinée obéissante qui doit se faire plus humble que les autres pour le nom patronymique qu’elle porte ; et ce, à la limite de l’insoutenable : Car il ne s’agissait pas seulement de dire : « Voilà ce que je pense » [pour les enseignants], mais bien « Voilà ce que je pense et ceux qui ne pensent pas comme moi sont des fachos ». Ce fut particulièrement visible au moment du vote de la loi Badinter sur l’abolition de la peine de mort. Aucun avis divergent n’était toléré sur le sujet et tout ceux qui osaient argumenter en faveur du maintien de la peine capitale étaient considérés par un certain nombre d’enseignants dont j’ai eu à subir les cours comme des fascistes, ce qui signait du reste la fin de tout débat. Je pense que le respect de la neutralité politique à l’école est une valeur précieuse, d’importance égale au respect de la laïcité, et ne doit faire l’objet d’aucune concession. {Mais} on signale partout « le refus par un nombre croissant d’élèves de consommer toute viande non abattue selon le rituel religieux », si bien que tel proviseur « jette la viande non consommée » quand tel autre a « institué une ségrégation entre musulmans et non-musulmans ». Ailleurs, c’est « la surenchère entre familles juives et musulmanes » qui fait rage dans les cantines. Même chose pour les fêtes religieuses, certains proviseurs préférant alors « mettre toute activité en sommeil » voire « fermer en donnant congé aux personnels ». Marine Le Pen se sert aussi de la laïcité  pour partir en guerre contre ce qu’elle décrit : Hélas, il y a plus grave encore :  c’est l’émergence sur notre sol d’une véritable nation musulmane. En effet, les conclusions de quelques rapports d’inspection de l’Education Nationale sont sans ambiguïtés, au début des années 2000 : « un grand nombre d’élèves d’origine maghrébine, Français voire de parents Français, la majorité sans doute dans certains établissements, se vivent comme étrangers à la communauté nationale ». Interrogés sur leur nationalité, ils répondent « Musulmane » et si on les informe qu’ils sont français, ils répliquent que c’est impossible puisqu’ils sont musulmans. Mais ce qui vaut à l’école n’est, comme le disent les rapporteurs, que « la partie scolairement visible d’une dynamique plus vaste, souvent récente, parfois brutale, » d’une montée en puissance du phénomène religieux dans notre société, phénomène assorti de revendications qui concernent « exceptionnellement le christianisme, parfois le judaïsme et très souvent la religion musulmane ». C’est très exactement ce qui est à l’œuvre dans le système scolaire et que les signataires du rapport de l’Inspection générale de l’Education nationale nomment avec une extrême pudeur « des évolutions inquiétantes ». Chaque brimade est associée au nom Le Pen, comme ce jour où l’un des responsables de l’école lui demande de cacher sa médaille de la Vierge sous son pull sur un ton « blessant » : « Mademoiselle Le Pen, tout le monde n’a pas les mêmes opinions religieuses que vous ! » Au nombre des brimades, je me souviens également de ce jour où l’un des responsables de l’école m’a prise à partie méchamment devant tout le monde pour me faire rentrer sous mon pull la médaille de la Vierge que je portais au cou, en disant d’un ton blessant : « Mademoiselle Le Pen, tout le monde n’a pas les mêmes opinions religieuses que vous ! » Ses sœurs, plus âgées, subissent davantage de remarques ou d’indifférences. Ce sens de la distance, trait de caractère de mon père, a bercé notre enfance. Il nous le répétait à l’envie, chaque fois que nous nous mettions en tête de nous plaindre : « Vous pourriez être nues dans la neige en temps de guerre ! » Politiquement, à plusieurs reprise, cette tendance à relativiser lui sera d’ailleurs reprochée. Allusion certaine à sa « tendance à relativiser » sur les camps de concentration : « Mais les chambres à gaz, ne sont qu’un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale » !  Les enfants que nous étions souffrirent profondément de certaines situations, mais pour notre père, la souffrance était autre chose. Un « père » indifférent à la souffrance de ses enfants… ?! Ce que nous vivions était selon lui un désagrément assez dérisoire face à la cause défendue, la France, et d’en appeler à Henri IV : « L’amour immodéré que j’ai pour la France m’a toujours tout rendu facile. » C’est entre sœurs que nous évoquions les injustices qui nous étaient faites. Et puis, je le redis, je crois que ni ma mère ni mon père ne sont intervenues pour la raison que j’évoquais plus haut : notre père considérait que nous n’avions pas à être protégées de la vie, qu’il ne fallait pas qu’on vive dans un cocon, et que, somme toute, la condition humaine étant ce qu’elle est, il convenait de s’endurcir sans délai. Ce qui sembla donner envie à ses professeurs de s’acharner sur le bouc émissaire facile toute trouvé, en insistant sur les atrocités commises dans l’Histoire, pendant sa période scolaire. Alors, les sous-entendus et les regards lourds de reproches m’étaient adressés au détour de tel ou tel sujet étudié. Bien avant le débat sur la façon dont il conviendrait d’enseigner la colonisation, j’avais eu à goûter de « ces salauds de colonisateurs », « ces soldats tortionnaires » et j’en passe. Je peux témoigner que la manière dont la colonisation était abordée à l’époque, surtout en ma présence, ne manquait pas de repentir ! écrit Marine Le Pen.  Jusqu’en faculté de droits où, un jour, en travaux dirigés, l’enseignant trouva délicat de nous faire étudier un arrêt rendu en 73 ayant condamné Le Pen pour « apologie de crime de guerre », à cause d’un disque publié par la SERP. Encore aujourd’hui j’ai du mal à me défaire du malaise que provoquaient en moi ces comportements. Cet épisode est important, car une fois de plus, c’est un ennemi intérieur, la peur du regard de l’autre, qui semble avoir entravé Marine Le Pen. La seconde fille, Yann, a été particulièrement déstabilisée, au point de tout lâcher à la veille de son bac. C’est une conseillère d’éducation kabyle, prénommée Fatima, qui alerte les parents à propos de la cadette : Chez ma sœur Yann c’est allé jusqu’à sa déscolarisation,  ce qui n’est pas un acte anodin. Elle a tout lâché l’année de son bac parce qu’elle n’en pouvait plus.  Marine Le Pen profite de son autobiographie pour remercier l’ancienne conseillère d’éducation : Elle était confrontée à une telle hostilité au lycée, qu’une conseillère d’éducation kabyle, qui s’appelait Fatima et que je remercie ici, l’avait prise sous son aile. C’est cette femme qui est venue trouver nos parents pour leur dire : « L’hostilité politique dont votre fille est victime est proprement inadmissible. « Ce qu’elle vit est insupportable. Elle est confrontée à une dureté telle, que cette gamine est en train d’être vraiment détruite. »  Yann avait déjà décrochée depuis longtemps, mais à bout, elle lâchera tout à quelques mois du bac et partira au loin. Et il aura fallu que ce soit quelqu’un du lycée qui vienne le dire à mes parents. En vain, c’était trop tard. Quel qu’ait été le dévouement de cette femme, [Yann s’en souviendra encore aujourd’hui de son passé scolaire ressentis comme un échec]Ma sœur est finalement partie travailler sous les tropiques l’année de sa terminale, quant à Marie-Caroline, après le bac qu’elle a passé à 17 ans, elle a suivi ses études supérieures aux Etats-Unis et en Angleterre. Conseiller en communication auprès de Jean-Marie Le Pen de 1984 à 1994, Lorrain de Saint Afrique a particulièrement bien connu Marine à cette époque. Il a même été son conjoint… Lors de son entretien avec Caroline Fourest le 7 mars 2011, il relativise la version dramatique qu’elle en donna en 2006 : « Alors que son père était sur tous les kiosques à journaux à propos de la torture en Algérie, je l’ai vue revenir des cours, [scolaires] triomphante. Elle rentrait de classe en levant les bras, en forme de V de la victoire. » Victoire de quoi ? Des tortures de l’Algérie ? De son combat contre les enseignants à propos des préjugés à son encontre ? D’une bonne note ? C’est un épisode que ne raconte pas Marine Le Pen dans son autobiographie. Elle ne raconte pas non plus sa passion et ses sentiments pour Lorrain de Saint Afrique dans cette même période des années 80 à 90…!

En 1984, elle avait 16 ans…Peut-on supposer que ce Lorrain aurait profité de son jeune âge émancipé pour la séduire, la b….?

Par la suite, le président du FN n’aura de cesse de mettre en avant ce qu’il appelle sa « lignée de Celtes d’Armorique » et d’insister sur le prénom de « ses filles » comme étant son prolongement : Marie-Caroline,  Marine et Yann qui ont désormais la charge de transmettre « le flambeau de la vie« .

Dieu reconnaîtra les siens

Sans doute pour apaiser les catholiques traditionnalistes proche de l’ex-FN, amis de Jean-Marie Le Pen et anciens militaires de Saint-Cyr, elle n’oublie jamais de se décrire comme une enfant pieuse qui aurait appris sa leçon par cœur quand elle est demandée au tableau ; qui faisait le carême et allait à l’église sur invitation de sa meilleure amie : J’ai été une petite fille très pieuse, essentiellement grâce à ma meilleure amie Dominique que j’ai rencontré en arrivant à Saint-Cloud. C’est avec elle que je me suis inscrite au catéchisme, et ce sont ses parents, et non les miens, qui m’emmenaient à la messe le dimanche. Car contrairement à une image répandue, si mon père a la foi, il n’est pas un pratiquant assidu. J’ai certes reçue une éducation religieuse traditionnelle, la référence à Dieu étant vécue comme quelque chose de tout à fait naturel. mais dans ce domaine comme dans d’autres, l’éducation de mes parents ne passaient ni par de longs discours, ni par une instruction particulière. La foi étant perçue comme un itinéraire personnel, le cercle le plus intime des êtres, qui requiert par conséquent la plus grande pudeur. Bien qu’allié aux catholiques les plus radicaux, Jean-Marie Le Pen garde un très mauvais souvenir de son passage dans un collège jésuite. Il était si chahuteur et si perturbateur que les Pères ont imaginé un moyen particulier odieux pour s’en débarrasser sans avoir à l’affronter. Ils prétendirent qu’il est arrivé quelque chose à sa mère…  Ce qui pousse le pupille à enfourcher son vélo pour pédaler sans relâche jusqu’à la maison familiale de la Trinité-sur-mer.

En arrivant, à bout de souffle, il découvre qu’on lui a menti. Sa mère va très bien. Mais il ne retournera pas au pensionnat : Il faudra des années à mon père pour revenir, selon ses propres termes, « non pas à la religion, mais à Dieu ». La famille Le Pen d’ailleurs, rejettera l’Eglise pour une durée indéterminée, à travers la fille Marine : A partir du moment où le clergé n’acceptait pas les membres du Front, je n’avais plus envie de croire en l’Eglise. Pire, j’ai perdu l’envie d’y croire. Par miracle, cela n’a jamais atteint ma foi et ma relation personnelle avec Dieu, même si pendant de longues années j’ai éprouvé  un vif ressentiment vis-à-vis de l’institution.

Comme son père. Mais le rejet du modernisme en plus ; en renvoyant dos à dos les progressistes et les traditionnalistes : Divorcé ? Tu n’as rien à faire dans l’église ! Tu n’aimes pas la messe en latin ? Tu n’as rien à y faire non plus, etc. Voilà des gens qui se définissent non dans l’amour, la première des vertus parce que c’est le premier commandement du Décalogue, mais dans l’exclusion, le rejet.

Pauvre famille rejetée par l’Eglise, elle-même d’ailleurs, rejetée peut-être par Dieu pour des raisons bien plus grave… Chaque croyant, dans sa vie personnelle, fait comme il peut pour tenter de se conformer aux préceptes de sa religion. Mais c’est son affaire, une histoire personnelle entre sa conscience et lui-même. Après tout, personne ne contraint quiconque à embrasser la religion catholique, ou à y rester fidèle si cela ne lui convient pas, et personne ne peut promettre sur terre des tickets d’entrée pour le paradis, il n’y a pour cela qu’un seul juge. A la question « Est-ce que vous êtes catholique ? », posée publiquement, j’avais répondu :

« Oui je suis catholique, mais je ne suis pas pratiquante ».

Adolescente en politique

Marine Le Pen n’a pas eu vraiment besoin de supplier son père pour qu’il accepte de lui montrer les coulisses d’une campagne  électorale : les municipales de 1983, où il se présente dans le XXe arrondissement de Paris. En ce mois de mars 1983, Le Pen est candidat dans le XXe arrondissement de Paris, un quartier très populaire du nord-est de la capitale. C’est une campagne extrêmement militante et pour la première fois, très médiatisée. La mobilisation est importante et mon père, qui a compris que je m’intéresse déjà de façon sérieuse à tout cela, me dit : « Si tu veux, je t’autorise à manquer l’école et tu passes une semaine avec moi sur le terrain ». En fait,  beaucoup plus qu’une relation père-fille classique, c’est vraiment une relation de personnalité à personnalité qui s’est établie entre nous, engueulades comprises. Je me suis donc, moi aussi, posé la question fatidique, que se posent toutes les adolescentes rebelles ordinaires : si je faisais en sorte de devenir un problème, peut-être  serai-je enfin le centre d’intérêt de mes parents ? Je n’ai rien fait en ce sens. L’occasion, si elle s’est présentée, n’était sans doute pas assez tentante. Mais surtout, je crois que, au fond, je savais que toute tentative de me poser en rivale de la politique serait vouée à l’échec. La compétition était perdue d’avance, et partant, la rébellion inutile. Elles sont également présentes au premier rang lorsqu’il est invité pour la première fois à L’Heure de vérité, émission politique  le 13 février 1984.

Sur le moment, ses filles semblent très heureuses de participer à une émission de télévision. Dès le lendemain, la benjamine comprend que son visage sera désormais aussi lourd à porter que son nom : Le 13 février 1984, Le Pen est donc l’invité de François-Henri de Virieu pour « l’heure de vérité ». C’est la première fois que mon père passe à la télévision, et j’en suis naturellement très fière. Je ne sais pas encore que c’est la fin de l’anonymat, un anonymat relatif d’ailleurs, car si nous n’étions pas jusqu’alors reconnues dans la rue, nous l’étions en tout cas au lycée. En effet, la médiatisation de Jean-Marie Le Pen s’envole. Mais contrairement à ses sœurs, la benjamine n’a pas encore connue la traversée du désert. Elle a grandi au sein d’un Front National diabolisé mais aussi médiatisé, notamment après le succès de Dreux :  Cette « Heure de vérité », qui devait voir les grands journalistes du moment terrasser le fascisme en direct, signa le début de l’explosion médiatique, de mon père. Ce qui n’était pas prévu. Après le succès de Dreux, le mouvement fut réorganisé, ou pour être plus précis, organisé. La révélation lui vient pendant la campagne de 1984 lors d’un grand meeting à la Mutualité, où des centaines de sympathisants clament : « Le Pen ! Le Pen ! » : C’était le grand meeting à la Mutualité, à Paris. Ce soir-là, assise à côté de ma mère, je découvrais pour la première fois ce qu’est une assistance déchaînée : des centaines de personnes qui hurlent et scandent « Le Pen ! Le Pen ! «  J’étais submergée de fierté, je pleurais. Il y avait donc plein de gens qui aimaient mon père !

Et dans le même temps, je me suis dit : « Rien que ça, ça efface tout. »  Pas pour moi bien entendu : parce que Le Pen à 0.2% ou Le Pen à 20% c’était le même bazar dans ma vie. Elle versera les mêmes larmes chaque fois que son père battra un nouveau reccord d’électeurs et d’admirateurs, comme le soir du 21 avril 2002.

L’épreuve

L’année du malheur

Pierrette Le Pen fait ses bagages, elle n’en peut plus d’un père qui n’en est pas un, d’un homme qui consacre sa vie politique avec passion, au mépris de sa propre femme, sa propre famille. Sans doute la peur des réactions de son mari. Aux yeux de ses filles, elle s’est enfuie. Pendant des jours, sa benjamine s’attend à recevoir des nouvelles : Au soir des élections européennes, ma mère était radieuse. Trois mois plus tard, elle était partie. Je n’avais rien vu venir. Tout allait bien. Du moins, c’est ce qu’il me semblait même si par moments je percevais un sentiment de malaise, mais sans plus. Un midi pourtant, ma mère nous prend à déjeuner, Yann et moi. Elle me dit : « Tu comprends, ça ne va pas bien avec ton père », et elle commence à m’exposer ses récriminations. Comme me l’avait appris mon père, ô combien je « relativisais ».

Quelques jours plus tard, un mercredi, Yann vient me chercher à l’école à 12h et elle me dit [au bord des larmes] :

  • Maman est partie.
  • Maman est partie, c’est-à-dire ?
  • Maman est partie.
  • Mais elle est partie où ?
  • On ne sait pas.
  • Mais elle est partie une semaine, 15 jours ?
  • Non, elle est partie. Elle a pris toutes ses affaires. Elle est partie, tu comprends !

Là, c’est le monde qui s’écroule. C’est la descente en enfer qui commence.

Pendant un jour, 3 jours, 10 jours, je me suis persuadée : « Elle va revenir, elle va m’appeler, c’est sûr, elle va passer un coup de téléphone », et rien. Rien.

Je ne comprends pas, je ne peux pas comprendre. J’attends qu’elle me contacte.

Je vais passer des semaines, des mois à attendre. En vain. Cela va durer 15 ans.

Marine en tombe malade : C’est pourquoi j’ai terriblement souffert de cette absence, souffert du manque de contact physique avec ma mère, jusqu’à en devenir malade.

Pendant un mois et demi j’ai vomi tous les jours, j’étais incapable de me nourrir.

Ma mère m’avait abandonnée. Elle ne m’aimait plus. Je n’étais plus rien pour elle. Je vivais le plus affreux, le plus cruel et cinglant des chagrins d’amour. Avec ce départ, c’est le chagrin à l’état brut qui est tombé sur la maison vide. Je pleurais des heures entières, y compris à l’école. Mes notes chutèrent de façon spectaculaire. Tous les enseignants, tous mes camarades de lycée savaient ce qui s’était passé, puisque la France entière était au courant. Je passais mes journées à l’infirmerie parce que je ne tenais pas un quart d’heure en cours sans fondre en larmes ;  je  m’accrochais à l’infirmière comme à une bouée de secours, mais à de très rares exceptions près, je ne recevais aucun soutien du monde scolaire, pas même un mot pour me dire de tenir bon. Les annotations sur mes bulletins se suivaient dans une totale inhumanité : « Trop d’absences pour pouvoir suivre régulièrement, manque de concentration en classe », « Beaucoup d’absences, travail personnel insuffisant », « Trop d’absences… même en classe ! »… Il me fallait pourtant apprendre à vivre sans ma mère. Apprendre aussi à vivre avec mon père. C’est ainsi que depuis l’attentat, les filles Le Pen sont habituées à prendre instinctivement la défense de leur père. Toute à sa guérilla contre son mari, elle s’en prendra aussi hélas à nous en termes durs et en tenant des propos que je ressentirai comme assassins. Et puis il n’avait pas mérité cela. J’ai donc écrit une lettre au juge lui demandant de bien vouloir accorder le droit de garde à mon père. Cela en plus de ce que nous avions déjà vécu a fini de nous souder, le père et ses trois filles, en un bloc. Elle s’est alors convaincue que nous étions ses ennemis et que nous la haïssions. Ainsi, j’ai réagi à son égard de manière quasi schizophrénique, car je n’avais rien vu dans nos relations qui puisse justifier son abandon. Ma vie s’est coupée en deux.

« Une mère, ce n’est pas une décharge publique »

Jean-Marie Le Pen a déclenché les hostilités lors d’un entretien accordé au magazine érotique, le Playboy. L’interview a été retranscris dans la revue d’avril 1987 : « Il paraît que vous conseillez à votre femme de faire des ménages si elle a besoin d’argent ! » lui demande le journaliste qui travaille pour le magasine… Le Pen fait mine de ne pas comprendre. Il est bien entendu cher lecteur, qu’il y a là une ambiguïté voulue : je suppose que le « papa Le Pen » voulait sûrement dire à sa femme de mettre à disposition auprès de qui de droit, ses compétences de femme ménagère, de baby-sitting, et non d’érotisme ou de coucheries. Mais là, il est facile de comprendre, que le journaliste ironise dans ses échanges avec l’intéressé. J’ai l’impression que Caroline Fourest, elle, a tout de suite vu de la pornographie dérrière le mot « ménages »…drôle de façon d’intérpréter les mots ! Mais tout de même on pourra relever le phénomène de provocation de la mère quelques mois plus tard pour donner réponse -sans mots- dire- à son ex-mari : réponse en posant en soubrette dénudée dans un autre numéro de cette revue – le Playboy de juillet 1987.

Et l’on pourra se demander aussi pourquoi Jean-Marie Le Pen a accepté un interview d’un tel magasine ? Ainsi, Marine Le Pen a alors 19 ans, elle est étudiante en droit, et découvre le numéro de Playboy concerné, en rentrant à Saint-Cloud, sa maison habituelle. Lorsque ses soeurs lui feront la constatation évidente grâce au Paris Match, qui tient de l’album de famille selon l’auteure, Marine se sentira obligée de répondre lors d’un échange improvisé avec un autre journaliste de ce dernier magasine, échange qui sera retranscrite dans la parution du 3 juillet 1987 : « Une mère, c’est un jardin secret, pas une décharge publique ».

Mon père, ce héros incompris

Depuis leur plus tendre enfance, les filles Le Pen vivent dans la crainte de nuire à leur nom : Cette certitude d’être différents façonna notre mode de vie d’une manière particulière, nous imposant une responsabilité collective. Nous savions que tous nos comportements et ceux de nos amis ainsi que tous nos propos pouvaient être utilisés contre lui, avoir une incidence sur sa vie à lui. Un contrat moral non équivoque semble exister entre la fille et son père : Les médias utiliseraient contre mon père la moindre vétille et j’étais pleinement consciente des contraintes liées au fait d’être sa fille. Je respectais donc une sorte de contrat moral. Pour autant, et même si c’était lourd à porter parfois, je n’ai jamais rué dans les brancards, ni remis en cause les engagements paternels. Il faut dire que je me positionnais moins face à ses options politiques qu’en réaction aux mensonges déments que j’entendais et lisais dans la presse.  Cette injustice que je trouve flagrante, cette différence entre ce qu’on dit de lui et ce qu’il est en réalité me met en rage, aussi fort aujourd’hui qu’hier. Très jeune, j’ai en effet été frappée par le gouffre qui m’apparaissait entre l’homme décrit et l’homme réel, que je côtoyais quotidiennement. Sauf que la presse, les médias en général même, le décrivent comme violent au moins dans ses propos, raciste comme pas possible, rigide -soit borné d’esprit- et népotique -donc une préférence assumée pour les gens de situations aisées. Mais pour Marine Le Pen, cette façon de raconter sa propre histoire dans un livre adressé particulièrement aux électeurs sympathisants et adhérents du RN, présente un avantage : celui de se faire passer pour la victime pour ceux et celles qui veulent bien la croire ; les coups d’ordre psychologiques qu’elle a reçue par la suite en se lançant dans la politique, la réputation « blessante » que prend plaisir à lui attribuer l’opinion publique et les journalistes, sinon les autres familles politiques, l’intimidation peut-être… parfois même la violence interne générée par le RN à propos d’idées contradictoires, contrariantes et qui ne ressemblent pas systématiquement aux idées que défendent la leader ; les discours prononcés à la TV ou à la radio pas tout à fait compatible avec ce que pense vraiment en vérité les cadres élus du parti,… Tous ceci doivent-ils être considérés comme venu du « ciel de la providence » ou du malin ici bas…. ?

C’est Jean-Marie Le Pen qui a crée le FN en 1972, devenu le RN depuis maintenant 1 an, sans pour autant changer les esprits internes et le programme, dont le contenu est régalien à propos de civilisation et de territoire, mais libéral et proche du LR de Laurent Wauquiez sur le plan économique et « social ». Pour Marine Le Pen, ce qu’est devenu son père est la faute des journalistes, des opposants de tout bords,…

En 2006,  elle choisit sans la plus petite réflexion de recul sur elle-même, et sur sa famille, de croire en la bonne foi de son père, à propos du point de détails sur la 2e guerre. Par ailleurs elle le défend bien : On le disait raciste, antisémite ? Je lisais, racontée par d’autres, l’expédition de Suez où il se battit aux côtés de l’armée israélienne et enterra consciencieusement les cadavres musulmans la tête tournée vers La Mecque ; s’attirant ainsi les félicitations de son état-major. L’histoire ne dit pas comment il a réussi à différencier les corps musulmans parmi les morts égyptiens… Marine y voyait là encore un signe de plus qu’on a cherché à caricaturer son père.

1987: L’affaire Carpentras – profanation de pierres tombales juives : la relativité selon Jean-Marie Le Pen

Quelques mots,  extraits d’une phrase prononcée par Le Pen en fin d’émission, « Le Grand Jury RTL /lE MONDE le 13 septembre 1987, allaient en effet déclencher un tôllé sans précédent et être à l’origine d’un procès, depuis resté célèbre. Alors qu’il avait été lavé de toutes les accusations portées jusque là contre lui, cette affaire valut en effet à Le Pen d’être condamné par la Cour d’appel de Versailles, en 1991, au Civil, pour « banalisation de crimes contre l’humanité » et « consentement à l’horrible ».

Entre-temps avait eu lieu la profanation de Carpentras, offrant au gouvernement de l’époque, l’opportunité d’une manipulation mise à jour depuis. Au moment de conclure, Olivier Mazerolles le questionne sur la Seconde Guerre mondiale et plus précisément sur les chambres à gaz. La suspicion d’antisémitisme perçait à l’évidence sous le ton soudain inquisitorial. Mon père s’étonne de cette question, éloignée du débat politique qui vient de se dérouler à l’antenne. Le journaliste revient à la charge, lui demande s’il adhère aux thèses révisionnistes et le somme de répondre. Le Pen le fait en ces termes : « Je suis passionné par l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Je me pose un certain nombre de questions. Je ne dis pas que les chambres à gaz n’ont pas existé. Je n’ai pas pu moi-même en voir. Je n’ai pas étudié spécialement la question. Mais je crois que c’est un point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale »

On a tout dit et tout écrit sur cette réponse, au travers du préjugé antisémite qu’on lui avait collé à la peau à des fins politiciennes. J’ai ma propre grille de lecture à ce qui est apparu, au pire comme du révisionnisme, au mieux comme une blessante maladresse : sa stupéfiante capacité à tout relativiser. Enfant de la guerre, Jean-Marie Le Pen aurait, selon sa fille, tendance à tout comparer : J’ai eu l’occasion au cours de ce livre, de raconter le nombre incalculable de fois où face à une plainte, un évènement même grave, il nous rétorquait : « Vous pourriez être nues dans la neige en tant de guerre ». Mon père, enfant de la guerre, relativise. Pour beaucoup, enfants de la paix dont je fais partie, relativiser c’est nier, c’est minorer. Le World Trade Center a fait 2000 morts, le premier jour de la Bataille de la Somme a fait 60 000 tués et blessés.

Le dire, c’est relativiser. Sans minorer, sans nier.

Les années 1990 sont particulièrement  riches en tension. Notamment à cause d’actes racistes, comme la profanation du cimetière de Carpentras ou le meurtre de Brahim Bouarram. Dans les deux cas, l’ex- FN a toujours nié une quelconque responsabilité directe ou indirecte à ces deux affaires rendues publiques ; mieux encore ! ce parti se positionne en victime de polémiques à son égard. Qui faut-il croire alors ? RN ou vie publique… La vie publique savait bien déjà que ce fut des skinheads qui ont commis cet acte « barbare » correspondant à l’évènement Carpentras ; mais la vie publique hésite à croire -et cela rend bien service à l’ex-FN- que ce « Brahim » soit tombé tout seul dans la seine, qu’il ne savait pas nager, et que donc il s’est noyé…

Hypothèse qui me parlait farfelue, il y en a peut-être d’autres.  Mais ces personnes qui aiment tant se raser la tête, porter des chaussures rouges à lacets blancs et se faire tatouer la croix gammée des années 40, ne sont-ils pas aussi militants du RN, anciennement FN ?  Ce parti qui veut se distinguer des groupuscules d’extrême droite à l’échelle du continent européen se dit plutôt rhétorique, intellectuel, proche du « peuple » (Lequel ?). Mille fois j’ai entendu mon père relativiser. Maintes fois ce trait de caractère a été la cause de graves ambiguïtés. Maintes fois on a voulu y voir de la dureté quand il n’y avait peut-être que de la modestie face à la vie. Cette fois-là, celle du « détail », il a blessé, il a choqué. Alors, oui, il a pensé et dit que les chambres à gaz étaient « un détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale », que dans un conflit qui a fait 54 millions de morts, dont son propre père, la manière dont les gens étaient morts était un détail, une partie d’un tout. Tout comme je conçois que certains aient pu être heurtés par ses propos sur l’occupation allemande qui n’aurait pas été en France « particulièrement inhumaine »..si l’on relativise par rapport à ce qu’elle fut en Yougoslavie, en Pologne ou en Russie. .[Allusion à l’article de presse de l’interview donné par Jean-Marie Le Pen pour le magasine Rivarol, parution du 12 janvier 2005] ; Mais chacun développe sa sensibilité à l’aune de sa propre histoire. 

Et je pense qu’effectivement il faut, sur ces sujets, faire preuve de délicatesse pour ne pas rouvrir d’anciennes mais encore vivaces blessures. Marine Le Pen semble ne pas être bien informé des méthodes nazis à propos des déportations de populations juives, majoritairement slaves et d’Europe de l’est surtout. 54 millions est un chiffre que l’on peut remettre en question, ou accepté comme tel ; tout dépend quels sont les populations que l’on choisie de retenir. On n’oubliera pas tout de même que le maréchal Pétain s’est opposé à la proposition d’Hitler de déporter en France tous les juifs sans exception. Il ne faut pas oublier que grâce au régime de Vichy, régime détestable pour beaucoup de français d’aujourd’hui pour un tas de raisons tout à fait recevable, tant de juifs de nationalité française ne fut pas inquiété. Caché oui, résistant peut-être. contre le régime de Vichy ? Certainement. Encore aujourd’hui,  Marine Le Pen en incarne le symbole. Et lorsqu’on me traite de nazie, c’est pour moi l’incompréhension. Je ne me suis jamais sentie et ne me sentirai jamais de point commun avec une idéologie au nom de laquelle on a envoyé des femmes et des enfants à une mort certaine, pas plus que je ne m’en sens avec ceux qui la défendent. C’est parce que ce totalitarisme nazi et les horreurs qui l’ont accompagné m’étaient insupportables que je suis devenue très jeune anticommuniste. Je suis né en 68, et le nazisme était vaincu ; mais le communisme, pendant ma jeunesse, imposait encore sa terreur dans une immense partie du monde. Mais alors madame Le Pen, vous écrivez que vous rejetez le totalitarisme nazi, autant que le communisme…. Pourquoi n’avez-vous pas tout simplement quitté votre parti familial pour en créer un ? Le RN que vous représentez ne correspond pas vraiment aux idées que vous portez devant la caméra, preuve est que la majorité interne est dans une position idéologique tout à fait ambigüe… voire douteuse ! Marine Le Pen va aussi donner des interviews à partir de 2005, pour donner une meilleure apparence à l’ex-FN ou essayer de changer la notoriété du parti pour le rendre plus acceptable. Un peu de féminité et de sensibilité ne fait pas de mal, pour un FN jugé un peu trop « macho ».

J’ai vécu la chute du Mur, à vingt et un ans, comme une fantastique victoire sur la barbarie et la disparition du deuxième grand totalitarisme assassin du XXe siècle.

Nos militants furent pourchassés, agressés, vilipendés, certains jetés de leur travail, leurs enfants stigmatisés, harcelés, nos familles, nos amis, nos sympathisants, nos électeurs traités plus bas que terre. Ce fut un cauchemar. Vraiment ?

Découragée, elle part quelque jour s’isoler de son père et lui envoie un SMS : « Pas d’accord avec toi, mais pas nécessaire de s’engueuler ». Qu’à cela ne tienne, tout le monde politique se retrouva au coude à coude dans la grande manifestation du 14 mai (1987). Pour la première fois dans l’histoire de la République, un président en exercice conduisait le cortège, marchant devant l’effigie de Le Pen empalée sur une pique. La France défilait aux cris de « Plus jamais ça ! ». Tout ce que le pays compte d’autorités morales élevait un mur de protestations contre le retour de la « bête immonde » désignée à la vindicte populaire. Comme disait le slogan : « Le Pen les mots, Carpentras l’horreur », justifiant ainsi les appels au meurtre : « Le Pen une balle, le FN une rafale ». Cinq ans plus tard, la piste bruyamment indiquée par Pierre Joxe était abandonnée de manière définitive. De nouvelles recherches mettaient en cause des jeunes du cru, confirmant les rumeurs dont bruissait Carpentras depuis le début de l’affaire. 

De fait, la conclusion de cette affaire fut pour le moins étrange puisque l’auteur principal fut écrasé par un chauffard que l’on retrouva lui-même noyé dans le Rhône, un parpaing de ciment aux pieds. Les accusations contre le Front National emplirent des milliers de pages, occupèrent des centaines d’heures d’antenne. La condamnation des véritables coupables et donc la mise hors de cause du Front national n’occupa, elle, en revanche, que quelques lignes dans les journaux. A quoi bon laver l’honneur du FN ? Dans l’esprit public, Carpentras = FN. A jamais. Quoique …. Je refuse de ressasser sans cesse ces injustices. Je veux me tourner résolument vers l’avenir. L’avenir, c’est là que s’exerce notre responsabilité, là que j’inscris la mienne.

C’est ainsi, qu’à l’issue d’un SMS qu’elle choisie d’envoyer à son père, elle prend ses distances… Le choix du texto montre qu’elle redoute bien sûr la réaction. Jean-Marie Le Pen l’appelle pour essayer de comprendre… : « Il m’a téléphoné, confie Marine Le Pen à une journaliste, écrivain à ses heures perdues : <Le Pen, père et fille>

Premières distances (avec le père)

En grandissant, les filles Le Pen commencèrent à comprendre que le paternel pouvait devenir, dans un certain sens, leur pire ennemi. Ses provocations via les médias leur valent certains moments de découragement. C’est ainsi, à partir de 2005, que Marine Le Pen va décider de sauter le pas : la course à la succession, doucement, mais sûrement. Non sans avoir beaucoup consulter, Marine Le Pen a donc décidé de faire entendre, très progressivement, sa « partition », sa vision de la vie politique française. Prendre ses distances sans renier, ni s’opposer, c’est sur cette ligne étroite qu’elle tente de tracer son chemin politique. Sans pour autant renoncer à bondir sur toute personne critiquant les déclarations de son père. Comme en mai 2010, sur France Inter, lorsqu’un journaliste lui demande ce qu’elle pense de sa dernière provocation. Et quand une certaine députée du PS souhaite entrer dans le débat, Marine Le Pen lui rappelle sa position en soutien de François Mitterrand ; cet homme qui a été prisonnier de guerre dans l’Allemagne nazi, qui a travaillé dans le gouvernement de Vichy ; cependant, qui a fini résistant comme tant d’autres dès lors que la France commençait à espérer la conquête des russes sur l’Allemagne, et qui a choisi une politique de droite libérale dès 1983… Tandis qu’avec Jean-Marie Le Pen, le doute est légitime ! Normal, c’est son père. Une héritière nettement plus… crédible quand elle s’exprime sur le fond des sujets de société. Comme le 27 mars 2009 sur France 5, où elle prend clairement ses distances avec les propos de son père sur les chambres à gaz : « Je ne pense pas que cela soit un détail de l’histoire ». Ou bien dans le magasine Le Point, Parution du 3 février 2011, lorsqu’elle explique que ce qui s’est passé dans les camps nazis fut le « summum de la barbarie ». C’est en avril 2011 par ailleurs, que Time Magazine a décidé de classer Marine Le Pen parmi les 100 personnalités les plus influentes de l’année.

Opération « dédiabolisation »

Le 11 mars 2018, Marine Le Pen fait parler d’elle sur RTL, en renommant le nom de son parti politique. Fin du suspense donc. « Rassemblement national », c’est donc le nouveau nom que Marine Le Pen propose à ses militants. Après 1h20 d’explications et de discours, du Front national pour son 16e congrès à Lille (Nord). Elle a expliqué pourquoi ce changement de nom s’imposait à ses yeux. « À l’origine, nous étions un parti d’opposition. Il faut qu’aux yeux de tous il ne fasse plus de doute que nous sommes désormais un parti de gouvernement« , a assuré Marine Le Pen.

Depuis 2002, année où le paternel est arrivé au 2e tour à la surprise générale de la vie publique et à l’inconfort de l’intéressé qui a reconnu ne pas être prêt, l’héritière tente par tous les moyens de « dédiaboliser » l’image du Front national. Ce que lui reproche l’aile dur du parti. Cette obsession a plusieurs moteurs. Politique, bien sûr. Il s’agit de rassembler plus largement et de sortir l’ex-FN de l’impasse où l’on conduit certaines provocations. Seulement, il s’agit là d’une femme, plutôt garçon manqué durant son enfance certes, mais qui veut voir la réussite de la France autrement. Elle se bat contre les préjugés, et notamment contre tous ceux et celles qui attaquent son nom. Et cependant, elle est aussi mère de 3 enfants, qu’elle élève seule. Les maris sont passés et n’ont pas voulu rester pour contribuer au développement familial.

Des enfants qu’elle protège, dont elle souhaite qu’ils ne vivront pas la même chose que leur mère quand elle était enfant, des enfants qui passent avant tout.

Dans l’esprit des incrédules, des curieuses, ou d’autres citoyens plutôt tentés par les grands partis traditionnels « acceptables » de l’opinion publique, Marine Le Pen pourrait être comparé à Frankenstein, ou encore Eléphant-Man dans un certain sens : une fille surentraînée presque masochiste, qui semble aimer la douleur, encaissant les coups les plus vicieux et les plus cruelles qu’une femme ordinaire ne saurait encaissée, mais semble aimer aussi la domination telle une nymphomane ; une femme qui apprécie se faire voir comme « la fille du monstre » ; bref des visiteurs du monstre tel un spectacle de foire dans le monde de la politique qui ensuite repartent en la trouvant tout compte fait, normale, voire franchement sympathique. On assiste à un congrès du RN comme on irait au zoo. Marine Le Pen, une femme donc, qui agirait soit par instinct féminin soit par spontanéité lors des échanges médiatiques, ou femme stratégique capable de répondre aux questions des journalistes mais pas tous. Capable de débattre mais seulement quand ça l’arrange. Un peu comme toutes les personnalités politiques des autres partis me direz-vous, c’est tout de même relativement efficace, pas pour tous les français cependant. Reste que le style fait beaucoup dans une époque marquée par la peopolisation de la vie politique, où les élus sont soutenues plus pour leur apparence et leur penchant vers l’UE que pour l’intérêt véritable des français, et notamment les plus fragiles.

Cependant, elle a tout de même compris, Marine Le Pen, que les journalistes n’étaient pas des gens aussi bornés que les adhérents et sympathisants du RN. Ce sont un peu comme des miroirs, que l’on peut façonner en se façonnant soi-même, un peu comme se refaire le visage ou les cheveux pour passer mieux, elle s’exerce sur les journalistes comme un entraînement brouillon avant de faire au propre le jour J… Et c’est aussi le cas du livre que je cite dans ce billet A contre flots,  Simple mais efficace. Je peux critiquer, soutenir, rejeter, reprendre, contourner ou m’intéresser car j’ai lu ce livre, et j’en ai lu un autre : Pour que vive la France. Je décortique et décrit Marine Le Pen, mais je sais pourtant que petite fille, elle a souffert des préjugés, des regards qui en dit long. Il lui reste à convaincre aujourd’hui que le RN n’est pas diabolique, mais démocratique.

Marine Le Pen : avant la politique.

Marine Le Pen invoque le besoin de gagner sa vie au plus vite : Mes années de fac furent des années de bachotages acharné. L’idée de redoubler signifiait pour moi perdre du temps et je n’envisageais pas une seconde de dilapider une année dans le cadre d’études que je trouvais assez longues comme cela. J’enviais mes copines qui, ayant choisies d’autres voies comme médecine, faisaient leurs études en étant salariées. Je dépendais quant à moi de l’argent de poche que me donnait mon père et qui couvrait au plus l’essence mensuelle de ma vieille R5 et ma consommation, sans modération, je le confesse, de cigarettes. Affligée depuis ma plus tendre enfance de l’appréciation récurrente « meilleure à l’oral qu’à l’écrit », j’entrai à l’école d’avocats avec un écrit médiocre et un superbe 16/20 au « grand oral ». Je m’inscrivis, [en cette année 1991], parallèlement à l’école d’avocat, en 3e cycle, en DEA de droit pénal. Toucher enfin du doigt le monde du travail, voir des « vrais avocats », des « vrais juges », aller dans un « vrai tribunal » me donnait passionnément envie d’en finir et de bosser dans la vie réelle.

Son certificat d’aptitude à la profession d’avocat en poche, elle refuse de faire sa thèse comme l’y incite son père. Pour ne pas devenir ce qu’elle appelle un « rat de bibliothèque » : Je voulais travailler, gagner ma vie, devenir autonome. Les bandes d’amis, « celles des vacances », « celle du lycée », « celle du barreau » ou « celle du Front », seront d’ailleurs autant de rempart contre les regards ou les paroles hostiles, un cocon où j’adorais me fondre dans l’anonymat du groupe, protégée par l’invisible mur de l’amitié et la solidarité naturelle qui en découle. Les bandes, c’était une petite famille à côté de la mienne, où il était plus facile de se laisser aller à l’insouciance car mon identité y devenait anecdotique. Mes « bandes » d’amis m’auront au long de ma vie adouci bien des peines, consolé bien des chagrins, préservé bien des espaces de tranquillité et de bonheur. 1991 fut de surcroît une année sans élection, ce qui contribua aussi à mon bonheur, en minimisant les risques de médiatiques […] façon Carpentras. Marine Le Pen n’a pas fait partie des jeunes de sa génération qui ont bénéficié du privilège du « stage tranquille et mérité » ; eh non ! sous la hiérarchie d’une magistrate communiste convaincue, léniniste comme on en verrait plus en 2019, elle est soumise pour sa première découverte du métier d’avocate à des affaires pas tristes : Inceste, maltraitance, placement de foyer en foyer, gamins assis sur des plaques chauffantes, rien ne me fut épargné et tant mieux. Quand on a  eu accès à ces histoires, nos chagrins et nos problèmes paraissent dérisoires au regard de si dramatiques destins, engendrés par la bêtise et l’inhumanité. Comme beaucoup de jeunes avocats, Marine Le Pen s’identifie volontiers aux enfants,  tout en se disant qu’il faudrait plus souvent retirer ces gamins à leurs parents « alcooliques, tortionnaires ou drogués » : Je n’arrive toujours pas à comprendre, encore aujourd’hui, par quelle idéologie criminelle qui privilégie à tout prix les liens du sang, on persiste à rendre ces enfants inadoptables sous prétexte que  leurs parents alcooliques, tortionnaires ou drogués maltraitants, veulent les voir une fois par an ! On a beaucoup moins de mauvaise conscience lorsqu’il s’agit de retirer un animal à un mauvais maître. Dans ce domaine, comme dans tant d’autres, le bon sens devrait prévaloir et la société protéger les plus faibles, à n’importe quel prix. Elle découvre dans le domaine de la justice pénale, le « côté non visible de l’iceberg » du début des années 1990, un accès unique qu’elle prétend avoir franchi comme seule stagiaire autorisée, accompagnée de sympathisants de gauche qu’elle reconnue comme des personnes appréciables  : la souricière. La souricière, comme on l’appelle au Palais de justice, porte bien son nom. C’est immonde. C’est un cauchemar pour ceux qui y échouent mais aussi pour ceux qui y travaillent, condamnés à la crasse et au sordide des lieux. Le cachot des mineurs laisse apparaître une vitre opaque tant elle est vétuste, dérisoire protection à la suite d’un suicide qui s’y produisit. L’existence même de cet endroit et le stage d’une semaine que je fis ensuite la même année [dans une maison d’arrêt] reste pour moi beaucoup plus instructif qu’un long discours. Cette expérience l’amène au moins à faire le tri entre les criminels selon la nature du délit, mais ne remet nullement en cause son engagement politique.  Elle préfère mettre en avant sa « vision humaniste » et refuse d’être assimilée aux partisans du « tout répressif », ceux décrivant les prisons comme des palaces 4 étoiles…Notre courant de pensée incarnerait, dit-on, l’option du « tout répressif », vitupérant les prisons 4 étoiles où les délinquants logés, nourris, blanchis, se prélassèrent devant Canal+… N’en déplaise aux caricaturistes, la réalité est tout autre. Je n’ai certes pas fait l’expérience de la privation de liberté. Je garde néanmoins l’impression fugitive d’un stage de quelques jours où j’entrais dans la prison le matin et ressortais l’après-midi. Mais elle reste réaliste dans la complexité de la justice pénale : Je n’ai pas de compassion particulière à l’égard des délinquants et des criminels. J’en ai davantage et plus spontanément pour les victimes ; mais la privatisation de liberté est une peine en soi, bien plus éprouvante qu’on ne le pense. Marine Le Pen reconnaît tout de même qu’il doit y avoir un équilibre entre une justice irréprochable eu égard en faveur des victimes et un nombre suffisant d’établissements carcéraux ; cependant le prévenu doit être emprisonné dans des conditions tout de même acceptables comme pourrait le penser à peu près toute la classe politique, trop de peines n’étant jamais appliquées ou mal, faute de places : Une proportion inadmissible de peines de prison n’est jamais exécutée, faute de place. Quel crédit peut avoir une justice qui a le choix entre ne pas condamner, condamner et ne pas être appliquée, et condamner à plus qu’il n’est nécessaire parce que la privation de liberté n’est pas la seule peine qui attend les condamnés en prison ? Marine Le Pen s’inspire d’une formule de Jésus de Nazareth : Pourquoi la paille est-elle ici si visible et la poutre si discrète ? Une évidence rarissime de la bouche d’une ancienne avocate ; Nicolas Sarkozy, avocat de formation, n’aurait pas fait mieux. Petite précision : Nicolas Sarkozy a été « avocat d’affaires », ce qui ne l’a pas vraiment conduit à visiter le cachot des mineurs…Marine Le Pen l’a fait, mais en même temps c’est une schizophrène, ajoutée de penchants sadiques ? De fait, plus je m’en approche, plus j’aime à l’avance ce métier d’avocat. Par ailleurs elle reconnaît une naïveté au départ : La cause est belle et juste, et en ne l’exerçant pas encore, je vis cette année d’apprentissage dans le rêve, l’héroïsme de la défense de la veuve et de l’orphelin. La réalité s’avérera un peu moins rose… Tout en prenant du recul, pour mieux savourer l’émotion que l’on peut en ressentir et avoir envie de le vivre à son tour : Je suis émue aux larmes un jour où, décidant de suivre en spectateur un procès aux assises, j’entends plaider Me Forster. C’est un grand avocat, et lorsqu’après 2h de plaidoirie je le vois se rasseoir, les yeux clos de fatigue, en sueur, je sais que c’est là que je veux aller. Je veux plaider devant ce jury populaire au moins une fois. Il aura la gentillesse de venir me féliciter quelques mois plus tard, à l’issue d’un concours d’éloquence. Un concours d’éloquence qui sera ma première frayeur professionnelle… Pas la dernière. Le concours consistait donc en un procès factice, bien sûr, mais qui devait se dérouler comme un vrai, dans les locaux très impressionnants de la cour d’assises de Paris. Pour l’occasion, nous devions plaider en public. On nous avait même prêté une robe d’avocat à chacun. Le jour venu, j’ai cru ne jamais parvenir à prononcer un mot tant j’avais le trac.  Elle terminera seconde, ex-aequo avec Mario Stasi, derrière Pascale Pierra, qui deviendra secrétaire de la Grande Conférence du stage. Elle se lancera tout de même dans sa carrière d’avocate : J’aime alors infiniment ce que je fais, je ne suis pas un mauvais élément, et c’est ainsi qu’en janvier 1992, entourée de mes copains et copines de promo, je prête serment à la cour d’appel de Paris.  Toute ma famille est là et l’AFP me fait même la grâce d’une dépêche pour évoquer l’évènement. Sa notoriété malheureusement n’a pas changé d’un poil à cause du paternel en politique ; ajoutons à cela une publicité de l’AFP qui, selon elle, n’accroît pas ses chances de trouver une place dans un grand cabinet quand bien même elle apprécie ce geste médiatique : Inutile de dire que l’arrivée de la fille Le Pen au barreau ne passa pas inaperçue et que les avocats installés ne se pressèrent pas au portillon pour embaucher une stagiaire aussi voyante. C’est donc chez Georges-Paul Wagner, un ami de mon père et accessoirement son défenseur, que je commençai ma carrière.  Elle décrit enfin grâce à la chance donnée par la famille Wagner, sa réussite ; son dévouement pour la cause défendue auprès des migrants -dont elle se servira plus tard en politique pour « dédiaboliser le FN »- et va même jusqu’à défendre les intérêts de son père lors de conflit en justice avec le parti politique : Je commençai donc à plaider d’abord devant les tribunaux d’instance et puis rapidement, grâce à la confiance des Wagner, devant des juridictions plus importantes. Parallèlement, et comme j’adorais le droit pénal, je me plongeai dans les dossiers de droit de la presse de mon père et du FN que plaidait mon patron, et je m’inscrivis comme volontaire aux comparutions immédiates.

Le combat de Marine Le Pen pour un monde meilleur perdra vite son sens ; En effet, malgré sa sympathie pour ses collègues de la 12e chambre, qu’elle décrit comme « majoritairement de gauche », elle gardera une préférence et une admiration pour les grands avocats de la défense. Elle ne va donc pas consacrer sa vie à plaider pour les plus faibles. Son destin est ailleurs : Les comparutions immédiates, de quoi s’agit-il au juste ? Les prévenus y sont jugés selon une procédure d’urgence et ont alors des avocats commis d’office, payés chichement par l’Etat. Marine Le Pen en a donc bien profité, pour son cv, et son pouvoir d’achat….Même si elle se plaint des conditions de travail qu’elle a quand même choisie : C’est une tâche épuisante. On doit défendre parfois jusqu’à 20 prévenus et l’on finit souvent très tard dans la nuit. Y sont jugés, à quelques exceptions près, presque uniquement des immigrés en situation irrégulière.  Je n’y voyais, pour ma part, aucun caractère contradictoire avec les convictions politiques qui étaient les miennes. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle défend cette  idée selon laquelle toutes personnes physiques a le droit d’être défendu devant la justice…  Je pensais, et je pense toujours, que si l’immigration doit être combattue à raison de ses conséquences néfastes en termes d’identité nationale et de son lourd retentissement  sur le plan économique et social, les immigrés quant à eux doivent être correctement traités et ont, comme tout le monde, droit à un avocat pour les défendre. Après tout, une fois encore, les responsables sont les politiques qui les ont fait venir ou les maintiennent par laxisme sur le territoire. 

Petit à petit, « l’oiseau fait son nid, il vole de ses propres ailes pour être libre » : Je plaidais donc par devoir, par principe, avec honnêteté, et je crois que les juges ainsi que mes confrères présents aux audiences s’accordaient à dire que l’on ne pouvait me reprocher aucun manquement à mon serment. Certaines affaires lui permit d’émettre  l’idée d’une justice protégeant les puissants : Sur le plan professionnel, j’eus l’occasion de connaître de grands dossiers, telle l’affaire du sang contaminé qui s’ouvrit au printemps 1992. Georges-Paul me demanda donc, en qualité de collaboratrice, d’effectuer la permanence aux audiences. Celles-ci se tenaient tous les jours dans la petite salle de la 17e chambre, dans des condtions extrêmement pénibles. Il y régnait une chaleur épouvantable et les parties civiles, malades, souffraient non seulement de ce qu’elles entendaient mais aussi des conditions tout à fait déplorables dans lesquelles la justice avait organisé ce procès. Comme souvent, le verdict ne fut pas à la hauteur du scandale qu’a représenté l’injection volontaire, pour des raisons strictement mercantiles, d’un produit que l’on savait contaminé par un virus mortel à plus ou moins longue échéance. Comme souvent, là encore, les politiques et les grands corps de l’Etat furent épargnés alors que tous portaient dans cette affaire une terrible et durable responsabilité. Après deux ans d’expérience professionnelle, elle souhaite réaliser une autre ambition qu’elle n’atteindra jamais, et pour cause ! Quitte à courir à l’échec : Après 2 années passées au cabinet de Georges-Paul Wagner, j’éprouve alors une furieuse  envie de partir, pour une raison simple : j’ai envie de devenir mon seul et unique patron. En cela, j’avais véritablement je crois, l’âme d’un avocat avec le désir d’être libre et de choisir mes dossiers, de développer mes arguments, de décider des causes que j’entendais défendre. Je me lance dans le vide et dans l’aventure de l’installation, ignorante en partie des risques qui y étaient liés. 

Marine Le Pen est ramené toujours au même problème, bien connu si vous avez lu jusqu’ici, son nom patronymique : La première difficulté : trouver une association avec un ou une partenaire. Elle sera insurmontable. Personne ne voulait s’associer avec Marine Le Pen : c’était tout bonnement envisagé comme un suicide professionnel. J’avais déjà vécu cela au moment d’entreprendre des études. En effet, contrairement aux autres, la question n’était pas pour moi : « Qu’est-ce que je peux faire ? » mais : « Qu’est-ce qu’on va me laisser faire ? », « Qu’est-ce qui m’est autorisé ? » Je savais très bien que je ne pourrais être ni journaliste, ni magistrat, ni commissaire de police, ni plein d’autres choses, l’eussé-je souhaité. J’avais donc pris la voie du droit,  mais elle représentait elle aussi un cul-de-sac dans la mesure où toute association s’avérait à l’usage impossible. J’étais donc contrainte de choisir l’option du cabinet groupé, où l’on sous-loue en quelque sorte un bureau en partageant les frais, mais sans partager les affaires et le nom de la structure. Et même là, ça n’était pas gagné ! Les mauvaises langues la soupçonnent d’avoir cédé à la facilité : Ma route me fit croiser celle de Sylvain Garant, avocat qui ne manquait certes pas d’originalité, mais ne manquait pas non plus de courage et qui, à ce titre, me loua une pièce rue Logelbach. J’y resterai deux ans. Je plaidais de temps en temps pour le Front National ou pour des militants qui venaient me trouver pour une affaire personnelle, mais je ne réussis jamais vraiment à vaincre la réticence que créait le risque de mon nom associé à des dossiers « rentables » dans l’esprit de mes clients potentiels. Marine Le Pen avait la réputation, précédée aussi par celle de son père, d’être tenace, courageuse, combative. On avait donc tendance à me confier des dossiers soit déjà perdus d’avance devant d’autres juridictions, soit gagnables, mais au prix de combats judiciaires titanesques. Je les acceptais par principe mais aussi, on l’aura compris, par nécessité. Elle s’indigne : Il n’est d’injustice plus ignoble que celle commise au nom de la justice. Quant à mon père, loin de sauter sur l’occasion d’avoir une fille avocate pour lui transmettre les dossiers du Front national, il ne me les confiait au contraire qu’au compte- gouttes. Effectivement Marine Le Pen ne pouvait faire mieux que de vivre en partie de l’argent versé par son père, par l’intermédiaire des comptes du FN.

Marine Le Pen vit donc des ressources du FN avant même d’entrer en politique : Il se trouve que je ne m’en sortait pas trop mal,  et ayant déménagé mon cabinet dans de nouveaux locaux rue de la Neva, je plaidais de plus en plus souvent pour le FN et ses responsables. Dossiers de diffamation ou d’injures qui me faisaient côtoyer le gratin du barreau à la barre de la 17e chambre correctionnelle de Paris, mais aussi beaucoup d’autres affaires plus… sportives. Les commentaires de l’avocate n’ont rien d’extraordinaire, pour une avocate qui se veut être une femme exemplaire et irréprochable, qui veut défendre une justice impartiale, et neutre en toute affaire : J’eus aussi à plaider dans l’affaire d’Auch où, lors d’une caravane du Front National de la Jeunesse, les militants s’étaient trouvés confrontés à une manifestation de lycéens qui les canardaient avec tout ce qui leur tombait sous la main. Les jeunes, emmenés par Samuel Maréchal, mon beau-frère patron du FNJ, s’étaient défendus non sans courage, ce qui me paraissait légitime. Fin 1997, Marine Le Pen doit se rendre à l’évidence : la plupart de ses dossiers sont ceux du Front et ils ne suffisent pas à la faire vivre. A la fin de l’année 1997, et sans m’en être rendu compte, je finissais par passer l’essentiel de mon exercice à plaider pour le Front National. 

Elle finit par admettre que son destin sera le même que son père, elle entrera en politique, qu’elle l’aie voulu ou non ! Elle finit par être comparé à Obélix : La politique est un virus que l’on a dans l’organisme. Je l’avais quant à moi attrapé bébé. J’étais, dit mon père, « tombée dedans quand j’étais petite », comme Obélix dans la potion magique. Et à mon grand désespoir… cela me plaisait. Elle propose donc à son père de créer un service juridique au sein du FN, dont elle serait la directrice : De plus en plus, l’idée et l’envie de doter le Front National d’une vraie structure juridique performante en amont, et pas seulement en aval, étaient devenues pour moi évidentes. En fait, ça avait déjà commencé, et ça continue. Jean-Marie Le Pen accepte.

La scission : Mégret-Le Pen

Le Front national était, en 1997, un parti politique de plus de 100 permanents, présent dans les 100 départements français… sans aucun service juridique. Cette carence commençait à se faire sentir et il m’apparaissait nécessaire, en amont, de coordonner sa politique en matière de réponse ou de défense tant pénale que civile.

C’est ainsi qu’un jour de 1997 je me retrouvai dossier en main devant le Bureau exécutif, instance dirigeante du Front national, pour proposer de créer ce service.

Marine Le Pen devient maman avec trois enfants en bas âge, c’est donc avec une longue absence qu’elle retrouve un FN bouleversé, qu’elle prétend ne plus reconnnaître d’ailleurs : Cette année 1998 se révélait riche en bouleversements et ce n’était pas fini ! Je revins à Saint-Cloud en septembre, dans une atmosphère à couteaux tirés, l’ambiance entre les partisans de Mégret et ceux de Le Pen s’étant largement dégradée durant mon congé maternité. J’étais ignorante du fonctionnement interne du mouvement, de ses caprices, toutes choses auxquelles ne m’avaient pas préparée les militants de terrain, ni les responsables pour qui je plaidais et avec qui j’entretenais des relations individuelles. La benjamine avait bien compris que même si elle occuperait un jour, un poste à responsabilité, elle servirait plus d’image moderne sans être véritable décisionnaire ; cependant elle ne veut pas se faire à cette idée que tout est joué d’avance, utilisant une autre métaphore plus facile, plus rassurant : Je débarquais sur le pont du Paquebot en pleine mutinerie, à un moment où une équipe passait déjà plus de temps à saboter les machines ou à fausser les cartes de navigation qu’à faire avancer le navire. Nous sommes donc à cette époque dans les prémices de ce qu’on appellera « la crise », « la scission », ou encore « le pu-putch ». Les phrases assassines, les coups bas, les manoeuvres tordues se succèdent, les amis d’hiers se muent en ennemis féroces et virulents. Bref, l’implosion paraît déjà inéluctable. En qualité de directrice du service juridique, on me demande d’effectuer un certain nombre de vérifications dans les comptes de plusieurs structures ou associations dirigés par Mégret et, je m’en rends vite compte, travaillant au principal « pour Mégret ». J’hériterai à ce titre de surnom peu amène de « policière du Paquebot » que me collent aimablement ses amis. Ce sera le premier d’une longue série…

Le Pen n’a à leurs yeux plus aucune qualité. Une avocate chargée de superviser les comptes de plusieurs structures ? N’est-ce pas le travail d’un auditeur externe et neutre qui est chargé de cette tâche ingrate notamment quand il s’agit d’un parti politique ? Une avocate n’est pas qualifiée pour… D’autant plus que Marine Le Pen ne sait plus vraiment ce qu’elle a vérifié ; elle le fait comprendre quand elle écrit son livre en 2006 : c’était en 1998, et on (qui ?) lui demande d’effectuer un certain nombre de vérifications ? (combien exactement, lesquelles ? ce n’est pas clair…) dans les comptes (quels types de compte ?) de plusieurs structures ou associations… là, elle sait pas trop. Structures ? quoi comme structures ? SARL, EURL… ou associations ? Donc elle hésite, structure ou associations. Effectivement son livre repose sur sa vie privée et non sur la scission de 1998, on lui pardonne. Et dans ce cas, elle aurait dû peut-être épargné le lecteur de ce détail…

Certains aujourd’hui critiquent l’existence de « sensibilités » au sein du Front national, mais en réalité, les sensibilités ont toujours existé et coexisté. C’est pour cela que Marine Le Pen veut aujourd’hui transtormer le FN. Elle a déjà commencé : le RN. Rassemblement National. Un rassemblement qui va donc regrouper plusieurs « sensibilités », Marine Le Pen va même jusqu’à dire que les membres de l’extrème gauche peuvent venir « nous rejoindre ». En fait, son idéal à présent, c’est surtout faire ce que Mégret n’a pas réussi : alliance avec le LR ancien RPR du XXe siècle. Donc après avoir soutenu « papa » en 2006, on veut pousser le paternel « dans les escaliers ». La sensibilité nationale-catholique du secrétaire général Bruno Gollnisch agaçait le libéralisme à la Fin ; mâtiné de paganisme, de Bruno Mégret. L’un craignait et, je pense, craint toujours, que le pouvoir corrompt, qu’il oblige à abandonner une certaine orthodoxie politique ; Gollnisch envisage la politique à l’aune de ses fortes convictions religieuses. L’autre, plaidait pour la modernisation du Front national, regrettait l’influence qu’il jugeait néfaste des catholiques militants et entendait arriver au pouvoir à la manière italienne, par un jeu d’alliances avec le RPR. Il voulait forcer Le Pen à choisir, d’où ses sollicitations réitérées pour être désigné numéro 2, donc son futur successeur. Bruno Mégret fut assez habile pour faire croire à certains militants et cadres que Le Pen lui en voulait personnellement parce qu’il ne supportait pas la concurrence. Il n’en demeure pas moins que l’argument essentiel de la scission s’est vite transformé en « pousse-toi de là que je m’y mette ».

Tout fut dit de mon père par les amis d’hier, mais un axe était d’atteindre son image auprès des militants et des adhérents. Les mois de 1999 furent difficiles. La scission entérinée après le fameux conseil national du 5 décembre 1998, lequel avait vu une partie des cadres conspuer Le Pen, nous vécûmes de longues semaines de querelles politiques. Plus personnes n’était chef de ceci ou responsable de cela. Nous étions tous des soldats, ne rechignant à aucune tâche tant il y avait à faire.  Nous répondions aux sympathisants inquiets, déboussolés et menions la contre-offensive contre ce qui nous apparaissait comme une trahison atroce. Même notre propre famille n’en sortit pas indemne. Marie-Caroline, ma soeur aînée, s’éloigna de nous et choisit l’autre camp. Mais cette crise permit aussi à certains de sortir du lot, de faire remarquer leur talent et leur tenacité. Ce fut alors le cas de Louis Aliot qui devint, à cette époque, directeur du cabinet de Jean-Marie Le Pen, pour être nommé il y a quelques mois, secrétaire général  du Front national.  [mais] D’un coup notre parti s’est trouvé en grand danger.

C’est ainsi que peut-être Jean Marie Le Pen a cherché à se débarrasser de sa fille pour pouvoir prendre les bonnes décisions « entre hommes » ; elle se réjouit que son père lui ait offert « dix soirées de baby-sittings » : Mon père m’a gentiment offert une dizaine de nuits de baby-sitting que je consomme à la cadence de deux par semaine, les jours où je n’en peux plus. Néanmoins, dans ce livre A contre flots, Marine Le Pen indique que sa grande amie venait « tous les soirs » pendant l’année maudite, juste après la naissance des jumeaux :  Huguette Fatna, mon amie martiniquaise responsable au FN des Dom Tom, et avec qui j’ai fait dès dix-neuf ans mes premières campagnes électorales, marraine de Mathilde, vient m’aider tous les soirs.

Une fille plutôt dans les nuages qui s’intéresse plus à la politique qu’à ses enfants semble-t-il :  Si nous perdons nous sommes perdus ! Le 11 mai, aux aurores, je suis au Paquebot et l’attente commence, interminable. A l’heure dite, coup de fil : « On a gagné ! » J’appelle immédiatement mon père qui est en Haute-Savoie, chez mon copain Dominique Martin, en train de faire un déjeuner-débat. « On a gagné ! » lui dis-je. Jean-Marie Le Pen est en Haute-Savoie pendant que son parti est entre les mains d’un juge…à deux doigts de disparaître. En train de faire un déjeuner-débat. Soit Marine Le Pen raconte un peu n’importe quoi, soit Jean-Marie Le Pen avait déjà un projet en-tête si jamais c’était perdu. Il me paraît inconcevable que l’on soit en train de débattre pour un parti dont tout le monde était convaincu que s’en serait fini. L’autre hypothèse serait que Jean-Marie Le Pen serait en vacances à la montagne pendant que sa fille se mord les doigts à côté d’un poste téléphonique sur le paquebot familial pour le sort du FN ? ! Enfin, elle exprime sa joie. Ce jour-là, par dizaines, nous sommes allés chercher Le Pen à l’aéroport, drapeaux au vent et dans un tonnerre d’applaudissements, nous avons débouché le champagne dans l’aéroport, sous les yeux ahuris des voyageurs.  Drôle de famille, vraiment ! Ayant sauvé juridiquement la maison, il s’agissait maintenant de la sauver politiquement. Nous avons perdu pas mal de cadres et de militants et nous mettrons de longs mois à consolider une structure incontestablement affaiblie. Elle y parvient…

Une mère célibataire

Mon mariage va de plus en plus mal. De retour à Paris en septembre, leur père et moi nous séparons. Qui est le père ? Est-ce un choix de ne pas décliner son identité ? C’est si grave que cela d’être le petit ami de la fac puis le père des enfants de Marine Le Pen ? Le divorce est inéluctable et il ne se passe pas bien. C’est un terrible constat d’échec. Je voudrais dire ici qu’il nétait pas facile d’être le petit ami, puis le mari de Marine Le Pen. De cela je suis tout à fait consciente. Car partager ma vie, c’était assumer tout ce dans quoi je baignais avec plus ou moins d’aisance, ou de souffrance, depuis l’enfance : l’attentat (Villa Poirier à Paris Cf. le début de mon article) ; le détail [allusion à la réaction de Jean-Marie Le Pen à propos des camps de concentration  lors d’un interview en 1987] ; les campagnes électorales [depuis 1995] ; Carpentras [l’affaire Carpentras à propos de la profanation de pierres tombales dont les défunts étaient d’origine juive, Cf. plus haut] ; les tortures [en Algérie dans les années 50] ; la mère à poil dans Playboy et tutti quanti.

Car tout le problème est là : s’endurcir à la douleur, c’est s’endurcir aussi à la douceur. L’armure ne laisse pas passer la lance, mais elle ne laisse pas passer la caresse non plus. En attendant, me voilà mère célibataire avec les inquiétudes inhérentes à cette situation, dont je sais par avance qu’elle est très difficile. Vais-je réussir à élever correctement mes enfants ? Est-ce que je leur donne assez d’amour ? Assez de temps ? Et tout simplement : suis-je à la hauteur ? Un sentiment de déjà vécu ? il est peu probable que Jean-Marie Le Pen se soit posé les mêmes questions lorsque Marine est arrivé au monde en 1968. Mes proches sont toujours très présents mais le soir, quand chacun rentre chez soi, la pesanteur de la situation s’impose parfois à moi de manière cruelle. La naissance des petits, mon divorce, cette période seule avec eux me rendit quasi « féministe », tant il est vrai que les femmes ont vraiment du courage, que leur situation est souvent et objectivement bien plus difficile que celle des hommes.

Les femmes sont en effet soumises à la « double-peine » : un travail souvent prenant et une vie de famille à mener, le tout avec le sourire s’il vous plaît ! Quand on est une femme, les 35 heures on ne connaît pas. Il n’y a pas une minute pour soi ; levée tôt le matin, couchée tard le soir, et l’immense responsabilité de donner à ces petits non seulement de quoi manger, mais encore de leur cheviller au coeur jour aprè jour les valeurs, les règles, les qualités qui en feront des adultes équilibrés, heureux et bons…Quand on connaît cette difficulté, on ne peut qu’être ahuri à l’écoute des divers hommes politiques qui, chaque jour avec condescendance, viennent débattre sur la liberté des femmes à travailler. Ont-elles encore le choix de ne pas le faire. Marine Le Pen déteste qu’on fasse toujours allusion aux à-priori à propos de la position de la femme dans la société : Parmis les innombrables caricatures faites du Front national, il en est une qui m’irrite au plus haut point. C’est celle qui consiste à faire croire que le FN voudrait renvoyer les femmes à la cuisine et aux enfants, leur interdisant en quelque sorte de travailler. Or toute ma jeunesse mon père nous a dit, à mes soeurs et à moi : « Travaillez ! Ne dépendez de personne ! Soyez autonomes. »

Effectivement, Marine Le Pen rappellera les droits de la femme quelques temps plus tard. Auprès des médias, lors d’échanges avec quelques journalistes.

Le temps étant souvent consacré exclusivement au travail et aux enfants, où caser une activité artisitique, une passion, du sport, une soirée entre amis même, lorsque faire garder les enfants coûte entre 6 et 15€ de l’heure ? Pour moi, trouver une demi-heure pour se prélasser dans un bain moussant tenait déjà de l’exploit ! Quand un journaliste l’interroge à propos du droit à l’avortement, elle relativise en référence à sa propre expérience de mère de famille célibataire, le choix d’avoir des enfants ou non, de les élever seule ou non, de tomber amoureuse… ou non :

On m’a tant de fois posé la question : « Etes-vous pour l’avortement ?  » Et j’ai maintes fois répondu : « Qui est pour l’avortement ? » Son analyse sur la question ne se fera pas avec les médias, mais dans son livre : En effet, qui peut se réjouir que 30 ans après la promulgation de la loi Veil, 200 000 femmes se fassent encore avorter chaque année dans notre pays ? Qui ne voit pas la somme des souffrances et les décisions cornéliennes qui président souvent à ce drame ? Je pense que c’est par des mesures incitatives, évidemment doublées d’une vraie politique d’information et de prévention auprès des adolescentes, qu’il faut lutter contre l’avortement. Et l’on en revient là encore à la question du choix… J’affirme que beaucoup de femmes n’ont simplement pas le choix, qu’elles n’ont pas la possibilité de garder leur bébé. Or, elles voudraient avoir ce choix. Des études ont montré que plus de la moitié des femmes françaises aimeraient un enfant supplémentaire. Je sais, tout le monde sait, qu’une majorité des femmes soit contraintes à se remettre en question : se résoudre à ce choix terrible pour des raisons économiques et qu’il concerne beaucoup plus souvent le deuxième, le troisième ou le quatrième enfant que le premier. L’inquiétude face à l’avenir, le risque de chômage, la précarité, les logements sociaux impossibles à obtenir, représentant autant de fléaux qui poussent à la peur du lendemain et donc à l’avortement. Car pour nombre de mères, l’inquiétude est vive de savoir dans quel monde nous allons élever nos enfants et si nous pourrons toujours leur offrir le meilleur.

Le respect de la vie est une donnée fondamentale des sociétés humaines mais ce constat fait, on laisse le soin aux femmes de se débrouiller avec le quotidien.

Les hommes aussi d’ailleurs devraient se sentir un peu plus concernés, car les exemples où ils tournent les talons à l’annonce de la grossesse sont encore fréquents, trop fréquents. Quid, dans ces conditions, de la liberté du choix ?

Ne doit-on pas s’interroger en priorité sur celle des femmes qui sont obligées d’avorter, ou qui pensent l’être ? N’est-ce pas à leur côté et pour leur redonner la chance de garder leur enfant, qu’il faut aujourd’hui mener le combat ?

Les escrocs de l’espérance

Marine Le Pen ne se gêne pas pour donner une préférence à certains départements plus qu’à d’autres, prétextant que les banlieues de la région parisienne entre autres, ne sont, en fin de compte pas vraiment à plaindre ; Notamment en raison d’une population ethnique qui ne correspond probablement pas à sa vision de la population française… Erreur qu’elle commet tant elle pense que les « banlieues » ne sont occupés que par des « français issu de la diversité », qui plus est, ne sont pas pauvres ou en tout cas pas tant que cela selon elle. Elle oublie donc que l’on peut être français depuis des générations, habiter en banlieue et être pauvre, au chômage, précaire etc. Pour elle il y a des vrais pauvres, et des faux pauvres, selon leur implantation géographique, et leur apparence vraie ou supposée ; C’est certainement pour cette raison qu’elle n’a jamais présenté sa candidature aux élections légistalives pour un mandat de députée qui pourrait par exemple représenter un secteur du 92, la plus fragile de préférence -Colombes, Nanterre, etc.

En voici la démonstration dans son fameux livre encore que je cite sans cesse dans mon article présent ; A contre Flot Edition Grancher, année  2006 :

En arrivant comme élue dans le Nord-Pas-de-Calais, la pauvreté, la vraie, je l’ai touchée du doigt. Nord-Pas-de-Calais, terre sinistrée. Cette puissance industrielle brisée, ces plaines désertées par l’activité, laissant dérrière elles la vraie misère et quelques terrils…. Pas la misère des banlieues en difficulté sous la loupe et les pleurnicheries permanentes de la classe politique. Non, la misère épaisse et muette des corons. Ce département a pris de plein fouet tous les fléaux : déscolarisation, alcoolisme, chômage, obésité, pauvreté, délocalisations… Sauf qu’il n’y a pas que le Nord-Pas-de-Calais qui a subi la désertification des entreprises, dans une partie du 92 nord par exemple, là où le RN est implanté ! il y a aussi tous les autres fléaux précédemment cités, sauf que pour la majorité des gens de bonnes conditions, ça se voit moins, ou bien c’est plus facile de ne pas voir : chômage, déscolarisation, alcoolisme, obésité, pauvreté, une misère est épaisse en Ile-de-France, autant que dans le Nord. Et pas seulement dans ces deux régions d’ailleurs.

Et ces petites vieilles qui, fatalistes, expliquent que les maisons ont été payées par le sang et la sueur de leur défunt mais que les autorités attendent de les récupérer après leur mort pour les réhabiliter et les revendre ou relouer à de jeunes couples. C’est ce que Mitterrand a fait aussi pour le 92  et le 93 en région parisienne : virer les familles françaises d’HLM, pour les mettres un peu plus loin, dans d’autres HLM aussi « insalubres »… Afin de rénover, transformer et y mettre des familles d’origine maghrébines, voire vendre. Et les élus de gauche, nouveaux roitelets pérorant sur le danger du Front National, en ces terres ravagées ! Pas plus ravagées qu’ailleurs… Puis tout dépend ce que l’on met dérrière le mot « gauche »…. Si pour Marine Le Pen les cadres élus du Modem et du PS sont de gauche, il semblerait qu’elle ne pense pas tout à fait comme une partie du peuple… Bien sûr, dans ces circonscriptions détenues par les socialo-communistes depuis 60 ans, l’échec de cette gauche moralisatrice saute au visage. Il est vrai, que François Hollande -tout comme François Mitterrand précédemment- aura réussi en 2017 à convaincre d’une certaine manière tous les français que le PS aussi, est à droite ! Mais tout de même,  il y a autre chose : Marine Le Pen semble ne pas savoir faire la différence entre un socialiste -issu de la France Insoumise- et un communiste… Deux blocs idéologiques différents.

Bien sûr, le peuple est en train de leur tourner le dos, et il a bien raison de le faire. Bien sûr et ils l’auront fait aussi avec vous quelques temps plus tard. Et ce n’est pas seulement au Nord-Pas-de-Calais que le peuple tourne le dos à la social-démocratie du PS et du RN. Vous avez donc constaté cher internaute, en lisant ces quelques lignes présentes, que Marine Le Pen consacre de longs passages à dresser les zones prolétaires du Nord pour en vérité, faire une comparaison avec la « diversité » de l’Ile-de France : Pas de discrimination positive pour les anciens bassins industriels, qu’ils soient du Pas-de-Calais ou de Lorraine, ni pour les anciennes régions agricoles de Bretagne… Pas de colonie de vacances payée par les contribuables, pas de croisière de réinsertion et pas « de politique de la ville » dispendieuse et ruineuse pour ces campagnes. Mon Dieu.. Et cependant, j’adore une partie de cette phrase : pas de croisière de réinsertion. Il est vrai qu’on est vraiment au petit soin avec une catégorie de la population, la diversité… Pas assez de plaintes, pas de réclamation de ces gens du Nord si chaleureux et hospitaliers, si pudiques, trop pudiques, sur leurs difficultés. Ceci n’étant pas que dans le Nord… La gauche, en se substituant aux catholiques sociaux, a pendant longtemps représenté un espoir sincère pour les plus modestes, les travailleurs, les ouvriers, ceux qui n’avaient plus aucun privilège, ni de naissance ni de fortune. Ah oui. Pour Marine Le Pen, les plus modestes sont les ouvriers, les travailleurs… Et les autres, où les classe t-elle ?

Les grands principes sur l’égalité sociale, la solidarité, la défense des femmes, l’école, les valeurs de la République, la gauche les a tous trahi et a trahi en cela le peuple chez lequel elle avait faît naître l’espérance.  C’est ainsi que mes parents ont été trahis.

En refusant à tout prix la promotion au mérite qui était l’un des grands espoirs des pauvres pour s’élever dans l’échelle sociale face à ceux plus aisés qui, grâce à leur fortune, avaient d’autres moyens pour y parvenir, elle a trahi la véritable égalité des chances : celle offerte au travail et au talent. En cassant une fantastique ascenseur social, elle a laissé les moins aisés au rez-de-chaussée sans espoir de ne jamais y grimper. La promotion au mérite : une escroquerie de la droite, pardon ! Si être promu est à la merci arbitraire de son supérieur hiérarchique, et si le mérite postule du principe qu’il y a des gens plus méritant que d’autres, alors c’est l’inégalité sociale dans l’intégrité des personnes… Pour Marine Le Pen les ouvriers aimaient cette façon de penser du « mérite » : absurde, c’est à vérifier ; par ailleurs l’ascenseur social pour les français non issu de la diversité est bel et bien en panne, parce que la droite est resté au pouvoir depuis 50 ans, celle qui a crée la promotion au mérite. Ainsi ce RPR devenu UDF -le PS qui s’est droitisé assez rapidement-, puis UMP, et maintenant LR, ce parti que souhaite épouser Marine Le Pen par le jeu des alliances…. Oui, elle est pour le « mérite ». De toute évidence, elle pense comme eux.

En soutenant aveuglément une immigration sauvage et débridée, elle s’est fait la complice du grand capital qu’elle fait mine de dénoncer. La mondialisation, enfant chérie de la gauche internationaliste, est évidemment la mort des classes populaires.

Qui peut croire que l’arrivé sur le marché de travailleurs étrangers pour qui le SMIC est une petite fortune va contribuer à la hausse des salaires ? Comment les syndicats peuvent-ils encore plastronner alors qu’ils trahissent ceux qu’ils sont censés défendre ?

Comment ne pas se rendre compte qu’en imposant les 35 heures ou la retraite de plus en plus tôt, la gauche fait un chèque en bois à nos compatriotes  et interdit aux plus démunis qui le souhaiteraient de travailler plus pour gagner plus, les maintenant ainsi inexorablement la tête sous l’eau, leur interdisant de ce fait de construire pour leurs enfants un avenir meilleur que le leur. Le PS de Martine Aubry, car c’est cette dernière qui est à l’origine de l’idée des 35 heures, avait eu cette proposition de diminuer le temps de travail pour permettre aux plus démunis qui le souhaiteraient de travailler… Tous simplement ! L’idée étant, à contrario de cette formule -reprise par Nicolas Sarkozy en 2007 dans l’objectif de faire un OPA sur les électeurs du FN-  la suivante : travailler moins pour travailler tous. Quant à l’avancement de l’âge de la retraite, elle ne concerne que les métiers les plus difficile, les ouvriers. Ainsi, on comprend bien pourquoi la majorité des ouvriers ne soutiennent pas particulièrement le FN, devenu le RN. Du moins encore en cette année 2019. Marine Le Pen proche du peuple ? Vraiment ? La gauche a trahi la cause des femmes en se faisant la complice d’une immigration qui a importé, aussi, l’islamisme avec elle, et les renvoie à une condition de soumission inconnue jusque-là en Occident. Son électorat n’est plus constitué que de diplômés, de bourgeois-bohèmes, ceux qui ont squatté les quartiers populaires pour y aménager des dupleix dans des bâtiments d’usines ou d’anciens ateliers, choix hautement symbolique quand on prétend « faire peuple » tout en nageant dans le luxe, comme si cela pouvait racheter leur responsabilité dans la disparition des emplois industriels. La gauche, enfin, a trahi tous les principes de la République française, transformant l’égalité entre citoyens français en une chimérique et utopique égalité entre les hommes du monde entier ; en sacrifiant la laïcité sur l’autel d’un communautarisme démagogique et électoraliste. En combattant de toutes ses forces toute notion d’ordre, en se faisant le promoteur du chaos, de la désobéissance, en justifiant inlassablement la délinquance au nom de la misère sociale, elle a créé des armées de victimes, y compris dans les rangs de l’Education nationale où nombre d’enseignants ne recueillent plus aujourd’hui dans leurs classes que le mépris et de plus en plus souvent les coups, traités qu’ils sont à l’instar de la petite vieille avec son sac, c’est-à-dire comme une proie. Sauf que le corps enseignants de l’Education nationale continue, pour une grande partie de ses membres, de voter à gauche. C’est un principe plus souvent traditionnel que de réel conviction cependant. Une droite qui envoie une délégation en Grande-Bretagne, le jour-anniversaire de la défaite de Trafalgar et refuse d’organiser la moindre commémoration pour la victoire d’Austerlitz ! Comment les français peuvent-ils lui accorder {la droite} ne serait-ce qu’une once de crédit alors qu’elle a tant et tant de fois démontré son incompétence ? Comment peut-elle encore oser dire qu’elle peut changer les choses alors qu’elle en a, jusqu’à aujourd’hui – en 2006- été strictement incapable ?

Comment est-il possible que les français ne se rendent pas compte qu’ils sont « des lions dirigés par des ânes » ? n’est-ce pas Marine Le Pen ? On assiste à la création des monopoles mondiaux totalement détachés des Etats nationaux, détruisant ceux-ci et les cultures qui leur sont associées au profit d’un marché universel où le consommateur, isolé et sans protection, remplace le citoyen enraciné dans son pays et en principe protégé dans ses intérêts essentiels par son Etat-Nation. C’est cette forme de mondialisation qui, par de multiples aspects, ressemble à « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme » dont Marx projetait l’avènement. Karl Marx avait effectivement prédis l’aboutissement de l’économie de marché si le libéralisme restait au pouvoir. Mêlant une fausse gauche qui a trahi les idéaux de défense des exclus, idéaux qui faisaient son honneur, à une droite qui, elle, a depuis longtemps abandonné la défense des valeurs et des principes qui faisaient son armature, les dirigeants politiques sont devenues de simples auxiliaires d’un système économique qui leur échappe. On a toujours accusé le Front National de surfer sur les peurs, ce qui est à peu près aussi absurde que d’accuser le médecin de surfer sur la maladie ou le plombier sur la fuite d’eau. Quand il y a une épizootie de grippe aviaire, on ne commence pas par trancher la tête des vétérinaires ! Les sociétés humaines se sont construites sur la conscience, aiguë de l’utilité de tous à leur fonctionnement, à leur développement, chacun apportant sa pierre à l’édifice.

Mais que sans travail, beaucoup ont évidemment l’impression de n’être utile à rien et à personne, ni à la société ni à leur famille. Et combien sont-ils à votre avis ?

Notre système est profondément perverti. A tel point que le Front National est arrivé deux fois au second tour depuis 2002 (voir plus bas). La peur de l’avenir est ancrée et bride l’ensemble des énergies et des rêves de nos compatriotes : la peur du chômage, la peur de faire des enfants, la peur d’investir, la peur de se projeter dans le futur… Ce n’est pas le FN qui est à l’originie de toutes ces peurs, mais c’est lui qui est à l’origine d’une nouvelle espérance. Pour autant, briser ce cercle vicieux  nécessite une véritable révolution intellectuelle, culturelle et économique, soit un profond bouleversement des mentalités.

A présent, Marine Le Pen revient enfin à l’idée défendue, la plus complète et la plus authentique du RN, sur le plan économique et social…Elle assume sa droite : Offrir une espérance à notre jeunesse, rebâtir un avenir pour notre peuple, reconstruire une économie en balayant les carcans administratifs et fiscaux qui brident nos forces productives,  voilà notre volonté. Tous ces escrocs de l’espérance, tous ces charlatants de la fausse science économique, si loin de la vie réelle, si éloignés de l’entreprise, si incompétents que s’ils se faisaient croque-morts on cesserait de mourir, nous ont entraînés dans une voie sans issue. Un taux de croissance ne se décrète pas. C’est le reflet de la vie ! Il n’y a pas d’économie sans optimisme, sans confiance dans l’avenir, sans idéal. Investir, c’est croire c’est espérer que demain sera meilleur qu’aujourd’hui. C’est donc à la révolution du choix et de la liberté que j’appelle notre pays. Croire en l’avenir, c’est rendre aux Français la liberté de se constituer un patrimoine, fruit de leur travail. C’est leur permettre de le transmettre en héritage à leurs enfants pour leur offrir une vie meilleure, ce à quoi les hommes se sont de tout temps attachés. Redonner à chacun la possibilité de vivre de son travail, de faire vivre sa famille en réduisant les impôts, tous les impôts, pour que la solidarité nationale ne se décline pas en un assistanat indigne  de la qualité de citoyen, c’est rendre un destin à nos compatriotes. Restaurer l’économie, c’est libérer le travail de toutes ces contraintes en redonnant à chacun, femmes, jeunes, seniors, la maîtrise de la durée de son travail, de l’étendue de sa vie professionnelle. C’est redonner aux femmes le choix de travailler ou pas. C’est aussi rendre possible la création d’entreprises pour qui le souhaite, salariés, chômeurs, jeunes, retraités, et surtout d’en permettre la survie et la transmission. C’est encore fournir à chacun une formation adaptée au marché du travail, garante d’un emploi et d’un revenu stable.

C’est enfin relancer l’ascenseur social bloqué par l’alliance des nantis de droite et de gauche, tous d’accord en cette période de crise pour conserver leurs privilèges en maintenant les pauvres, les obscurs, les sans-grade dans leur fonction subalterne.

Salauds de pauvres ! Telle est aujourd’hui la devise des escrocs de l’espérance.

Je n’y consentirai jamais ! Et pourtant, si… Elle deviendra aussi un « escroc »…

2002

Le 4 avril, nous déposions 532 signatures au Conseil Constitutionnel.

Mon père était cette fois convaincu qu’il accéderait au second tour, mais il faut bien admettre que plusieurs des plus illustres dirigeants du Front national affichaient ouvertement leur scepticisme quant à la fiabilité de ce diagnostic.

Arrive enfin ce 21 avril 2002. Plus on approchait de la barre fatidique du 20h, plus mes certitudes vacillaient. Ayant hérité de surcroît du caractère superstitieux des Bretons, je cherchais partout des signes du destin qui, hélas, n’en finissaient pas d’être contradictoires. Et même lorsque, à 19h, je suis rentré dans le bureau de mon père et qu’avec un sourire, il m’a fait un grand clin d’oeil, je n’ai voulu y voir qu’un signe de complicité… avant de comprendre, médusée, qu’il s’agissait bien de cela : il était au second tour ! Que dire d’une personnalité publique comme Marine Le Pen, qui va jusqu’à mentir quelque peu à ses lecteurs sympathisants et adhérents, en leur faisant croire une telle sornette : « Jean-Marie Le Pen faire un clin d’oeil à sa fille » ; un Jean-Marie convaincu et préparé au second tour des élections présidentielles, pour devenir président ? On a peine à y croire non ?  Sa fille, elle, se jette dans les bras de son père : D’ailleurs je vais pleurer de joie toute la soirée, comme une gosse. Lorsque PPDA apparaît à l’écran quelques minutes avant 20h pour annoncer, avec sa tête d’enterrement, que les résultats sont « une grosse surprise », je sens que c’est vraiment gagné. A 20h, les photos de Le Pen et de Chirac s’affichent et une vague d’émotion pure déferle sur la salle. Tout le monde pleure, hurle, s’embrasse. Une si belle victoire, enfin, en récompense des années de sacrifices, de blessures, d’un combat mené jour après jour depuis de si longues années ! Plaisanterie !

Jean-Marie Le Pen n’a jamais véritablement, depuis 1972, cherché à atteindre le poste de la présidence, sinon un programme plus crédible aurait été mis en avant auprès de son électorat. Après avoir exprimé sa gratitude à l’égard de tous ceux qui l’ont soutenu, il leur dit : « N’ayez pas peur. Rentrez dans l’espérance. L’évènement, c’est le 5 mai. N’ayez pas peur de rêver, vous les petits, les sans-grade, les exclus. Ne vous laissez pas enfermer dans les vieilles divisions de la gauche et de la droite. Vous, qui avez supporté depuis vingt ans toutes les erreurs et les malversations des politiciens. Vous, les mineurs, les métallos, les ouvrières et les ouvriers de toutes ces industries ruinées par l’euro-mondialisme de Maastricht. Vous, les agriculteurs aux retraites de misère et acculés à la ruine et à la disparition. Vous, qui êtes les premières victimes de l’insécurité, dans les banlieues, les villes et les villages. J’appelle les françaises et les français, quelles que soient leur race, leur religion ou leur condition sociale, à se rallier à cette chance historique de redressement national. Sachez que, homme du peuple, je serai toujours du côté de ceux qui souffrent, parce que j’ai connu le froid, la faim, la pauvreté. Je veux reconstruire la cohérence de notre grand peuple français, l’unité de la République, l’indépendance de la France, notre patrie, rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire national et libérer nos compatriotes du fiscalisme et de la bureaucratie. (…) » Cliquez ici, pour comprendre l’évènement. (descendre un peu !)

« La France retrouvée » sera le slogan de ce deuxième tour, un slogan récupéré quelques années plus tard par Sarkozy… Décidément ! Or, je dois admettre aujourd’hui que rien ne s’est déroulé comme nous l’avions prévu. Bien sûr, nous savions que toutes les autorités morales, immorales et ammorales du pays iraient de leur couplet sur le danger fasciste et autres âneries de la même farine. Mais pas à ce point… Pas ce déferlement irrationnel où l’on a fini  par entendre et lire n’importe quoi  ! Pas les enfants retirés des écoles pour les entraîner en rang par 2 dans des manifestations anti Le Pen ! Pas les bureaux de vote du second tour où l’on menaçait les électeurs qui osaient prendre les 2 bulletins avant d’aller dans l’isoloir, et encore moins les bureaux de vote où il valait carrément mieux ne pas passer par l’isoloir !  Pas que l’adversaire du second tour refuserait le débat télévisé traditionnel. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que les centaines de médias étrangers qui ont suivi ce 2e tour ont eu des mots d’une grande dureté devant le spectacle de république bananière auquel la France les a conviés entre les deux tours.  Par contre, ce que beaucoup de gens devraient savoir, c’est que Marine Le Pen se fout effectivement du peuple français, ou bien le considère comme une masse d’esprits imbu. Faut-il vraiment être d’une naïveté pour croire à ces sottises, et je ne pourrai tous les citer. Les entourant de vérité pour mieux confondre le lecteur ? Ah non, là quand même… Mais elle reconnaît que le RN n’est rien d’autre que l’épouvantail du champ ou le croc-miten :

Cette élection présidentielle n’a été, en réalité, qu’un révélateur de la grave maladie dont se meurt la démocratie en France, et du profond mépris dans lequel les dirigeants de notre pays tiennent le choix du peuple français. N’est-ce pas Marine Le Pen ?

Alors c’est vrai, nous n’étions pas assez préparés à ce second tour. Nous n’étions même pas préparés du tout, pour ne jamais l’avoir vécu. Nous étions profanes en la matière. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Vraiment ? On connaît la chanson : « Dormez sur vos deux oreilles, braves gens… ceux qui se sont toujours trompés veillent sur vous ! Or, comme disait Albert Einstein : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal mais par ceux qui les regardent sans rien dire ». Il n’est donc un secret pour personne que, comme en 2002, l’insécurité sera encore un des thèmes centraux de la prochaine présidentielle. Mais revenons à 2002. L’après-midi du 5 mai, nous savons que la diabolisation a fonctionné à plein et nous nous attendons au score « soviétique » de Chirac. Revenant de Lille où je suis allé voter, je croise Alain Vizier, vieil ami et responsable de la presse, dans un couloir du Paquebot. « Tout le monde est dispersé sur les plateaux et auprès des radios. Je n’ai plus personne à disposition. Il faut que tu ailles à la télévision ce soir et commenter les résultats ». Je me retourne pour voir s’il ne parle pas à quelqu’un d’autre que moi… Non. C’est bien à moi qu’il s’adresse. Ma réponse fuse : « Ca va pas la tête ! » Mais il a l’air sérieux. A choisir, j’aurais quand même préféré aller commenter la victoire du premier tour ! Je remercie ainsi mes interlocuteurs pour l’hommage appuyé qu’ils rendent aux 20 ans de la dispartion de Dalida : « encore des mots, toujours des mots… les mêmes mots ». Ainsi Marine Le Pen défendra bête et ongle, son père y compris même dans la défaite. Puis finira par s’en débarrasser comme je l’ai déjà écrit en début de cet article. Et cette année 2002 lui a apporté un stimulant puissant pour la relève :

Rétrospectivement, je pense que ce qui plut alors aux médias était tout simplement la nouveauté et l’incongruité que constituait, dans leur esprit, la présence d’une jeune femme plutôt décontractée dans un mouvement que l’on carricaturait en permanence, le présentant comme un rassemblement d’individus machistes et violents.

Quoiqu’il en soit, c’est entourée d’une nuée de caméras et de micros que je pars faire campagne pour les législatives dans la 13e circonscription du Pas-de-Calais. Des journalistes du monde entier sont venus rencontrer « la fille du monstre », celle dont parle toute la presse française, et ils ont trouvé une jeune femme normale. Normal ? Beaucoup de gens aujourd’hui encore arrive à peine à concevoir dans leur esprit, que Marine Le Pen est une femme ; qui plus est, le peuple pencherait plutôt pour cette conception de la pensée selon laquelle « Marine Le Pen est un homme comme les autres »… J’ai mauvaise conscience. Il  est grand temps que ça s’arrête. Elle y a pensé l’année dernière en 2017, dans les coulisses du débat du 2e tour face à Emmanuel Macron. Mais dans un certain sens, son raisonnement est juste, elle y avait déjà pensé : Donner des interviews à des journalistes de la presse écrite, aller sur les plateaux de télévision commenter avec une brochette d’autres personnalités politiques des résultats électoraux, parler quelques minutes à la radio est une chose ; mais faire seule une émission de 2h, en est une autre. Un certain nombre de personnes, au Front national, m’ont reproché cette médiatisation, accusant tour à tour notre attaché de presse, mon père ou moi-même d’en être responsables, m’accusant de monopoliser l’antenne au détriment des autres responsables du mouvement. Très sincèrement, j’aurai aimé qu’il en fut autrement.

Mais Marine Le Pen, moi je l’ai rencontré en 2004, 2 ans avant l’existence de ce livre, à Paris 15e lors d’un meeting de Jean-Marie Le Pen… A l’époque j’étais… sympathisant, car oui, je fus adhérent de décembre 2010 à décembre 2011, j’ai même participé à l’élection interne par correspondance. Eh oui, j’y ai cru moi-aussi, comme tant de désespérés, que ce mouvement à travers la « jeune femme normale » serait l’Etat providence de demain. Et, je peux vous dire, que je lui ai fait la remarque pour rebondir sur le paragraphe précédent, lorsqu’elle était entourée de jeunes filles : « vous n’êtes pas souvent sur les plateaux de Tv, si vous voulez des voix, il faut vous montrer plus souvent ». J’adhérais à sa personne avant l’heure. A une époque où les gens pensaient Jean-Marie, et non Marine. Pas de réponse, elle court vers la régie car elle est surtout venu pour voir son père…. Enfin, j’ai surtout vu une femme c’est sûr (un peu d’humour ne fait pas de mal !) mais peu sûr d’elle, dépendante, de qui ? de son père. La « fille à papa ». Explications : L’angoisse de mal faire, de mal exprimer la pensée de millions de gens pèse, et la peur de décevoir devient difficile à supporter car j’ai une grande conscience du devoir qui est le mien dans le combat pour nos idées et notre idéal. Là aussi, j’ai des doutes. Car elle va subir et encaisser ce qu’a subi et encaisser son père en politique depuis le XXe siècle…

Le tournant du 21 avril…

Le 21 avril 2002, Jean-Marie Le Pen coiffe Lionel Jospin et se retrouve à la 2e place de l’élection présidentielle. Mais le vieux lion sait déjà que ça ne marchera pas…

Sa victoire du 21 avril est surtout due à un taux d’abstentionnisme reccord ! Et pour cause, l’entrée de l’€uro en lieu et place de la monnaie française, la tentation par le gouvernement de Jacques Chirac de transformer les valeurs nationales en valeurs européennes et ce, dans tous les domaines : tant au niveau des institutions que du marché de l’emploi et de la formation, l’abandon du code civil… Une immigration plus accentuée et imposante, le sentiment d’insécurité relatif aux faits divers.

Lionel Jospin annonce qu’il se « retire de la vie politique ». Un moment historique. Et pour la première fois de sa vie Jean-Marie Le Pen pense pouvoir  s’adresser à tous les français, tous, pas seulement les sympathisants du FN. Même s’il ne croit pas vraiment à son élection, il décide tout de même de prononcer un discours général, externe au FN, un discours quasi-républicain : « J’appelle les Françaises et les Français, quelles que soient leur race, leur religion ou leur condition sociale, à se rallier à cette chance historique de redressement national. » La majorité du peuple -y compris abstentionnistes- ont bien entendu dérrière ce message apparent ce qu’il fallait comprendre au fond : ils ont compris que Jean-Marie Le Pen n’était pas à la hauteur de la tâche ; qu’il manquait de franchise ; qu’en vérité il n’avait vraiment pas l’intention d’être élu de toute évidence et, de surcroit, il y a une vague de rejet que son score suscite. 17.8% des votants, ca ne fait pas la population française intégrale. Qu’à cela ne tienne, Un Jean-Marie qui sera rassuré.

Un front républicain qui cimenterra l’entre-deux-tours, et portera Jacques Chirac à la présidence avec plus de 82.2% des voix. La presse ne ménagera pas vraiment les cadres élus du parti pour des invitations à des émissions politiques, le FN est tranquille. Alain Vizier se tourne vers Marine Le Pen et lui demande d’aller sur France 2. « Ca va pas la tête ! » répond-elle. L’anecdote racontée dans A contre flots, reprise dans cet article tout en haut, ressemble à un surgissement inattendu. Marine Le Pen était surprise qu’on puisse penser à elle. Toujours pour lutter contre le soupçon de favoritisme. Tout de même, son visage et son nom patronymique en imposent. D’ailleurs, elle va appréhender son passage télévisuel avec inquiétude, en pensant qu’elle ne sera pas à la hauteur de la tâche. Et ce soir-là, plus encore qu’à son habitude, elle a le trac, mais crève l’écran. Pour le reste, avec une pointe de gouaille de son père dans la voix, elle n’aura qu’à continuer à faire ce qu’a toujours fait son père depuis des années… Se défendre contre ceux qui diabolisent, se positionner en victimisation autant que le font aussi bien les français issu de la diversité. De fait, le début de l’ère Marine Le Pen a déjà commencé.

Ses galons de porte-voix ont déjà fait leur preuve, à l’oral en tout cas.

Et l’on pourrait ajouter que, en toute logique, la partisanne de la « préférence nationale » est aussi partisanne d’une préférence ethnique orienté vers l’indo-européen à peau claire…et préfère mieux avoir comme cadres élus du RN un « aryen » plutôt qu’un « autochtone » ; à condition que ceux-ci puissent disposer d’un niveau de vie aisé et d’accepter toutes les idées du parti sans exception… Tout en camouflant le tout pour sauver les apparences : « dé-dia-bo-li-ser ». C’est en 2002, que Marine Le Pen propose déjà  de transférer la présidence de Génération Le Pen, à Marie-Christine Arnautu, cadre commercial à Air-France. Par la suite, l’ex-FN tendra vers des affiches et des tracts qui chercheront à casser l’image du parti chauviniste paternel, en essayant des images de jeunes françaises issues de la diversité ; et en ajoutant des mots-clés et des phrases dénonciatrices d’une société « en perdition » selon le FN.

Marine va donc présenter un parti « plus tendance ».

En finir avec les caricatures…

J’admets, avec le recul, avoir fait preuve de naïveté. Si l’immense majorité des militants que je rencontrai durant l’année 2003, lors de plus d’une cinquantaine de dîners-débats, m’accueillit avec joie et chaleur, je sentais bien, en revanche, que cette soudaine notoriété faisait grincer quelques dents. Mon père avait été on ne peut plus clair sur le sujet, indiquant à maintes reprises que s’il devait se retirer, Bruno Gollnisch prendrait les rênes du mouvement jusqu’au congrès, lequel désignerait alors par un vote démocratique le nouveau président du Front national. Un parti donc qui reste mysogine, on lit bien le nouveau président et non l’éventuelle nouvelle présidente ; il faut de toute évidence comprendre qu’elle n’était pas prévue, la fille Le Pen au départ ; en tout cas pas avant décembre 2010. La fille du fondateur de ce mouvement -qui n’a pas du tout l’air d’un profil de « père de famille » c’est le moins qu’on puisse dire- est déjà exclue de la possibilité d’une relève, en ce début des années 2010. C’est constater alors que ce mouvement n’est rien d’autre qu’un club d’entres-soi qui considère que la place de la femme est dans la cuisine, y compris la fille d’un fondateur sans coeur et sans esprit familial. N’importe quel bon père de famille loyal envers ses enfants auraient d’abord pensé à ceux-ci avant d’envisager une offre à un ami, à une autre personne etc. Mais non. Jean-Marie Le Pen n’a rien de cela en lui… Et donc, contrairement à ce que prétendent les journalistes voire certaines critiques comme Caroline Fourest, il n’était pas question d’appliquer, au début, la succession familiale monarchique, au nom d’un quelconque droit du sang interne ; Dans l’esprit de Jean-Marie Le Pen c’était Bruno Gollnisch le successeur, plus confiant et plus crédible que sa propre fille ! Mon dieu, et ce qui fait rire là aussi, c’est l’emploi de Marine Le Pen d’un « congrès  -d’adhérents- qui désignerait par voie démocratique,  leur successeur… Bruno Gollnisch et personne d’autres. Si vous avez bien lu. L’opposition interne n’existe pas au Front national, et de toute évidence, à moins d’un grand changement des esprits, elle n’existera pas non plus au Rassemblement National. Quant aux adhérents, si cela ne leur convient pas, ce sera tant pis pour eux, car leur liberté de choix est soumise à la bannière et au foulard.

Un cauchemar ! La joie qui était la mienne de pouvoir développer nos idées et convaincre  de nouveaux Français, grâce à l’intérêt que les médias me portaient, se transforma bientôt en lassitude face aux querelles de personnes, devenues le sujet de toutes les discussions. Décidant alors de traiter cette polémique par mépris qu’elle méritait, je repris en 2002 l’association « Génération Le Pen » dirigée par un ami fidèle, Jean-Lin Lacapelle et dont je viens de transmettre la présidence à Marie-Christine Armantu, cadre commercial à Air France et femme exceptionnelle. Cette association avait pour vocation de s’exprimer à l’extérieur du Front. Une association qui s’intitule « Génération Le Pen » qui permettrait aux adhérents de s’exprimer librement à l’extérieur du Front ? A mourir de rire ! Une association dirigé par un ami fidèle, […] et dont je viens de transmettre la présidence à… Des compliments ! D’une part à celui qui se fait expulser de ce poste, et d’autre part, à celle qui vient prendre sa place et dont on pourrait penser qu’elle va aussi d… vite fait ! Sacré Marine, A part cela, elle est « proche du peuple », mais pas n’importe lequel.

Il est vrai que « Génération Le Pen » avait été constitué quelques années plus tôt autour d’une bande de jeunes cadres et élus, avec la bénédiction de Carl Lang, alors secrétaire général du mouvement, dans le but de s’opposer à la mainmise, de Mégret sur l’appareil. Bien que majoritairement trentenaires, nous avions tous entre 15 et 20 ans de carte FN : nous étions des « bébés Le Pen » dont le Front National avait été le premier, et pour beaucoup le seul, engagement politique.  Est-ce à dire adhérent depuis l’âge de 15 ans, sans maturité, donc sans esprit capable de critiques, de réflexions, discipliné comme un mouton qui suit le meneur qu’est le chien des prés ? Un grand nombre avaient fait leurs armes au FNJ, le Front National de la Jeunesse, que dirigeait à cette époque Samuel Maréchal. Nous avions bien entendu notre vision du Front, de ses défauts et de ses qualités. Avec de si jeunes têtes blondes censurées de liberté de choix, c’était déjà alors la dictature version junior. C’est tout cela que nous exposions à Le Pen lors de cette assemblée générale [comprendre l’assemblée du FNJ tenu une fois par mois]. Et le constat que nous faisions était alors celui-ci : le Front national est un parti d’opposition efficace. Il a acquis ses galons en faisant preuve de clairvoyance, hélas, et plus souvent qu’à son tour de courage. Un texte appris par coeur comme l’hymne national, et gare à celui ou celle qui prononce autre chose.

« Vos idées sont bonnes, mais on préfèrerait  que d’autres  que vous se chargent de les appliquer ». Voilà ce que nous entendons dire souvent. Est-il admissible que nos militants, nos candidats ne puissent pas faire de la politique normalement encore aujourd’hui, que nos meetings soient attaqués, qu’on ne puisse tenir une conférence de presse sans recevoir des oeufs ou des cailloux, que notre accès médias soit toujours fixé sur le strict minimum accordé par la loi ? Le Front national a été victime d’une diabolisation depuis 2 décennies, diabolisation qui, même si nous avons commis parfois  des erreurs ou mal apprécié des situations, est due en grande partie à nos adversaires politiques. Ce qui a par ailleurs sa logique. En guise de morale antiraciste, le Gouvernement avait donc créé, pour les dresser l’une contre l’autre et terrasser l’adversaire du milieu, 2 France distinctes par leur couleur. Cela méritait d’être rappelé. Nous verrons plus tard quelles gravissimes conséquences aura engendrées cette opération en termes de communautarisme. Tout cela pour aboutir, en novembre 2005, aux émeutes de banlieue, témoignage flagrant de l’échec de cette politique… Belle leçon de morale, en effet ! Il faut dire aussi que toute cette mascarade arrangeait bien les partis traditionnels, lesquels voyaient dans nombre de nos propositions et de nos résultats électoraux le reflet de ce qui’ils n’avaient ni le courage de proposer, ni la volonté d’appliquer, toutes leurs forces étant tournées vers un unique objectif : se démarquer du vilain Front national. De toute évidence ils ont réussi, au moins jusqu’à présent. Reste à Marine Le Pen de convaincre, que la « diabolisation » du FN n’était pas fondée. Elle essaie de s’y employer en invitant son entourage de cadres élus et de militants à ouvrir leur porte, surtout depuis le 21 avril 2002 : Parvenus à ce point de l’histoire, c’est-à-dire au succès inouï au premier tour de Le Pen malgré les manipulations de la classe politique, nous nous devions désormais de faire acte de pédagogie et de transparence ; nous devions ouvrir nos dîners-débats et nos réunions à tous, y compris aux médias afin qu’ils voient que nous n’étions pas des nostalgiques bottés et casqués, la matraque à la main. Que les électeurs du Front national n’étaient pas les abrutis, les archaïques, les imbéciles, les racistes, les peureux, les angoissés de l’avenir qui étaient systématiquement décrits et décriés avec mépris. Ils sont des patriotes. Ils aiment leur pays. Nous devons nous battre pour leur rendre leur fierté ; or en luttant contre cette injuste diabolisation, c’est leur honneur et leur considération que je voulais défendre. On les accusait de vouloir retourner au Moyen-Âge alors qu’ils sont pour moi ceux qui ont vu, su et compris avant les autres.

Il ne s’agissait en aucune façon, comme quelques grincheux du Front ont voulu le laisser croire, d’abandonner nos idées, de nous couler dans le moule d’un système condamné, mais de faire un effort sur la forme pour que de nouveaux Français se penchent enfin sur le fond. Nous ne supportions plus d’entendre ce qu’ont entendu tous les militants, adhérents, candidats ou même simples électeurs du Front national : « Comment, toi, tu peux être au FN ?  » Ce qui signifiait : Comment, toi, si sympa, si ouvert, si correct… en un mot si « normal », peux-tu être au FN ? C’est le manque de temps qui rend caricatural. Vraiment ? Une femme qui applique le siège vide du Général au parlement européen voire à l’assemblée nationale, n’a-t-elle pas le temps d’élaborer un programme complet et précis ? Quant à la volonté qui est la mienne d’acquérir une culture de gouvernement, elle servit de fondement à une campagne de dénigrement  interne qui me laisse encore aujourd’hui perplexe. Ainsi, c’est encore le cas en 2019, en interne, on ne veut surtout pas qu’elle devienne présidente, ce serait trop « ringard » pour un parti qu’une femme soit élue sous son étiquette, qui plus est, lorsque le fondateur avait une préférence pour Bruno Gollnisch. On comprend pourquoi il y a eu ce burn-out dans les coulisses des présidentielles... l’année dernière avant le débat avec Emmanuel Macron.

Mon objectif, disaient-ils, était d’abandonner les « fondamentaux » du Front national pour, comme Gianfranco Fini en Italie, aller vendre mon parti à « la droite » contre un maroquin ministériel ! Rien que cela ! Moi qui plaidais pour faire du Front national une force politique maître d’oeuvre d’un plus vaste rassemblement, qui pense toujours qu’un jour viendra où nous attirerons à nous des cadres, des élus, des électeurs qui, s’apercevant de l’impuissance de leurs mouvements respectifs, nous rejoindrons pour nous permettre, en passant la barre des 50%, d’appliquer nos idées… j’étais accusée de haute trahison ! A ses yeux, le simple fait que le Front national se présente aux élections et soit plus modéré que l’Oeuvre française, le PNFE voire un simpe regroupement de skinheads en fait un juste milieu,  surtout depuis que ce nouveau parti RN a depuis lissé les discours : Alors s’il faut pour la énième fois dissiper ce malentendu, à ceux qui sont de bonne foi, ceux qui ont vraiment à coeur l’avenir de notre pays et pas la défense des petits avantages acquis, je fais les mises au point suivantes.

  1. Je pense que le Front national, s’il faut un jour un parti d’extrême droite, est aujourd’hui un grand parti populaire.
  2. Qu’à ce titre, il doit s’apprêter à accueillir en son sein des millions de Français qui le rejoindront, non pas sur des éléments secondaires de son programme, mais sur son seul fondamental : « la défense de notre nation et de nos compatriotes ».
  3. Que pour ce faire, il doit se tourner résolument vers l’avenir, et que, sans oublier le passé, il doit cesser de se quereller sur les guerres d’hier.
  4. Qu’il ne peut plus, n’en déplaise à certains, se contenter d’être le caillou dans la chaussure du système, mais se préparer à appliquer ses idées lorsque le peuple l’appellera.
  5. Que fidèle à ses idées, il doit néanmoins tenir compte de la société actuelle pour convaincre de son aptitude à gouverner.

Je me trouvai ainsi reléguée de la 10e à la 34e place sur 100. 

J’imaginais qu’ils auraient à mon égard ne serait-ce qu’un à priori positif, qu’ils m’accorderaient le bénéfice du doute. Non. Quoi que je puisse faire ou dire, j’étais l’ennemi à abattre. J’ai fini par admettre que « là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie ».

Elle est optimiste, se défend avec volonté d’y croire et se détend… Une « détente » qui se ressent aussi dans le dispositif de sécurité. Il y a quelques années, un meeting du Front national, avant 2003, ne pouvait se tenir que sous haute-garde, par peur de voir débarquer des opposants anti-fascistes décidés à en découdre. C’était l’époque du DPS de Bernard Courcelle, qui dit avoir enterré « plusieurs gars » à cause des antifascistes. Encore un qui a accepté une entrevue en mars 2010, avec Caroline Fourest. Mais en fait, le vrai projet de Marine Le Pen, ce n’est pas de changer les idées, elle l’exprime clairement d’ailleurs ci-dessus ; de fait, la dédiabolisation au fond, ce n’était pas l’idée à défendre.

Reste une question en suspens. Comment « dédiaboliser » sur le fond, et non seulement sur la forme, un parti tel le RN sans qu’il perde sa place dans l’échiquier politique ? Selon Marine Le Pen, Bruno Gollnisch seul s’interroge sur la question : C’est le cas de Bruno Gollnisch qui s’interrogeait il y a quelques mois : « Je ne sais pas si nous réussissons malgré la diabolisation ou grâce à la diabolisation. »

La flamme n’est pas éteinte

Juste après avoir pris ses distances avec le relativisme de son père concernant la Seconde Guerre mondiale, Marine Le Pen n’a fait que constater un fait réel chaotique en comparant les prières musulmanes réalisées dans un quartier de Paris à une forme d’occupation : « Certes, il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants ». C’est effectivement un fait. Comme elle le décrit bien dans son livre A contre flots, elle tend à qualifier tout ce qui ne correspond pas à ses idées, comme « un régime totalitaire socialo-communiste ». Si elle n’emploie pas le même vocabulaire relativiste et banalisateur du paternel, c’est bien pour capter un électorat populaire qui jusqu’alors n’était pas convaincu par l’ancien FN. Mais quand elle n’a rien à se mettre sous la dent pour passer devant la caméra, ou obtenir des adhésions supplémentaires, elle va les chercher là où c’est possible : comme par exemple ses arguments à propos de Frédéric Mitterrand. Elle demande la démission du minstre-écrivain : « Qu’est-ce qu’on peut dire aux délinquants sexuels quand Frédéric Mitterrand est encore ministre de la Culture ? » Que tout est permis en France, aujourd’hui… Que l’initimidation, la pédophilie, l’homosexualité, le trangénisme, le viol -le vrai- puis le racisme anti-blanc sont encore devant nous, à côté de nous, mais certainement pas dérrière. C’est un constat. Marine Le Pen va t-elle ressembler avec le temps et l’âge, à Jean-Marie Le Pen ? Marine Le Pen : « un homme comme les autres » ?

Son père prétend avoir fait 45 pompes tous les matins pour se maintenir en forme et n’aimait rien moins que le coup de poing et la castagne pour se sentir toujours jeune…

Un tempérament procédurier

Perçue comme moins radicale, Marine Le Pen commence à se faire accepter plus facilement que son père. Mais elle a tout de même son lot. La chanson de Diam’s, « Marine », est tendrement critique, voire complaisante en vérité.  Quelques jours plus tôt, Jean-Marie Le Pen a lié le manque de soutien à l’équipe de France au fait qu’il y « avait trop de joueurs de couleurs ». Autant dire que lorsque sa fille est invitée auprès de Jean-Jacques Bourdin sur RMC, elle est attendue de pied ferme. Virus, cancer, gangrène. Ce vocabulaire était vivement utilisé par les fervents anti-FN et les militants d’extrème gauche. Déshumaniser l’adversaire en le désignant par des termes empruntés à l’Histoire de la seconde guerre mondiale, voire qui frôlent la conception de race, n’est pas pour Caroline Fourest et pour d’autres intellectuelles bien portantes du registre de ce qu’elles appellent les « démocrates ». Sans pour autant définir ce qu’est un démocrate. Cela passait encore au XXe siècle face à un Jean-Marie Le Pen provocateur, face aux anti-FN de tous bords, notamment à propos de violences verbales,  mais ce sont des termes qui sont contre-productifs lorsqu’ils visent Marine Le Pen, que bien des Français perçoivent à travers le filtre de la « dédiabolisation ». Mais les anti-FN qui se prétendent démocrates ne manquent pas : Rama Yade, pistonné de Nicolas Sarkozy pour sa « diversité », le montre bien…. L’ancienne secrétaire d’Etat aux « droits de l’homme », est poursuivie pour injures, comme tant d’autres avant elle. Et ce, en effet, pour avoir écrit sur son blog que Marine Le Pen faisait de la politique « pour s’enrichir sur le dos des gens » et « qu'[elle] faisait partie d’une famille de profiteurs qui en appelle aux électeurs et s’en met plein les poches {…} ». Comme si Rama Yade était différente. Rama Yade, secrétaire des droits de qui… ? De sa carrière surtout.

D’extrême droite ? A vous de juger

Marine Le Pen réfute le terme d' »extrême droite », qu’elle voudrait attribuer à des petites organisations a-politiques ; pour donner la parole à Alain de Benoist qui en 2005 défendait l’idée d’un retour aux civilisations gréco-romaines, elle se justifie : « Je peux me permettre de faire cela parce que je suis à l’aise dans mes convictions et que je n’ai pas à me dédouaner de quoi que ce soit, notamment vis-à-vis du passé de l’extrême droite. L’extrême droite, ce sont des groupuscules comme Unité radicale. Ils ont de tout petits cerveaux, une tendance à l’accoutrement vert-de-gris, de grosses chaussures, et détestent tout ce qui n’est pas blanc de peau», avait-elle notamment dénoncé dans un entretien à VSD l’an dernier en 2004. Ne pas oublier que Marine Le Pen considère la masse de classe populaire comme imbu d’esprit mais pas trop ; ainsi, pour faire passer la digestion du FN des années 70, chaque mot qu’elle prononce est pensé pour adoucir la rupture. De fait, c’est bien ainsi que Marine Le Pen rêve le RN. Restent la réalité des faits et son histoire.

Sur l’émission « A vous de juger » diffusé sur France 2, le 9 décembre 2010, Alain Duhamel lui demande : « Vous disiez à Arlette [Chabot] que vous n’êtes pas d’extrême droite. Mais qui est à votre droite ? ». Marine Le Pen répond : Personne n’est à notre droite, puisque nous ne sommes ni de droite ni de gauche. Je crois que c’est une fracture dépassée. La vraie fracture est entre le mondialisme et la Nation. Et pourtant, elle a pour projet de consolider le programme du RN avec le LR surtout sur le plan économique. Alain Duhamel la relance en lui rappelant la première question qu’il avait posé à son père : « Vous considérez-vous comme un démocrate ? »  Marine Le Pen se souvient parfaitement et enchaîne d’une voix visiblement émue : « ... et il vous a répondu oui« . Elle tient enfin l’occasion de dire ce qu’elle a sur le coeur : « Depuis 35 ans, vous avez pu vous apercevoir que le Front national s’est présenté à toutes les élections, a parfaitement respecté le jeu démocratique. Que la démocratie ne le lui a pas bien rendu puisqu’on a fait des modes de scrutin pour l’empêcher d’avoir des représentants à l’Assemblée nationale« . Alain Duhamel, qui a de la mémoire, la reprend : « ou pour l’y aider comme en 1986« . « Non, sourit Marine Le Pen, Monsieur Mitterrand s’était aidé lui-même. » Alain Duhamel se souvient d’un autre plateau de France 2, où il devait poser une question difficile à chaque candidat : « Chacun l’a pris plus ou moins bien, mais elle l’a vécu comme une véritable agression, alors que je lui ai posé une question difficile comme à tous les autres. » Nathalie Saint-Cricq, à qui j’accorde toute ma confiance assumée bien que je n’ai pas la source à l’appui de ce que j’écris ici, qui a longtemps été rédactrice en chef d’A vous de Juger et qui a préparé des centaines d’émissions politiques, n’a pas eu tout à fait la même opinion lors de son entretien avec Caroline Fourest, le 6 avril 2011 : « Jean-Marie Le Pen était d’une violence absolue dans le privé. Il était tout le temps dans la fureur. Jamais courtois avec le personnel. Il multipliait les blagues racistes et sexistes. C’était une tannée ! Il faut se souvenir de l’ambiance des meetings du FN, on ne pouvait pas y aller sans garde du corps si on venait avec une caméra. Ce n’est plus du tout le cas avec Marine Le Pen. Avec les médias, elle est très ouverte, agréable et professionnelle. C’est oui ou c’est non, mais c’est assez simple, beaucoup plus qu’avec bien des politiques ! »

Médiatisée mais martyre

A contrario de la manière dont était perçu Jean-Marie Le Pen au XXe siècle, où les médias cherchaient plutôt à l’éviter autant se faire que peut, à rejeter sa possibilité de s’exprimer, Marine Le Pen, elle, est en revanche trop souvent sollicitée mais toujours pour les mêmes sujets : islamisation, immigration, sécurité intérieure, relations internationales ambigües dès lors qu’il s’agit de civilisation, antisémitisme, actes violents dans les banlieues… mais jamais elle n’est interrogée sur le chômage de longue durée, les solutions possibles contre la précarité -y compris lorsqu’il s’agit du « français de souche » en désespoir de cause, et pas seulement en province ou dans le Nord. Faut-il croire que Marine Le Pen est « la candidate choisie par le système », ou devrait-on dire plutôt la « candidate choisie par les médias », à l’instar de l’épouvantail réalisé par un agriculteur pour chercher à faire fuire les picorreurs de légumes de son champs ? Quand, au contraire, Michel Drucker ne souhaite pas la recevoir sur son canapé rouge, c’est pour elle le signe d’un complot. Mais Michel Drucker n’est pas l’animateur de « ciel mon mardi » produit par Christophe Dechavanne, il n’est pas l’animateur de « L’heure de vérité » présenté par Patrick Sabatier qui d’ailleurs a invité Jean-Marie Le Pen pour l’occasion. Des émissions des années 80 qui avait pour vocation de déranger, de débattre, parfois sur des thèmes houleux, et l’heure de vérité de Sabatier avait pour principe de donner la parole à tous téléspectateurs ou spectateurs de l’émission ; en leur donnant le droit de poser toutes les questions sans aucune censure. Michel Drucker fait du divertissement, quand il invite une personnalité publique -et notamment politique- ce n’est pas l’organisation ou le parti qui est invité, ni pour discuter du programme ; c’est l’individu. D’ailleurs Michel Drucker s’en excuse, un homme d’une telle humilité même face à la famille Le Pen reste courtois : Au cours d’une interview avec les lecteurs du Parisien, Michel Drucker concède qu’il serait « embarrassé » s’il devait recevoir dans son canapé rouge, la leader du Front National, Marine Le Pen… Ainsi, dans le cas de Michel Drucker, nous sommes devant un tout autre type d’émission, basé sur l’empathie et le divertissement. Et cependant, quel aurait été l’audimat un dimanche après midi avec Marine Le Pen, dans le canapé d’une émission produite par un homme dont les grands parents ont été arrêté par la guestapo avant d’être relaché par miracle ? Quels auraient été les invités de cette émission spéciale Marine Le Pen ? A cela s’il fallait ajouter en plus que Michel Drucker a plus une préférence pour le show-buzz et le football, que la politique ! Et pourtant, signe des temps, l’animateur favori des Français est désavoué : il est considéré comme garant du service public dont des millions de contribuables paient la redevance. Marine Le Pen ne s’en cache pas le 7 décembre 2010 lorsqu’elle est invitée sur Radio Classique : Au micro de Radio Classique ce matin, la députée européenne, en campagne pour prendre la présidence du FN, a dénoncé un «véritable scandale, d’autant que Michel Drucker est sûrement extrêmement bien payé par les contribuables français, puisqu’il est sur le service public. Il a oublié probablement ce que voulait dire le service public». «Il se permet d’exclure de son émission le représentant, ou la représentante d’ailleurs, de millions d’électeurs», a-t-elle martelé. Du coup la question se pose : une femme déclinée poliment par un homme aussi populaire et aimé que Michel Drucker, a-t-elle ses chances, d’être un jour locataire du Palais de l’Elysée, son offre politique peut-elle vraiment évoluer en plus d’avoir déjà changé le nom du parti (RN) ? Une question qui en cache une autre : est-ce une évolution de façade qui sert uniquement à rendre acceptable les mêmes obssessions représentées différement ?

L’héritière

A propos de l’héritage tant spirituel que patrimonial de la famille Le Pen, j’ai déjà bien écrit tous les propos de la benjamine dans cet article, je ne reviendrai pas dessus ; tout du moins pas ce que j’ai déjà repris et commenté, sur le récit de sa vie qu’elle a écrit et que j’ai repris en italique accompagné de mes commentaires quand je l’ai estimé nécessaire. Cette partie sert seulement à compléter ce que vous aurez lu avant d’arriver à cet endroit. Il s’agit là d’un complément d’analyse possible mais fiable. Marine Le Pen de toute évidence était propriétaire de la villa de Saint-Cloud jusqu’en 2014, elle est aussi héritière de la ligne idéologique du RN, bien que cette ligne soit amenée à changer, un jour ou l’autre. C’est ce qu’elle souhaite depuis le commencement, étudiante. Mais en tout cas ce n’était pas sa priorité et c’est normale pour une jeune fille : en effet, à l’issue de la fin de son cycle d’études supérieures, et même pendant la période des examens, elle commençait déjà plutôt à faire la fête ; ainsi, le temps qu’elle  consacra de plus en plus à ses loisirs, à son temps libre, elle eut décidé de profiter de la vie de ses années étudiantes pour « se fondre dans un groupe », et s’amuser ; quoi de plus normal ! Ceux qui l’ont croisée à l’époque la disait très entourée. Par un cordon de « camarades » lui servant de sécurité. Des skeaneads ou de simples jeunes de Saint-Cloud, étudiants ?

Sous la robe

Tout de même, je vais rappeler très brièvement, ce qu’elle avait dit d’elle même : moins bonne à l’écrit, elle intégre le Centre de formation professionnelle des avocats grâce à un 16/20 au « grand oral ». Après un DEA -Diplôme d’Etudes Approfondies en droit pénal, diplôme expiré en 2005- qu’elle a obtenu en 1991. L’oral, elle possède ce talent, personne n’en doute. Sous la robe, Marine Le Pen aurait pu faire oublier son nom, voire s’en servir. Les grands ténors d’extrême droite n’assume t-il pas leur passé ? Extrême droite, c’est Caroline Fourest qui les désigne ainsi. Eux-même ne diront jamais qu’ils en ont été. Marine Le Pen voulait devenir avocate, qu’à cela ne tienne, c’est bien ce qu’elle voulait faire. Mais elle a prétendu que son nom lui faisait défaut, ne serait-ce que déjà pour faire son stage de fin d’études dont elle prétend avoir eu beaucoup de mal, pour ensuite intégrer un cabinet d’associés, et là aussi, « son curriculum vitae » a été poliment décliné…

Et même encore pour créer sa propre affaire.

Donc elle a choisi d’abord d’être avocate tout de même, avant ensuite d’être l’avocate du FN, pour ensuite prendre goût à la politique.

En ce qui concerne la partie « scolaire » de ses études supérieures, elle a eu le droit grâce à son école prestigieuse de réaliser tout de même un jeu de rôles, en particulier la Petite conférence du stage, un procès factice : « juger Charles IX pour <crimes contre l’humanité> et <tapage nocturne> ; motif : avoir fait sonner bruyamment les cloches de Saint-Germain-l’Auxerrois.

Premiers pas à la justice des mineurs

Pour son premier stage, en 1991, Marine Le Pen travaille auprès d’une magistrate qu’elle décrit comme « étonnante et fan de Lénine ». Ce qui ne l’empêche pas de faire son travail « sans a priori » et de « prendre sous son aile » la jeune étudiante. Elle fait ses premiers pas à la 12e chambre du Tribunal de grande instance de Paris, qui correspond au parquet des mineurs. « Inceste, maltraitance, placement de foyer en foyer, gamins assis sur des plaques chauffantes, rien ne fut épargné et c’est tant mieux », avait écrit Marine Le Pen.

Ce qui lui a surtout permis de bien vivre de ses rémunérations en tant que jeune avocate, adepte de la « comparution immédiate » comme aux USA, malgré les risques de justice expéditive qu’elle peut comporter.

L’avocate du FN

En janvier 1992, Marine Le Pen prête serment à la cour d’appel de Paris, entourée de ses amis, de sa famille et de journalistes de l’AFP, qui rédigent une dépêche pour l’occasion. Ce sera dans le cabinet de Georges-Paul Wagner, avocat d’une certaine notoriété, et ami du paternel, qu’elle exercera, pour travailler sur les dossiers… du Front national. A quelques exceptions près. En février 1992, elle plaide pour une hôtesse de l’air, violée à son domicile. Il est tard lorsque le procès donne lieu à une scène plutôt décalée. Alors que le juge examine les pièces à conviction, dont un test ADN, il se demande si cette avocate, « maître Le Pen », ne serait pas la « fille de… » et commet un lapsus : « En résumé, mademoiselle, on ne peut pas dire que le sperme que l’on a retrouvé dans votre culotte est celui de… Monsieur Le Pen ». Prise de conscience d’avoir pensé tout haut, le juge s’excuse… Au printemps de la même année, Marine Le Pen a l’occasion de suivre un grand dossier : l’affaire du sang contaminé. Georges-Paul Wagner représente l’association des Polytransfusés. Marine Le Pen n’est qu’une petite main, chargée d’effectuer la permanence des audiences, mais elle assiste à un procès qui a tout pour plaire à l’extrême droite : une affaire d’Etat, qui met en cause des socialistes comme Laurent Fabius, marqués surtout de leur image publique sur un simple soupcon des médias et de l’opinion publique d’avoir laissé des transfusés être infectés par le virus du sida pour des raisons financières. En réalité, les socialistes s’en sort toujours bien : le ministre de la santé et le premier ministre ont prétendu ne pas avoir été informés…

Marine Le Pen n’est pas convaincue. En tant que jeune avocate commise d’office, il lui arrive aussi de plaider  pour un immigré en situation complexe… un algérien sans papier par exemple. Pour le coup, la jeune avocate se montre simplement fidèle à une règle élémentaire en démocratie : tout présumé coupable a droit à un avocat. Elle dit vouloir être autonome mais se plaint de ne pas être aidée par son père : « Loin de sauter sur l’occasion d’avoir une fille avocate pour lui transmettre les dossiers du Front national, il me les confiait au contraire au compte-gouttes. » Peut-être parce qu’il n’en avait pas envie. Marine Le Pen doit se contenter de petites affaires, pour diffamation ou injures.

Un jour, elle défend les victimes des tribunaux de commerce, un autre, elle défend dans le pénal. En 1995, Marine Le Pen doit se porter au secours du FNJ -le Front National de la Jeunesse- et de son beau-frère, Samuel Maréchal. Marié à Yann 2 ans plus tôt, il préside le FNJ et organise des caravanes de jeunes pour soutenir la campagne présidentielle.

A Auch, dans le Lot-et-Garonne, leur caravane croise des lycéens, qui les insultent et leur lancent des canettes. Maréchal et ses troupes décident de répondre par des coups de bâton et des battes de baseball. Le 1er janvier 1998, Marine Le Pen s’installe au Paquebot, à Saint-Cloud, où elle bénéficie désormais du titre de directrice juridique du FN avec un salaire qui n’est pas négligeable du tout !

Génération Le Pen

Les trois filles Le Pen -Caroline Yann et Marine- ont volé de leurs propres ailes. Difficilement pour Marine, mais elles l’ont faites toutes les trois. La vraie question à se poser pour les plus curieux est de savoir ce qu’ont fait les deux autres, leur métier ? Ont-elles souffert de leur nom de famille autant que la benjamine ? Y compris dès leur scolarité ? Le Front national a-t-il, d’une façon ou d’une autre contribué à leur échec ou à leur succès par l’intermédiaire du paternel ? Ont-elles occupé un emploi, une fonction, une vocation quelconque plus ou moins proche au parti ? Pour Yann bien qu’aucune preuve ou source ne soit produite à ma connaissance on peut supposer que oui ; quant à Samuel Maréchal, mari de Yann, il fut président du FNJ et a été rémunéré par le parti. Nous sommes en 1993, et Yann Le Pen vient de mettre au monde une petite Marion. Comme son grand oncle et comme sa tante, elle fera des études de droit, mais sera moins exposé au nom de <Le Pen>, et on prendra le soin de retirer dans les états civils le nom de Maréchal. Marion-Maréchal Le Pen, c’est son vrai nom, son état civil complet. Mademoiselle Le Pen pour la distinguer de Madame Le Pen plus connue et plus souvent présente à l’écran, ne fera pas comme sa tante. Du moins pas pour l’instant. Ainsi, depuis l’année 2017, elle a choisie de prendre du recul sur sa vie politique, et donc d’arrêter son intérêt pour l’Assemblée Nationale. A l’heure où vous lisez ces lignes, nous sommes le 11 avril 2019, elle est aux USA et fait des conférences auprès des citoyens américains conservateurs, anti-mondialistes, américains de souche. Car Melle Le Pen assume <totalement> sa position de droite conservatrice… tant du point de vue régalien à propos de territoires, de civilisation, de sécurité des biens et des personnes, que du point de vue économique et disons le, social. Aucune concession pour les classes populaires les plus fragiles par exemple, tel les chômeurs de longue durée et les sans-domicile fixe. Un point de vue plutôt modéré pour Marine Le Pen par contre qui fait un appel d’air à l’électorat populaire, mais pas tous, particulièrement les salariés qui vivent du SMIC.. Par ailleurs la tante Marine conseille à sa nièce de « se blinder ». En effet, mademoiselle est née en 1993, ce qui veut dire qu’aujourd’hui 2019, elle a approximativement 26 ans.  A Marine Le Pen, quand on lui demande quelle serait sa réaction si l’un de ses enfants souhaitait embrasser une carrière politique, elle semble répondre que les enfants sont libres de leur choix d’orientation, mais qu’il serait préférable que les siens s’intéressent plutôt à un vrai métier, et de préférence sans avoir à subir les à-priori relatifs au nom patronymique qu’ils portent depuis leur naissance. Qu’elle fera tout pour les protéger.

La nièce Marion-maréchal, en revanche, avait déjà fait son choix… Avant de revenir sur sa décision, décision pour laquelle certains médias restent persuadé qu’elle reviendra d’une façon ou d’une autre ; il serait même probable qu’elle soit destinée à succéder au RN. Mais alors, avec une ligne idéologique plus dur, vraiment d’extrême droite. Déjà dans les années 1990, la famille Le Pen, c’était un peu la série américaine Dallas des années 80 ; l’argent, les conflits familiales, les intérêts et la vie publique. Marine Le Pen ne fait pas exception, elle est même au devant de la scène, c’est déjà la fille à papa. Samuel Maréchal, le père de Marion, était déjà le « petit héros » révolutionnaire face aux agressions anti-FN issues de la jeunesse chiraco-mitterrandiste. C’est en 1998, que l’association Génération Le Pen commence à constituer sa cellule des idées, pour se protéger du Mégret redoutable qui voulait, je l’ai déjà écrit, changer le FN. Marine Le Pen, elle, s’est séparée de son premier mari en septembre 1999, après 2 ans de mariage. Ils se sont rencontrés au BBR -Bleu Blanc Rouge- une fête du front National créé en 1981 pour l’occasion en réponse à l’élection de Mitterrand, symbole d’opposition. Ils feront trois enfants ensemble. Leur petite fille, Mathilde, naît en 1998. Moins de trois mois plus tard, Marine Le Pen est de nouveau enceinte, des jumeaux. Malheureusement, quand elle accouche de ceux-ci, elle a déjà divorcé. Non, sans douleur. Il n’a pas aimé, et ne voulait pas être père. Un homme plutôt caractériel. Il paraît, selon un ancien membre du RN, qu’il lui arrivait après une soirée bien arrosée, de monter sur les toits et de tirer au revolver. Le second époux, un certain « Eric Iorio », a été militant au FN. Ancien colleur d’affiches au Nord-Pas-de-Calais, il sera chargé des élections au secrétariat général.

Après leur rupture en 2006, il renoncera à tous ses postes au Front national et finira par plier bagage. Le dernier divorcé qui a crée « les compatriotes » autre mouvement nationaliste, Florian Philippot, ancien chevènementiste, est un original lui aussi, peu violent ; et plus attaché au gaullisme qu’au nationalisme de Pierre Poujade. Il n’est plus au RN. La contre-société du FN est donc un tout petit monde à lui ; Génération Le Pen : une structure où les manières traditionnelles et les valeurs familiales choquent ceux qui sont plutôt pour un mode de vie libertaire, le modernisme.

« Les filles du calvaire » : la jalousie entre soeurs

En pricipe, dans toute famille française qui se respecte, c’est l’aînée qui fait foi de l’esprit familial, elle est la garante du prolongement de vie des parents, et sert de référence pour les enfants suivants. Pour Marie-Caroline, ce fut différent. La scission du FN avec Bruno Mégret a été l’évènement-objet qui a permis à la fille aînée de s’éloigner de la famille. Lors du congrès FN de Strasbourg, en 1997, Marine Le Pen est proposée comme candidate à l’élection interne pour le poste de vice-présidente du comité central du parti, quand bien même que les délégués l’avait déjà mise au rebut pour cette fonction ; la voir déjà cantonnée au service juridique comme simple salariée, c’était déjà bien assez, et c’est déjà pas mal pour une partie des cadres élus. C’est une femme, et encore à la fin des années 90, une femme trop voyante au FN n’était pas bien vue. Qui plus est, une femme qui occuperait des fonctions stratégiques en politique. Et les adhérents n’avaient pas encore le droit de vote des cadres élus du parti, ce fut donc les cadres qui ont voté non. Majoritairement repoussée par le mouvement Mégret et par la partie conservatrice du FN. Dans les coulisses, c’était les querelles entre cadres, et la famille Le Pen.

Marine Le Pen ne va pas se laisser faire : inlassablement, notamment pour la campagne des régionales en 2004, elle enchaînera les galettes des rois dans les sections FN ou les réunions de militants dans les cafés. Et surtout, elle va commencer un patient nettoyage, écartant ses opposants et installant un maximum de proches dans l’organigramme. Et cependant en 1997, Jean-Marie Le Pen avait déjà finit par trancher sur son doute entre le dauphin prévu Bruno Gollnisch et sa progéniture. Comme il le dit lui- même : je préfère mes filles à mes nièces, mes nièces à mes cousines etc. elle est donc imposée dans la liste des 20 membres prévus. C’est donc par le seul fait du « prince » qu’elle entre au Comité. Chacune a participé à l’histoire du Front national. Marie-Caroline et Marine se sont engagées dans la politique ; Yann, bien qu’elle soit en fonction au FN depuis une trentaine d’années, reste discrète. Toutes justifient leur engagement en réaction à la difficulté de porter – et d’assumer –  leur nom. Quant à Marine, c’est la « fille du monstre » pour les intellectuels et les médias, l’opinion publique anti-RN aussi. C’est papa réincarné, la benjamine diabolique et séduisante, mangeuse d’hommes.

Quand Marie-Caroline décide de prendre partie pour Mégret, pour Marine c’est une aubaine, et c’est ce tempérament, ajouté au contexte de la scission Mégret-Le Pen, qui va décider aussi de l’inversion de la succession entre l’aînée et la benjamine, d’abord ; entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen ensuite. Jean-Marie Le Pen les considère toutes deux comme ses princesses, son prolongement. Marine n’attendra pas que le père l’incite à s’intéresser à une campagne politique, elle va déjà mettre un pied à l’étrier. Elle va même sortir des rangs tous cadres élus gênants :  Carl Lang décide de conduire une liste dissidente au FN, en réaction à la désignation de Marine Le Pen comme tête de liste pour la circonscription Nord-Ouest, dont il est le député sortant. Le 7 juin 2009, sa liste réalise 1,52 % des suffrages. Il fera tout pour lui barrer la route. Déjà en 1997, les fidèles lieutenants du président ressentent le besoin de serrer les rangs pour contrer la nouvelle promise. Le « tir de barrage » est uniquement destiné à envoyer un signal au président : « on veut bien l’avoir comme présidente, mais sous ta supervision ».

La grande mutinerie

Au début des années 2000, bien avant la nomination en 2011 de la nouvelle présidente du RN ainsi nommé à présent, la succession de Jean-Marie Le Pen se faisait déjà sentir, bien que ce dernier ait été difficilement détrônable et qu’il se défende de ne pas avoir prévu de succession ; et en particulier entre 2002 et 2009, au moins ! Déjà la scission qui avait eu lieu au milieu des années 1990 faisait sentir qu’il était temps de « changer »… soit de dissoudre le FN pour le remplacer, soit restructurer le FN pour le rendre plus acceptable. C’est à Vitrolles, petite ville-champignon du Sud, que Mégret va commencer à montrer l’exemple. Comme les jeunes de Génération Le Pen, les mégrétistes rêvent de renouveler ce parti, mais d’une toute autre façon, et avec bien plus d’organisation. Pour Lorrain de Saint- Afrique, la clef de certaines provocations de Jean-Marie Le Pen se trouve dans cette volonté, plus ou moins consciente, de garder le FN à sa main : « Ne jamais oublier que le fil rouge de Le Pen, c’est l’argent », rappela t-il souvent.

Le coup d’arrêt de Mantes-la-Jolie

La restructuration et la remise en question du FN dans les années 90 n’a pas eu lieu, tant du point de vue de l’appareil politique que du point de vue des idées : en effet, une provocation a stoppé net toute chance de « normaliser » l’image du parti. Il s’agit de la bousculade survenue lors de la campagne des législatives de 1997 à Mantes-la-Jolie. Quelques français issues de la diversité sont présents lors de son passage en centre-ville, vociférant « des noms d’oiseaux », à l’encontre du candidat du Front national. Une bousculade commence. Jean-Marie Le Pen, excédé, hurle : « On en a marre, on en a marre, vous comprenez ! » Il répond à une élue de gauche qui l’interpelle, ceinte de son écharpe tricolore elle avait tout l’air de se présenter officiellement comme le maire de la ville : Annette Peulvast-Bergeal,  qui se retrouve comme gênée par un Jean-Marie Le Pen réactif, sur la défensive, qui tentait de répondre à une remarque mal comprise. Si vous regardez les deux vidéos, vous pourrez constater qu’il n’y a aucune altercations ou contact physique entre les deux personnes, contrairement à ce que prétend l’auteure Caroline Fourest. D’un autre côté, Marine Le Pen toujours prête à défendre son père et c’est bien normal, parle d’un père qui relativise tout, plus souvent maladroit que révisionniste, un enfant de la guerre, incompris, teigneux en apparence mais chaleureux quand il veut. Concrètement, il n’y a pas eu de bousculade réelle, d’empoignade, mais plutôt de la tentative de bousculer… ce qui est quelque peu différent. Cela dit il maintient encore au XXI siècle devant les journalistes que les chambres à gaz sont un détail de l’histoire de la seconde guerre mondiale. Dans tous les cas, la personnalité de Jean-Marie Le Pen reste la même : toujours prêt à bondir et à s’imposer dès qu’on lui adresse la parole… Quelques minutes plus tard il provoque un manifestant : « Viens là, tapette, je vais le faire courir moi le rouquin, tapette va ! Pédé ! » Puis, le souffle court, il sourit à une caméra : « Ca m’a rajeuni ! » ; c’est en première instance, en avril 1998, que M. Le Pen est condamné pour violences -non commises d’ailleurs- à l’encontre de Mme Annette Peulvast-Bergeal à trois mois de prison avec sursis et 23000 francs d’amendes, peine assortie de 2 ans d’interdiction des droits civiques. La cour d’appel de Versailles modifia la condamnation,  mais requalifia les faits en « violences sur une personne dépositaire de l’autorité publique ». Le mal s’est aggravé quelque peu : Il est condamné à 3 ans d’emprisonnement avec sursis, l’amende est ramenée à 5000 francs, ajouté d’une inéligibilité d’un an. Ainsi va le fondateur du FN, jamais aussi heureux que de se défouler ne serait-ce que pour donner l’impression qu’il a toujours 20 ans… Sans doute en avait-il besoin pour prouver à ses troupes qu’il n’était pas tout à fait fini, mais à quel prix ?

Au final, il aura gâcher la campagne électorale de sa fille aînée, qui ne lui pardonnera jamais. C’est peut-être aussi pour cette raison qu’elle choisira le camp Mégret un peu plus tard, lors de la scission. Comme de nombreux cadres du FN, Marie-Caroline ne croit plus en la stratégie de son père ; à tel point qu’elle rejoindra le camp des mégrétistes et tombera amoureuse de son nouveau compagnon : Philippe Olivier. Quant à Marine Le Pen, également enceinte au même moment, elle entérine la rupture avec sa sœur aînée ; bon gré, malgré, non sans-regret… On n’échappe pas vraiment à sa famille, une famille qui espère au fond, se reconstituer intégralement et oublier les vieilles rancunes ; je ne crois pas que la famille Le Pen soit une exception.

Au service de « la justice du front »

Jusqu’en 2017, le Front semble être pour une grande partie de l’opinion publique moins un parti pensé pour gagner qu’une entreprise familiale destinée à se transmettre. En 2018, encore beaucoup de gens pensent que la succession après Marine sera certainement Marion Maréchal… Et qu’il est peu probable que ce parti se voit un jour être élu à la plus haute fonction de la Ve république. Mais les premières victimes du RN restent les électeurs sympathisants, voire les électeurs potentiellement attirés mais qui hésitent encore. Aujourd’hui l’opinion publique a tendance à associer la sensibilité politique d’un citoyen à sa physionomie, son appartenance vrai ou supposée à une communauté ethnique. Comme si un être issue de la diversité était forcément un potentiel électeur de gauche voire communiste ; sinon un électeur des grands partis populaires sous la Ve république ; et comme si le blond n’avait pas d’autres choix que d’être de droite, ou de s’abstenir, ce qui rend service à la pensée dominante dans les deux cas de figure. Si on revient à la famille Le Pen, elle a encore moins de chance, être blonde et porter un tel nom patronymique ! Etrangement ce n’est pas le cas de Marie-Caroline, en raison de de ses liens avec les mégrétistes et son éloignement des Le Pen. Quand on parle du RN ou de la famille Le Pen, c’est toujours le même sujet qui revient : l’argent. Exemple : la difficulté actuelle du RN dont on soupçonne la fin du parti pour manque de financement, l’emploi fictif des assistantes parlementaires -ce n’est pas le seul parti d’ailleurs- les salaires et notamment celui de Marine, comme aussi celui de Yann, furent un temps soit peu dans les  années 1990 critiqués  :  »  Yann et moi étions devenues des gourdasses surpayées, blondes, sans cervelle, qui se faisaient les ongles toute la journée, n’avaient jamais milité et étaient scandaleusement imposées par leur père ». Dans les années 90 et au début des années 2000 Marine Le Pen ne prête guère attention à des questions de fond dont pourraient se poser l’opinion publique et les médias. Elle porte son attention en tant que directrice juridique du front à une priorité : la guerre interne. De par sa fonction elle est chargée de mener la bataille contre les moutons noirs. Epuisée par sa grossesse, son état d’esprit change, elle devient moins tôlérante et choisie la facilité : « couper les têtes » de tous ceux qui menacent son père. Tâche ingrate. Durant cette période, des liens profonds se tissent avec ceux qui n’ont pas quitté le Paquebot et se montrent fidèles au clan Le Pen. Comme avec Louis Aliot, qui devient directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen. Le premier cercle resserre les rangs. Pourtant le RN (ex-FN), en cette date du 11 mai 1999, va vivre une justice en faveur de l’entreprise familiale : un procès qui désavoue Mégret.  Marine Le Pen, qui a accouché de ses jumeaux quatre jours plus tôt, appelle son père : « On a gagné ! » Il est en Haute-Savoie. Soulagée et épuisée Marine Le Pen pleure. Avec une dizaine de militants, elle part attendre son père à l’aéroport, qui arrive sous les acclamations.

Cette entreprise familiale…

Un fait connu du grand public est intéressant que je reprend ici, c’est l’article de Renaud DELY, paru dans Libération le 24 décembre 1998 :

Tête basse, mains sales, depuis trois semaines, mégrétistes et lepénistes règlent leurs comptes en public. Les arguments volent bas et tous les coups sont permis. Revue de détail d’un grand déballage qui révèle les pratiques d’un parti qui se voulait différent de«la bande des quatre de l’établissement» » et s’avère bien pire. Népotisme. C’est la principale accusation des mégrétistes à l’encontre du président du Front national. Serge Martinez ­ «le félon, pas l’autre», dixit Le Pen ­ a lancé l’assaut le 10 décembre en révélant, bulletins de salaire à l’appui, que la famille du chef coûte au FN «2 159 000 F par an, soit l’équivalent d’une année de cotisations de 21 500 adhérents chômeurs». Marine, la benjamine de Le Pen, a été embauchée en janvier 1998 comme responsable du service juridique du parti à 30 000 F brut par mois pour un deux tiers de temps. Yann, l’épouse de Samuel Maréchal, perçoit 20 000 F mensuels. Quant à Samuel Maréchal, il disposerait de plus d’un million de francs pour gérer le Front national de la Jeunesse dont les effectifs auraient fondu à 1 713 adhérents. Il ferait payer par le FN bureaux et permanents de sa fédération de Loire-Atlantique et aurait fait embaucher par le FN sa soeur, Sarah, son frère, et la meilleure amie de sa femme. En outre, le Canard enchaîné d’hier révèle que Le Pen a imposé au FN de louer 7 500 chaises au tarif de 1 280 000 F pour la fête des Bleu-Blanc-Rouge de septembre dernier à une société, Atouts Stands, détenue par … l’époux de sa fille Marine. L’entreprise ayant fait faillite avant de remplir son contrat, Le Pen aurait interdit à Serge Martinez, organisateur des BBR, de lui réclamer les arrhes déjà versées. Abus de biens sociaux. Serge Martinez en a accusé Le Pen le 10 décembre en affirmant que celui-ci fait payer son «domestique personnel» de l’hôtel particulier de Montretout, à Saint-Cloud, par le parti. Le 14 décembre, Le Pen a répliqué que la secrétaire de Serge Martinez est payée 27 000 F par mois sans avoir les qualifications requises.

Clientélisme. Le Pen a accusé Mégret de «mener depuis plusieurs mois une action de subversion, de séduction et d’intrigue auprès des élus grâce à [« ] l’Institut de formation nationale (IFN), qui est assez bien doté financièrement et qui permet d’inviter les gens dans les grands hôtels et de leur offrir à dîner». Officiellement chargé de la formation des cadres et des élus frontistes, l’IFN est entièrement dans les mains de Mégret qui en a déposé les statuts. Pourvu de l’agrément du ministère de l’Intérieur depuis novembre 1994, sous l’ère Pasqua, l’IFN bénéficie depuis de la manne des collectivités locales pour ses stages. Soit plus de 3 millions de francs entre le 1er janvier 1995 et le 30 juin 1996 et un bénéfice de 758 820,27 F pour 1995. Les lepénistes soupçonnent Mégret d’avoir gonflé les factures pour mieux faire fructifier son prestige au sein du parti.

Fausses cartes. Dans un document mégrétiste rendu public le 11 décembre par Le Pen qui y «voit la preuve du complot», trois de ses fidèles sont accusés d’avoir multiplié «les cotisations d’adhérents bidons» à la veille du congrès de Strasbourg de mars 1997 : Jean-Michel Dubois, patron de la fédération du Val-d’Oise, Pierre Descaves, secrétaire départemental de l’Oise, et Pierre Jaboulet-Vercherre, chef de file en Bourgogne.

Complot. Outre le texte cité plus haut, les lepénistes ont remis en circulation deux notes qui démontrent, selon eux, que «la conjuration mégrétiste a été préparée de longue date». Tout d’abord un texte de cinq pages, daté de 1994, intitulé Création de «Carnix», cellule de communication et d’analyse au service du délégué général. Proche de Mégret, l’auteur lui conseille de «constituer un réseau bien huilé, multiforme au sein du FN» dont il détaille la stratégie pour rendre «BM incontournable» et «lui donner le maximum de chance d’être le successeur de JMLP». Ensuite, un texte de Jean-Claude Bardet, bras droit de Mégret, rédigé en 1984 qui fait du «cas Le Pen» un «simple exutoire de mécontentements [« ] enfermé, à plus ou moins long terme, dans une impasse». Mégalomanie. Dans une Lettre du Front adressée aux 42 000 adhérents, les mégrétistes affirment que les réunions du «pré-gouvernement», confié à Jean-Claude Martinez ­ «le bon, pas l’autre», selon Le Pen ­ dans un salon de l’hôtel Crillon, place de la Concorde à Paris, coûtent 15 069 F la séance. Y ajouter la location des services d’«un aboyeur déguisé en huissier pour annoncer l’arrivée du président!». Le Pen, pour lequel les mégrétistes ont ressorti son vieux surnom de «le Paon», aurait aussi ordonné d’«accrocher son seul portrait dans tous les bureaux» du siège du FN. Quant à ses huit fidèles chargés de la précampagne des européennes, ils se seraient partagés 100 000 F en liquide d’«argent de poche» et aurait, selon Jean-Yves Le Gallou, «loué six Xantia avec chauffeurs».

Flicage. Dans le même texte, les mégrétistes accusent Marine Le Pen d’avoir fait saisir en novembre «les documents des services rattachés à la délégation générale», dirigée par Mégret, et d’avoir fait fouiller «les bureaux, ordinateurs et fax» de trois de ses collaborateurs : Philippe Olivier, Nathalie Debaille et Géraldine Le Vert.

Des épisodes qui pourraient n’être qu’un avant-goût d’un déballage qui promet de reprendre de plus belle dès la trêve de Noël passée.

Le conflit interne entre le clan Le Pen et celui de Mégret est bien plus étendu, je n’ai montré ici que « le côté apparent de l’iceberg ». Dans tous les cas, et la justice l’a suffisamment démontrée dans les litiges FN, le clan Le Pen a largement vécu de l’argent public, qu’il s’agisse de mandats ou de fonctions financées en partie par le système électoral. Quant à la benjamine Marine Le Pen, elle fini par ne plus pouvoir être salariée du pôle juridique, poste de cadre -directrice- et ce, depuis qu’elle est entrée véritablement en politique et qu’elle cumule les mandats. Cela revient-il à dire qu’elle continue à se débâtre contre le soupçon de népotisme ? Elle redoute par ailleurs toute comparaison de sa personne voire de ses idées avec le sarkozysme, sinon le LR, bien qu’elle est pour projet -comme je l’ai déjà écrit plus haut- de faire jeu d’alliance avec quelques-uns d’entres-eux. Mais cependant ne rechigne pas à une possibilité d’accord avec Jean-Luc Mélenchon, bien que ce dernier ne conçoit pas une telle possibilité ! D’ailleurs un autre énergumène assez étrange et divertissant dans ses interviews sur YouTube, a émis l’hypothèse d’un accord fusionnel de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen : Alain Soral. Marine Le Pen  n’aime pas beaucoup en revanche la politique partisanne, les arrangements et accords de ci de là pour avoir le bon poste au bon moment et entretenir une « carrière » confortable. Dans son livre A contre flots, elle cherche à attirer la compassion en racontant combien il est épuisant de mener campagne tout en élevant trois enfants. Ce qui est certain. Ce qui ne l’empêche guère de continuer à exercer ses mandats, de cumuler. Si l’argent est le nerf de la guerre, il est au coeur de bien des conflits au sein du Front national, le RN aujourd’hui. Marie-Caroline Le Pen était de son côté gérante de la SERP, la société de disques fondée par son père. Au moment de la brouille, alors qu’elle a choisie le camp du félon, elle tente de conserver la société. Son père ne la laisse pas faire, et fini par avoir le dernier mot.

Opportunité électorale à Hénin-Beaumont

Un peu comme au FN, la ville a longtemps été gérée par une famille…le parti socialiste. Le socialiste Fernand Darchicourt de 1953 à 1968, Jacques Piette de 1969-1989, puis le fils de l’avant-précédent maire : Pierre Darchicourt de 1989 à 2001. Viendra ensuite d’autres socialistes qui prendront le relais sous l’étiquette divers gauche ; enfin le RN depuis le 30 mars 2014. Cf le détail ici pour plus d’informations à propos des mandats. Cela fait un moment que Marine Le Pen convoitait cette petite commune, où toutes les conditions sont réunies pour prospérer : chômage de masse, crainte de l’immigré… Mais Steve Briois ne prend pas à bras le corps les responsabilités qu’incombe une ville aussi facile à gérer, la viande hallal et l’exposition religieuse en public sont de mise.

Au conseil régional du Nord-Pas-de-Calais, le groupe FN compte 18 membres. Deux joueront bientôt un rôle décisif auprès de la future présidente du parti. Le premier s’appelle Eric Iorio : il a 34 ans, deviendra responsable du FN dans le Pas-de-Calais ainsi que le second époux de Marine Le Pen. L’autre n’est autre que le maire actuel Steeve Briois : à 26 ans, ce petit-fils de mineur est bien implanté dans la commune d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), dont il a été élu conseiller municipal trois ans plus tôt. Marine Le Pen sera élue conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais ; en revanche, Carl Lang un cadre élu du FN toujours au parti, se présente contre elle en 2009 aux élections UE ! En fait, Marine Le Pen ne s’est pas intéressée tout de suite à la région du Nord-Pas-de-Calais. Tout est question d’opportunité en politique bien sûr.

Par exemple, aux régionales de 2004, Marine Le Pen ne s’intéresse pas aux gens du Nord, elle a choisie l’Ile-de-France.

Mais elle réapparaît pour les législatives de 2007, qu’elle perd avec 41% des voix.

« L’indignation, ça s’organise »

« Plus la ville coule, plus les scores du FN montent », constatent les essayistes Caroline Fourest et Fiammetta Venner ;  la présidente du Front national « a mis le paquet pour faire d’Hénin-Beaumont son Vitrolles »Et les autres partis ne semblent pas faire le maximum pour l’en empêcher. Et cependant elle a perdu l’élection présidentielle de 2012… Qu’à cela ne tienne, devenir députée du Nord-Pas-de-Calais : c’était l’autre objectif, de Marine Le Pen. Et de dire à ses militants en 2007 lors d’une conférence privée auprès des candidats aux élections municipales : « L’indignation, ça s’organise », déclare-t-elle pour clore la première session à l’intention des cadres du parti. Mais d’ailleurs un fait considéré comme « divers » par les médias va lui permettre de s’indigner. Le 22 septembre 2007, deux individus, l’un au moins armé d’un pistolet à grenaille, interpellent Marine Le Pen ; cette dernière semble avoir pris des distances sur cette agression. L’entourage de Marine Le Pen a pour sa part entendu un coup de feu«Je ne sais pas s’il a tiré, j’ai entendu des cris “Attention, il a une arme”. Cela se passait dans mon dos, mon garde du corps m’a immédiatement évacuée», a indiqué à l’AFP Marine Le Pen qui avait dans un premier temps évoqué un coup de feuDans un communiqué publié samedi soir, le FN dénonce «une très grave agression» et demande une entrevue au préfet du Pas-de-Calais «pour que soit garantie la liberté des élus de mener campagne en toute sécurité. Reste à savoir si Marine Le Pen a été reçue en audience. Indignée, mais combien de fois ? Mais nous savons aujourd’hui cher lecteur, que Marine Le Pen n’est pas du genre à garder profil bas. Par ailleurs, un cadre élu du FN maire depuis 2014 n’a malheureusement pas les compétences suffisantes pour résoudre une pauvreté locale.

Une ressemblance avec le père ?

« Marine, c’est le clone absolu de son père », a toujours dit sa mère Pierrette. Sauf que ses cheveux longs, et surtout le fait d’être une femme, changent bien des choses. Au moins dans le regard des autres. Le Rassemblement National est bien placé pour le savoir. Déjà, quand il y a des tensions internes, tant pour le calendrier électoral que pour une élection interne telle celui de décembre 2010, c’est toujours les femmes qui ont le dernier mot. Lorsque les adhérents ont choisi une candidate plutôt qu’un candidat, on pouvait déjà deviner qui serait à la succession du père fondateur du FN. C’est l’effet correctif féminin : dans l’inconscient collectif de certains français, surtout les plus éclairés, une femme est naturellement plus flexible, plus « ouverte d’esprit », plus tôlérante qu’un homme. Voter pour une candidate au FN pour changer son image révolue n’est donc pas anodin. Mais cela ne change rien au climat idéologique : les mêmes effets protestataires perdurent.

La benjamine est prévenue. Se lancer en politique est une chose, affronter les coups bas, les oppositions, entretenir sa notoriété et s’assurer que les électeurs peuvent compter sur elle : c’est une autre paire de manches. Qu’à cela ne tienne, Marine Le Pen n’est pas fragile. C’est un garçon manqué, sa vie et son style sont loin des clichés sur la féminité. Ce qui ne l’empêche pas de penser, comme son père, que l’émancipation par une carrière en politique peut conduire au malheur. et « ne jamais cracher dans la soupe », c’est la devise familiale traditionnelle. A la question de savoir si elle n’a pas été choisie uniquement parce que c’est une femme, et non pas seulement pour le nom patronymique « Le Pen » ; entre son ascension à la tête d’un parti et sa liberté de femme divorcée puis collectionneuse de nouvelles aventures, la réponse peut-être ambiüe, voire contestable.

Mais en général elle s’en sort toujours lors des interviews des journalistes, y compris quand il s’agit d’aborder le genre féminin ; voire l’orientation sexuelle : Après le vote de la loi instituant le mariage des personnes de même sexe (loi Taubira) le  et sa validation par le Conseil constitutionnel le 17 mai suivant, Marine Le Pen reprend l’idée d’une union civile. C’est ce qu’elle déclare au micro d’Europe 1 : « mettre en œuvre un PaCS amélioré » en 2017  car, pour elle, « c’était la revendication de l’immense majorité des homosexuels ». Mais elle conserve tout de même quelques réserves à propos de valeurs éthiques traditionnelles notamment sur la vie de famille en France, et ce, en particulier la place de la femme au foyer.

Pour cela elle rejoint son père…

D’élection en élection…

Depuis, j’ai appris qu’en politique, il se passe toujours quelque chose ; les campagnes succèdent aux campagnes, et il faut en effet mesurer son effort si l’on ne veut pas y laisser sa santé. Les électeurs ont souvent tendance à penser que les politiques se la coulent douce. Rien n’est moins vrai. En tout cas pas tous et surtout pas toutes ! L’opinion du père émise il y a quelques années à propos du raisonnement selon lequel la « place de la femme se trouve entre la cuisine et la salle de bain », a fait scandale au XXe siècle. Une opinion reprise par sa fille et formulée certainement autrement, ça passe. D’autant que Marine Le Pen incarne la femme « moderne » ; en ce sens qu’elle insiste sur le fait qu’elle-même travaille -en politique, soit loin des ouvriers et des employés bien sûr- tout en élevant trois enfants. Cela fait même partie des récits les plus touchants raconté dans A contre flots Ceux qui n’ont jamais donné d’interview en direct à France Inter enfermé dans les toilettes parce que Jehanne hurle : « Maman, Louis a arraché la tête de ma Barbie ! », ne savent pas ce que signifie être une dirigeante politique avec trois enfants en bas âge…

Caroline Fourest qui défend le « vivre ensemble » et milite pour une féminisation qu’elle estime toujours insuffisante en France, va tout de même contrarier quelques idées d’extrème gauche : Si le progrès consiste à rester à la maison, pourquoi n’y reste t-elle pas ? Est-ce une régression de voir une femme à la tête du Front national ? Oui, si l’on en croit certains écrits du parti. Longtemps quelques femmes d’extrême droite avait créer un mouvement : le CNFE – Le Cercle National des Femmes d’Europe ; dont le slogan était de « remettre les femmes à l’honneur » : « Le CNFE, est une association qui se veut un « lieu de réflexion et d’influence regroupant les femmes qui veulent lutter pour la famille et ses valeurs, ainsi que pour l’enfance. «  Dès 1973, le FN défend une “politique familiale”, nataliste et proposant des valeurs sociales où le noyau familial et la femme au foyer occupent une place prépondérante : ainsi, dans son premier programme, apparaissent les notions de revenu maternel (transformé plus tard en “revenu parental”, plus politiquement correct) et de vote familial (c’est-à-dire une voix par famille, pondérée par le nombre d’enfants, et donc soumise au chef de famille). Le Front se place également dès sa création contre le droit à l’IVG, en accord avec sa branche intégriste catholique de l’époque. Il faut comprendre dans cette article de renvoi ci-dessus -dont vous aurez constaté que le site est clairement orienté de gauche politiquement- que la place de la femme, pour le CNFE, est au foyer. Selon un article de Marc Cabantous, paru dans les bulletins n°2-4 du CNFE, éditée en 1985il s’agit d’assurer l’épanouissement des femmes en leur permettant d’accomplir leur destin biologique dans la transmission de la vie et leur destin social dans l’éducation de leurs enfants. Fut un temps, les petits mouvements d’extrême droite estimait donc, à l’instar du parti de Pierre Poujade des années 30, que la « vraie libération de la gente féminine » consistait à rester au foyer et « avoir des enfants ». C’est en réalité, le désespoir, le doute et la peur de l’autre, qui permet à ces différents mouvements de prospérer, y compris déjà dans les milieux scolaires, où l’on cherche à semer les premières graines de conflits entre jeunes pour mieux ensuite dominer… Voilà donc à présent Marine Le Pen, qui veut incarner le renouveau, le modernisme : casser la vision défendue du XXe siècle à propos du féminisme, par ce nouveau parti qu’est le RN, concernant les femmes, si injustement caricaturée… Mais toutes les tendances auxiliaires de l’extrême droite se retrouvent pour exiger le retour à un patriarcat et à une meilleure répartition des rôles mieux définie entre hommes et femmes. Les païens de la Nouvelle Droite y voient le moyen de préserver la civilisation « blanche » de la décadence d’un remplacement de notre civilisation -dénoncé par Eric Zemmour- et les catholiques traditionnels très conservateurs celui de préserver un mode de vie familial qui n’existe plus : c’est leur défense d’une « cellule de base de la société ». Dans cette vision du monde, le modèle politique idéal est à l’image de la famille idéale. L’homme oriente son foyer et la femme le seconde, c’est-à-dire qu’elle fait ce qu’il lui dit. Et telle ainsi va la « cour de Versailles » à l’échelle du foyer familial : les enfants sont les sujets. Cela dit, même en monarchie, il arrive que des femmes puissent régner : soit en régence lorsque le roi n’a pas encore l’âge mature de gouverner, soit du fait de leur personnalité telle Marie-Antoinette qui se moquait bien de la faible autorité de Louis XVI. On pourrait aussi bien citer Marie-Thérèse d’Autriche. Mais dans tous les cas une femme qui règne sous l’ancien régime se doit d’être exemplaire en tout, et ce, à l’image de la mère idéale, sous peine d’être dénigré par son entourage, voire par le peuple. Si le fait d’être une femme pour Marine Le Pen est une force pour redorer l’image d’un nouveau parti tel le RN et le dédiaboliser tant auprès de l’opinion publique que des médias, cela lui vaut bien des désaffections en interne. Et même des sarcasmes, autant que ceux qu’à pu essuyer Ségolène Royal à gauche ; cette dernière d’ailleurs leur a pardonné. (Cf son livre en 2007 : Ma plus belle histoire, c’est vous.) Pour un cadre élu tel Lorrain de Saint-Affrique, la comparaison est tout à fait jouable entre le père et la fille, tant du point de vue de la personnalité. Jean-Marie Le Pen est de la « vieille école », la France des années 40-50, Marine elle, est né en 1968… la France des années 70-80. Deux poids deux mesures ? Enfin, Marine qui aimait potasser durant son cycle d’études de droits, ne lit plus un livre depuis bien longtemps ; et pour les discours on lui fait des fiches. Mais dans un monde où la tradition catholique demande aux femmes de se taire en public, il faut parfois des générations pour devenir enfin audible. Les modèles ne sont pas ce qu’ils manquent : Agnès Sorel au XVe siècle, Jeanne d’Arc aussi ; Marie Curie, Simone Veil plus récemment, … Des femmes qui ont su bousculer les consciences masculines les plus conservatrices. C’est aussi la force de Marine Le Pen ; à quelques différences près qu’elle se sert du modèle paternel qui suscite encore et de plus en plus en 2019, à la nostalgie dans le monde actuel. Mais ce n’est que d’apparence : le RN continue à faire de la communication express et superficielle. Donc si l’on compare Marine Le Pen à son père ou à De Gaulle, le changement est flagrant. Si on la compare à quelques concurrents faciles telles le NPA, la lutte ouvrière ou le PCF, là il peut y avoir ressemblance, du point de vue des idées, mais là aussi, en apparence seulement : pour cause, une communication superficielle ; Marine veut ratisser large, capter des électeurs. Elle a donc persévérer : L’année 2004 qui va voir se succéder, coup sur coup, élections régionales et élections européennes, ne va pas non plus être de tout repos ! Je suis à ce moment conseiller régional du Nord-Pas-de-Calais et les bons résultats que j’ai enregistré aux législatives de 2002 poussent évidemment mes amis à me demander de rester avec eux. De plus, l’Ile-de-France est devenue une véritable terre de mission. Elle choisit la région parisienne pour acquérir des compétences qu’elle n’a pas encore, et qu’elle n’aura peut-être jamais : Le coût de la vie, l’insécurité, les problèmes de logement, le remplacement progressif de la population ont fait fuir les classes modestes vers les départements limitrophes à la région, et les résultats du Front national accusent depuis plusieurs années une baisse régulière en Ile-de-France. Il faut donc regagner la confiance du corps électoral perdu :  Ainsi, même à la présidentielle où l’on enregistre régulièrement nos meilleures scores, le résultat en Ile-de-France a été de 14.5% au second tour, soit trois points de moins que le résultat national. Un défi insurmontable  : C’est un argument pour ne pas y aller. Pas pour Marine Le Pen : Je décide donc de poser ma candidature ! La nécessaire reconquête de cette région et la relative facilité pratique que me procurera le recentrage géographique de mes activités politiques non loin de ma vie de famille achèvent de me convaincre, et c’est avec émotion que, lors d’un apéritif, j’informe mes amis et militants du Pas-de-Calais que je repars à Paris. Nous avions rédigé un programme complet et fourmillions d’idées novatrices. Idées reprises plus tard par nos adversaires politiques, comme de coutume.  Des idées pas très sérieuse, comme par exemple faire travailler les jeunes chez un employeur plus tôt sous le prétexte qu’ils ne s’intéressent pas à l’instruction   : C’est ainsi que, devant le fiasco du collège unique et de la massification de l’enseignement, nous avions alors proposé de revenir à l’apprentissage à quatorze ans, constatant que la formation, dans cette région comme dans tant d’autres, non seulement ne correspondait pas à la demande mais était de plus en plus stérile, laissant des enfants qui n’avaient aucun goût pour le système scolaire s’y ennuyer jusqu’à seize ans. D’autres idées sont tout aussi ridicules et ne résoudent pas les vrais problèmes de société, notamment la délinquance juvénile : Nous avions également imaginé la mise en place de vigiles référents dans les lycées, assermentés bien sûr, pour tenter d’enrayer l’augmentation vertigineuse de la délinquance scolaire. Tout en faisant croire que « l’autre droite » récupère les idées mêmes absurdes du FN : Sarkozy fera sienne cette idée, comme il avait fait sienne la création d’une police régionale des transports proposée par le Front national dès… 1986. Il est regrettable que, sur nos propositions fondamentales, la « pompe à idées » ne fonctionne pas aussi bien car la situation de la France s’améliorerait sans doute… Et pour cause, la « pompe à idées » n’a jamais été utilisé en vérité. Cela ne change rien car pour le FN à la fin c’est toujours sans issue ou très faible : Un peu plombés par la compétition UMP/UDF représentée par André Santini, nous avons fini à 12.5%, soit, comme à la présidentielle, trois points en dessous de la moyenne nationale. Cette campagne fut pour moi l’occasion de mesurer la force du clientélisme en milieu urbain où, catégorie sociale par catégorie sociale, profession par profession, communauté après communauté, la politique se fait à coups de promesses ciblées, qu’on ne tiendra pas mais peu importe, et ce faisant fi de l’intérêt général ! Cela n’empêche pas Marine Le Pen de se féliciter : Parvenus au second tour, nous rejoindrons quand même le conseil régional avec quinze élus. Tête de liste en Ile-de-France pour les régionales, je le fus aussi pour les européennes. 

Quand il s’agit de critiquer les adversaires principaux du FN issues des grands partis politiques républicains tels le LR (ex-UMP) le modem (ex-UDF) et le PS, Marine Le Pen est très douée : Il faut bien reconnaître que leur comportement, leur absence d’éthique, de morale élémentaire, en trichant, en tapant dans la caisse, en mentant, nombreux sont ceux qui ont contribué à donner de la politique une image vile et dégradée. Quant à ceux qui l’exercent, ils passent pour profiteurs, âpres au gain, aveugles et sourds à tout ce qui ne sert pas leurs intérêts propres. Tout en se mettant en valeur avec une fausse modestie : Or la politique, lorsqu’elle est menée par des honnêtes gens, est à mes yeux l’art le plus noble. C’est celui qui consiste à s’occuper des autres lorsque tout pousse à ne s’occuper que de soi ; la plus belle preuve d’estime et d’amour envers ses concitoyens puisqu’elle tend avant tout à a améliorer leur existence et assurer leur avenir. Mais je comprends le peuple français de l’avoir oublié, tant certains de nos dirigeants se sont rendus indignes des mandats qui leur avaient été confiés. Leur amoralité est telle qu’ils en avouent même parfois leurs [négligences] avec une naïveté désarmante ; ainsi Charles Pasqua qui, sans vergogne, déclara un jour : « Les promesses n’engagent que ceux à qui elles sont faites ! »

Marine Le Pen se sert du peuple comme un outil de spectacle de marionnettes, pauvres victimes du système ; elle veut faire croire à qui veut l’entendre qu’elle est la « femme providentielle » qui peut tout changer, sans prendre conscience d’ailleurs que le contribuable et le consommateur sont une seule et même personne : La corruption a un prix et celui-ci est toujours payé par les contribuables ou les consommateurs, souvent les deux. Puis quand elle est à court d’arguments politiques vis à vis des autres partis, des médias, voire des intellectuels connues, elle se tourne vers l’Europe : Le parlement européen, disons-le sans détour, c’est la tour de Babel ! Strasbourg c’est aussi vingt-cinq langues différentes, une armée de traducteurs… On nous a souvent posé la question : « Pourquoi vous présentez-vous aux élections européennes puisque vous êtes contre l’Europe telle qu’elle se construit ? » La réponse est évidente : qui donc informerait les français de ce qui se déroule là-bas dans leur dos, si ce n’est nous ? Qui les informerait que leurs services publics sont en train d’être sacrifiés sur l’autel de l’ultralibéralisme, que la directive Bolkestein, même revisitée, contient à terme la mise en concurrence sauvage de nos emplois avec des pays dont le coût horaire du travail est jusqu’à dix fois moins élevé que chez nous ? Que plus un seul domaine de leur vie n’échappe aux fourches caudines de Bruxelles ? Une Europe qui, avec l’assentiment de la gauche et de la droite, s’est emballée dans une fuite en avant, et dont les résultats, dans tous les domaines où elle est intervenue au cours des années, se sont révélés catastrophiques. Ils ont fait l’Europe du charbon et de l’acier, il n’y a plus de charbon, il n’y a plus d’acier ! Ils ont fait l’Europe de la pêche et de l’agriculture, les pêcheurs et les paysans sont en voie de disparitions ! Ils ont exigé et obtenu la suppression de nos frontières nationales, nous expliquant que l’Europe nous protégerait. Leurs frontières sont inexistantes, la pression migratoire n’a jamais été aussi forte et des pans entiers de notre économie sont dévastés par une concurrence sauvage de produits à un coût de production quasi nul. Ils nous ont vendu l’Europe sociale, la compétition au sein même de l’Europe transforme petit à petit notre salaire minimum en salaire maximum ! La mauvaise foi le disputant à l’irréalisme, cette campagne du référendum sur la constitution européenne fut émaillée d’un florilège de déclarations des européistes toutes plus farfelues les unes que les autres. Elle dénonce aussi bien les arguments anti-nationalistes pour mieux les discréditer : Les grands traumatisés du type Hollande : « Dois-je rappeler le 21 avril ? Tout est possible ! L’invraisemblable, la crise, l’irrationnel. ». Enfin nul ne peut égaler Jean-Pierre Raffarin qui concluait cette campagne par une superbe lapalissade, art dans lequel il excelle, jointe à une recommandation qui ne manque pas d’air : « Ceux qui votent non sont mécontents de l’Europe ; un bon non est un non qui s’abstient. ». Eh bien, monsieur Raffarin, non seulement les Français ne se sont pas abstenus, mais ils ont dit à 55% qu’ils étaient mécontents de cette Europe-là ! Le fantastique intérêt que nos compatriotes ont nourri à l’égard de la politique lors de ce référendum a démontré qu’ils entendaient à nouveau avoir leur mot à dire.  Va jusqu’à travestir le passé en comptant sur le manque de mémoire ou la naïveté des électeurs : Ceci légitime, me semble t-il, la proposition du Front national qui avait, dès 2002, envisagé d’instituer une consultation populaire annuelle, sur tous les sujets qui les concernent au premier chef : désengagement européen et rétablissement du franc, immigration, défense nationale, taux de fiscalité, école… Car ce qu’a révéler plus que tout cette campagne du référendum, c’est l’immense fracture qui s’aggrave année après année entre les Français et leurs élites. Marine Le Pen prétend être bien plus proche du peuple que les autres responsables politiques : Les « élites », cette caste politique et intellectuelle spécifique à la France, est une sorte d’aristocratie constituée d’individus formés dans les mêmes écoles, se cooptant entre eux, interchangeables : politiques devenant grands patrons, directeurs de chaîne ou de radio devenant politiques au gré de leurs humeurs et de leurs intérêts. Cette pseudo élite totalement déconnectée de la réalité, qui arrive avec cinquante caméras dans les quartiers après que la police eut prié les dealers d’aller dealer plus loin ; qui ne visite les barres HLM qu’après que la municipalité eut fait retirer les seringures dans les halls d’entrée, et passé un coup de peinture sur les graffitis. Des élites caméléons de la politique, sans conviction, qui ne forgent leur parcours qu’en fonction des places libres dans tel ou tel mouvement.

Elle finit par asseoir son choix politique en le justifiant comme on justifierai un coupable pour défendre le pauvre et l’orphelin, sur un parquet de justice, en guise du territoire français : Cette élite représentative d’un système qui finit par être honni tant il est tout à la fois inefficace, démotivant et moralisateur. Nos compatriotes, lassés des mensonges, des manoeuvres, des leçons, ne se rendent pas compte du pouvoir réel qui est le leur. Elle espère que ces 55% de non au référendum de 2005 sur la constitution européenne devienne aussi le taux électoral acquis en 2007 au second tour des élections présidentielles : Ces visages hagards d’une élite qui a la gueule de bois sont la petite revanche d’une France qui n’en peut plus. C’est ainsi qu’elle promet une nouvelle France à qui veut bien lui faire confiance : Les responsables politiques qui jouent de la lutte des classes, de la lutte des âges, de la lutte des sexes, de la lutte des couleurs de peau pour s’attirer des électeurs par identification, n’ont pas compris que représenter le peuple, c’est tout bonnement partager ses aspirations à la sécurité, à la prospérité, à la protection de sa famille, à l’identité, à des valeurs, à l’épanouissement personnel. Car faire peuple, ce n’est pas représenter le peuple.  Ils n’ont de cesse d’affirmer que le peuple français est paresseux, refuse les réformes, n’arrête pas de se plaindre, quand il n’est pas en plus raciste, xénophobe et trouillard. Ne leur en déplaise, le peuple français est un grand peuple courageux, lucide, généreux, ambitieux, qui cherche désespérement un dirigeant à sa mesure, « un homme à projeter en avant de lui pour mieux le suivre ».

Un cabinet abandonné et remplacé

Fut au temps de Jean-Marie Le Pen, le cabinet officiel était au siège du parti et le cabinet réel à Montretout,  ce qui fut la véritable boîte à idées du parti. C’est là que se rendait jadis un conseiller comme Lorrain de Saint-Affrique, qui ne travaillait pas pour le Front national mais directement pour Jean-Marie Le Pen. Leurs discussions avaient lieu à Saint-Cloud et les déclarations qui s’ensuivaient prenaient souvent les militants du Front à contre-pied… Aujourd’hui, tout cela est bel et bien fini : Les décisions sont prises au siège lors de réunion à huit clos dans la salle de réunion du siège du parti. Elle vit aujourd’hui à La Celle Saint-Cloud, dans les Yvelines. Et ce, depuis le 12 septembre 2014 au moins ! Dans un article du 4 juillet 2015, on découvre que certaines personnalités publiques ne cachent pas leur sympathie avec Marine : dans un article de la société de presse <Le monde> il en est rappelé quelques-uns. Si certains lecteurs et lectrices parmis vous pensent qu’Eric Zemmour est un ami plus ou moins proche du ex-FN, encore moins du RN, vous vous trompez ! En effet, sur BFM TV, il considère que si le parti de Marine Le Pen est en défaut de crédibilité vis à vis des français, c’est bien parce qu’elle en est présidente bien sûr, et c’est surtout parce que son mari, Florian Philippot en 2017, avait pour projet de modifier le programme en vue de le rendre plutôt à gauche. Bien qu’aujourd’hui ils ne soient plus ensemble, il n’en demeure pas moins qu’Eric Zemmour, ne fait pas partie du carnet d’adresses amicale de Marine Le Pen.

Marine Le Pen maintient tout de même, son envie d’élargir le cercle de ses alliés et susciter les « coming out », soit le renouvellement intégral des cadres élus du parti ; traduction à la française dans le language politique : « sortez les sortants » ! Faire alliance avec le LR comme je l’ai déjà mentionné plus haut. L’opération vérité se fait doucement. Ainsi, plusieurs conseillers secrets entourent Marine Le Pen depuis les élections présidentielles de 2017, et elle se prépare progressivement, depuis le début de l’année 2018, aux élections européennes qui viennent de commencer. A y regarder de plus près, il s’agit surtout d’un cercle plutôt restreint, composé d’anciens membres du RPR de Jacques Chirac par exemple, ou d’anciens social-démocrates de l’aile droite du PS, des déçus « du système ». Il est même probable que tous ne soient pas mentionnés, seuls ceux qui ont été cité par des sources -anonymes- pour le compte de Médiapart sont repris par L’express. Citons par Exemple : Jean-Lin Lacapelle, conseiller stratégique, ancien militant du FN depuis 1983… Paul-Marie Coûteaux, ancien député européen, proche collaborateur de la candidate. Il anime et dirige depuis quelques années une émission sur Radio Courtoisie, où il a reçu Eric Zemmour il y a quelques temps. Paul-Marie Coûteaux se prononce officiellement pour une alliance avec le FN, et ce, depuis 2012En revanche certains ont fini par démissionner comme Laurent Ozon, ancien conseiller écologiste de Marine Le Pen.  Laurent Ozon, conseiller écologie de Marine Le Pen a démissionné de toutes ses fonctions au sein du FN, a t-il indiqué dimanche sur son compte Twitter. «J’ai démissionné hier en soirée de toutes mes fonctions auprès de Marine Le Pen et dans le cadre du FN. Effet immédiat» indique t-il sans préciser les raisons.

Le FN n’a pas souhaité réagir à cet évènement médiatique. Une autre écologiste convaincu, très connu, mais pas très à gauche car ministre démissionnaire au sein du gouvernement de François Hollande : Cécile Duflos peut rajouter dans son cv, son art à l’adversité face à Marine Le Pen. Notamment à propos de la réinstauration des jurés populaires tirés au sort dans la société civile pour les juridictions en matière pénale, sujet non maîtrisée par Cécile Duflos car ne correspondant pas du tout à l’écologie. Par ailleurs, en ce qui concerne les sujets sur l’environnement, une partie de l’extrême gauche évoque clairement l’ambiguïté, voire tout simplement la non-maîtrise du sujet par le Front national. Pour le NPA par exemple, attention aux amalgames, ne pas oublier que le but du FN est de ratisser le maximum d’électeurs, en leur disant ce qu’ils veulent entendre ! Au final, la SARL s’en sort plutôt bien, tant du point de vue de la notoriété que du point de vue des finances, non ?

Alors ? Tel père, telle fille ?

Un discours « attrape-tout »

A contrario des discours classiques de Jean-Marie Le Pen au XXe siècle, Marine Le Pen tiendrait un « nouveau discours ». En un mot, « attrape-tout », selon l’expression utilisée pour décrire la captation du nouveau électorat visé. Deux personnalités différentes de la même famille ayant des références politiques relative à l’Histoire de France différentes. En particulier Jean-Marie Le Pen a grandi dans l’après-Seconde Guerre mondiale et la guerre d’Algérie, parfois en arrivant trop tard sur les champs de bataille ; Marine Le Pen n’est pas la favorite du militant d’extrême droite du XXe siècle qui reste attaché à certaines valeurs, et elle  en repousse d’autres : la décolonisation, l’anti-mai 68, l’anticommunisme et même pour quelques-uns d’entres-eux l’antimitterrandisme. Mais pour défendre son « beurre » il lui reste une époque tourmentée : le 11 septembre 2001, l’intégrisme musulman, la crise financière, le multiculturalisme… Un contexte qui explique la nuance père-fille. Et même des nuances : Marine Le Pen assume : « Oui, il m’arrive d’avoir des positions divergentes ou des nuances sur un certain nombre de points du programme avec mon père. »

« Tous pourri, sauf le RN »

S’il y a bien un domaine où le Rassemblement National a toujours fait de la surenchère, c’est dans le registre du « tous pourris ». Marine Le Pen s’inscrit dans cette continuité lorsqu’elle appelle à se débarrasser de la « clique UMPS » devenu aujourd’hui ou bientôt la « clique LREMPS ». Une contraction pensée pour indiquer que la droite et la social-démocratie font strictement la même politique. « Ni droite, ni gauche, français », utilisé pendant la campagne de 1995, en vue d’élargir la base électorale tout en s’élevant au-dessus des partis au pouvoirs : C’est lors de l’université d’été du Front national de la jeunesse (FNJ), en juillet 1995, que ce slogan apparaît.  Doit-on considérer que le RN gouvernera un jour, au niveau national, et que ses discours seront finalement accepté ? Doit-on considérer, que pour notre pays, avoir un tel parti au pouvoir serait une chance ?

Son concepteur ? Samuel Maréchal. Certes, son « Ni droite, ni gauche » met du temps à trouver sa place et réactive de vieilles querelles idéologiques au FN. Et si Samuel Maréchal n’a plus de fonction aujourd’hui au sein du parti, il y a laissé son empreinte politique. Entré au FN en 1985, le père de Marion Maréchal-Le Pen est « major » de l’université du FNJ cinq ans plus tard. Directeur de campagne de Bruno Mégret et de Jean-Marie Le Pen en 1991, il devient secrétaire régional du FNJ PACA en mars 1992. C’est, en partie, avec son « Ni droite, ni gauche : Français ! » qu’il impose sa marque au FN. Ainsi donc, va le FN devenu le RN. Un parti qui se dit victime du scrutin majoritaire qui veux protéger les « affaires de l’UE, les élites du mondialisme contre le peuple ». En février 2011, celle qui dénonce le cumul des mandats n’est pas mieux : elle est à la fois conseillère municipale à Hénin-Beaumont, conseillère régionale en IDF et, fait office de députée européenne cultivant « la chaise vide » du Général de Gaulle. Une décision du conseil d’Etat dans la même année l’oblige à abandonner un mandat. Ce qu’elle n’aurait visiblement pas fait d’elle-même. Elle approuve. Dans le silence de l’opinion publique.

L’affaire « Le Rachinel »

Ancien ouvrier typographe, fils d’agriculteur, Fernand Le Rachinel a monté plusieurs sociétés d’impression. Il a toujours agi comme un prestataire de services. Efficace, mais extrêmement cher. Il emprunte de l’argent pour que les entreprises, les partis politiques en campagne, les organisations syndicales en mouvements de grève puissent lui acheter son papier. Le meilleur client c’est Jean-Marie Le Pen, avec qui il s’est associé comme cadre du parti du FN de 1978 à 2008. Comme tous chefs d’entreprise qui tente de créer sa propre affaire, la solution de l’emprunt est plusieurs fois expérimentés, incontournable aujourd’hui. Lors du procès mentionné sur Wikipédia.org-  ci-dessus, Le Rachinel demande réparation à Le Pen quand il s’agit du remboursement d’une dette de l’ordre de 8 millions d’€ : là en l’occurrence, la solution la plus simple et toute trouvée serait de vendre immédiatement le Paquebot pour rembourser Le Rachinel dont les intérêts courent. L’autre solution du débiteur est bancaire. La Société générale, qui sert à la fois de banque à Le Rachinel et au Front national, accepte d’accorder un prêt-relais au FN.

À l’échelle nationale, Fernand Le Rachinel a été un important bailleur de fonds du Front national. Lors des élections législatives, présidentielle, et municipales de 2007 et 2008, il a apporté 8 millions d’euros, somme qu’il a lui-même refinancée par de l’emprunt bancaire. Face au refus de rembourser de la direction du parti nationaliste, il entame une procédure de saisie conservatoire sur le montant de la vente du Paquebot, le siège historique du FN à Saint-Cloud. La Cour d’appel de Versailles condamne le parti à lui rembourser 6,3 millions d’euros et à lui verser 600 000 euros d’intérêts, condamnation confirmée en cassation. A vrai dire, Jean-Marie Le Pen attendait « un geste de solidarité » de sa part en faveur du parti nationaliste, pour les 200 millions de gains qu’il a obtenu en guise de chiffre d’affaires, le FN étant le principal client ; c’est aussi 25 ans de collaboration de client à fournisseur. Outre que « Le Rachinel » n’a pas les moyens de s’asseoir sur son prêt que le FN, prêteur à la base, avait refusé de lui rembourser, ce dernier lui avait demandé de fournir de nouveau du papier pour un don équivalent à 3 millions d’euros. Or le code électoral précise que le plafond remboursable sur les fournitures et moyens à mettre en œuvre pour un parti politique -affiches, tract etc. – s’élève à 7500€.  L’imprimeur refuse la « proposition » et intente un procès pour obtenir le règlement de son contrat de prêt. Qu’il gagne en second appel, et validé par la cassation. Le procès de premier ressort a lieu le 23 juin 2008 devant le tribunal de grande instance de Nanterre. Dans le doute, à la suite des accusations portées, une enquête judiciaire est ouverte. S’ensuivent pour cette procédure d’enquête obligatoire tant pour la méthode que pour le déroulement, 30h d’interrogatoires dans le bureau du juge pour chacun des parties en litige, se déroulant bien sûr sur plusieurs jours ; 6 perquisitions au bureau du FN et à domicile de chacun des parties, toute une série d’expertises et d’audit puis un nouveau contrôle fiscal pour Fernand Le Rachinel. Ce dernier se trouve effectivement étranglé et doit hypothéquer ses biens. Il passe aux aveux : Juste avant sa descente aux enfers, il décide de se rendre dans le bureau de Jean-Marie Le Pen mis à disposition au Parlement européen, pour obtenir une explication. La conversation entre les deux hommes est pesante, lourde de menaces ; en sortant, Le Rachinel est blanc comme neige, se rend dans le bureau de Carl Lang pour rédiger une attestation sur l’honneur indiquant qu’il vient d’être menacé. Jean-Marie Le Pen n’a aucun souvenir de cette altercation. Il en a peut-être tous les jours avec tous le monde. Pour lui, leur dernière entrevue a eu lieu à  la villa de Saint-Cloud et fût effectivement orageuse.

Ainsi, Jean-Marie Le Pen maintient qu’aucune menace n’avait été faite…

La justice finit par reconnaître le bon droit de l’imprimeur. C’est encore Marine Le Pen qui va devoir trinquer ce mal, c’est sur sa fille que compte le président : miser sur l’échéance présidentiel pour compenser le manque à gagner qu’il faudra payer au justiciable ; et en effet, Marine Le Pen mise sur l’échéancier présidentiel, où on lui prédit un score colossal, pour renflouer… Les caisses du FN bien sûr. « Elle va retrouver de l’argent, c’est leur motivation première », lâche Fernand Le Rachinel à Caroline Fourest. lors d’un interview le 26 avril 2011. Il est dégouté de savoir que ce mouvement s’en sort tout de même à bon compte malgré un procès gagné en appel à la cour de Versailles. Il était déjà dans le qui-propos avec les autres membres du FN : Pour régler le litige sur la créance, certains responsables du parti d’extrême droite auraient proposé à Le Rachinel de rembourser la somme sans faire d’histoires, en échange d’un petit geste de sa part. Mais l’histoire ne se réduit pas à une affaire de gros sous. Pour les proches de l’imprimeur normand, les manœuvres dilatoires du FN traduisent la volonté de Marine Le Pen de pousser vers la sortie la vieille garde lepéniste. «Et dans ce cas-là, tout est bon à prendre pour dégoûter les gens», confie un ancien cadre qui «n’imaginait pas que la fin de règne serait aussi sordide». Au point que l’entourage de Marine Le Pen aurait fait pression sur le président du FN pour le dissuader d’accepter un prêt relais consenti par une banque. Cette solution aurait permis d’effacer les ardoises en cours.

Economie : séduire patrons et classe populaire

Pour Marine Le Pen, c’est surtout à sa gauche que l’on est responsable -comprendre LR, MODEM, PS… – rappelons l’un de ses commentaires très connu, que j’estime inutile d’en préciser la source, vous aurez à loisirs, de faire la recherche vous-même : « En soutenant aveuglément une immigration sauvage et débridée, elle [la gauche] s’est fait la complice de ce grand capital qui, dès les années 1970, avait vu dans la venue en masse de travailleurs peu qualifiés, un fantastique moyen de faire pression à la baisse sur le travail manuel des Français. Il est certainement plus facile de répondre à la crise financière -ou de l’anticiper ce qui revient au même- en lançant un programme d’immigration que par la régulation transnationale de la finance. Certainement plus facile surtout pour les auteurs de ces crises cycliques qui semblent revenir tous les siècles. Pourtant, la mondialisation et particulièrement l’Union Européenne est décisionnaire en matière d’imposition fiscale indirectement ; l’UE de toute évidence s’opposera par ses directives à prendre aux plus riches pour redistribuer aux plus pauvres, les vrais… non issue de la diversité donc.

Et ce n’est pas le RN de Marine Le Pen non plus qui le prévoit dans son programme.

Un grand oral « faussement à droite » en économie

Le 8 avril 2011, Marine Le Pen convoque le gratin de toute la presse française sur une péniche à Saint-Cloud pour lui exposer  « les grandes orientations » de son nouveau programme économique. Tout le monde se doute bien que le RN n’a pas de programme économique. De plus, Marine Le Pen dit toujours que son parti sert de source d’inspiration pour les programmes de ses adversaires, mais comme je l’ai déjà mentionné elle n’est pas mieux ; en effet, pour ne pas être directement attaquable par les journalistes elle laisse à son équipe de cadres élus le soin de décider en profondeur les techniques et méthodes de ce « programme économique » qu’elle ne mentionne que sommairement. Par exemple, la réforme de la fiscalité que les cadres élus proposent s’inspire de Thomas Piketty, un économiste de gauche, qui prôna la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG pour une fiscalité plus progressive.

Marine Le Pen souhaite aussi le rétablissement de l' »échelle mobile des salaires » pour indexer les salaires sur l’évolution des prix. Encore une idée qui vient de la gauche du XXe siècle, les années 70 : Pierre Mendès France.

Sortir de l’euro : comment ?

La sortie de l’euro est peut-être la seule proposition économique sur laquelle le nouveau programme du RN n’est pas une consolidation des idées des autres partis politiques. Marine Le Pen réaffirme sa volonté de sortir de l’Euro. Dans l’esprit de la candidate à la présidentielle, la monnaie unique, qu’elle qualifie de « Deutsch mark bis », représente « un obstacle majeur à la réindustrialisation de la France ». Et de « prétendre faire du patriotisme économique dans l’Union européenne est un vaste enfumage ». De quoi justifier, à ses yeux, sa proposition de ce qu’elle appelle une sortie de la France. La solution que propose Marine Le Pen est à la fois simple et séduisante : « Je crois qu’il faut retrouver la maîtrise de nos frontières de manière générale, que ce soit économiquement, que ce soit en matière de flux migratoires. Ce que je propose c’est la sortie de l’UE. Tout devient plus compliqué quand il s’agit de rassurer sur les conséquences qu’aurait cette sortie de l’euro. Alain Duhamel pose la question franchement et simplement à Marine Le Pen : « Comment faites-vous pour sortir de la zone euro sans que ce soit le chaos et la spéculation ? » Marine Le Pen ne répond jamais à la question sur le long terme, mais passe du temps à imaginer des scénarios improbables, fortement hypothétiques, permettant d’accompagner la sortie à court terme : « J’ai proposé de se rapprocher d’un certain nombre de pays pour envisager une sortie groupée de l’euro. » Alain Duhamel met fin à ce scénario de science-fiction : « Ils ne veulent pas ». Marine Le Pen poursuit dans ses rêves : « Beaucoup de pays sont en train de se poser la question. » Et Marine Le Pen ose même aller plus loin : le RN maintient encore aujourd’hui cette idée de parité 1€=1Francs, suivie d’une « dévaluation complète » de 20%.

Alors de deux choses l’une, soit le RN continue de faire croire à qui veut l’entendre qu’il dispose d’une baguette magique,  soit il est totalement irresponsable. Il voudrait être perçu non plus comme un parti de « contestation » mais de « propositions ».

Le chemin est encore long, et c’est tellement plus facile de rester dans l’opposition que d’être aux responsabilités.

Un protectionnisme ? lequel ?

Marine Le Pen veut renforcer un protectionnisme aux frontièresIl faut mettre en place un protectionnisme raisonné pour sauver les PME et les emplois en France. L’idée de Marine Le Pen, c’est de rééquilibrer la concurrence entre des produits susceptibles d’être fabriqués en France et les produits importés sans conditions sociale, sanitaire, de sécurité, d’environnement, etc. La proposition paraît sage. Sauf que la France ne produit plus ou pratiquement plus rien. Elle ne vit que des produits fabriqués au mieux par les pays de l’UE, au pire par le continent africain, l’Asie mineur et l’Extrême-Orient. L’idée de Marine Le Pen fait bien écho grâce à certains économistes et intellectuels tels Emmanuel Todd. Eux aussi jugent qu’il faut limiter le libre-échange sauvage grâce à des exigences sociales et environnementales. Mais ce projet ne peut être réalisable par la France seule.

A l’heure où j’écris ces lignes la montée du nationalisme fait son chemin : Hongrie, Autriche, Italie, Angleterre. Sauf que les intérêts divergent avec ceux de la France. Donc même s’il y avait une sortie de l’Union Européenne, elle pourrait se faire à 2 voire à 4, mais seulement pour la sortie institutionnelle. Pour le reste, économie, vie sociale, sanitaire, écologie… La France sera seule dans un tel scénario. L’isolement donnera une Roumanie du XXIème siècle : un cimetière pour main-d’œuvre bon marché, qui aura perdu toute puissance, toutes crédibilités. Autant dire un cauchemar, à l’opposé des promesses de grandeur et d’Etat fort rêvés par le Rassemblement National.  Au moment du sommet européen de 2012 sur la crise, Marine était déjà convaincu : L’euro va s’effondrer, c’est inéluctable. Il est de notre responsabilité de préparer cette réalité plutôt que de la subir. Ce qu’il faut, c’est un plan concerté et planifié de retour aux monnaies nationales.

La recette du Rassemblement National semble plus claire à présent : proposer l’impossible pour attirer les plus naïfs, diviser et semer la confusion pour mieux manipuler et gagner des voix, survoler les problèmes de sociétés sans donner la méthodologie pour ne pas être confondu avec les autres adversaires. S’improviser prophète au risque de se tromper à chaque fois comme en dénonçant le « mondialisme totalitaire » et « l’ultralibéralisme », des concepts intemporelles incontestables mais sans vérifications des arguments  et discours possibles. Enfin, des sous-entendus qui laissent supposer que c’est le peuple en fait, qui se croit porteur d’un projet incarné par Marine.

A propos de mai 68

En politique, tout est affaire de niche -fiscale ! d’intérêts financiers ou de carrière bien ficelée. Le Rassemblement National ne fait pas exception, prêt à tous pour faire croire que l’impossible est réalisable, pourvu que les recettes rentrent, et que les cv se remplissent bien… Comme par exemple la promesse d’une belle France éternelle, d’avant 1968, imaginaire et reconstruite.

L’ordre, les traditions, la patrie. Jean-Marie Le Pen était l’homme qui s’est battu pour un retour aux anciennes valeurs, sans jamais y arriver.

L’homosexualité, la cage aux folles, et les transgenres.

Comme souvent avec les questions de société, le RN joue l’obstruction tant qu’il peut, afin de s’adapter à son mouvement : cadres élus, adhérents, sympathisants, électorat supplémentaire à capter. Les homophobes et les défenseurs des traditions d’antan s’en donnent à coeur joie et le RN sait les séduire. Le PACS -PActe Civil de Solidarité- en est un exemple.Qui eut prédit, à la fin des années 1990, que le pacte civil de solidarité (pacs) deviendrait une forme d’union prisée par les hétérosexuels ? Pourtant l’ex-FN en 1999, année où l’Assemblée Nationale a débattu longement pour le faire adopter, avait manifesté une opposition, décrivant ce PACS comme le diable incarné : un pacte diabolique qui pourrait entériner le mariage catholique, voire encourager l’homosexualité. Ainsi, les deux mouvements idéologiques de l’extrême droite : Mégret et Le Pen, sont même représentés. Le FN va même jusqu’ à trouver un argument ambigüe : « La loi n’a pas à légiférer au profit de lobbies servant une minorité invisible…. » En 2014, le RN veut encore tuer le père, Marine Le Pen défend l’idée d’un « PACS amélioré pour les homosexuels ».  Soyez informé cher lecteur de mon blog, qu’en 2006 le président du FN rappelle tout de même son opposition à l’homoparentalité : « Je suis contre, pour des raisons de conception de la famille, de modélisation de la vie sociale, et d’équilibre entre les sexes. […] La famille, c’est d’abord un homme et une femme. »  Même si l’homophobie affichée par Jean-Marie Le Pen en public est loin de correspondre à l’homme privé, elle a bien existé. En 1984, à l’Heure de Vérité, il explique que l’homosexualité « constitue une anomalie biologique et sociale ». Avant de prédire : « l’homosexualité nous conduit, si elle se développe, à la fin du monde ». Il n’est pas difficile de comprendre cette dernière phrase : si l’homosexualité devient la norme en lieu et place de l’hétérosexualité, la croissance démographique des français [blancs] viendra à zéro. La fin du monde des blancs, remplacée par un nouveau monde : celui des familles d’origines africaines et magrhébines qui tendent à faire en moyenne 5 enfants par famille,  c’était le message. En 1987, alors que l’épidémie du sida agite tous les fantasmes, il a cette phrase terrible : « Lépreux d’aujourd’hui, le sidaïque est contagieux par sa transpiration, ses larmes, sa salive, son contact ». En juillet 2000, devant les troupes du FNJ, il pourfend le « prosélytisme homosexuel » qui « entraîne la destruction des valeurs essentielles de la jeunesse par la promotion des comportements déviants ». 

Il y a environ une dizaine d’années, le 20 février 2007, devant un parterre de chasseurs, il ironise : « Dans le Marais de Paris, on peut chasser le chapon sans date d’ouverture ou de fermeture, mais dans le marais de Picardie, on ne peut chasser le canard qu’en février. »

Décourager l’IVG – l’Interruption Volontaire de Grossesse- par le déremboursement de la CPAM – La Caisse Primaire d’Assurance Maladie

Le 19 novembre 1979, le chef de l’ex-FN ouvrait une manifestation demandant l’abrogation de la loi Veil ; il était accompagné de ses trois filles. Si on revient à l’émission de l’Heure de vérité, sa première émission de grande écoute, en 1984, il condamnait le droit à l’avortement sans la moindre ambiguïté, et en faisant référence à un passé de l’histoire de l’humanité très lointain de notre époque : « la législation de l’avortement est dans notre pays une régression [déjà contesté] il y a plusieurs siècles, peut-être même il y a un peu plus de 1000 ans car les Romains avant même le christianisme avaient noté l’infans conceptus, c’est-à-dire que l’enfant conçu est réputé né chaque fois qu’il s’agissait de son intérêt. Et je ne reconnais pour ma part pas le droit de tuer l’avenir dans la personne des enfants. » Depuis, des rivières sont passées sous les ponts : Marine Le Pen adoucit sa position en prétextant qu’une femme qui avorte ne le fait que sous la contrainte et non par choix délibéré. Un rapprochement de l’idée défendu par Simone Veil à la fin des années 70. Déjà en 2007, une campagne où Marine Le Pen et sa soeur Yann ont été particulièrement actives, la politique du respect et d’accueil de la vie est toujours réclamée, mais avec quelques arguments plus crédibles et formulés autrement : en effet, des arguments déjà mis à l’écrit dans un livre qui s’intitule Pour la France, Programme du Front national, édition Albatros, 1985 ;  mais reformulés autrement, voici l’extrait :

« La législation mise en place depuis la loi Giscard-Chirac-Veil ne répond pas aux objectifs initialement fixés par le legislateur : protéger la vie et répondre à la détresse des femmes ayant recours à l’avortement. Aujourd’hui 220 000 avortements officiels sont toujours pratiqués chaque année en France. Il convient prioritairement de mettre donc en place une véritable politique familiale et d’accueil de la vie. L’adoption prénatale, la création d’un revenu parental, la définition d’un statut juridique et social pour la mère de famille et la revalorisation des allocations familiales réservées aux familles françaises constituent des moyens concrets pour réduire le nombre des avortements et relancer la natalité française. Parallèlement à ces mesures nouvelles de valorisation et de protection de la famille, nous nous engageons à demander aux Français, par voie référendaire à la fin du quinquenat, [de Nicolas Sarkozy] de promouvoir une nation moderne soucieuse du respect de la dignité humaine par l’inscription dans les textes, qui fondent son existence et son développement, du caractère sacré de la vie et l’affirmation du droit de la personne à être protégée par la loi de sa conception à sa mort naturelle ». Comprendre ici que l’ex-FN proposa de soumettre la question par référendum à la fin du quinquenat de Nicolas Sarkozy.

Mais Marine Le Pen semble avoir ses propres idées, en dehors du programme officiel ; ainsi jusqu’en 2002 l’ex-FN interne voulait tous simplement abrogé les lois sur l’IVG.

Rappelons que le référendum n’a pas force de loi, il ne sert qu’à consulter le peuple ; il permet simplement aux électeurs de s’exprimer sur un sujet souvent mal connu.

Puis il y a autre chose : on a d’une part un message grand public fait par Marine Le Pen, puis le message plus ferme, plus régalien établi par les cadres élus à leurs adhérents. D’un autre côté, on a les catholiques conservateurs qui maintiennent leur position de 1979, celui d’abroger purement et simplement l’IVG, et de considérer l’acte comme un délit pénal. En attendant Marine Le Pen se complait à évoquer que la seule alternative c’est le RN ; que les adversaires politiques ne forment qu’un tout : une fusion UMPS. Une preuve parmi tant d’autres.  Selon l’entretien que Marine Le Pen a accordé à Caroline Fourest le 20 septembre 2010, la présidente du RN explique que si les femmes ne vont pas au bout de leur grossesse c’est certainement parce qu’elles n’ont pas l’argent pour le faire : « Moi, je ne me félicite pas qu’il y ait de plus en plus d’avortements, parce que je pense que c’est un drame. En tout cas, ça peut être vécu comme un drame. Qu’il y ait encore 200 mille avortements aujourd’hui en France, il n’y a pas de quoi s’en glorifier. Ca veut dire que les mères qui veulent, les femmes qui veulent avoir un enfant supplémentaire, il y a une femme sur deux en France qui veulent avoir un enfant supplémentaire, d’après ce qu’elles disent dans les sondages, ça veut dire qu’elles n’ont pas la possibilité de les avoir [des enfants]. Ca veut dire qu’économiquement, on ne fait pas l’effort pour leur permettre de les avoir. »  Voilà une explication plus claire : dérembourser l’IVG, donc décharger la CPAM  pour remplacer ce droit par des allocations familiales, donc par une prise en charge de la CAF. La Caisse d’Allocations Familiales. Mais pour Caroline Fourest,  il s’agit moins de répondre à un impératif moral ou religieux qu’à une volonté nationaliste de lutter contre le vieillissement de la population sans avoir recours à l’immigration.

Pour la peine de mort ?

Bien sûr, une fois le RN au pouvoir, la solution magique pour éradiquer le trafic de drogue serait accomplie : un référendum d’initiative populaire du rétablissement de la peine de mort auprès du peuple français. Marine Le Pen a retiré la peine de mort de son projet depuis 2017 mais… elle n’a pas renoncé à cette possibilité pour autant ; Jusqu’en 2011 elle maintient un avis favorable Si la présidente du RN choisit dans son projet politique un renforcement global régalien des institutions, et particulièrement judiciaires d’une part, et forces de police d’autre part mais pas que, c’est qu’elle n’a pas l’intention de diriger un pays à l’instar des USA où chaque citoyen aurait le droit de faire justice lui-même. Sauf erreur de ma part, je n’ai trouvé nulle part un quelconque commentaire de Marine Le Pen à propos de l’affaire du 5 août 2010, à Nissan-lez-Enserune, département de l’Hérault. Il y a peut-être eu d’autres affaires similaires, mais sincèrement en France j’en doute. Les gens qui font justice eux-mêmes sont assez rares, à contrario des USA. Quand bien même, dans une telle affaire aussi exceptionnelle soit-elle dans un pays comme le nôtre, les magistrats vont au plus simple, à la facilité, tel un procureur qui serait en charge du dossier ferait une déduction peut-être trop rapide : le refus de la légitime défense défendu par l’auteur de l’acte, qui possède une arme -déclarée ?- et veut protéger ses biens qu’il a peut-être acquis durement au fil des années. Cela ne veut pas dire que personnellement j’approuve la possibilité de « faire justice soi-même », on irait vite vers l’anarchie et n’importe quel individu pourrait se faire tuer, juste pour un regard dans la rue, ou un simple malentendu durant un dialogue. Une autre question me taraude : les différents mouvements d’extrême droite autres que l’ex-FN ont-ils manifesté pour la cause du porteur d’arme ? Et si oui, pour quelles raisons ? Au nom de quelle justice peut-on tuer deux jeunes femmes, l’une de 11 ans et l’autre d’une vingtaine d’années ? Même si Marine Le Pen fait un communiqué le 19 août 2010, à propos de l’affaire ci-dessus et de son auteur âgé de 70 ans, il faut bien sortir ce communiqué de son contexte ; madame Le Pen dénonce un système judiciaro-administratif défaillant, elle ne mentionne pas son soutien à quiconque voudrait faire justice lui-même. Elle ne soutient pas non plus à fortiori les idées les plus radicaux de certains groupements. L’ancienne avocate, par ailleurs, n’ignore pas, et ce depuis 2006, elle l’écrit d’ailleurs dans son livre A contre flots, que les peines ne sont surtout pas appliquées en raison du manque de place en prison et du manque de personnel. Cela dit, elle n’est pas la seule à l’avoir écrit. Ce que Marine Le Pen propose de résoudre en revanche non par la peine de mort mais par un projet de construction sur plusieurs années de nouvelles prisons. Mais elle ne le mettra dans son projet politique qu’à partir de 2012… Quant à la peine de mort purement et simplement retirée du programme depuis 2017, c’est une décision qu’elle envisage de prendre en fonction des résultats de la consultation du peuple :

le référendum d’initiative populaire.

Supprimer le droit du sol

S’il existe un seul fonds de commerce indémodable au RN, c’est bien la question de l’immigration ; et pour cause ? effectivement ce problème existe depuis 1962, année des accords d’Evian en vue de cesser la guerre en Algérie et donner le dernier mot à l’OAS il faut bien le dire, c’était une capitulation du Général de Gaulle… En contrepartie, l’accueil des Harckis sur notre territoire ; c’était une porte entrouverte en vérité pour la suite à venir. Le RN en fait son cheval de bataille : Tout y est ramené, systématiquement, une cause qui explique beaucoup de conséquences : les dérèglements géopolitiques, financiers, sociaux, identitaires, religieux. Pourtant Marine Le Pen se sent plus proche de Jean-Pierre Chevènement. Tout est affaire de point de vue des élus et intellectuels : pour Caroline Fourest par exemple, l’immigration totale ne concerne que 200 000 personnes par an. Tout dépend de la manière dont sont recensé ces migrants pour en déterminer le nombre : sur quels critères ? Vu ce nombre extrèmement faible et bien loin de la réalité, je suppose qu’elle a retranché les clandestins, les familles qui ne se déclarent pas à la préfecture ou en tout cas pas directement -par l’intermédiaire d’associations plus ou moins sérieuses par exemple- les personnes nés en France de parents étrangers, provenant d’Afrique ou d’ailleurs ? Les deux ? Pour Caroline Fourest, il y a trois raisons qui expliquent l’accueil de ces « 200 000 » personnes, que je peux commenter :

  1. Une immigration de travail appelée par des secteurs de l’économie qui manquent de main-d’oeuvre, comme la restauration ou le bâtiment, en fait tous les secteurs, discrimination anti-blanc oblige… la préférence ethnique au moment des entretiens, ou lors de job-dating et contrats d’insertions en vérité destinés à ces migrants et autres français issu de la diversité car né sur notre territoire ; alors que nos chers autochtones -dont moi- aimeraient bien en profiter.
  2. Une immigration liée au regroupement familial, impossible à interdire ? à tout Français de se marier avec quelqu’un d’une autre nationalité. Un regroupement familial ethnique homogène de futures français ou françaises donc un accueil supplémentaire de migrants parce que d’autres migrants ont été accueillis quelques temps auparavant et sont devenus français ; c’est évidemment un regroupement issu du continent africain dans son ensemble, au fond. Pas question pour les pouvoirs publics d’accueillir nos cousins italiens ou autrichiens à tête blonde, il ne faut pas rêver.
  3. Une immigration de réfugiés politiques : des hommes et des femmes qui fuient les talibans en Afghanistan, le terrorisme ou la guerre civile, ou qui fuient un autre pays pour les mêmes raisons ; voire se couvrent de ce statut abusivement juste pour venir vivre en Europe, et notamment en France, une France qui s’honore de les accueillir volontairement et qui ne se gêne pas pour sélectionner en particulier le Moyen-Orient et l’Afrique en ce qui concerne cette belle intégration. Pays des droits de l’homme ? Pour qui ? Si un jour les allemands ou les russes d’origines aryennes venaient à fuire pour les mêmes raisons, la France les accueilleraient-elle ?

Marine Le Pen de son côté analyse ces trois nuances que je me suis permis de commenter, ces parcours, ces visages, et s’emploie même à les oublier en les englobant dans un seul et grand danger : « L’immigration est un vecteur d’aggravation de l’insécurité dans notre pays ». Marine Le Pen réclame « Le rétablissement des frontières notamment pour lutter contre l’insécurité ». C’est le minimum à prévoir ; le droit du sang serait encore mieux. C’est assumer de plus la remise en question du modèle français actuel.

Déchéance nationale

Où en est le RN à propos de la déchéance de la nationalité attribué à un individu féminin ou masculin ? Le 22 juillet 2010, Marine Le Pen exige des mesures immédiates et de fonds. Mise à part la proposition d’exiger le paiement des dommages et intérêts à des parents dont les enfants ont commis des actes d’incivilités matérielles ou d’atteintes à la personne humaine ; voire une autre proposition, celle du retrait de la carte de séjour ; ou encore l’expulsion de ces parents, qui sont peut-être de nationalité française… ou non ! Mais si je prends le raisonnement de Caroline Fourest, ces gens à expulser ne pourrait aller nulle part, étant donné qu’ils sont nés en France ! Vers que pays les renvoyer ? Marine Le Pen elle-même, reconnaît que c’est improbable : « Je pense qu’il faut rester dans le cadre de 1998, c’est-à-dire qu’il ne faut pas déchoir de la nationalité des gens qui l’ont obtenue il y a trente ans ou des gens qu’on ne peut pas déchoir de la nationalité parce qu’en réalité, ils sont enfants de parents ayant eux-mêmes obtenu la nationalité française. »  Pour Marine Le Pen on a accordé la nationalité française de façon excessive. Bien sûr, aujourd’hui les gens d’origine maghrébines et africaines qui ont la nationalité française l’ont depuis bien longtemps ; et on est obligé d’en subir les conséquences : « Il faut assumer, il faut voir comment est-ce qu’on peut régler les difficultés que ça engendre dans le cadre des lois républicaines. » Elle revient à cette déchéance en janvier 2018. Et il faut croire que c’est possible, en vérité. Au final donc, beaucoup de commentateurs, de vérités non-dits : quand c’est Marine Le Pen on conteste, quand c’est le PS voire le LR, on approuve. Une mesure qui peut donc voir le jour. Mais alors la question n’est pas de savoir si on peut l’appliquer, mais de savoir comment l’appliquer. Et cependant, elle servira à marginaliser certains français, à générer de la frustration pour une catégorie de la population, et le modèle républicain de la Ve république se verrait changé en matière d’égalité, pour aller vers une VIe république par exemple ;  à l’instar du projet de Jean-Luc Mélenchon.

Supprimer la double-nationalité, et changer les équipes de foot ?

Le 22 novembre 2009, Marine Le Pen annonce qu’elle veut supprimer la double nationalité, en plus du droit du sol. D’après elle, « Il faut demander aux jeunes ayant deux nations au coeur, deux allégeances, de choisir.  Quand elle se met à parler de Rama Yade, elle rappelle que la sécrétaire d’Etat aux Sports avait confié dans son livre : « Jusqu’à 18 ans, s’il y avait eu une guerre entre le Sénégal et la France, j’aurai choisi le Sénégal et depuis, je ne sais pas ». Elle oublie de dire que Rama Yade est une opportuniste qui a été secrétaire d’Etat aux Sports sur décision de Nicolas Sarkozy président en fonction en 2009 : pour sa couleur, son appartenance, bref parce que « issue de la diversité », et non pour ses compétences ou ses connaissances dans le domaine du sport. Eh oui, même l’intégration des personnes de couleurs ne fonctionne pas. Un autre, Jean-Marie Le Pen, croit en l’inégalité des races. Pour ce qui concerne l’appréciation des joueurs de l’équipe de France, Marine Le Pen reconnaît que le foot n’est pas « son truc ». Effectivement, son domaine d’expertise où elle se sent le plus à l’aise, reste le nationalisme libéral.

En 2010, tout de même, Marine Le Pen dit ne pas se reconnaître dans l’équipe de France. Non sans ajouter une petite touche faussement anticapitaliste en évoquant « le pognon qui dégouline de ces gens » et « le sentiment de cet argent facilement gagné ». Marine Le Pen a poursuivi « si la main de Thierry Henry avait été égyptienne je crois qu’il y aurait eu des morts », au sujet des supporteurs de l’équipe de football d’Algérie qui ont manifesté dans plusieurs villes de France après sa qualification pour le Mondial 2010. Quant à Franck Ribéry, Marine Le Pen est rassurée depuis son opinion en 2010 à propos de cet « antihéros vendu aux étrangers » Il a renoncé à l’équipe de France depuis 2014

Partager le gâteau entre Français

Selon Caroline Fourest, retirer la nationalité à toute personne non blanche ou non chrétienne est impossible. C’est bien vrai : il y a des maghrébins qui sont athées, d’autres de confession chrétienne, des personnes de couleurs aussi… Minoritaire car l’Islam reste la religion officielle de cette catégorie de population, mais on ne peut pas négliger ce détail. Il y a même des femmes blanches qui choisissent de se convertir à l’Islam par amour pour leur mari, souvent malgré le mépris désaccord de la famille paternelle à cause des origines de madame. Pourtant le RN maintient ce fantasme d’une France aryenne. Mais concrètement, que propose t-il en matière de méthodologie ? D’accord, le RN propose la préférence nationale. Mais comment ? Et de quoi s’agit-il, quels seraient les critères réels pour évaluer si un individu est français ou non ? Ces questions ne sont pas ridicules puisqu’il s’agit de la préférence nationale : mesure phare toujours d’actualité au RN. La charte du RN façon Marine Le Pen ? La voici : « L’ensemble de l’énergie de la nation devrait être tournée vers les Français d’abord, par l’instauration d’une politique de préférence nationale à l’emploi, au logement et d’exclusivité pour l’octroi des prestations sociales ». Sauf que rien n’est précisé sur qui est « Français » selon le RN. Pour qui ? qui va pouvoir bénéficier des prérogatives de Marine Le Pen si peu qu’un jour elle soit élue à la plus haute fonction de la Ve république ? Quel autre critère après l’ethnie ; le niveau de revenu ? Un bénéficiaire des minimas sociaux blanc et de confession chrétienne, chômeur depuis bien trop longtemps, en désespoir de cause, aurait-il le droit à l’emploi et à un logement qu’il attend bien au delà de la durée légale d’une suite à donner sur une demande de logement administrative ? Concrètement, à part instaurer un climat douteux, où chacun se demande s’il n’est pas plus français que l’autre et donc plus prioritaire pour d’autres raisons ajoutées, où cela mène- t-il ? A réserver l’essentiel des prestations sociales à une partie de la population : « Il faut réserver la protection sociale à certains, et notamment aux Français ». Mais alors ? Outre le coût sanitaire en cas de pandémie ou de virus lié au fait que moins de personnes se soignent, et pas seulement les français issus de la diversité ou les étrangers : Caroline Fourest considère que les cotisations des étrangers équilibrent les comptes. Comment ? C’est facile : les entreprises dans toutes les branches d’activités, les travailleurs sociaux, les ONG, les organismes syndicaux, les associations et fondations, les institutions à toutes les échelles -de la commune jusqu’aux plus hautes fonctions de l’Etat- ont décidé de favoriser particulièrement et dans tous les métiers, les français issus de la diversité, soit les étrangers qui ne sont plus étrangers mais français, leurs enfants nés sur le territoire français quelque soit leur génération. Bien sûr qu’ils sont cotisants aujourd’hui. Et c’est un privilège que nous autres autochtones n’avons pas ou plus. Alors ? A quoi sert la préférence nationale ? A instaurer un climat de « discrimination positive » en faveur de « tous » les Français de souche, ou seulement une partie d’entres-eux ?

Une étrange vision de la discrimination positive

A propos de la « discrimination positive », la présidente du RN ne mâche pas ses mots : « Voilà qui ressemble fort à une politique totalitaire de substitution du peuple de France ». Mais pour Marine Le Pen, la « discrimination positive » commence dès que l’on combat la discrimination négative. Comprendre ici, qu’une discrimination est positive pour Marine Le Pen lorsqu’elle sert l’intêret de notre communauté française, les blancs. Et qu’elle est négative si l’on choisit un français issu de la diversité en lieu et à la place d’un Français…

C’est ce que l’on peut comprendre en se penchant sur une association qui lui est proche : SOS Egalité. Le titre peut prêter à confusion, il faut savoir de quoi on parle. Il s’agirait de défendre l’égalité réelle à contre-pied de SOS Racisme. Exactement comme l’AGRIF, qui porte plainte pour racisme « anti-français » ou « antichrétien », le but de SOS Egalité ne serait pas de lutter contre toutes formes de discriminations, mais de combattre cette « discrimination positive » pouvant défavoriser les Français dans la norme. En portant en avant la problématique de ce XXIe siècle : les français à peau clair type indo-européen voire aryen sont discriminés, ils ont perdu une grande partie de leur droits civiques. Fut un temps, SOS Egalité n’était pas officiellement lié à l’ex-FN, mais elle était présidé jusqu’en 2011 par un certain Jean-Richard Sulzer, qui fut secrétaire général du groupe FN au conseil régional d’Ile-de-France. A l’instar de SOS Racisme qui n’est pas officiellement rattaché au PS, voire au PCF, mais qui pourtant se compose d’une présidente souvent issue de la diversité, sympathisante sinon adhérente du bloc de gauche PSCF, et de bénévoles aussi « françaises que la présidente » et plus ou moins de même bord politique. Je me suis porté volontaire bénévole dans cette dernière association, je n’ai eu de réponses aucune, sans connaître SOS Egalité, je peux donc prendre au moins la liberté d’écrire ici, déjà, que S(O)S Racisme a aussi ses préférences…

Voici l’article Ier de la Constitution de 1958 : La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Ses cinq « missions principales » sont également irréprochables. Il s’agit de : Promouvoir l’égalité en droits des citoyens français ; lutter contre le communautarisme et les politiques explicites ou implicites de promotion de la discrimination positive en France ; Faire connaître au plus grand nombre ces politiques et saisir la justice pour obtenir leur annulation ; recueillir les témoignages des victimes de ces politiques : victimes directes et indirectes ; porter assistance par tous moyens à ces victimes et oeuvrer au rétablissement de leurs droits de citoyens français. C’est pourtant clair, non ?

Combien sommes-nous à souffrir en silence, souffrant de l’amalgame car présumés favorisées du fait de notre couleur de peau, aux cheveux blonds et aux yeux bleus ? Combien de français de type indo-européen souffrent en silence aussi ? Notre état civil… notre apparence physique « vrai ou supposé » pour reprendre les termes de la constitution. Quelques sites web peuvent servir à déposer des sortes de pré-plaintes, histoire de se faire connaître sur la toile et de se retrouver avec d’autres, subissant la même chose. Je n’en connais aucun. Je parle de sites web sérieux, sans avoir à subir ces commentaires débiles et polluants en manque de maturité de la part d’internautes aux penchants RN ou FI ? Sur le nombre de victimes de discrimination en tous genres : emploi, logement etc. combien concrétise leur plainte auprès d’un poste de police le plus proche ? Encore faut-il que l’officier qui vous reçoit vous prenne au sérieux et accepte de prendre votre dépôt de plainte. Encore faut-il aussi que la plainte soit considérée comme « recevable » et fasse l’objet d’une enquête sérieuse contre X -société, OPHLM, etc. Le RN est-il vraiment pour la lutte des vrais victimes de la discrimination ? Marine Le Pen parle de « petits, sans-grades, les oubliés de la république ». D’un autre côté, le RN n’est pas sérieux : en 2007, un Philippe Péninque, un ancien du GUD selon Caroline Fourest, promet une belle discrimination anti-blanc pour convaincre un français d’origine maghrébine de voter pour l’ex-FN aux présidentielles de 2007. Donc au fond, pour le RN toutes les voix sont bonnes à prendre ; la preuve ? « Rassemblement National ». Et la démagogie continue. Car la recette du RN c’est toujours de bien se tailler des parts de gâteau sans vouloir partager. En principe, la doctrine en la matière claque comme un slogan « Etre français ça s’hérite ou ça se mérite ».

L’Europe déchirée des nationalistes, les USA aussi…

On pourrait penser que les prises de positions de Marine Le Pen sur l' »Islamisation » rapprochent le RN à d’autres mouvements populaires européens, comme l’UDC en Suisse, le Parti du peuple danois au Danemark, les Démocrates de Suède, le parti autrichien FPÖ ou encore celui de Geert Wilders aux Pays-Bas, on pourrait ajouter l’extrême-droite anglo-saxonne, leNPD de l’Allemagne, la ligue Italienne ; puis au delà de l’UE il y a les républicains les plus conservateurs et soutiens de Donald Trump aux USA, etc. Depuis 2018, ils sont tous en pleine ascension. L’allocution du Président Emmanuel Macron, le confirme… Les nationalistes pèsent de plus en plus. Cependant, leur réseau est plus complexe qu’il n’y paraît. Pour une raison à la fois simple mais contrariante car rejeté par le système médiatique et littéraire : ces partis nationalistes de l’Union européenne sont bien plus radicaux que le RN. Ils considèrent le RN comme un parti qui refuse de s’assumer, qui « ne pas va au fond des choses du point de vue des idées ». Mais bien qu’à court d’argent en cette année 2019, le RN imprime ses affiches de rentrée montrant Marine Le Pen à côté de son allié italien devenu ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini.

Un seul nationaliste accepte donc de s’allier avec le RN.

Les autres ne sauraient tarder, tout est question de temps et de patience.

Le fait est que Marine Le Pen rejette le socialisme hitlérien, et veut rendre son parti « acceptable », donc moins radical. Marine Le Pen n’a pas tissé de liens véritables avec le Néerlandais Geert Wilders par exemple, qui a comparé le « Coran » à « Mein Kampf » ; Et d’ailleurs elle se méfie ouvertement de tout parti classé à « l’extrême droite », comme le FPÖ autrichien, et cherche plutôt à se rapprocher des partis récents ou ayant réussi à se faire « accepter » par leur pays. La question rom -mot issu à l’origine du terme « Roumains »- n’a pas fini de faire parler d’elle : la violence révélée des partis nationalistes européens le montre bien. La question rom est au coeur du groupe « Identité, tradition et souveraineté » réunissant les extrêmes droites au Parlement européen. Pendant onze mois, du 17 janvier au 14 novembre 2007, ce groupe avait rassemblé des formations françaises, italiennes, bulgares ou autrichiennes de nature très diverses : l’ex-FN, le Vlaams Belang, l’Union nationale bulgare, Alternativa Sociale, Fiamma tricolore, le parti autrichien de la liberté. Techniquement, cet attelage bien ancré aujourd’hui permet surtout de bénéficier des mêmes avantages d’un autre groupe parlementaire : des moyens matériels supplémentaires inexistants jusqu’en 2007, un temps de parole, enfin ! Pour obtenir les mêmes droits qu’un parti imposant tel le PS ou le LR, il faut au moins 20 députés. Il ne manquait plus que les bulgares nationalistes pour que le quota soit atteint. C’est fait. Le groupe est crée le 17 janvier 2019 sur la base d’objectifs communs à minima :

  • Reconnaissance des intérêts nationaux, des souverainetés, des identités et des différences ;
  • Engagement en faveur des valeurs chrétiennes, de l’héritage, de la culture et des traditions de la civilisation européenne ;
  • Engagement en faveur de la famille traditionnelle en tant que trait d’union naturel de la société ;
  • Engagement en faveur des libertés et des droits hérités par tous ;
  • Engagement en faveur du respect de l’Etat de droit ;
  • Opposition à une europe unitaire, bureaucratique et à un super-Etat européen ;
  • Engagement en faveur de l’établissement de la responsabilité directe des gouvernants envers le peuple et de la transparence dans la gestion des fonds publics.

En 2011, sept députés européens représentaient l’ex-FN : Bruno Gollnisch, Carl Lang, Jean-Marie Le Pen, Fernand Le Rachinel, Jean-Claude Martinez, Lydia Schénardi et Marine Le Pen. En octobre 2007, l’Italie s’émeut du meurtre de la femme d’un officier de marine italien, tuée par un Rom. Une déclaration d’Alessandra Mussolini met tout particulièrement le feu aux poudres. Pour elle les roumains sont des « délinquants habitués ». Elle invite « l’ambassadeur roumain à quitter le pays -Italie-  et considère tout citoyen roumain comme un citoyen indésirable ». Alessandra Mussolini décide de quitter le groupe « Identité, tradition et souveraineté » ; le retrait des italiens nationalistes fait baisser le nombre des députés du groupe, qui doit s’auto-dissoudre le 14 novembre. Pour la plus grande joie des autres parlementaires européens qui applaudissent. Le répit a été de courte durée. Mieux que son père, Marine Le Pen est suffisamment intelligente pour détecter les failles du parlement européen, et reconstituer sa crédibilité dans l’UE. L’intégration de la Roumanie dans l’UE était une erreur, et il a fallu une mussolinienne pour qu’il y ait une prise de consciences des autres familles politiques du groupe. En outre, les partisans d’une Europe qui pensaient se débarrasser du nationaliste suite à cet évènement n’ont pas été prévenant, essentiellement guidés par des motivations économiques. Comme le fait -entre autres- de voir affluer les « gens du voyages » quittant leur pays d’origine, la Roumanie, où ils sont discriminés et vivent dans des conditions similaires au Français de souche, qui lui, choisit de subir en restant dans son pays. L’UE aurait dû s’assurer que les millions versés à ces pays à l’origine de l’immigration leur permettrait d’améliorer leur économie, et leur environnement. Au lieu de quoi, les gouvernements hongrois, bulgares et roumains ont encaissé l’argent et en ont bien profité, sans se préoccuper d’un exode prévisible pour les autres pays : les roms. Bien des européens risquent de ne plus croire en cette union. Surtout s’ils voient des campements en bord des périphériques, en dessous des rames de métros, à proximité des logements et propriétés de nos concitoyens. S’ils prennent leur train Gare du Nord ou Gare de l’Est à Paris, où l’on est assailli par la mendicité agressive. Exaspérés, certains Français n’écoutent déjà plus ce que les partisans d’une mondialisation complexe ont à leur dire.

Les nationalistes ont de beaux jours devant eux. Notamment pour mai 2019. Un autre dossier dont on ne parle plus : l’entrée de la Turquie dans l’Union. Une population de plus de 76 millions d’habitants à dominance musulmanes, un ensemble de civilisations arabo-maghrébines issus tant des contrées du moyen-orient (les plus radicaux) jusqu’aux pays arabes (les moins dangereux ?)….

l’Algérie et le Maroc qui viendront ensuite nous rejoindre, on parle déjà d’union méditerranéenne, depuis 2007.

Il ne sera pas très difficile de convaincre les indécis à franchir le pas vers le RN.

Une étrange sympathie pour les dictateurs

Selon Caroline Fourest,  le RN n’a pas de « colonne vertébrale », pas de vision, en matière de géopolitique. Déjà le père n’était pas du tout intéressé par ses voisins européens dans les années 80, Marine Le Pen, depuis qu’elle est présidente du RN, Si… On imagine mal Jean-Marie Le Pen se déplacer un mois de février 2009, dans un ambassade arabe pour fétêr un anniversaire annuel -le 30e- de la révolution islamique. Caroline dit que si. Pour elle, une preuve existe : une vidéo du Centre Zahra le montre disant « son plaisir » d’être là, devant le micro d’une journaliste voilée, qui le salue d’un « Salam Aleykoum ». Ce qui le fait soit-disant sourire. Moi je demande à la voir cette vidéo. Lorsque la journaliste lui demande la raison de sa présence, Jean-Marie Le Pen déclare sa flamme : « Je suis un ami de l’Iran, je l’ai toujours montré. Je me suis toujours rangé dérrière les nations libres qui n’acceptent pas le diktat d’autres pays ». L’Iran d’Ahmadinejad est alors pointé du doigt par la communauté internationale pour son programme visant à se doter de l’arme nucléaire, sans vraiment rassurer sur ses intentions pacifiques. Une démarche que soutient l’ex-président de l’ancien FN : « Sur les problèmes récents de l’industrie nucléaire, j’ai dit que je pensais que l’Iran avait les mêmes droits que n’importe quel autre pays du monde. Et que s’il y avait une voix qui devait être hostile à l’arme nucléaire, elle devait désarmer ceux qui s’en sont dotés,  bien souvent secrètement et en contradiction totale avec les règles de l’ONU. Je suis un homme assez logique ». Il faut comprendre qu’au nom du soutien au nationalisme des autres, l’ex-FN pouvait être à la fois sioniste et proche de tous les dictateurs arabes. Après la guerre du Golfe des années 90, l’Irak a été démantelé, bien que la christianophobie existe encore, et que le massacre des chrétiens en Irak soit toujours d’actualité sans que personne ne s’en préoccupe. Jean-Marie Le Pen n’a jamais pris position pour défendre ces chrétiens irakiens, parce qu’ils sont arabes ? La question n’a jamais été posée par les journalistes. Pour l’américanisation de la France c’est tout autre. Fidèle à son père bien que cherchant à s’en débarrasser, notamment à propos de la logique nationaliste, Marine Le Pen critique vivement l’entrée de la France dans le commandement intégré de l’OTAN. « S’il y a bien un sujet sur lequel il y a un consensus au sein du FN, c’est le rejet de ce suivisme à l’égard des américains. »

Pour le Front national de Jean-Marie Le Pen, nostalgique de l’Algérie française : les américains non, les arabes oui. Quant à la lutte contre l’islamisme, oui, mais en France seulement, et uniquement en raison d’une simple ambition politique : se servir des français pour arriver au pouvoir.

Retour aux valeurs traditionnelles ?

Sous Marine comme sous Jean-Marie Le Pen, il n’existe pas de cohérence entre les discours « intérieurs » et « extérieurs » du RN. Au « nom du droit à la souveraineté », souveraineté qui doit résister à l’universalité de la Déclaration des droits de l’homme en soutenant bien des régimes nationalistes, despotiques ou anti-républicaines, notamment arabes et africains. Bien entendu, en échange de cette solidarité, les régimes les plus infréquentables confient volontiers l’exploitation de leur matières premières au monde entier… Cependant nos élites « républicains » ferment les yeux sur la diktat arabe. Des arabes et des africains qui se moquent bien du monde : prétextant que leur régime politique est républicain, démocratique, choisie par le peuple. Aux yeux de la présidente du RN, la notion de démocratie est tout autre : les droits de l’homme sont non seulement autant « universels » que naturels », mais de plus, ils trouvent leur source originelle exclusivement en France, premier pays à les avoir institué. Marine Le Pen l’a même dit très clairement : la France est suffisamment le pays des droits de l’homme pour se permettre de ne pas avoir à se faire dicter ses décisions par la Cour européenne des droits de l’homme ! Les véritables universalistes acceptent de réfléchir au cas par cas pour déterminer ce qui relève de l’humanisme et ce qui verse dans la sélection naturelle.

Une alliance Front-Afrique ou un parti comme les autres ?

En décembre 2010, la France s’engage aux côtés de l’ONU pour tenter de faire respecter le verdict des urnes en Côte d’Ivoire, affaire qui ne regarde absolument pas notre pays ; Marine Le Pen choisit son camp : celui de Laurent Gbagbo.

Un homme qui est certainement moins à droite que Laurent Wauquiez, avec qui Marine Le Pen n’est pas fermé à une alliance possible.

Mais pour Caroline Fourest, il existe de nombreux liens, de travail et d’estime, entre certains dirigeants africains et l’extrême droite française. Où va t-elle les chercher ? Pis, elle prétend que ces liens entre l’extrême droite française et les dictateurs africains se poursuivent encore aujourd’hui. Voici la simple preuve qui me paraît bien insuffisante et trop ancienne : Quand Laurent Gbagbo est arrêté en 2011, en avril 2011, le service de presse du Front national est prostataire : L’arrestation de Laurent Gbagbo par les militaires français qui l’ont remis immédiatmeent aux chefs de la rébellion, constitue une violation gravissime….

Roland Dumas et Jacques Vergès appuient Marine Le Pen à propos de la Côte d’Ivoire

Preuve est que Roland Dumas a publié un livre à propos de la Côte d’Ivoire en 2011 au côté de Jacqes Vergès : Crimes et fraudes en Côte d’Ivoire. Caroline Fourest prétend que Roland Dumas est un vicieux, un voyeur, un admirateur de l’entre-jambes, un homme qui s’improvise expert des relations entre la France et l’Afrique.

Il s’est porté volontaire pour voler au secours de Laurent Gbagbo suite à une fraude aux élections populaires ivoiriennes. Roland Dumas, un parrain de « tous les mauvais combats », « au côté des dictateurs les plus fortunés » ? Pour Caroline Fourest, Laurent Gbagbo est un dictateur, un nationaliste d’extrème droite contre le « vivre ensemble » ; parce qu’il veut l’indépendance de la Côte d’Ivoire vis-à-vis du reste du monde.

Un fortuné ? Cela reste à prouver. Quant à Roland Dumas, quand il ne vient pas plaider la cause de Laurent Gbagbo, il défend Kadhafi.

Mais on peut aussi voir Roland Dumas sur une photo et dans un article, ravi après un spectacle de Dieudonné, en 2015… connu aussi pour son antisémitisme et son dérapage. On est loin du résistant des années 40 et du ministre sous Mitterrand. Il pose en compagnie de membres du RN et de Jany Le Pen… Jean-Marie Le Pen et lui sont de vieilles connaissances. Il est vrai dans ce cas, que Roland Dumas n’a plus grand-chose à perdre et cache de moins en moins ses sympathies. Sur RMC, c’est différent. Alors qu’un sondage donne Marine Le Pen haut dans les enquêtes d’opinions, un journaliste lui demande : « Elle vous séduit ou elle vous fait peur ? » 

La réponse de Dumas : « Marine Le Pen ne me fait pas peur. C’est une rigolade ! La dernière fois la menace de Le Pen était une rigolade ! Je ne voyais pas Le Pen à l’Elysée ! On a fait voter tous les socialistes comme des couillons pour Chirac. Ce sondage est très intéressant mais pas comme on l’entend… Ce sondage a été fait pour faire peur ! » Dans un autre interview médiatique, il est à présent plus clair de comprendre les intentions du RN de Marine Le Pen : « des idées nouvelles, » qui invitent à réfléchir plutôt qu’à bannir.

Le « printemps arabe » vu comme un danger

Avec le printemps démocratique -en faveur des français issu de la diversité- qui s’annonce, on tourne la page à beaucoup de valeurs : l’après-décolonisation, le 11 septembre entre-autres ; des évènements bien dépassés aujourd’hui.

A long terme, ce n’est pas bon pour le Rassemblement National, qui, à travers l’ex-FN avait bâti toute sa stratégie sur le « choc des civilisations ».

A court terme, toutes les peurs et les inquiétudes sont bonnes à prendre. A travers la mondialisation anonyme qui s’accentue, les déplacements « démocratiques » seront longues et incertaines, tant du point de vue de la mobilité des personnes qu’un déplacement des valeurs d’une civilisation indo-européenne vers une autre civilisation, à majorité africaine et surtout maghrébine.

Nicolas Sarkozy avait fait son choix : la nouvelle civilisation, avec un double-discours pour rassurer « les têtes blanches » de l’ex-FN. Ce dernier espère toujours à travers le nouveau RN que les français préfèreront l’original à la copie. Par ailleurs, c’est un parti d’opposition qui a ses défauts : on ne peut pas fréquenter tous les dictateurs et leur faire « la cours », surtout quand on est un parti représentatif de 30% d’électeurs aux présidentiels de 2017, et que l’on souhaite devenir un mouvement capable de gouverner… En revanche si le RN viendrait un jour à être au pouvoir, nul doute qu’il développerait une diplomatie à l’égard des dirigeants africains et du Moyen-Orient,  des personnes peu recommandables à l’instar de Yasser Arafat de mon point de vue, reçu à plusieurs reprises à Paris, ou encore Fidel Castro reçu par François Hollande.

Le RN vs le sionisme

Si la position de l’ex-FN a toujours été ambiguë concernant les relations internationales en général, elle l’est a fortiori concernant un conflit aussi intéressant que le conflit israélo-palestinien. Selon Caroline Fourest, à son arrivée au Parlement européen en 2004, elle a souhaité intégrer un groupe d’amitié France-Israël, reprenant un extrait de réponse issu de son interview du 20 septembre 2010 : « Parce que c’était intéressant, j‘ai beaucoup appris, moi, dans cette commission, entre les problèmes d’eau et le reste. Elle affirme sa position de défense pour la communauté juive. Impensable au XXe siècle. En 2006, le groupe doit se rendre en Israël. Marine Le Pen devait faire partie du groupe, et devait donc être du voyage, mais le gouvernement israélien s’y oppose. Ce que Marine Le Pen digère mal : « J’espérais pouvoir normaliser aussi les relations entre nations. J’ai regretté qu’ils fassent en sorte que je n’y aille pas. Parce qu’encore une fois, au-delà de la communauté juive française, il y a une nation qui s’appelle Israël et avec laquelle nous devons évidemment avoir des relations comme nous devons en avoir avec l’ensemble des autres nations. Maintenant, je vais vous dire, moi j’ai tendance à dire aux gens de chez nous : écoutez, le conflit israélo-palestinien, commençons par régler les problèmes chez nous, et puis on verra après ». Marine Le Pen prend du recul avec les autres pays quand ceux-ci sont réticents de la rencontrer, mais admire les dictateurs quand c’est plus facile.

Au commentaire suivant, Marine Le Pen a des regrets : « La France n’a pas eu l’intelligence d’avoir son mot à dire. On a laissé les Etats-Unis négocier avec les extrémistes israéliens et avec les extrémistes palestiniens, moyennant quoi ce conflit ne se réglera jamais dans ces conditions-làLa France aurait pu avoir un rôle. Encore fallait-il qu’elle ait encore une diplomatie, qu’elle ait encore une autorité, qu’elle n’a plus. » Au moment de la flotte militaire palestinnienne à Gaza ; de l’intervention israélienne pour sa propre défense contre une attaque ennemie qui a fait dix morts, dix soldats israéliens à bord, conséquence de l’attaque palestinienne, elle estime qu’Israël meurtrie doit lever le blocus de Gaza, et se prononce pour un Etat palestinien, tout en qualifiant d’acte de piraterie l’assaut défensive d’Israël justifié pour contrer une attaque islamique. De quel côté est-elle ?

Elle précise que « Israël a le droit de préserver sa sécurité, sa souveraineté pleine et entière, mais un Etat palestinien doit également exister et avoir lui aussi le droit à sa souveraineté et à sa sécurité. » Marine Le Pen ne semble pas savoir que les palestiniens ont déjà colonisé en grande partie toute la mésopotamie à l’ère du début du christianisme, et qu’ils veulent en plus à présent anéantir le peu de terre qui reste au peuple juif israélien. L’antisémitisme et le colonialisme de la part des civilisations arabes ont toujours existés et existent encore. Ils ont anéanti l’Europe pour la remplacer, ils font de même avec Israël. En 2011, dans un entretien accordé à Haaretz un journal israélien de gauche, elle s’agace surtout d’être persona non grata en Israël : « Nous avons le droit de critiquer la politique de l’Etat d’Israël, comme celle de tout Etat souverain, sans être taxés d’antisémitisme. Après tout, le Front national a toujours été pro-sioniste, et a toujours défendu le droit à l’existence d’Israël. Contredit. Mais elle va plus loin : « Si nous disions en France ne serait-ce qu’un millième de ce qui est dit en Israël, nous irions immédiatement en prison pour incitation à la haine raciale », a souligné Marine Le Pen, à propos des travailleurs immigrés qui s’infiltrent illégalement en Israël.

Pour le moment, Marine Le Pen a choisi de ménager tous les ennemis supposés de son grand ennemi :

« l’Islamisation ».

Un refus opportun de la « repentance »

La nouvelle présidente du nouveau parti -le Rassemblement National- est hostile à toute « repentance » sur les idées passées défendues par son père. Même quand il s’agit de colonisation ou d’actes vichystes durant la seconde guerre mondiale. Marine Le Pen rejette, dénonce, conteste et s’oppose à la politique de l’excuse trop souvent utilisé par les autres partis. Tout ne serait que prétexte à mieux faire accepter l’immigration : « L’Histoire a d’abord permis de culpabiliser les Français au-delà du raisonnable. On leur a expliqué qu’ils étaient des salauds, des colonisateurs, des esclavagistes… A ce titre, ils devaient abandonner leurs réflexes de survie et accepter, par exemple, un immigration insupportable. » Quand Caroline Fourest lui demande dans son interview du 20 septembre 2010 si elle aurait soutenue l’indépendance de l’Algérie, elle répond par la négative : « Non. Je pense que ça a été fait dans des conditions épouvantables. Les tenants de l’indépendance étaient une minorité. Je pense qu’on s’est particulièrement mal tenus dans la suite d’ailleurs de la décolonisation, à l’égard des Harkis notamment. » Ce qui vaut pour la colonisation vaut pour Vichy. Pour l’ex-Front national, l’âme de la France était surtout à Vichy. Dans l’esprit des proches de Jean-Marie Le Pen et lui-même, Pétain reste un héros. Que l’on commémore. Comme l’a fait Mitterrand au XXe siècle.

Vision du RN sur la Ve république et la Laïcité

« Nous avons ramassé le drapeau tricolore que la classe politique a laissé traîner dans le caniveau, nous relèverons les valeurs traditionnelles de la République française ; les véritables défenseurs de la République, c’est nous ! » C’est par ces mots que Marine Le Pen conclut le congrès de Tours qui la consacre nouvelle présidente de l’ex-FN devenu le RN. Marine Le Pen défend les vraies valeurs de la laïcité : les chrétiens, les catholiques et, dans la limite d’un degré de tôlérance sous conditions d’assimilations à nos valeurs, le judaïsme. L’Islam n’était pas prévu ; Elle défend autant la citoyenneté que les valeurs traditionnelles de la République actuelle bien que faibles à présent. L’ajout de ce mot, « traditionnelles » n’est pas anodin. Il s’agit d’inscrire la République dans la continuité des républiques précédentes sans forcément revenir à l’obscurantisme ancestral relatif à l’ancien régime ; mais en maintenant le droit du sang en remplacement du droit du sol. Un droit ancestral bien entendu, qui existait avant la Première République mais dans une proportion plus radicale que ne le propose Marine Le Pen. Ce que propose Marine Le Pen c’est un droit ancestral un peu plus moderne, où les premiers arrivés doivent avoir la priorité et être mieux entendu en rapport avec les derniers arrivants. Donc de tirer la Ve République vers une vision « traditionnelle » de la Nation et de se servir de la laïcité pour réaffirmer l’identité chrétienne de la France. Pour emmener cette vielle république usée par le temps vers une nouvelle république, la VIe, mais version Marine Le Pen. instaurer une hiérarchie allant du plus français au français issu de la diversité.

Comparaison : La bataille deValmy vs Alain Soral ancien communiste puis ancien membre du comité central de l’ex-FN ; conseiller spécial auprès de Jean-Marie Lepen…Fondateur de « Egalité & Réconciliation »

Pas sympa pour Agnès Soral d’avoir à subir les malentendus à propos de son nom de famille pour l’associer un peu trop facilement à son frère. Je tiens à préciser ici que j’aime beaucoup Agnès pour « Tchao Pantin », et pour « l’Antidote », entre-autres 😉 !

Il n’est donc pas question de mentionner « Soral » comme l’a fait Caroline Fourest en 2011, mais de préciser le prénom pour éviter les amalgames ou les à-priori trop rapide. Voyez cet article et vous comprendrez quelle souffrance peut-on avoir à subir sur un Patronyme. L’habillage « Républicain » de l’ex-FN est récent ; depuis Marine Le Pen. La défense des valeurs libéro-conservatismes s’est terminé après l’élection présidentielle de 2012, lors d’un échec au premier tour des élections. Marine Le Pen avait compris à ce moment, qu’il fallait changer l’image du Front. Ce n’est pas parce qu’en 2006 Jean-Marie Le Pen s’est rendu à Valmy pour commémorer une victoire militaire et symbolique de la fin de la monarchie qu’il faut voir dans l’ancien FN une tentative d’obtenir la confiance des électeurs ; ceux-ci ne sont pas dupes. Faisons un rappel de l’histoire : le 20 septembre 1792, sur le champ de bataille de cette petite commune de la Marne, les troupes révolutionnaires françaises ont remporté une victoire inespérée face à l’armée de Prusse, puissante alliée de la monarchie de Louis XVI. Ce jour-là, les volontaires français repoussent miraculeusement l’ennemi aux cris de « Vive la Nation !  » Sauvant la Révolution. Le lendemain, la République est officiellement proclamée : elle ne sera véritablement adoptée que 5 jours plus tard.

En ce même jour du 20 septembre 1792, l’Etat civil est laïcisée, et la loi sur le divorce est adoptée. Quel rapport avec le FN ?! Le 1er mai 2017, Jean-Marie Le Pen devenu sage pour son âge, se met à penser comme le Général de Gaulle des années 60, la sortie de l’OTAN. La sortie de l’OTANE comme il dit. Pour le reste, le fondateur est fidèle à lui-même, déjà depuis 2006 : Après les prussiens, vient le tour des sarrasins… il agite le spectre de « l’immigration sauvage », s’en prend à l’Union Européenne, aux « élites historiquement abonnés à la trahison », à l’UMPS, en un mot, « au Système », responsable d’avoir fait perdre à la France la maîtrise de ses frontières : « Le Système, la bête étrange à deux visages au nom étrange et inquiétant d’UMPS s’applique de plus en plus à nous singer. » S’ensuit un tableau apocalyptique qui se rapprochera quelque peu au discours de Marine Le Pen : des « services publics délabrés », « l’éducation de nos enfants volontairement sabotée pour réduire ces futures citoyens à l’état de consommateurs », « la sécurité à laquelle nous n’avons plus droit, détruite par les communautarismes, l’immigration sauvage qui touche les plus humbles, les plus démunis, les plus isolés », mais aussi « les prélèvements qui augmentent et avec eux, la pauvreté », « ces maisons si chères qu’elles ne sont plus accessibles qu’aux millionnaires et aux étrangers », « nos paysages, nos terroirs saccagés, dénaturés par la spéculation et la surproduction délirante. » Contrairement à son habitude, Le Pen a lu son discours de bout en bout, sans dévier de sa feuille. Le texte lui est fidèle, au sens où il permet de concilier voire de capter un électorat populaire jusque l’extrème gauche. Mais il a clairement été soufflé par sa nouvelle équipe pour ce mois de mai 2006, celle qui donnera le ton de la campagne de 2007 échouée pour le coup : Marine Le Pen en a fait partie mais surtout il y a Philippe Péninque, Jean-François Touzé et un quatrième mousquetaire, celui-là qui fera figure du d’Artagnan de l’extrême droite ; Un nouveau conseiller dont ce discours porte sa source : Alain Soral. L’homme se vante d’avoir tout particulièrement inspiré Marine Le Pen, avant qu’ils ne se brouillent. Elle préfère relativiser l’importance de leur collaboration : « La première fois qu’Alain prend contact, c’était avec Bruno [Gollnisch]. »

C’est ainsi que Marine Le Pen répond à Caroline Fourest lors de son interview du 20 septembre 2010 que je complète : »Chaque fois que quelqu’un pense quelque chose qui n’est pas trop éloigné de ce qu’il pense, c’est lui qui a inspiré. Je l’ai vue à quelques reprises. Mais je n’ai pas travaillé avec lui. Il n’a jamais fait partie des gens avec qui j’ai travaillé d’une manière très proche. » Alain Soral a effectivement une préférence pour le père, pour qui il rend hommage le 12 avril 2012. Ce n’est pas grand chose, au vu du CV si banal du « conseiller spécialisé » à la solde du grand manitou. Un vert-brun-rouge. Comme dit sa soeur Agnès, il parle de tout et de rien, ses arguments sont vides de sens, d’opinions. Car si Alain Soral se dit national-socialiste français c’est d’abord parce qu’il se dit antisioniste. Pour Alain Soral tous les juifs ne sont pas sionistes, mais en revanche tous les sionistes sont juifs. Ainsi, il conteste lorsqu’on le dit antisémite, mais assume son antisionisme. Il est aussi nationaliste mais encore islamiste, considérant que les arabes sont ses frères.– (Caroline Fourest, « Verts-Bruns : la nouvelle extrême droite » aux éditions ProChoix, N°48, date de parution juin 2009). En une génération, il est passé de fils de notable mal aimé et frustré d’un père violent, ancien élève du lycée Stanislas, au militant FN en passant par la case « communisme ». Il a travaillé quelque peu en tant qu’écrivain pour le compte du Journal Libération, mais fut « remercié » pour cause de position idéologique douteuse. Ses mots préférés sont toujours les plus injurieux possibles : raté, looser, puceau, jeune con, arriviste, trucs à papa, inculte, minable, imbécile, escroc… il a publié plusieurs livres, mais quatre d’entres- eux reflètent son état d’esprit : Abécédaires de la bêtise ambiante : Jusqu’où va-t-on descendre ? et vers la féminisation ?. Mes commentaires sur ces quelques références :

  • Vers la féminisation ? : Un premier livre qui fait l’objet d’un procès du féminisme comme n’ayant rien compris au désir des hommes : « La femme n’ayant pas par son corps le même désir de pénétrer l’objet, sa volonté d’analyse est forcément moindre que l’homme. Analyse ou compréhension de Caroline Fourest : le viol y est justifié par le fait qu’une femme n’établit pas de « frontière franche entre le « oui » et le « non »
  • Abécédaires de la bêtise humaine : jusqu’où va-t-on descendre ? « Quoi qu’il en soit de l’hétérophobie en marche, je rappelle donc à tous les gays qui portent leur anus en sautoir comme La Légion d’honneur, à tous ces psy-culs qui n’hésitent jamais à convoquer la psychologie de bazar pour conforter leur petit moi que selon le freudisme, et malgré la dérobade de 1973, l’homosexualité reste une perversion. l’avortement ? une banalisation planifiée de l’infanticide. […] on ne dira jamais à quel point la maghrébisation, l’africanisation, la tiers-mondialisation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et la civilité de la population française.[…] L’islam, une religion virile et simple, égalitaire, d’abord soucieuse des pauvres qui ont la haine.

Analyse et réflexion sur Alain Soral : lucidité à propos de l’inégalité des sexes doublé d’une homophobie contemporaine ; anti-avortement ; pour le « vivre ensemble » de Caroline Fourest notamment en faveur de la « diversité » majoritairement maghrébine, civilisation oh combien admiré et à l’origine de sa propre religion ; contre l’immigration juive, bien évidemment.

Il sème en permanence de la confusion dans son esprit d’abord, dans les esprits incultes ensuite, entre antisionisme dont il dit faire partie et antisémitisme qu’il dit ne pas en être. Si l’on revient à l’année 2004, deux ans avant que Soral ne propose ses services au FN et ne soit recruté, Marine Le Pen  était déjà lasse d’Alain Soral simple adhérent actif, moins à cause de ses positions que de son tempérament ; bien qu’ils aient ensemble « battu le pavé ». L’agressivité, contre-productive, n’est pas sans faire penser aux sautes d’humeur de Jean-Marie Le Pen, qui ont tant coûté à l’ex-FN. Rien n’agaçait plus la benjamine que d’avoir à gérer les débordements de Soral en plus de ceux de son père : « J’aime son côté provocateur. Mais je pense qu’on a dépassé justement le stade de la provocation. Effectivement, ça m’ennuie ce côté je vais te casser la gueule avec cet air-là, c’est vrai que ce n’est pas mon truc. (Entretien Caroline Fourest vs Marine Le pen 20 Septembre 2010). Leurs relations, aujourd’hui inexistantes, se heurtaient de 2004-2007 à trois problèmes : le rapport égalité des sexes, l’état d’Israël, et l’égo. Marine Le Pen, dans ce même interview du 20 sept. 2010 s’en explique assez franchement : « Assez rapidement, j’ai eu des problèmes de personne avec Alain. Je pense qu’il a un problème avec les femmes… » Mais elle se retient, sur ses véritables opinions. Alain Soral de son côté, se lâche…

Dans un billet sur son blog intitulé Marine m’a tuer, il règle ses comptes comme il sait le faire : de façon outrancière, sexiste et violente. Il traite Marine Le Pen de Rachida Dati de souche, et la décrit comme une petite bourgeoise satisfaite du Système, entretenue par les médias. Ses écrits continuent d’influencer une partie du public de Marine Le Pen, sympathisants et adhérents du RN ; une partie de ces mêmes personnes vont applaudir aux spectacles de Dieudonné.

Un nouvel ami de Jean-Marie Le Pen plutôt encombrant pour sa fille, le filleul de la boîte à pizza de l’extrême droite du XXe siècle.

Dieudonné et le dérapage antisémite

Au regard de sa priorité, dédiaboliser, Marine Le Pen n’a guère intérêt à s’afficher avec Dieudonné. Pourtant, elle est tout de même à la recherche d’un électorat supplémentaire pour passer le cap du 2e tour et arriver un jour à l’Elysée. Elle joue donc avec délicatesse. Bien qu’il dénonce la commémoration de la Shoah comme une pornographie mémorielle et qu’il accuse les sionistes d’être responsable de la traite négrière, elle refuse de voir en lui un antisémite. En tout cas elle ne souhaite pas un électorat turc. Plus tard, elle dira s’être cachée lorsqu’il est venu jouer les invités « surprises » aux BBR de 2006, mais sur le moment sa venue n’est pas si mal jugée. Ne serait-ce que parce que l’ex-FN avait déjà besoin de cautions issues de la diversité. Dieudonné, quant à lui, prétend avoir rencontré Marine Le Pen, l’avoir cotoyé, donc la connaître. Comme si serrer la main de Le Pen permettait de percer à jour ses secrets…  Etre un filleul de la famille, avoir choisi Jean-Marie Le Pen comme parrain de ses enfants, ne fait pas de lui un affranchi lepéniste !

Il est loin le temps où Dieudonné mettait son talent au service de l’antiracisme et faisait campagne contre Jean-Marie Le Pen. Mais l’entente et l’intégration d’un « nègre travesti à la blanchisserie » est devenue si cordiale que Dieudonné a demandé à Jean-Marie Le Pen d’être le parrain de son nouveau né, baptisé à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, l’église traditionnaliste conservatrice et très catholique. La plus belle provocation faite par Dieudonné reste celle qui remonte au 26 décembre 2008. Ce soir-là, au Zénith, pour son spectacle J’ai fait le con, Dieudonné a décidé de frapper un grand coup. Il fait monter sur scène le plus célèbre négationniste de France, Robert Faurisson, et le fait même applaudir à tout rompre. Un homme en pyjama rayé, portant une étoile jaune, vient lui remettre le prix de l’insolence. Cet homme, c’est son spectacle : Dieudonné. Dans les travées, un homme se dit « étonné » mais savoure : Jean-Marie Le Pen. En coulisse, ce sont « les grandes retrouvailles. »Vos applaudissements vont retentir assez loin (…) Votre présence ici et notre poignée de main sont déjà un scandale en soi », ironise Dieudonné devant 5.000 spectateurs« Tu nous dis : J’ai fait le con. C’est sûr, mais ce soir tu es vraiment en train de faire le con! », lui lance Robert Faurisson. »C’est même la plus grosse connerie que j’ai faite mais la vie est trop courte. Déconnons et désobéissons le plus vite possible! », répond Dieudonné sous de nouveaux applaudissements nourris. Autour d’eux, tout le gratin rouge-vert-brun se congratule -d’ici là ils ont peut-être évolué, pour Alain de Benoit c’est sûr, il est passé à LO avec Nathalie Arthaud,- Dominique Joly -soeur d’Eva Joly peut-être ?- Frédéric Chatillon, Ginette Skandrani ancienne écologiste, mais aussi des « enfants perdu » qui se sont retrouvé avec des franchouillards tels Kémi Séba de la tribu Kâ -sorte de mouvement Ku Klux Kan à l’envers… Ce n’est pourtant pas sur une liste Front national que Dieudonné va se présenter aux élections européennes de 2009. Mais sous les couleurs du parti antisioniste. Alain Soral a rejoint la liste, conduite par Dieudonné, mais pilotée par un certain Yahia Gouasmi. Peu connu en France, il s’agit du représentant  du Centre Zahra, chargé de relayer la propagande du régime iranien en France. Toute la liste du parti antisioniste est à cette image : une collection de verts-bruns, d’islamistes ou de militants d’extrême droite, parfois même des fans de sectes tel des témoins de Jéhovah en quête d’espoirs perdus : tous ayant pour seul point commun une forte propension à la paranoïa et au complot. Tous ces mouvements tant spirituels que politiques rêvent-ils d’un nouveau reich à leur façon ou bien s’agit-il simplement d’une restauration de la théocratie ? Ou plutôt théologie, une science qui étudie et reconnaît toutes les religions ou sectes, mêmes les mouvements les plus absurdes. Voilà qui ne déplairait pas à un iranien comme Yahia Gouasmi, qui rêve peut-être d’une France qui a perdu toute son identité, aveuglé et maniable pour l’Iran. Pour résumer son état d’esprit : En France, dérrière toutes les valeurs républicaines laïques se dissimule la religion sioniste obligatoire... précise t-il lors d’une conférence avec Dieudonné. Ce partisan de la théocratie iranienne regrette que les chrétiens vivent comme des étrangers chez eux. Heureusement, lui et ses amis promettent de les libérer des sionistes.. qu’ils voient partout, dérrière chaque divorce, et même, à en croire l’un des colistiers, dérrière le virus H1N1 ! Ce porte-parole gouasmo-dieudonnéen est un candidat à cette ligne idéologique, il s’appelle Christian Cotten, et il a tenu un blog défendant les sectes et la Scientologie. Mise à part celui-là, qui peut bien soutenir un tel parti. Pas les électeurs. Il paraît que Fernand Le Rachinel a imprimé leurs affiches. Si c’est effectivement le cas, il a été réglé sans problème, bien que la liste aie été loin d’avoir atteint les 5% au niveau national. Par la suite, Dieudonné ira directement chercher un chèque à Téhéran, des mains d’Ahmadinejad, pour financer un projet de film. Un chèque tâché de sang puisque celui qui se prend pour l’imam caché a volé son élection et réprimé dans le sang toute contestation. Ce qui n’empêche pas Dieudonné de poser, hilare, devant une photo de l’Ayatollah Khomeiny dans les rues de Téhéran… Interviewé quelques mois plus tard sur une télévision iranienne, il ira jusqu’à déclarer au présentateur que l’Islam libère les populations et que les chrétiens qui sont aujourd’hui perdus doivent rejoindre l’Islam. Le mot sioniste est répété si souvent qu’on croirait un comédien réciter son sketch pour amuser la galerie. En l’espèce on pourrais soulever la question suivante : le terme « sioniste » fait-il référence à tous les juifs où à une partie ?

Un homme -si l’on peut dire un homme- que Marine Le Pen n’estimait pas en 2006 antisémite. Peut-être qu’elle voulait dire antisémite non, mais antisioniste oui.

Il paraît qu’en 2009, elle a soutenue le droit du Parti antisioniste à se présenter aux élections européennes. Mais c’est une plaisanterie ! Cette ligne antisioniste n’est pas le sillon sur lequel Marine Le Pen a choisi d’engager le RN.

Les fréquentations et les relations de Marine Le Pen n’ont en rien un dérangement pour sa nouvelle « croisade », contre l’Islamisation. les relations de Mme Le Pen sont tout à fait pour cette « croisade ».

Un vent populaire suisse : le peuple s’exprime

Si une affiche devait résumer le nouveau credo du RN, ce serait le même slogan, la même affiche lors de la campagne des régionales en 2015, celle choisie par le FNJ de Provence-Alpes-Côtes d’Azur. Une affiche aux couleurs similaires du drapeau algérien : « Non à l’islamisme. » Avec une femme dont on ne serait précisé l’âge au vue du voile intégral, au premier plan, en niqab noir, à faire peur les soirs d’Halloween.

Le titre est parlant. En sous-titre, La jeunesse avec Le Pen. Faire l’apologie de la culture algérienne en l’associant à l’Islam, revient à dire que notre population majoritairement de couleurs d’une part, maghrébine d’autre part avec le Maroc, illustre bien la France actuelle : une menace de changement de civlisation et des valeurs qui vont avec ; l’Islam étant déjà la 2e religion de France après le catholicisme, en lieu et place du judaïsme, cette dernière religion qui en revanche, a fait objet d’une signature sur les accords de la loi sur la laïcité. Ainsi, les juifs étaient prévus et ont accepté de s’assimiler à nos valeurs, les arabes non. L’Islam deuxième religion de France mais non inscrit dans la laïcité française. Cherchez l’erreur, ou bien, ne trouvez-vous pas cela contrariant ? Un constat qui peut bien sûr peut en choquer plus d’un. Exemple. Un journaliste comme Mohamed Sifaoui auteur de nombreuses enquêtes sur l’islamisme. Ca tombe bien, il est concerné, et donc va tout faire pour contrer l’idée ex-FN. Il a justement obtenu la nationalité française parce qu’il ne peut retourner dans son pays, l’Algérie, où il est condamné par le régime et menacé de mort par les intégristes. Cette affiche le bouleverse.

Avec S[O]S Racisme, il décide de porter plainte. Sans succès.

Il paraît que malgré la décision rendue par la justice de retirer l’affiche jusqu’à la fin de la campagne régionale, cette même affiche est encore de nouveau, à l’instar de 2010, considéré comme légale. Mais au fond, c’est pourtant bien de l’étranger dont il s’agit ; car à propos de l’inspiration de cette affiche, dérrière la religion se cache une population… En référence aussi à la décision du peuple suisse où un référendum populaire avait eu lieu ; résultat obtenu le 29 novembre 2009 sans le moindre doute : 57,5% se sont opposés à la construction de minarets. La Suisse aussi souhaite retrouver les valeurs de la démocratie, son choix cultuel et culturel, son mode de vie…Elle aussi se revendique de la laïcité face à une religion qui n’a pas été prévue là encore comme en France : l’Islam ; et tous ces choix politiques d’un pays à un autre, ont bien sûr une volonté saine et compréhensible : la volonté de réaffirmer la domination d’un mode de vie respectable relatif à son pays et à son histoire, au christianisme religion ô combien ancienne mais républicaine, religion de paix et d’amour, qui n’a rien des mentalités chauvinistes arabes. La laïcité française est une loi, un accord autour d’une table qui s’est effectuée autour de deux civilisations et de trois religions qui sont les leurs : Le catholicisme, le christianisme, et le judaïsme. Les juifs et les français indo-européens, ont choisie de part et d’autre la volonté de faire l’effort pour l’autre, un effort mutuel, réciproque,  pour un attachement, une assimilation, une vie commune sur le même territoire qu’est la France. La laïcité française ne regroupe pas toutes les religions du monde et n’est pas de nature à accepter l’inacceptable, ou d’accepter une quatrième religion trop différente, trop divergente. L’égalité n’est pas la laïcité ; l’égalité ne repose pas sur les religions de plusieurs civilisations sur un même territoire à l’échelle de quelconques communautés vivant ensemble par choix ou par contrainte ; l’égalité c’est permettre à chaque individu quelque soit sa nature et sa condition, son apparence, d’avoir la même chose sur un même pied qu’un autre individu. Le favoritisme ou la revendication au nom d’une quelconque différence n’y trouve pas sa place. La problématique actuelle est tout autre : on a transformé voire inventé une laïcité par une autre : celle qui se veut être un outil efficace mais amoral, qui se laisse dominer par des interprétations politiques aussi diverses que dangereuses, laissant place à l’inégalité des uns pour mieux favoriser les autres, au nom de cette laïcité inventée. Des exemples  qui n’existaient pas il y a encore un quart de siècle : des revendications sur le voile à l’école publique, des lieux de culte que l’on veut rendre plus dominantes que d’autres, qu’il nous faut admirer à tout prix au détriment des autres, de soi aussi : un changement de la civilisation. Les suisses n’ont-ils pas eu raison de choisir la conservation de leurs valeurs civilisationnelles ?

L’Islamisation, ce nouveau péril…

Marine Le Pen se présente comme l’une des derniers défenseurs de la laïcité en France. Elle a mis au point une laïcité à tête chercheuse, visant uniquement l’Islam. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer l’islamisme comme devrait le faire toute personne attachée aux libertés individuelles et à la laïcité, mais de faire de l’immigration musulmane, en soi, un risque d’intégrisme, quitte à semer la confusion. Ce qui est très différent. Lorsqu’on demande à Marine Le Pen Quelle différence faites-vous entre islamisme et islamisation ? , voici sa réponse : Je pense que l’islamisation est la conséquence de l’islamisme. L’islamisme, c’est quoi ? c’est politique. Mais c’est [aussi] la volonté par un certain nombre de groupes politico-religieux d’appliquer, de soumettre en réalité les lois de la République française pour les rendre compatibles avec la charia. C’est ce qu’ils sont en train de réussir. Dans le bras de fer sournois qui a lieu entre ces groupes politico-religieux et la France, c’est la France qui cède pour l’instant. L’argumentaire est bien pensé.

Un argumentaire qui donne le sentiment de sonner l’alerte lancée depuis des années par d’autres familles politiques issues de droite, du centre et de la « social-démocratie » tel le PS ; ces politiques qui se disent républicains, qui se disent « sincèrement désireux de ne pas reculer face aux provocations ou aux demandes insensées de quelques groupes d’intégristes » ; Comme la volonté de séparer les hommes et les femmes à certaines heures dans les piscines publiques, voire même séparer la civilisation arabe de la civilisation indo-européenne sur notre territoire, dans les piscines publiques pour ce qui concerne les jours et/ou plages horaires… refuser la transfusion sanguine ou être accouchée par un homme à l’hôpital, imposer les interdits religieux de l’Islam dans les cantines scolaires ou porter des vêtements ne permettant pas d’être identifiée.

Sur la Chaîne Parlementaire, la présidente de l’ex-FN a déclaré que «La laïcité n’est pas absolument compatible… pas naturelle, avec l’islam, puisque l’islam confond le spirituel et le temporel». Quand on lui demande si l’Islam peut être laïque, sa réponse me paraît convenable car déjà justifié : « Je pense que la France peut être laïque parce qu’elle est chrétienne de culture, et on s’aperçoit d’ailleurs que les pays musulmans ont les plus grandes difficultés à être laïcs». […] Plus loin : «Les pays musulmans qui sont laïcs l’ont été en général par la force», a-t-elle poursuivi, citant Irak et Tunisie, ou «par l’armée comme en Turquie». A Caroline Fourest lors de l’entretien donné le 20 septembre 2010, elle décrit le christianisme à l’inverse de ce qu’est l’Islam, naturellement laïque, car ancienne religion ayant permis la laïcité : Je pense que si la France est laïque, si elle peut être laïque, c’est justement parce qu’elle est d’essence chrétienne. Des écrivains ont complété l’Histoire de France pour présenter la laïcité comme l’aboutissement naturel du christianisme. Notamment en s’appuyant sur cette phrase de Jésus : Rendez à César ce qui est à César.

Jésus, n’a rien dit d’autre que de montrer la nécessite de distinguer, de séparer le politique, l’économie, l’argent ; du religieux. C’est oublier aussi que la monnaie à l’édifice romaine n’a pas influencé la volonté d’un futur empereur à un choix spirituel : Constantin qui a choisi le monothéisme en lieu et place du paganisme, soit le christianisme dominant dans le monde antique, sept siècle avant Mahomet.

Les peuples ont suivi naturellement et spontanément le choix individuel non imposé de Constantin. L’empire chrétien s’est fait de lui même par le choix des populations européennes. quant à l’Eglise, il s’agit du Vatican, le catholicisme inventé par les rois, chassant et méprisant les chrétiens, les traitant d’hérétiques à brûler au bûcher ; une Eglise qui se mêlait de politique quand le roi la consultait, sans un regard sur les modalités et les méthodes.

L’Islam n’est pas une religion républicaine

Il est tout à fait probable que le Coran ait quelques points en communs avec la Bible ; non pas seulement à propos d’Abraham dans le livre de la Genèse pour ce qui concerne le christianisme : père des musulmans, des juifs et des chrétiens ; mais à propos de vie en communauté et notamment d’économie, de famille. En effet, il existe dans le Coran un passage assez ambigü : c’est la sourate 42 du verset 23 dite de la « délibération ».  Elle recommande de laisser les hommes délibérer entre eux de leurs affaires. A supposer bien sûr qu’il s’agisse de la bonne version du Coran, et d’une traduction fidèle de la langue berbère. Que dis-je ? La langue ancienne, la langue d’Arabie du VIIe siècle. Ce qui n’est pas dit dans cette Sourate 42, ce verset 23 : c’est que dans l’esprit de Mahomet et des civilisations arabo-musulmanes, les membres de la communauté arabe ne doivent pas se mélanger avec l’étranger, celui ou celle qui n’est pas arabe : comprendre ici le juif d’une part, et l’indo-européen d’autre part. Soit l’homme blanc, la femme blanche. Le sens donc de ce verset qui n’a rien de l’enseignement de Jésus, c’est les arabes [les hommes] doivent délibérer entre eux de leurs affaires, [familiales, argent au sein de la communauté]

C’est bien l’idée. Jésus ne fait pas le distinguo entre le romain, le gallo-romain, l’israélien, l’arabe, le syrien où les hélvètes du 1er siècle ; Mahomet au VIIe siècle si.

Jésus veut étendre sa parole à toutes les communautés, tant juifs que romain, et même au delà de la Palestine  : de l’empire Romain du 1er siècle jusqu’en Europe.

Mahomet aura pour projet six siècles plus tard : envahir, tuer, imposer, coloniser.

Une grande nuance, deux états d’esprits radicalement différents.

Un état d’esprit du Jésus devenue une opinion partagée mais formulée autrement par Marine Le Pen : « Je ne définis pas la France par une couleur de peau. Je mets sur le même plan ceux qui veulent imposer une France métissée et ceux qui veulent rétablir une France blanche. Le critère racial ne fait pas partie de la définition de la France. » 

Il ne lui reste plus qu’à déplorer la déchristianisation de la France et l’immigration massive, surtout musulmane, pour retomber sur ses pieds : La France est la France. Elle a des racines chrétiennes, c’est ainsi, c’est ce qui fait aussi son identité. Elle est laïque, et nous tenons à cette identité et nous ne permettrons pas que cette identité soit modifiée.

Et si la population maghrébine était ingérable ?

L’immigraiton maghrébine ne peut s’intégrer. C’est un refrain qui a tout l’air de ressembler à la ligne idéologique de l’ex-FN ; voire du RN encore aujourd’hui. L’immigration maghrébine est bien plus problématique que l’immigration italienne. Pour caroline Fourest, entretien avec Marine Le Pen du 20 septembre 2010, Marine Le Pen évite de mettre en avant la question religieuse et commence par invoquer un argument social : « L’immigration polonaise, l’immigration italienne d’abord, s’est faite par le travail, et ça c’est très important, bien sûr. Elle s’est faite par le travail et dans les proportions qui n’étaient pas les proportions que nous avons vécues avec l’immigration des années 1970. dont l’objectif était d’ailleurs de peser à la baisse sur les salaires ». L’immigration des années 1970, principalement maghrébine, est une immigration de travail, ce qui n’est plus tout à fait le cas depuis le début de ce XXIème siècle…  En leur temps aussi, les Italiens voire même les Polonais ont également migré en France et c’est ainsi que le communisme se portait à merveille ! L’égalité des salaires était assurée. Aujourd’hui en cette fin année 2019, ce n’est plus le salaire qui est l’indice comparatif en ce qui concerne l’égalité, mais l’emploi. En effet, combien de chances a un français autochtone -un français indo-européen- lorsqu’il est au chômage depuis de longues année, qu’il n’a pas su ou pu convaincre une entreprise de l’embaucher depuis trop de temps, de décrocher un emploi dit d’insertion par le dispositif du « job-dating » lorsqu’il s’agit d’une campagne de recrutement dit « sans cv » ; face à une population au profil méditerranéen ou issu des DOM-TOM voire de l’Afrique central ? Ne serai-ce pas plus saint et démocratique de recruter, pour défendre l’insertion, des personnes plus pour leur difficulté à trouver un travail, sans cv, que pour une quelconque origine ?

En prime, une personne isssue du continent africain née en France ou non, de par son apparence ethnique, a toujours ce fantasme de coloniser, comme au VIIe siècle. S’il travaille, le nouveau colonisateur moderne vole le pain des Français. S’il est au chômage, pour les sympathisants du RN c’est un parasite qui vole les allocations. Pour moi, c’est un chômeur à très courte durée. Autre argument et celui-là n’est pas de moi mais de Marine Le Pen, reformulé par Caroline Fourest lors de son entretien du 20 septembre 2010  ; l’immigration maghrébine serait moins facile à intégrer… à cause de la religion : « Le basculement, c’est lorsque le quartier vit à l’heure de la religion, c’est-à-dire au moment où comme à Roubaix, par exemple, il n’y a plus une seule boucherie qui ne soit pas halal. Où par définition, la proportion, si vous voulez, prend le pas sur tout le reste. Donc, les femmes sont obligées de se soumettre à la pression sociale qui va finir par exister dans ces quartiers sur leur manière de vivre, sur leurs habillements. Il n’est pas bon d’être femme, homosexuel, juif ou blanc dans certains quartiers, c’est la vérité. » Ceci étant le résultat de la ghettoïsation sociale et l’intégrisme. Le RN combat -quand ça l’arrange pour capter un électorat supplémentaire- au nom du féminisme, de l’égalité et de la laïcité. C’est là où Marine Le Pen y voit une atteinte à l’identité française… Un raisonnement qui laisse chaque citoyen(nne) décider si c’est recevable, ou non. L’Histoire nous a démontré que ceux qui croient avoir raison sur tout, se trompent lourdement quand les minorités à peine audible ou qui choisissent le silence finissent par avoir le dernier mot. Ce n’est pas la religion qui pose problème, mais le passage du degré d’exigence au laxisme… Il y a eu la colonisation puis la décolonisation, la ghettoïsation sociale et urbaine dénoncée par Daniel Balavoine face à François Mitterrand qui n’était encore que premier secrétaire du Parti Socialiste, la crise des années 1980  qui trouve sa cause au retournement de veste de François Mitterrand en 1983, la guerre du Golfe remportée dieu merci par les américains, le 11 septembre… la montée du racisme et la dominance progressive de l’Islam : tous ces évènements permettent de montrer du doigt le vrai problème de notre civilisation. Une dérive du communautarisme et intégriste qui n’a pas eu lieu dans les années1970 parce que les familles maghrébines n’en faisaient pas tant sur leur différence, voire aucune. Il y avait assimilation. A une époque où l’ex-FN était pour le coup radicalisé ; 5% de voix aux élections c’était inacceptable, aujourd’hui 30% des voix pour le RN en 2017, c’est devenu banal, cela n’inquiète plus personnes. Dans les années 80 les paternels qui étaient algériens ou marocains pratiquaient un Islam tempéré, modestement, apolitique et très discret. Notre Histoire n’a pas eu besoin du FN pour avancer. Si le racisme anti-arabe s’est développé, c’est qu’il est la conséquence de notre crise identitaire.

Les deuxièmes et troisièmes générations arabo-maghrébines sont décomplexés de leur identité au détriment de la nôtre, et cela sert les penchants de ceux qui prêchent un Islam traditionnelle du VIIe siècle, antisémite et anti-européen. A tel point que ce radicalisme est à l’image de ce que veut se représenter le RN : un épouvantail. Ce qui revient à se servir plusieurs fois de l’immigration maghrébine comme la cause problématique de notre temps. Là où les élus politiques qui se disent républicains sincères et laïques ont baissé les bras, le RN récupère. S’en régale.

Recensement de la population arabe implantée en France, née ou non sur le territoire.

Les chiffres de recensement de la population française sont élargis bien en-deçà de ce que l’on peut en attendre : tant en nombre de personnes nées en France et français depuis plus de trois générations ; de personnes nées en France et donc français par naturalisation, mais issu de parents nés dans les pays du Maghreb ; de personnes nées dans les pays du Maghreb obtenant par décision préfectoral la nationalité française ; de personnes enfin, nées au Maghreb qui au moment de leur recensement ont encore leur carte de séjour renouvelée. Mais le recensement établi par l’INSEE exclu une population implantée sur le territoire sans aucun papier ou en attente d’une carte de séjour, il ne tient pas compte non plus d’une population dont la carte de séjour n’a pas été renouvelée sans même qu’une demande de son/sa prétendant(e) n’aie été faite ; enfin cette population qui s’est vue refusé une demande de carte de séjour ou renouvellement mais reste tout de même sur le territoire, prise en charge par quelques organisations sous couvert de statut association loi 1901. En 2011, Claude Guéant a établie un constat alarmant mais trop approximatif ; ce qui a fait polémique : Les Français veulent que la France reste la France. Ce n’est plus le cas, à contrario des Royaumes unies, qui arrive à maintenir une dominance de leur population britannique autochtone. Des instituts de sondages il y en a pleins en Europe, et les enquêtes d’opinions commandées par le client vont toujours dans l’intérêt de celui-ci à propos des résultats données. Chez nous, les plus importants sont l’INED, l’IFOP, IPSOS. Des instituts qui agissent dans l’intérêt du client. Donc le recensement d’une population maghrébine ne sera pas donné de la même manière au client socialiste qu’au client RN ; le plus important étant le Chiffre d’Affaires comme toutes bonnes entreprises privées qui se respectent.

Et là je parle bien de population maghrébine, qu’importe la religion de chaque famille, athée ou chrétienne car il y’en a ; des musulmans aussi bien sûr ; mais il y a aussi parfois des individus d’origine marocaine sinon algérienne qui sont agnostiques. De plus, un français d’origine africaine n’est pas spécialement maghrébin ; en effet, il y a aussi des sénégalais, des camerounais, des autochtones issu des DOM-TOM, qui sont de confession musulmane. Et ne pas se rendre à un office religieux ne veut pas dire être non-croyant…

Parfois c’est même bien plus compliqué : combien de catholiques très à droite, limites intégriste ne vont pas à l’église le dimanche matin et votent RN ?

Combien d’Imams, voire de musulmans radicaux ne fréquentent pas les mosquées françaises préférant la charia et les anciennes traditions islamiques, fréquentant des organisations parallèles ? Au sein de ces communautés diverses et variées, sensiblement différents sur leur croyance, mais globalement identiques, l’estimation exacte du nombre d’intégristes d’où qu’ils soient nés – en France aussi- est difficile à évaluer. Une bonne majorité d’entres- eux ou d’entres- elles qui se revendiquent minoritaires et victimes de la République sont très bien organisé pour semer la confusion dans les esprits, le doute ou la frustration.

Selon une enquête TNS-SOFRES, un tiers des français qui se déclarent pratiquant l’Islam seraient tout à fait d’accord sur la proposition suivante : Un musulman doit suivre les principes coraniques même s’ils s’opposent à la loi française.

Le RN a donc encore beaucoup d’avenir devant lui.

La rue et les prières islamiques

Le vendredi 10 décembre 2010, Marine Le Pen anime à Lyon un meeting et tient des propos qui vont faire couler beaucoup d’encre. A contre-sens avec son allusion « d’occupation » sur le territoire français quand il s’agit de l’Islam ; propos qu’elle a exposé à l’émission d’Arlette Chabot : A vous de juger, sur France 2 le 9 décembre 2010 ; elle ne s’est pas gêner pour s’afficher avec quelques sympathisants hitlériens en Autriche. Pour pratiquer le double-discours et continuer à prendre les adhérents du RN pour des crétins, elle va tout de même, devant ses militants, à Lyon, comparer les prières de rue de musulmans à une forme d’occupation. Un phénomène qui sert à revenir sur la Seconde Guerre Mondiale en reversant le soupçon au profit du RN : je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde Guerre Mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire [… ]. Certes, y’a pas de blindés, y’a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants. A-t-elle déjà tenu des propos similaires ? Oui. Sur d’autres chaînes à la télévision. Le 18 juin 2010, en pleine polémique sur le sujet, elle est même allé plus loin dans la comparaison : Très clairement comme en 1940, certains croient se comporter dans la France de 2010 comme une armée d’occupation dans un pays conquis. L’allusion est colossale. Le MRAP intente un procès. Mouloud Aoun annonce son intention de porter plainte pour incitation à la haine. Une réaction excessive qui sert à merveille la propagande victimaire du Rassemblement National. Marine Le Pen ne pouvait rêver mieux que d’être la cible pour apparaître comme la nouvelle icône de la laïcité. D’autant que ses propos relèvent de la liberté d’expression. Bilan : la côte de popularité monte en flèche notamment chez les sympathisants de gauche. Mais pas que… En effet, c’est surtout chez les électeurs de l’ex-UMP -nouvellement appelé LR- que l’approbation est flagrante : 54% des sympathisants, soit un français de droite sur deux ! Seulement, sur l’ensemble de la population française indépendamment du choix politique de chacun, seul 39% approuvent véritablement le commentaire de Marine Le Pen à propos des Prières de rue. Quant aux « sympathisants de gauche -comprendre ici le PS surtout- 82% approuvent… A partir de ce constat sans appel, je ne m’avancerais pas trop en disant que le RN est bien parti pour être la véritable alternative politique, la vraie opposition. L’OPA du RN sur la laïcité est bien lancée…  Et ça fait débat. Un débat sur YouTube dont la vidéo est un peu saccagé du point de vue du son, mais intéressant à regarder. Dans une vingtaine de rues en France, tous les vendredis, des fidèles annexent les trottoirs pour prier. Certains mettent des brassards et des barrières pour empêcher les passants de passer. Les commerces ferment, les voisins sont lassés. Un cas flagrant qui pourrait devenir un jour un cas d’école, si peu qu’un jour la démocratie revienne ; où l’on dira -en parlant au passé- que la France était devenu laxiste, acceptant tout sur tous y compris l’immoralité, pourvu que ça plaise à la « diversité ». Cette manière de pensée serait à l’opposé de la vision anglo-saxonne et maximaliste de la liberté religieuse, pensée selon laquelle des adaptations consisteraient à assouplir la règle commune pour « accommoder » des demandes particulières, souvent portées par des « minorités religieuses ». A Montréal par exemple, capital au mode de vie plus souvent anglo-saxonne que colonie française, des juifs ultra-orthodoxes pour ne pas dire sionistes, ont décidé de faire un feu en pleine rue pour la fête de la crémation des pains. Paradoxe amusant avec les « fours crématoires » des camps d’extermination de Pologne et d’Allemagne ; ainsi, lorsque les pompiers arrivent pour éteindre l’incendie, ces juifs radicaux estiment qu’on porte atteinte à leur liberté religieuse !  Ironie du sort : Il aurait été amusant dans les années 40, si ces mêmes pompiers cherchaient à éteindre les fours d’Europe de l’est pour sauver les -quelques restes- victimes de l’Holocauste et que des « juifs orthodoxes » auraient estimé qu’on porte atteinte à « leur liberté religieuse » !!

C’est aussi au nom de la liberté religieuse qu’ils ouvrent des synagogues sauvages, sans autorisation. Tous comme nos musulmans. Vont-ils, de l’autre côté de l’Atlantique, eux aussi faire les prières de rues, si ce n’est pas encore le cas ? Le même problème de non-respect de la loi commune se pose lorsque des fidèles décident de bloquer un trottoir pour prier… Que diraient les marocains si les catholiques décidaient de prier dans les rues de Marrakech, et de bloquer les quartier pour pratiquer le catholicisme un dimanche matin, parce qu’ils n’ont pas d’Eglise dans ce pays ? Mais bien sûr… de même qu’aucune association loi 1901 ne serait autorisée à bloquer tout un quartier pour défendre une cause républicaine.

Parmi les organisations libres et non inscrites dans une quelconque préfecture, un professeur de sport dont le cours aurait beaucoup de succès demanderait à ses membres de se cotiser pour louer une salle plus grande, ou même tout simplement une salle à leur disposition qu’ils n’ont pas encore. S’il lui venait l’idée étrange de déborder sur le trottoir, et de faire ses exercices en plein air tous les vendredis, la police interviendrait pour trouble à l’ordre public. Elle ne le fait pas lorsqu’il s’agit de l’Islam et non de cours de Karaté, ou de Gym-tonic musical.

Une concession en faveur des « français issu de la diversité ». Même si on peut y mettre toutes les explications du monde. Les maires et les préfets ne se voient pas prendre la responsabilité de faire évacuer des croyants manu militari, avec les images qu’on peut imaginer. D’autant qu’une grande partie des français voient dans ces prières « sauvages » le signe d’une défaillance de la République, Cette république qui n’aurait pas construit assez de mosquées. Ce n’est pourtant pas le rôle de la République de financer des cultes judéo-islamiques.

S’il fallait construire des mosquées sur fonds publics

L’article 2 de la loi de 1905 repose uniquement sur la pratique collective et la sphère publique de notre religion, ajouté par décret le judaïsme. Je rappelle de nouveau que l’Islam n’était pas prévu. Et que par ailleurs l’auteur du lien url donné, veut se servir voire détourner cet article pour montrer qu’un seul individu peut donc exercer sa religion au sein d’un établissement public, pourvu qu’il ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui. Ce raisonnement est caduc : en effet, à partir du moment où une seule personne tente d’exercer sa religion -un juif ou un chrétien au choix- dans un  établissement public, il porte de fait, atteinte à la liberté d’autrui. D’autant plus s’il s’agit d’une religion telle l’Islam non prévu dans cette loi. Ce serait là en plus un délit pénal. Cette loi qui repose sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat constitue le cœur de la laïcité à la française et nous différencie de pays où la classe politique flatte le clientélisme religieux tel le Maroc ou Israël. Mais la France tend aussi à annuler cette loi 1905, puisqu’elle tend aussi à flatter les familles musulmanes.

C’est bien la tentation de tous les élus locaux aux abords des grandes villes, tel l’Ile-de-France, le PACA, et Rhône -Alpes. Des élus soutenus par des travailleurs sociaux, des fonctionnaires, des bénévoles, des entreprises ; des politiques, des artistes ou des intellectuels médiatisés qui cherchent par tous les moyens à satisfaire les demandes d’associations musulmanes en pleine expansion, les centres sociaux et culturels sont les premières victimes de reconversion. Ces gens d’ailleurs ont une vision limitée : la concession remplace la sécularisation. Officiellement on comptait 2500 mosquées et salles de prière en 2011, contre 1600 en 2004, soit 900 concessions en 7 ans : faites le calcul, si on se base sur ce rythme ; ce recensement ramené à une année : cela revient à approximativement 129 tous les ans. A ce rythme et ce sont seulement des chiffres officielles car beaucoup d’organisations camouflés derrière un centre social et culturel sont des associations musulmanes, on en serait alors à 900 ne serait-ce qu’à la fin de l’année 2018… Officiellement ! Donc 3400 !! Eh, a-t-on autant d’Eglises chrétiennes en France ? Et là je ne vous ai parlé que des mosquées…

Ce sont les partisans de la modification de la loi de 1905 pour construire des mosquées ou des associations « orientées » qui s’arrangent avec les chiffres. Ou manipulent les images, soit dit les apparences. L’épicerie Sidi Brahim, la boulangerie, le centre social et culturel. Dans une vingtaine de cas, on peut ajouter c’est vrai, que les mosquées sont pleines et débordent sur le trottoir. Pourquoi ? Changement de civilisation. Mais d’autres mosquées sont vides ! Et les solutions existent. Les fidèles se cotisent pour louer une salle plus grande ou organiser plusieurs offices le vendredi, comme soutient la mosquée de Paris, avec le soutien des politiques pour résoudre le problème. Eh, on s’assied sur la loi de 1905 en France, on se moque bien de la laïcité. C’est d’ailleurs pour trouver une solution que la mairie de Paris a imaginé à tort ou à raison, un Institut de Cultures d’Islam dans le quartier de la Goutte d’Or. Il y avait déjà le CFM, la Licra. il en manque une troisième pour couronner le tout : on l’a trouvé ! Mais rien ne dit que les fidèles de la rue Myra vont prier dans ce local le vendredi, un local placé sous le sceau de la République !

Personne ne peut non plus garantir que les prêches qui y sont tenus -s’il y en a- sont très républicain. En attendant, les images de ces fidèles bravant la loi avec le sourire pour prier en pleine rue ou cracher sur le voisin blanc n’en finissent pas d’encourager -et c’est bien normal ?! – l’évidence problématique : un racisme à notre égard, et le RN s’en approprie. La situation s’envenime. Mais le RN récolte. Marine Le Pen n’a qu’à se draper dans une posture républicaine et laïques pour donner des leçons aux autres partis et apparaître comme la seule à vouloir reconquérir les territoires perdus de la République. Au fond, c’est le jeu démocratique.

Revenir à une démocratie perdue.

Le RN prétend en vérité que le projet de financement des mosquées sur fonds publics existe déjà. Des fonds approvisionnés par le Moyen-Orient, des transactions financières qui atterrissent dans les mains de nos puissants élus publics sur le dos des contribuables. Bravo ! C’est comme les matchs de football, sauf que là c’est la religion. Deux poids deux mesures ? Ce sont là des concessions accepté par le silence de nos élus. Vous l’avez compris, cher lecteur, Accepter d’être subventionné par un moyen indirect -le Moyen-Orient- le culte islamique quel qu’en soit le motif : surveillance… c’est adopter la restauration de l’Ancien Régime : sur un mode concordataire, la remise en question sinon la mort de la loi de 1905. Autant dire le début de mille effets pervers. Sans avoir résolu le problème et les problèmes qui en découlent. La vraie question en plus de la partie financière illégalement imposée au peuple, c’est de savoir ce qui se dit à l’intérieur des édifices et associations orientées Islam, quand aucune oreille du peuple blanc ne peut y tendre sa joue. Des prêches en arabe, qui peuvent être interprété de mille manière. N’est-ce pas le travail des renseignements généraux ? C’est ce qu’ils font.

Avec un certain talent, le service des RG est plus ou moins compétent si l’on en croit la dizaine d’attentats plus ou moins bien réussie sur le sol français ces dernières années.

A droite du RN, une suite de plusieurs organisations

Une organisation qui se nomme Bloc identitaire : un groupement qui défend l’idée du National-socialisme. Le socialisme oui : mais seulement pour les blancs. Une opposition permanente au métissage ethnique de masse et à la « culpabilisation permanente » des peuples européens. Le groupe qui incarne plusieurs mouvements s’oppose au cosmopolitisme, du mondialisme et du système. « Les musulmans sont considérés comme des alliés dans leur combat contre le sionisme ». (CF. Section 2-La logique ethno-différentialiste 3e paragraphe du lien URL). Des musulmans qui soutiendraient le NS ? La bonne blague ! On retrouve la même idéologie chez Unité Radicale, qui prend la suite de Jeune Résistance après avoir fusionné avec le GUD-Groupe Union Défense en 1998, sous l’impulsion de Christian Bouchet et Fabrice Robert. Lors des Assises d’Unité Radicale du 21 septembre 2001, un journaliste du Monde a relevé cette phrase : Un bon juif est un juif mort. Confusion avec une quelconque sympathie pour la cause arabe, qui n’en est pas une. Comme l’a très bien résumé un militant lors de ce congrès du 21 septembre 2001 : Nos alliés objectifs sont les palestiniens, qui nous aident à déloger les Israéliens. On fait un bout de chemin avec l’allié objectif, et après on lui met une balle dans la tête. Tous les militants d’Unité Radicale ne s’en tiennent pas à ces paroles bien sûr. Il est même tout à fait probable qu’un palestinien ait tenu le même propos sur la notion « d’allié objectif » à l’égard des indo-européens. Le 14 juillet 2002 à Nanterre, en marge du défilé, un jeune homme sort un fusil de chasse et s’apprête à tirer sur le président Jacques Chirac. Il est désarmé. La police ne met pas longtemps à retrouver sa fiche. Il s’agit de Maxime Bruner, un ancien du GUD, du PNFE (Parti Nationaliste Français et Européen), du MNR et militant d’Unité Radicale. Ce dernier mouvement est dissous. Il renaît sous un autre nom : les Jeunesses Identitaires. Même référence, même presse et même discours. Bien que d’aucuns se refusent à voir un lien entre Le Bloc Identitaire, les Jeunesses Identitaires et quelque Unité Radicale, on retrouve les mêmes membres dans ces différents groupuscules, tel que Fabrice Robert, Guillaume Luy et Philippe Var. Ensemble, ils créent en septembre 2002 les Jeunesses Identitaires et en 2003 le Bloc Identitaire. C’est le droit du sang qui sert de cheval de bataille pour servir un objectif final : le nationalisme. Ils se marginalisent d’autant plus qu’ils refusent l’idéal égalitaire de la République qu’ils jugent à la fois trop cosmopolite et Jacobin, ils refusent aussi bien les nationalistes mous, ceux qui acceptent de jouer le jeu électoral comme le RN ou anciennement le MNR. Ce sera donc un mouvement capable de fédérer tout ceux qui souhaitent défendre une identité fondée sur le sang : le Bloc Identitaire, qui porte aussi le nom de Mouvement Social Européen- MSE. Créé en avril 2003, il est présent dans 16 régions et revendique 80 délégations locales. Ses cadres sont Fabrice Robert et Guillaume Luy, deux anciens animateurs d’Unité Radicale, qui deviennent respectivement président et vice-président. Tous deux sont des déçus de l’ex-FN devenu le RN et, du MNR.

Luy a milité quatre ans chez les camelots de l’Action Française avant d’être nommé chef du Front National de la Jeunesse- FNJ ; pour succéder Samuel Maréchal, avant Marie-Christine Arnaud. Moins discipliné, il tombe en disgrâce après avoir dénoncé l’immobilisme lasse de la direction du FN. Il paraît que Jean-Marie Le Pen aurait nommé à sa place un certain Farid, au bureau politique…

Difficile à croire ! Guillaume Luy chercha un moyen de prendre sa revanche et atterrit chez les identitaires, où il retrouve Fabrice Robert, trente-sept ans, consultant en multimédia et conseiller municipal de l’ex-FN à la Courneuve. Lui-même jugea l’ex-FN trop mou et se défoule en jouant dans un groupe de rock aussi douteux et brutale que le Rap : Fraction Hexagone, qui chante contre le sionisme international et le métissage institutionnel. D’ailleurs après la musique vient le magasine People : Id Magazine, le magasine des Identitaires qui a consacré son numéro 1 à répondre à la question : Pourquoi nous sommes identitaires ?

Et puisque l’identité, c’est donc l’ethnie, les femmes sont donc priée de ne pas avorter pour assurer la descendance de la civilisation indo-européenne.

Dans la revue numéro 5, les Identitaires s’inquiètent de la dénatalité blanche, qu’ils attribuent aux gauchistes et aux féministes : En Allemagne, les fruits d’une dénazification forcenée s’ajoutent aux ravages libertaires.

Si l’antisémitisme voire le métissage institutionnalisé ont permis tout deux à ce bloc de serrer ses premiers fidèles, le refus de l’Islamisation permet à présent d’élargir le cercle de ses alliés. Quand on les interroge sur cette fixation de défense de l’indo-européen, les Identitaires citent volontiers une phrase tenue par Alain Sanders dans Présent : Etre français, c’est tout simplement manger du cochon. Voilà qui est clair. Etre français pour les Identitaires, c’est n’être ni musulman, ni juif, ni même végétarien… Le porc est un symbole qui permet de se cacher derrière le délit du mépris de la « différence » : un moyen de faire le tri entre les Français, et les français…

En 2004 ils réalisent un moyen de propagande efficace et humaniste : les identitaires décident de distribuer gratuitement une soupe au cochon à la gare de l’Est. Une opération solidaire qui a fait du bruit jusqu’au conseil de l’Etat et qui a perdurer jusqu’en 2007. Cela aurait-il fait autant de bruits problématiques si on avait servi exclusivement de la viande Kacher ou Hallal ?

Une autre actualité : en 2010, la chaîne des restaurants Quick fait une annonce retentissante. Désormais, chez Quick vous pourrez manger Hallal. Les Identitaires organisent alors l’invasion d’un restaurant de leur choix par 70 militants portant des masques de cochon. Une action là aussi, qui a fait du bruit, pour rien !

Les apéritifs nationalistes : le côté invisible de l’Iceberg

Le 18 juin 2010, jour anniversaire de l’appel à la résistance du Général de Gaulle, les identitaires annoncent leur participation à un apéro saucisson pinard à la Goutte d’Or. Pour protester contre une occupation particulière :  les prières qui ont lieu, depuis 17 ans, sur le trottoir de la rue Myra. Comme la soupe au cochon, le fait qu’il s’agisse d’un apéro saucisson pinard vise à indiquer que ces prières nuisent aux traditions françaises et pas seulement à la loi… L’idée serait partie d’une certaine Sylvie François, habitante de la Goutte d’Or. Après enquête, il s’agit d’une militante proche qui aurait créée un faux profil Facebook pour attirer les intéressés. Le texte de l’appel ne laisse d’ailleurs aucun doute sur l’orientation de l’apéro. Il ne parle pas de se rassembler pour faire respecter la laïcité, mais de protester contre les adversaires résolus de nos vins de terroir et de nos produits charcutiers. C’est ce qu’on appelle la caution laïque du rassemblement. Et l’on se met à critiquer Riposte Laïque. Il est moins question d’islamisme que d’islamisation, et il est interdit de croire qu’il peut exister des musulmans laïcs puisque l’islam ne saurait être laïc. Quel peut être le débouché politique d’une telle grille de lecture ? Riposte Laïc ne voit que Marine Le Pen comme défenseur.

Chose impensable il y a quelques années pour un site web se disant laïque, et dont plusieurs contributeurs viennent de la gauche ou du féminisme, les articles qui y figurent sont orientés sensiblement vers le RN.

Voici un exemple d’article parmi d’autres !  Mais un autre exemple de taille, montre bien qu’il n’en est rien si vous cliquez ici. Bien sûr, nous sommes tous laïcs, et l’OPA lancé par Marine Le Pen semble très efficace chez certain… Pierre Cassen, cadre chez Riposte Laïcs, a été interrogé par un journaliste de Marianne, il assume sa position : Je ne considère pas que le Bloc Identitaire soit raciste. C’est un mouvement de droite populiste. Mais pas raciste. Et notre appel à l’apéro géant, contrairement à ce qui nous a été reproché, ne comporte rien de raciste.

Le 18 juin 2010, un apéro saucisson-pinard, organisé, dans le quartier de la Goutte d’Or, à Paris, conjointement par le Bloc Identitaire, Riposte Laïque et Résistance républicaine, provoquait un emballement médiatique. Six mois plus tard, le 18 décembre, les mêmes persistent et signent, en organisant des Assises internationales sur l’islamisation de nos paysSauf qu’il n’y avait pas que deux mouvements ce jour-là. Il y avait même un suisse : Oskar Frey. Ce même homme qui déclare reconnaître ne pas savoir ce qu’est « une femme », la veille de la journée du 7 mars 2007 ; dans un poème. Par ailleurs, le député profite de son temps de parole au parlement fédéral suisse pour réciter un poème douteux sur la femme « prêtresse des passions » qui « règne sur l’empire des passions depuis la nuit des temps », avant d’enchaîner par une critique en règle du concept philosophique d’égalité. Son intervention mérite d’être citée : Depuis trop longtemps notre civilisation s’emploie à féminiser les hommes et à rendre les femmes masculines. Le résultat, c’est une génération d’androgynes, d’êtres schizophrènes,  totalement désorientés, qui n’osent plus être eux-mêmes car le moi est devenu un ou une autre dans l’aliénation la plus totale. L’homme affirmant sa virilité est qualifié de macho. Et la femme revendiquant sa féminité est considérée comme une souillon, une esclave du patriarcat ou alors comme une traînée. A une époque qui a érigé l’égalitarisme en dogme absolu, nul n’ose plus être lui-même, de peur de ne pas entrer dans le moule politiquement correct que la pensée unique lui a façonné. Conclusion : Je dis aux femmes, osez redevenir des femmes et aux hommes, osez redevenir des hommes, vrais, qui en ont, et qui s’assument. Vidéo. Marine Le Pen est une femme : que pense t-elle de ce poème ? C’est surtout l’Islamisation de la France qui l’inquiétait en 2007, et c’est bien normal : la veille des Assises de l’apéro-saucisson, elle avait rappelé encore les prières de rues en les comparant à l’occupation. Depuis son accession à la tête du Front national, en 2011, Marine Le Pen assure avoir fait le ménage parmi les éléments les plus radicaux de son parti. Louis Aliot justifia la différence de la présidente avec le Bloc Identitaire ; en effet, il coupa court à toute rumeur d’alliance : C’est quoi leur spécificité ? Etre régionalistes ? On sait que ça ne marche pas en France. Ils ne veulent pas de nous et nous ne voulons pas d’eux.

En position de force, Marine Le Pen n’a rien à gagner à une alliance qui pourrait compromettre son opération « dédiabolisation ». La technique envisagée est plus simple : aspirer les bons éléments au cas par cas.

Comme Laurent Ozon, un autre inconnu.

Le RN est-il vraiment pour la laïcité ?

En communication politique, il existe un théorème dit de « l’élastique » : un candidat qui voudrait se donner une image trop lointaine de ce qu’il est vraiment risquerait de tirer un peu trop fort sur l’élastique et de se le prendre dans les gencives… C’est ce risque que prend le RN en s’affichant comme un parti laïc… Si je prend exemple sur Gilbert Collard, il est évident que les communes sinon les quartiers sont monopolisés par un nouveau dogme religieux.  Aujourd’hui en 2018, le RN défend t-il toujours la laïcité ? mais encore, qu’entend Marine Le Pen par « laïcité » ? pour cela il vous suffit de vous rendre sur le site du parti et de télécharger les 144 engagements présidentiels pour les élections de 2017. Tous d’abord pour bien comprendre les intentions de Marine Le Pen, candidate aux élections présidentielles face à Emmanuel Macron, il faut recenser le nombre de formules dans lesquelles figurent le mot laïcité/laïc – soit quatre fois :

  • Promouvoir la laïcité et lutter contre le communautarisme. Inscrire dans la
    Constitution le principe : « La République ne reconnaît aucune communauté. » Rétablir la laïcité partout, l’étendre à l’ensemble de l’espace public et l’inscrire dans le Code du travail
  • Faire de l’école un « asile inviolable où les querelles des hommes n’entrent pas » (Jean Zay), donc en y imposant non seulement la laïcité, mais également la neutralité et la sécurité.
  • Soutenir les petits clubs afin de permettre la présence d’un maximum de joueurs français dans les clubs professionnels et lutter contre la financiarisation du sport professionnel.
  • Renforcer les actions contre la violence dans le sport amateur et
    imposer le respect strict de la laïcité et de la neutralité dans tous les clubs sportifs.

Un ancien du comité central de l’ex-FN était contrarié quand Marine Le Pen parlait déjà de la laïcité en 2011  : Un certain Jean-Pierre. Caroline Fourest fini elle aussi par être d’accord avec Marine Le Pen, peut-être sans en être consciente. Il n’empêche que remplacer le coran en univers carcéral par BHL ; proposition faite par Oumma.com, un site web douteux parmi d’autres je présume… C’est absurde ! Cela dit, il y a peut-être pire… La plupart des cadres élus du RN encore dans les parages partagent la nostalgie d’une monarchie constitutionnelle, telle la restauration de Louis XVIII de 1814-1824. Marine Le Pen, elle, se définit aujourd’hui comme catholique non pratiquante. Contrairement aux premiers soupçons qui ont circulé sur elle, elle n’est pas de la tendance païenne, comme certains mégrétistes. A l’entendre, elle n’aurait assisté qu’à un seul solstice, pour voir : le seul solstice où je suis allée, c’était chez mon beau-frère Philippe Olivier, l’année dernière. Il m’a dit : tiens, ils organisent un solstice dans la forêt à côté. Je lui ai dit : écoute, emmène-moi parce que je veux voir ça quand même. Donc, je suis allée voir. Avec un peu d’ironie dans la voix, Marine Le Pen décrit le rituel comme plutôt folklorique, surtout qu’elle croise une vieille connaissance pas particulièrement amicale, Jean-Yves Le Gallo, ancien lieutenant de Mégret : Je viens du sud apporter le grand feu, machin, et à un moment donné, je me penche et à mes pieds était… assis Le Gallo. C’était quand même assez drôle ! Il ne m’a pas saluée. Je suis repartie en rigolant.

Mais le paganisme ce n’est pas le christianisme ; d’ailleurs il serait tant qu’une réflexion soit prise pour bien rappeler la réalité de deux cultures différentes, la Gaulle c’est finie, place à la France ! Et pour Marine Le Pen, il n’a jamais été question de persécuter les païens, seulement cette religion est morte. Quant aux catholiques traditionnalistes, ce sont les nouveaux martyrs de ce XXIème siècle. Ils tendent à disparaître eux aussi. Marine Le Pen elle, pour évoluer et pour sa carrière politique, son image, elle se dit à la fois laïque, catholique non pratiquante voire non croyante, et en même temps païenne. L’ancien président de l’ex-FN lui, ne s’est pas gêné pour se rapprocher des intégristes catholiques les plus durs, les plus attachés aux anciennes valeurs. Au nom d’une foi plutôt identitaire, où le catholicisme représente l’identité de la France, sa tradition et ses valeurs ancestrales. Une vision politique qu’il se garde d’appliquer à sa vie personnelle mais qui l’amène à se rapprocher des catholiques peu tolérants plutôt que des catholiques républicains. Ces derniers auraient été plus compréhensifs au sujet de sa vie privée, de son parcours… mais n’apprécieraient guère sa provocation médiatisée, ses dérapages, voire son soutien à la restauration de la peine de mort. Comme l’archevêque de Reims qui préfère fermer sa cathédrale plutôt que de la voir investie par des militants de l’extrême droite souhaitant y commémorer les 1500 ans de Clovis.

Marine Le Pen se dit aussi choquée par ce genre d’attitude. Comme elle se dit choquée par le fait qu’un prêtre traditionnaliste puisse refuser la communion à un divorcé. Comme si les deux attitudes devaient se comparer.

Une nouvelle croisade plutôt moderne du XXIème siècle qui entre bientôt dans les années 20

On a déjà pour un certain Henry de Les. , Bernard Antony, président de l’AGRIF, un serviteur du système. En 1983, il fonde l’AGRIF : l’Alliance Générale contre le Racisme et pour le respect de l’Identité Française, une association qui n’a rien de plus à proposer que la préférence d’une catégorie de population au détriment des autres catégories. Il s’agit surtout de porter plainte pour pas grand chose, un peu comme SOS RACISME : tous dessins caricaturant une communauté ou des valeurs tant du point de vue religieux qu’ethnique. Toutefois, ce sont là deux associations qui ne se gêne pas en revanche pour dénigrer l’état civil de certaines personnes, l’AGRIF en particulier.Bernard Antony traditionnaliste des anciennes valeurs chrétiennes, dénonce l’Islam, l’Eglise Romaine et sa papauté trop tolérante. Déjà au départ l’une de ses premières campagnes d’opposition fut contre La dernière tentation du Christ de Scorsese. En 1988, depuis le parlement européen, où il siège pour le Front national de l’époque, Bernard Antony profère des menaces explicites contre les salles de cinéma qui envisageraient de projeter La dernière tentation du Christ. Cette fois prévient-il, les catholiques ne s’en tiendront pas qu’aux paroles. Lui et ses militants se considèrent comme des résistants authentiques. Ils n’excluent pas d’enfreindre la loi pour marquer leur opposition au film : Nous irons en prison s’il le faut. Ce terrorisme qui se dit chrétien va même frapper. Le 22 octobre 1988, trois militants traditionnalistes incendient un cinéma à Saint-Michel Notre-Dame, quartier de Paris. L’ex-FN n’a pas fait de commentaires sur cet évènement.

Et si aujourd’hui un journaliste posait la question à Marine Le Pen ou à son père, le souvenir serait à peine dans les mémoires. Et même l’affaire pis. christ a été oublié depuis tous ce temps. D’ailleurs Jean-Marie Le Pen serait incapable de mépriser, de s’opposer à un ancien ami tel Bernard Antony ; même si ce dernier n’est plus membre du RN. Il paraîtrait que Jean-Marie Le Pen était présent en Italie, place Saint-Pierre avec Bernard Antony pour rencontrer le pape le 10 avril 1985.

Ensemble, ils auraient évoqué la lutte contre l’avortement, puis Jean-Paul II se saurait pencher vers eux pour leur demander de s’opposer avec vigueur à la décadence de l’Europe. La fille le fera… En parlant par exemple des faiblesses de l’UE. Avec Jean-Marie Le Pen, Bernard Antony va non seulement militer contre le droit à l’avortement, mais aussi pour l’école privée catholique.

Ainsi cet homme qui se dit authentique, va même mépriser l’auteure Caroline Fourest : Les chrétiens aux lions selon elle, pour Mr Antony.

Marine Le Pen, toute jeune qu’elle était, accompagnait son père dans les manifestations où l’ex-FN défilait au côté des courants les plus intransigeants du catholicisme. En grandissant, puis en élargissant son champ de vision républicain, elle a fini par s’ouvrir à une diplomatie avec d’autres mouvements proches issus d’autres pays. Ce que ne faisait pas le père. Concernant Bernard Antony, il n’a pas supporté d’être rejeté par Jean-Marie Le Pen et sa fille, à propos d’un renouvellement des cadres du parti. Louis Aliot Avait pris comme prétexte que sa cotisation n’était pas à jour. En vérité il était déjà démissionnaire depuis le 4 juillet 2003. S’il a été exclu en janvier 2006, c’était peut-être en tant que simple adhérent réintégré par la suite et non comme membre du comité central ou cadre du parti. La raison de sa démission en 2003 reposerait plus pour des raisons d’intérêt privé tel l’occupation du poste et les avantages qui en découlent, que pour des divergences d’opinions.

Comme souvent au RN ? Il attendait de savoir s’il dirigerait la liste FN du Sud-Ouest aux élections européennes de 2004… Il apprendra que non, par La Dépêche du Midi.

L’homme comprend que Le Pen père, veut remettre les cathos à leur place.

Histoire de garder la main sur les équilibres. Mais Jean-Marie Le Pen commence à être contrarié. La montée en puissance de la benjamine, sa stratégie de dédiabolisation et son ton post-soixante-huitard, ne le réjouissent pas.

Il émet des critiques qu’elle n’apprécie pas.

Concernant le renouvellement des cadres élus du RN, on ne croise plus Bernard Antony dans les couloirs clairsemés du parti, mais on peut croiser d’autres militants du Centre Charlier. Comme Thibaut de la Toc. Plutôt proche d’un Bruno Go. , il avait été élu numéro trois au Comité central de l’ex-FN au Congrès de Tours. Si on passe ce Thibaut pour parler de Waller. de Saint-Just, Trésorier et homme de confiance de Marine Le Pen… C’est lui qui gère la trésorerie du RN. Or sur le plan des sensibilités religieuses il est sur la même ligne idéologique que Bernard Antony, au côté de qui il a milité au Centre Charlier. Et que penser de la croisade inversée du Conseil Français du Culte Musulmans -CFCM, qui porte plainte pour racisme ou islamophobie, propagande ou encouragement à la haine des musulmans, une fondation crée en 2003 dont on pourrait se demander si l’attentat terroriste n’en est pas, au bout du compte, la résultante de cette création ? Tout en se proclamant au même titre que l’AGRIF, SOS RACISME, la LICRA, etc. champion de la liberté d’expression et de la différence, du modernisme et du « vivre ensemble » ?

L’extrême droite n’est pas seulement à l’extrême droite de l’échiquier politique, elle est partout si l’on mesure une ligne idéologique sur la base des actes sinon de l’état d’esprit et des idées d’un mouvement ; les musulmans ne sont pas très différents de l’AGRIF en portant plainte contre Charlie Hebdo, pour incitation à la haine islamophobe, lorsque certaines images les contraries…

Dans ces évènements de part et d’autres où les associations portent plaintes pour diffamation culturelle ou rejet d’une communauté pour son apparence, le RN se tait. Mais il faut bien faire la distinction entre les valeurs d’un pays comme la France, et les autres cultures : le pape, ce n’est rien d’autre qu’un homme désigné par une minorité du Vatican sans consultation des chrétiens européens, sans suffrage universel ; Jésus ce n’est pas un prophète pour les chrétiens, mais le Fils du père céleste ; Mahomet en revanche est considéré par ses fidèles comme prophète.

Légiférer la différence des communautés ?

Formé de vingt experts,  un groupe de sages à la solde des pouvoirs publics du gouvernement Chirac multiplie les auditions et permet de lever les interrogations sur toutes sortes de situations entravant l’application du principe de laïcité dans la République : des femmes refusant d’être soignées en urgence par un homme, de passer leurs examens avec un enseignant masculin, de répondre en classe à voix haute car la voix des femmes est impure. Des élèves refusant de se rendre à la piscine parce que c’est impudique, d’autres ne mangeant plus à la cantine si ce n’est pas halal ou casher, ou refusant systématiquement d’aller à l’école le samedi. La montée de l’intolérance au nom de la religion est alarmante. Une commission de sages nommé « la commission Stasi » a rendu un rapport subtil, qui contient un ensemble de propositions visant à affirmer une laïcité ferme mais qui rassemble. Elle n’est pas hostile à certains assouplissements permettant l’édification de nouveaux lieux de cultes, l’aménagement des menus de la restauration collective, l’enseignement du fait religieux, ou le respect de certaines fêtes religieuses. Elle propose même de proclamer Kippour et l’Aïd el- K. jours fériés dans toutes les écoles de la République. Mais elle tient à rappeler certaines règles communes dans des lieux comme les écoles publiques, les hôpitaux, les services publics. Enfin, concernant l’école publique, lieu par excellence de l’apprentissage citoyen, elle suggère de légiférer pour que l’espace scolaire reste un lieu de liberté et d’émancipation, en interdisant les tenues et signes manifestant une appartenance religieuse ou politique. Ce qui va inspirer la loi du 15 mars 2004 sur les signes religieux ostensibles. Cela ne sera pas sans difficultés. Au plus fort du débat, les féministes et les laïcs ayant choisi de soutenir cette loi ont été traités de tous les noms : racistes, islamophobes, nouveaux colons… Mais en fin de compte, Que reste-t-il de notre laïcité ? Que reste t-il de la loi sur la laïcité ?

Peut-on dire que Bernard Stasi, médiateur choisi par Jacques Chirac président alors en fonction en 2004, a rajouté un coup de canif à une loi si belle mais vide de sens et détourné tant de fois ? Devenu français seulement à l’âge de 18 ans, l’homme s’est toujours battu pour une vision à la fois exigeante et généreuse de l’intégration à la française. STASI, quel nom ! Moins de vingt ans plus tard, le fils d’immigré en question a derrière lui une carrière au service de la République et doit faire face à la vindicte intégriste pour avoir proposé d’interdire le voile à l’école publique… Il va même jusqu’à donner une grande leçon de républicanisme aux frontistes. En 1990, l’homme politique qu’il est devenu, estimait à juste titre qu’il fallait culpabiliser les électeurs du FN, car voter Le Pen n’est ni innocent ni normal. puis devenu « médiateur » en 2004, il estime qu’il doit entendre tous les partis « reconnus ». Ravi de cette reconnaissance, l’ex-FN ne choisit pas de se faire représenter par Marine Le Pen mais par le représentant de l’aile droite la plus conservatrice du parti, Bruno G. L’audition se déroule dans un climat très républicain… Le but étant de viser le voile islamique, sans toucher aux croix…  Ce dont Bruno G. ne s’en cache pas : La France a le droit de conserver ses coutumes et ses traditions dans la sphère publique, et les nouveaux arrivants doivent s’y conformer. Cela constitue la civilisation française. Une grande partie de cet héritage est chrétien. Par ailleurs, un sondage mené par le journal Le Point sur un échantillon représentatif de la population française révèle que 57 % des Français sont favorables à l’interdiction du voile intégral dans les lieux publics. Marine Le Pen partage t-elle cette vision républicaine de l’école publique ? Largement. Voici un extrait de son commentaire repris par le journal Le monde le 9 décembre 2003 : Le FN n’entend pas s’associer aux « laïcistes extrémistes. Je ne veux pas qu’on interdise à mon enfant d’aller à l’école avec sa médaille de baptême. Faire une loi, c’est un aveu d’impuissance. Qu’on ait autour du cou une croix, une étoile ou une main de Fatma ne me dérange pas. Ce qui me dérange, c’est que sous la pression de groupes d’islamistes radicaux, on veuille faire changer la loi française. Avec un argument complémentaire qui pourrait contrarier quelques-unes : La France dans sa constitution dit très clairement que nous sommes un pays laïc. Par conséquent, ce principe constitutionnel devrait pouvoir être appliqué par le gouvernement sans légiférer. Mais le fond de sa pensée est plus clair : La laïcité serait antimusulmane pour une partie de la population, une loi raciste.

Un retour aux valeurs traditionnelles du catholicisme pour l’éducation scolaire ?

Marine Le Pen a peut-être une vision de l’école publique en référence à son enfance passée à Saint-Cloud. En effet, l’interdiction du voile est justifié par cette émancipation de l’être humain européen, et particulièrement française :  l’instruction, la citoyenneté et l’égalité. Ces valeurs sont bien respectés par les écoles privées qui sont accessibles à une catégorie de classe sociale, mais pas dans les écoles publiques ou du moins partiellement ; accessibles au plus grand nombre. Quant aux associations elles ne doivent pas remplacer les écoles publiques ou privées ; tout au plus elles peuvent fonctionner en dehors des établissements scolaires, en complément de l’instruction générale fixée par nos pouvoirs publics, l’Etat ; représenté pour ce domaine par le ministère de l’Education Nationale. Les associations doivent rester une option possible de l’élève s’il veut approfondir tel sujet de société ; mais en aucun cas les organisations associatives -y compris d’utilité publique- doivent imposer une obligation de présence et être considéré comme un parti prenant d’un programme scolaire. Le fait que les jeunes soit sensibilisés par l’égalité, l’antiracisme ou le racisme, l’égalité des sexes, ou veulent débattre sur ce qu’est ou doit être la planification familiale dans les collèges et lycées doit rester une option possible, non obligatoire et libre pour l’individu de s’y engager ou non.

Certains sympathisants du RN récent, s’accordent à dire que la neutralité de l’Etat, autrement dit la neutralité politique se définit comme l’indifférence des pouvoirs publics vis à vis d’une religion quelconque, même quand celle-ci s’applique en lieu public. Mais la neutralité politique n’existe pas : l’UMP l’a bien démontré pour n’avoir laisser aucun espace à l’ex-FN en matière de lutte contre le voile. Alerté par des maires de tous bords politiques -c’est dire à quel point il n’y a vraiment pas de neutralité- un groupe de députés décide de plancher sur l’interdiction du voile intégral dans la rue. Peine perdue. J’habite à Colombes (92), et dans notre commune des femmes arabo-musulmanes portent encore le voile intégral. On peut supposer que dans d’autres secteurs géographiques aussi ; cette proposition de loi a bien eu lieu mais reste sans effet quant à son application.

Votée en 2010, la loi prévoit que nul ne peut dans l’espace public porter une tenue destinée à dissimuler son visage, sous peine d’encourir une amende de 150 euros ou un stage de citoyenneté. C’est une sanction qui peut en faire sourire plus d’un : plutôt cucul la praline quand on sait que cette population se donnerait à cœur joie de suivre ce stage pour mieux s’en servir… et de payer 150€ quand on sait quels sont leurs droits aux revenus et, les occupants des services de recouvrement des communes sont occupés par des membres de la même communauté.

Ainsi le RN serait-il heureux d’une telle trouvaille de ses adversaires ?

Marine Le Pen l’a peut-être compris : Le vote par les députés d’une résolution sur l’interdiction de la burqa est un nouvel épisode, le plus grotesque peut-être, du feuilleton électoraliste autour du voile intégral.

Et l’on pourrait ajouter tranquillement avec une certaine lucidité  que la burqa n’est que l’arbre électoraliste qui cache la forêt du renoncement.

Marine Le Pen demande aux pouvoirs publics une application complète de l’interdiction dans l’espace public de cet épouvantable vêtement.

Comprendre aussi « cet épouvantable étranger envahisseurs

« Y-a-t-il des différences ? » : Mélenchon vs Le Pen

Le président du Parti de Gauche peut se montrer volontiers provocateur et populiste, il a aussi une préférence à servir une partie de la population. Quand il s’agit de sa proposition d’une nouvelle république, ou d’une nouvelle loi sur la laïcité, il faut bien comprendre ce que cela veut dire. C’est la différence, lance t-il.

Marine Le Pen assume sa posture pour sa part, une position essentiellement anti-islamisation de la laïcité : Je lie laïcité et islamisation de la France (… ) évidemment, il faut être sourd et aveugle pour ne pas s’apercevoir que c’est la montée de l’intégrisme musulman qui met en cause la laïcité. Jean-Luc Mélenchon n’a jamais nié que l’intégrisme musulman mettait en péril la laïcité. Mais à-contrario de Marine Le Pen, il n’a jamais exprimé son point de vue à propos du voile à l’école et du voile intégral dans la rue. Marine Le Pen, elle, nie la possibilité que cette radicalisation communautaire soit liée à un sentiment de rejet d’une société insuffisamment tolérante. Jean-Luc Mélenchon enchaîne sur l’exception concordataire : J’ai une annonce à faire, mon parti va proposer une extension du principe de laïcité par l’abrogation du concordat en Alsace Moselle. Là, Marine Le Pen ne se sent plus si laïque. Il aborde alors la question scolaire : Lorsque vous étiez conseillère régionale de la région parisienne, mes amis avaient déposé une série d’amendements qui visaient à donner les moyens à l’école publique, et ces moyens qu’il fallait donner à l’école publique il les prenaient sur la part de l’argent qu’ils donnaient en plus de la loi aux écoles privés. Et vous Madame Le Pen (… ) vous avez dit je ne le voterai pas.

Marine Le Pen a certainement estimé que l’école privée n’avait pas suffisamment de moyens : Ce sont des écoles sous contrat avec l’Etat [en quelque sorte], il est  [donc] normal qu’elles soient financées. Comprendre ici : les écoles publiques sont suffisamment financées. Pas les écoles privées. La messe est dite. Jean-Luc Mélenchon a fait sa démonstration de la laïcité à géométrie variable du RN.

Marine Le Pen retrouve sa vocation d’avocat, voire procureur suggérant la sentence du coupable ; elle pointe son doigt vers Mélenchon : Il est contre la peine de mort, sauf pour Louis XVI, hein ! Vous êtes contre la peine de mort sauf pour Louis XVI. Vous en appelez à Robespierre, etc. On ne peut pas célébrer le culte de la guillotine et venir donner des leçons sur la peine de mort. Ca m’amuse beaucoup moi. La réplique de Jean-Luc Mélenchon tombe comme un couperet : La seule personne autour de cette table qui est pour la guillotine, c’est vous. Parce que vous êtes pour la peine de mort, et moi je suis contre. Aujourd’hui, la peine de mort, c’est vous, pas moi.

La diversité doit rester minoritaire ; et surtout les valeurs éthiques françaises doivent rester dominantes

Le multiculturalisme inventé par la gauche plurielle du XXe siècle, appelé à s’accélérer avec un accroissement de la mondialisation, est modifié par des accommodements religieux que la caste politique, intellectuelle et médiatique pense « raisonnable » quand une partie du peuple les rejettent de plus en plus.

En somme, il s’agit de tolérer l’intolérance, en multipliant les concessions à l’intégrisme, au communautarisme, en acceptant le rejet des indo-européens pour mieux servir la diversité. Des philosophes et critiques ont rejeté et dénoncé cette dérive. Eric Zemmour, Michel Onfray, Natacha Polony., Alain Finkelkraut., entre-autres. A leur manière avec des opinions divergentes bien sûr. Et ce, au nom d’une vision plus saine de ce que devrait être la démocratie républicaine, et l’égalité des citoyens. Par crainte aussi d’assister progressivement sans défense, au remplacement civilisationnel. Marine Le Pen, elle, croit que rien n’est perdu, bien au contraire ! Et d’en revenir, encore et toujours, à l’immigration : Doit-on continuer à subir une immigration massive qui bouscule nos valeurs, nos traditions, nos rites, nos codes, nos relations sociales, notre culture, notre mode de vie ? La République n’est-elle pas en train d’abandonner ses valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité en se soumettant à une cascade de revendications de plus en plus provocatrices ? Où en est notre langue française, essentielle à notre identité ? Doit-on négocier pour pouvoir vivre comme un Français en France ? Evoquer ces grandes questions avec nos compatriotes c’est s’autoriser à faire un constat de la crise identitaire qui les frappe et commencer à faire émerger dans leurs esprits des solutions de bon sens pour pouvoir préserver ce que nous sommes. Elle dénonce un risque de dilution de l’identité nationale. Dans un débat il existe trois monopoles de la bien-pensante :

  1. La position universaliste, qui souhaite préserver le pluralisme culturel et la laïcité, par l’intégration et le mélange ; la discrimination positive et un idéal pour la diversité ; La fin de la culture civilisation remplacée par le mélange des cultures.
  2. La position exclusivement en faveur de la diversité, le multiculturalisme sauf celle qui se trouve rejeté : la nôtre… une position qui a pour idéalisme une dominance de la diversité culturelle, mais souvent le triomphe de l’Islam, ou du droit à la différence de ceux qui la représente et la revendique, sur l’égalité et la laïcité, au détriment des autres différences rejetées parce que jugées trop dominante.
  3. La position pour une préférence vers la culture civilisationnelle, celle que nous connaissons bien : en faveur des indo-européens, Caucase, aryenne : autochtones. En d’autres termes : le mono-culturaliste, qui perçoit le métissage tant culturel que civilisationnel comme un danger si trop dominante ; pour sauvegarder l’identité.

Il arrive souvent pour ne pas dire systématiquement que deux postures, la première et la deuxième, se liguent pour contrecarrer la dernière position.

Notamment lorsqu’il s’agit de s’opposer aux gouvernements précédents, et actuel ; cette tendance du raisonnement de nos élus à vouloir à tout pris américaniser la France : la mondialisation nécessite de toute évidence le métissage, et donc des communautés vivant sur un même territoire. Encouragement par la même occasion à la discrimination qu’ils disent « positive ».

Plus tard Marine Le Pen s’emparera du terme « Laïcité » repris par les sympathisants et les adhérents du RN. Quitte à le faire dériver vers un autre sens, et non sans accuser les élites d’avoir trahi ! (le peuple bien sûr).

Le RN : séparation des communautés, ou lutte contre le racisme antiblancs ?

Marine Le Pen propose t-elle de lutter contre le communautarisme ?

Les skinheads sont écartés des défilés et les militants suspectés de sympathies néo-nazies ou pris en flagrant délit de dérapages racistes sont rapidement mis de côté. Dans le même temps, la candidate continue à élargir sa base électorale par des appels du pied à des communautés jusque-là très éloignées de l’extrême droite, comme les homosexuels. Un peu novice en républicanisme, elle n’ignore pas que la relation Etat-citoyen est une garantie de la constitution : La République est une et indivisible. Mais c’est insuffisant. Elle est contre le soutien associatif tant du point de vue financier que politique, considérant que ce serait faire gagner le communisme et laisser place justement au communautarisme. C’est raisonner en considérant que le choix associatif en lieu et place de l’Etat encouragerait à plus de communautés : juifs, homosexuels, femmes, musulmans… Ce n’est pas entièrement faux, ça nécessite surtout une analyse au cas par cas. Certaines associations communautaires sont antirépublicaines d’autres non. Une association devient problématique, pour ne pas dire « communautariste », si elle n’est pas déclarée -et il y a plusieurs mouvements en France qui ne se déclarent pas- et ce type d’association problématique vise à fonder une appartenance submergeant la citoyenneté voire s’en substituer. On peut citer un exemple flagrant : Lorsque des « satellites » musulmans revendiquent la suprématie de la charia, sinon du coran, sur la loi républicaine, mieux encore, sur la constitution française dans son ensemble. Un autre exemple : au-delà du RN lorsqu’une certaine mouvance d’extrême droite regroupant plusieurs groupes relatifs à plusieurs lignes idéologiques s’allient pour défendre une préférence nationale, fondée sur une lecture ethnique et culturelle de la citoyenneté.

Quelque soit le type d’association -et on peut douter d’une intégrité vis à vis de nos valeurs républicaines- le communautarisme est fort ; de plus en plus d’associations revendiquent leur différence. Il ne s’agit pas dans ce cas d’assurer un meilleur équilibre de l’égalité entre les citoyens, mais  la tentation non exprimée d’imposer la domination d’une culture, d’une ligne de pensées, d’une population ethnique, majoritaire ou non, traditionnelle ou non, au détriment de tous éléments et même l’être vivant parce que ne remplissant pas quelques critères…  Comme lorsque des associations contre l’homophobie exigent le droit à tout individu de pouvoir se marier, quelque soit sa sexualité tout comme à l’inverse d’autres associations sans être particulièrement homophobes demandent à ce que les valeurs chrétiennes pour le mariage soient respectées. Ou lorsque SOS Racisme dénonce le racisme… Tout comme SOS Egalité dénonce aussi le racisme…  Deux poids, deux mesures ?

Voici un extrait du discours de Marine Le Pen lors de son discours de clôture du 12 février 2011 auprès du Conseil National de l’ex-FN :

Les personnes âgées n’ont pas le droit aux mêmes égards. Pendant que les nantis du système s’amusent, on modifie le mode de financement des services d’aide à domicile, conduisant à une baisse des heures d’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et à l’augmentation du coût du service restant à la charge des personnes dépendantes.

Et quand le Conseil général socialiste de Loire-Atlantique, décide de faire payer aux parents les gilets jaunes que portent les enfants qui empruntent les cars scolaires, la mairie de Paris qui est aussi le Conseil général, accorde une subvention de 40.000 euros par an à SOS Racisme ! C’est cela mes chers amis, la justice sociale selon la caste au pouvoir, et selon la gauche qui donne en permanence des leçons de moral ! S’attaquer aux plus faibles et aux plus fragiles de nos compatriotes, à ceux dont on est sûr qu’ils accepteront leur sort sans broncher parce qu’ils n’appartiennent pas à ces minorités visibles, communautarisées et organisées, à qui tout est dû et auxquelles on donne tout.

Ces deux paragraphes cités, extrait du discours de Marine Le Pen méritent une analyse : la problématique mise en avant par celle qui est devenue la présidente du RN aujourd’hui repose sur le raisonnement suivant : les dépenses sociales publiques auraient dû être affectés plutôt aux personnes âgées aux faibles revenus, et aux familles ; plutôt qu’une affectation budgétaire basée sur des convictions d’ordres raciales. Que le budget public doit être destiné aux plus faibles, ceux qui ne sont pas représentés et n’ont pas leur place dans une association comme SOS Racisme, qui plus est accueille une diversité de militants de « toutes origines et de toutes confessions » sauf une… toujours les mêmes. Une dépense pour encourager au communautarisme sinon à la marginalisation d’une catégorie de population pour mieux favoriser plusieurs autres catégories : est-ce vraiment cela, la démocratie ? Il paraît que SOS Racisme a renoncé au droit à la différence, qu’elle soutient tous les grands principes républicains, comme la laïcité, la loi de mars 2004 sur les signes religieux à l’école, qu’elle se bat pour l’égalité ? Je me suis porté volontaire comme bénévole en posant ma candidature, pas de réponse. Alors, sont-ils vraiment pour l’égalité ? J’y crois à peine. Marine Le Pen ne fait pas dans la dentelle :

Il ne faut pas verser de subventions [à ces associations]… Elle affirme avoir reçu le témoignage d’un chef d’entreprise qui, malgré que la plainte contre lui pour discrimination ait été classées sans suite par le parquet, a été entendu sept heures par la Halde, sans boire ni manger. Elle conclut : C’est pas la peine de donner des grandes leçons  sur la Chine, sur la Corée du Nord ou sur feu l’Union soviétique pour voir ce genre de choses se dérouler dans notre pays : c’est un véritable scandale.

Sens de la mesure. La République, tout comme la laïcité, ce sont des armes ou des boucliers de protection contre le pire : ce racisme qui cache la forêt en se camouflant avec l’étiquette « antiracisme », ces mouvances qui se disent plus humanistes que l’être humain, et se font passer pour des victimes afin de désigner, inventer des boucs émissaires en montrant du doigt l’autre : la vraie victime de ce système en voie de perdition : le simple français.

Les juifs et les arabes

Voilà deux clientèles que le Rassemblement National a toujours hésité à séduire ou à diaboliser. C’est peut-être selon les circonstances. Ils sont la majorité de notre pays.

Derrière le RN se trouve une mouvance de groupes d’extrême droite tiraillée entre deux boucs émissaires : les juifs ou les arabes ; peut-être les deux ? Dans une version plus élaborée, il y a ceux qui veulent en priorité militer contre le sionisme, le lobby ou le Système. Et ceux qui s’engagent pour militer en priorité contre l’islamisation. Ce qui n’interdit pas de combattre les deux à la fois. Associé à ces deux lignes d’idées, le RN tente de s’en défaire pour devenir un parti « républicain ». Tout en courtisant à la fois le vote juif et le vote arabe. voire leur adhésion. Pas simple. Quelques sympathisants de la cause israélienne ont aussi fini par croire que l’ex-FN partageait leur méfiance envers la cause arabe et palestinienne. C’est pourtant bien plus compliqué. C’est fini le discours FN de Jean-Marie Le Pen anti-arabes. Sa défiance envers l’immigration maghrébine porte la marque de la guerre d’Algérie où il y avait les bons et les mauvais arabes : les fellagas et les harkis. Marine Le Pen s’inscrit dans le soutien aux harkis en rappelant l’histoire, le moment ou cette partie de la population avait choisie de défendre les intérêts françaises.

Jean-Marie Le Pen a longtemps prétendu avoir perdu son œil en se défendant lors d’une bagarre contre des communistes, alors que ce n’était qu’un cocard et qu’il a perdu l’autre œil à cause d’une maladie dégénérative… La fille d’un de ses anciens camarades de régiment, Soraya Dj, sera conseillère régionale sous les couleurs de l’ex-FN. Mais l’ancien président du front avait bien d’autres gages à mettre en avant. Il se dit débordant pour la vie, une intégrité naturelle et un amour irrépressible pour la France.Marine Le Pen s’oppose au communautarisme car elle y voit la fin de notre pays. Ce qui ne l’empêche pas d’accepter toutes les invitations médiatiques. Comme à Beur FM le 6 janvier 2006. Ce jour-là elle est reçue par le journaliste arabe Ahmed El Kei. , qui donne la parole aux auditeurs. A tous les auditeurs ? Certainement les personnes issues de la diversité seulement. Les autres étaient-ils considérés comme de faux auditeurs ?

A deux reprises, l’animateur va démasquer de faux auditeurs. J’aime bien votre accent mais il faudra le travailler,  lance-t-il à un certain Mustapha, qui appelle pour dire qu’il votera pour Madame Li Pen. Ou un certain Mourad qui dit en avoir assez d’être agressé par des cousins dans le métro. Des faux qui n’empêchent pas de vrais électeurs d’origine maghrébine de voter RN, pour secouer le système… comme l’animateur Ahmed El Kei. ? Une autre anecdote : L’annonce de la venue de Marine Le Pen à Radio J va créer un véritable psychodrame. Prévue pour le 13 mars 2011, l’invitation a été lancée par Frédéric Ha. , chef du service politique de la station.

Elle va même jusqu’à citer certaines sources médiatiques qui pourtant ne la soutienne aucunement.Le directeur de la radio J, Serge Haj. , soutient la démarche de recevoir Marine Le Pen en rappelant qu’elle avait déjà été interviewée dans un journal de gauche israélien, HaaretzPour cette raison une partie de la communauté juive la considère plus dangereuse que son père. Pour l’UEJF cette invitation est dangereuse et malvenue. Elle pourrait faire croire à une forme de complaisance de la communauté juive et ses institutions, à l’égard de Marine le Pen qui risque de lui donner plus d’écho encore. Communauté juive qui s’intègre à la stratégie de banalisation entreprise par la nouvelle présidente. Je pourrais encore lancer une réflexion sur l’agence de communication Ri. , qui sert de prestataire de service auprès du RN, dont Châtillon et sa femme furent fondateurs et associés. Cette agence de communication a été fondée en 1995 avec Jil. Mahé O’ China et Thomas Lagan. Troisième et 4e associés ; une SARL qui a bien marché et a succédé à une maison d’édition douteuse : Editions des Monts. préfacé par un ancien W. SS. Si le GUD en apparence n’existe plus, il n’est jamais très loin et peut ressurgir à tout instant. En 1987, la librairie révisionniste Ogmios reçoit un chèque de 120 000 francs de Wahid Gord. , diplomate iranien chargé de créer des réseaux islamistes en France…

Quant à Châtillon il est surtout proche de la Syrie qui l’encourage à éditer des ouvrages en français, puis en arabe pour les « français » qui ne parlent pas notre langue, tels que L’Holocauste au scanner de Jürgen Graf, Les Mythes fondateurs de la politique israélienne de Roger Garaudy, Critique de la raison juive occidentale de David Wa. Cette proximité n’a rien d’étonnant selon Caroline Fourest, il existerait selon elle un parti national-socialiste syrien qui n’a jamais caché avoir pris modèle sur le parti nazi. Châtillon n’est pas le seul proche de Marine Le Pen à nager en eaux troubles. Un certain Philippe Pen. vient de la même mouvance, le GUD : c’est l’un des tout proches conseillers de Frédéric Châtillon qui a préparé le discours de Marine Le Pen à Valmy et a mené une guerre idéologique interne contre Ferdinand Le Rachinel. C’est ce même Philippe qui a instruit le dossier de Jérôme Cahuzac à propos d’ouverture de comptes bancaires ! Il fait partie des membres fondateurs d’Egalité et Réconciliation, l’organisation pro-islamiste d’Alain Soral.

Ce qui ne colle pas vraiment avec la personnalité de Marine Le Pen. Marine Le Pen compte dans ses rangs une autre figure d’Egalité et Réconciliation, moins important auprès d’elle, mais plus visiblement proche de l’Iran : Christian Bouchet. Il vient de la branche des nationaux-révolutionnaires qui a plutôt choisi les Arabes contre les juifs. Tous ce beau petit monde qui joue à touche-pipi avec les arabes/les juifs.

« Marine roule pour le sionisme »

Marine Le Pen serait- elle devenue une marionnette du système ? Alain Soral croit tenir la réponse. Il faut lire en détail sa lettre de démission, envoyée au moment des européennes, pour mesurer la précarisation de l’extrême droite française. Bien qu’il s’en défende, sa réaction est avant tout guidée par l’orgueil, mais il invoque aussi des raisons de sérieux politique. On apprend à cette occasion que Marine Le Pen a tout fait pour s’opposer à la présence de Soral sur la liste : C’est Marine, soit disant sur ma ligne qui s’est le plus violemment opposée à mon investiture, puis à ma deuxième place, allant jusqu’à déclarer, en pleine ratonnade à Gaza, qu’elle me préférait Sulzer… Autant dire -pour Alain Soral- qu’il ne [lui] en faut pas plus pour la décrire comme vendue au Système : Marine a compris que cette ligne économique et sociale était la bonne sur le plan marketing, mais comme elle souhaite réintégrer demain l’arc républicain en s’appuyant exclusivement sur les médias, elle ne s’oppose jamais qu’en surface aux intérêts et à la logique de l’Empire. Sans fermer la porte à une nouvelle collaboration avec le RN, et non sans redire toute l’estime qu’il porte à Jean-Marie Le Pen, Alain Soral milite donc désormais à Egalité Réconciliation. Au fond, la trajectoire d’Alain Soral est assez prévisible : aller toujours plus loin dans la radicalité contre le Système, incarné par « le sionisme », et tisser des liens avec ceux qui partagent la même obsession… Ce que lui reproche son ancien bras droit à Egalité et Réconciliation, Marc George. En effet, ce dernier accorde le 14 mai 2010 un grand entretien à Rivarol, dans lequel il prône la ligne pure et dure,et règle ses comptes avec Alain Soral et Marine Le Pen.

L’extrême droite est un univers aussi cruel qu’une partie de l’extrême gauche, où la paranoïa voire la schizophrénie est toujours au rendez-vous. A Egalité et Réconciliation, c’est différent, étant donné un effectif extrêmement faible et un discours inaudible. Vous avez bien compris, s’agissant de l’extrême droite, Marine Le Pen est accusée d’être vendue au Système par Alain Soral, que Marc Georges accuse lui aussi d’être vendu au Système… On ne peut s’empêcher de sourire en lisant ces lignes, à moins cher lecteur, que vous en soyez vous aussi. Alain Soral, qui a une haute idée de lui-même, passe régulièrement par des phases grandiloquentes où il annonce son retrait de l’engagement politique, à cause des pressions et des menaces qu’il croit ressentir, puis se remet à écrire des insultes sur internet, quand il ne fait pas des discours à domicile diffusés sur YouTube. De fait, Alain Soral s’est montré étrangement discret pendant la dernière ligne droite de la guerre de succession opposant Bruno Go. à Marine Le Pen. Ce qui n’est pas dans ses habitudes. C’est à cette même époque qu’il a annoncé se retirer dans son jardin… plutôt dans son canapé HLM au salon TV et il y est toujours. Marine Le Pen reste polie, elle ne veut pas l’accabler ; elle est maligne… Il est probable qu’un jour elle est besoin de lui si elle arrive à concrétiser son projet présidentielle. Quant à Soral il a été banni du site web Facebook pour propos antisémites et démagogie amorale. Ce système décidément est très fort. Jusqu’à réussir à présenter au second tour des élections présidentielles une candidate anti- Système qui en fait partie, avec comme meilleure ennemi le soutien d’un des plus anti- Système des anti- Systèmes. Marc Georges, lui, semble en apparence moins naïf. Dans Rivarol, il dénonce les penchants sionistes de la candidate Marine Le Pen :  Elle croit à l’histoire officielle de la Seconde Guerre mondiale, elle pense que le peuple juif est un peuple victime et elle sait qui a le pouvoir. Si elle gagne, elle ira en Israël comme elle a déjà tenté de le faire, elle ira [… ] rallumer la flamme, au Vel-d’Hiv demander pardon non pour elle-même mais pour son père et pour la France, ce qui est particulièrement abject.

Lorsqu’il s’agit de la Seconde Guerre mondiale, Marine Le Pen trouve parfaitement normal que la France soit présentée comme étant complice d’un génocide, comme étant une nation raciste, collaborationniste, délatrice.

Ce qui est une ignominie, une infamie. C’est totalement insupportable. Marine Le Pen ne fait pas que se soumettre à cette idéologie antifrançaise, Pire, elle y croit. Elle est donc totalement incurable.

Un autre homme, soutien de Bruno G. , il s’appelle Farid S. , il démissionne du FN en dénonçant le racisme de Marine Le Pen. Il a été évincé du bureau politique. Je paie le fait d’être pro- palestinien et musulman. On me traite comme le bougnoule de service ! Louis Aliot tente de le calmer : Tu peux pas dire ça… La scène fait tout de même son effet. Il reproche à la nouvelle chef de file d’être à la solde des sionistes. Farid, lui, abat un boulot considérable pour se rendre indispensable au sein du parti considéré comme le plus anti- arabes de France au XXe siècle et au début de ce siècle. Né à Lyon, c’est un enfant d’immigrés, même pas de harkis. Entraîneur sportif, admirateur de la monarchie française, il se plaint des églises vides et de Vatican II. Ravi de cette trouvaille, Bernard Anthony l’a entraîné dans tous ses cénacles, où il surprend les traditionnalistes par son amour pour la liturgie latine et sa détestation du sionisme. Il n’est pas catholique mais musulman. Il est passé par l’association France plus, par le RPR, mais c’est au FN qu’il aura trouvé sa famille politique et surtout un job : conseiller régional d’Ile-de-France de 1998 jusqu’en 2004. Faut-il croire que l’ex-FN faisait aussi de la discrimination positive tout comme l’extrême gauche ? Parce qu’il est arabe ? Et aussi parce qu’il ose un antisémitisme que certains frontistes ne peuvent plus se permettre. Alors qu’il anime une réunion en banlieue en 2001, de jeunes beurs viennent le bousculer. Il passe plusieurs minutes à tenter de les convaincre que l’ennemi, ce n’est pas le FN, mais le sionisme. Il est fan de Saddam Hussein et proche de la Syrie. En 2010, au Festival du Film Uni. , il prend la parole pour dénoncer la double nationalitéJe ne supporte pas qu’il y ait en France 3000 réservistes israéliens. Franco-israéliens. Le Cheval de Troie est dans nos murs. Je répète le Cheval de Troie est dans nos murs. Mais le jour où il y a un conflit, tous ces algériens qui ont une carte consulaire. Qui sont inscrits au consulat. Ils auront une mission. De faire sauter votre maison. De faire sauter la tour Eiffel. Ils auront une mission bien particulière. Je ne vise pas que les maghrébins. Les israéliens sont concernés. En nombre.

Cette rhétorique n’a jamais dérangé au RN. Bien au contraire, c’est même la tasse de thé de la présidente qui dénonce la double-nationalité. Mais que fera t-elle des israéliens si un jour elle vient à être élue à la plus haute fonction de la Ve République ? En tout cas, les partisans de Bruno G. ne sont pas vraiment dans les petits papiers de la nouvelle direction. A Tours, comme la plupart d’entre eux, Farid n’obtient pas le poste qu’il convoitait, et l’interprète immédiatement comme une discrimination… politique : Marine roule pour le lobby. C’est comme toutes ces droites nationales financées par l’Etat d’Israël pour faire de l’anti-islamisme !  Raccompagné fermement vers la sortie par le service d’ordre, il lance un dernier commentaire : Je me barre comme un bougnoule avec mes valises. D’après le blog de Farid S. , le FN fut obligé de faire un communiqué du 31 janvier 2011 : Farid S. ment. pour éviter tout malaise interne. Il dénonce les propos outrageants et mensongers de Farid S. à l’encontre de Marine Le Pen, qui camouflent mal des obsessions récurrentes, et rappelle que celui-ci a démissionné publiquement de ses responsabilités en prenant à témoin des dizaines de journalistes en tenant des propos inqualifiables. La direction a pris acte de sa décision sans pour autant l’exclure. Sur le procès de Farid à propos d’islamophobie de l’ex-FN : De S. à Fabius, le FN rejette le procès d’intention et l’amalgame consistant à faire croire qu’il serait contre les « musulmans » alors que notre combat s’inscrit dans le cadre du refus de l’islamisme, de la défense de la laïcité et de l’impérieuse nécessité du respect de nos lois et de nos traditions françaises. C’est encore le « conte de fées » que je veux ici vous présenter cher lecteur de mon blog, dans les jardins du parc de Montre-tout, tout ce petit monde se retrouvait par clans et s’adressait la parole avec réserve, Seul le leader du Front qu’était Jean-Marie Le Pen faisait le lien en butinant d’un groupe à l’autre. Avec Marine Le Pen, les rencontres se font plutôt dans un espace public.

Le fantasme de Batskin

Le 30 juin 2008, alors que la « Lesbienne and gay Pride » vient de se terminer, un site web a décidé d’organiser une « French Pride » dans un bar du XVe arrondissement tenu par Batskin, l’ancien chef des skins de Paris qui fête l’ouverture de l’établissement. Parmi eux, une femme blonde attire tous les regards : Marine Le Pen, qui est venue saluer l’un de ses sites internet préférés. Officiellement,  Batskin n’a rien à voir avec le RN, mais Marine Le Pen ne cache pas être une fervente lectrice du site dont il prétend être à l’origine de sa création ; quelques milliers d’internautes aujourd’hui consulte ce site. Marine Le Pen le fait- elle encore ? En vérité, ce site est en apparence au moins, modéré dans ses propos et les articles déposés qui relèvent de sujets d’actualités sont sans commune mesure plutôt acceptables. Les concepteurs du site se gardent de prendre position. Tout comme les autres sites médiatiques où leurs auteurs s’efforcent d’être neutres. En apparence seulement là aussi. Pourquoi ? Ce sont les commentaires des internautes, parfois d’une violence rare qui s’en chargent. Surtout lorsqu’il s’agit de sites tels que « Français de souches ». Parfois le site publie le « témoignage » de victimes d’agression, qui disent [aussi] en avoir marre et se rallient à la pensée identitaire et nationaliste.  Le site tirant ses sources via le blog d’un habitant de l’Inde, son créateur peut difficilement être poursuivi. De plus il ne comporte aucune des mentions légales.

Qu’à cela ne tienne, les internautes ont toujours Twitter et Facebook pour s’exprimer. En diffusant un post du site dans un groupe ou sur leur page, pour y mettre les commentaires qu’ils veulent bien diffuser. Sinon il y a aussi le club fermé des skins de Paris : un club de fans de l’antisionisme nauséabond ; le fanzine. Un club qui entraîne également ses membres à entretenir leurs opinions radicales les plus absurdes ; un questionnaire à choix multiple pour un droit d’entrée d’un nouveau membre ; des quizz éducatifs pour les membres inscrits afin de les tester et bien s’assurer qu’ils ne sont pas devenus aussi ou plus intelligent que le maître. Par exemple :

  1. « Four » : cela vous fait penser à quoi spontanément ?

A) votre boulanger

B) un juif

2. Le lieu de vos rêves : A) Sarcelles ; B) Auschwitz

Il s’appelle en vérité Serge Ayoub. Batskin c’est son diminutif, un mot familier pour les intimes. Après une longue tournée avec des bikes en Lituanie et en Russie, il avait décidé d’ouvrir un bar à Paris. Dans le XIe puis dans le XVe, avec l’aide de Frédéric Chatillon et d’Alain Soral. L’idée était d’accueillir tous ses amis et toutes les tendances de l’extrême droite. J’ignore en cette année 2019 où en est ce perdant tombé aussi bas. Marine Le Pen a encore décidément du nettoyage à faire dans son « grenier » pour se rendre acceptable aux yeux du grand public, et rendre le RN un parti comme les autres.

Passage de flambeau : la succession

Introduction

15 janvier 2011. Le Pen monte à la tribune pour l’un de ses derniers discours en tant que président du Front national : Le congrès de Tours fut célèbre parce qu’il fut celui de la scission du Parti socialiste en Parti socialiste et Parti communiste. Le congrès de Tours en 2011 sera pour le Front national celui de l’unité des nationaux ! L’évènement est retransmis en direct sur LCI. C’est ainsi voir le « diable » tirer sa révérence. Après avoir hanté la vie politique pendant quatre décennies. Pour ce qui concerne la succession, personne ne doute que Marine Le Pen va l’emporter face à son rival. D’autant que la presse apprend le résultat avant la salle : c’est Marine Le Pen, évidemment. Sur 22 403 inscrits à jour de leur cotisation, elle obtient 67.65% des suffrages. Les deux rivaux ne ratent d’ailleurs pas une occasion de se faire la bise à la tribune, devant une salle comble, coup classique dans le monde de la politique. Comme pour afficher leur solidarité retrouvée. Le spectacle est fini.

Congrès de Tours : de l’ancien au nouveau discours

A l’heure de la semi-retraite, Jean-Marie Le Pen apparaît vieilli et défait. On doit parfois le guider pendant la cérémonie, mais dès qu’il retrouve ses marques, il donne du coffre : Chers amis, chers camarades, c’est la dernière fois que je m’adresse en qualité de président, à vous ! Son discours, écrit et travaillé, n’a rien d’un one-man-show improvisé. Le vieux n’est plus capable de spontanéité, C’est fini pour lui. A chaque ligne, il insiste sur les traquenards, les mensonges, les manœuvres et les injustices dont lui et le Front national s’estiment victime : La seule force de résistance à cet effondrement a été incarnée depuis plus de trente ans par le Front national. Et c’est pour cette raison que rien ne nous a été épargné, nous avons été les cibles de toutes les provocations, de toutes les manipulations ! A l’entendre, l’une des causes de la décadence -du catholicisme- actuelle est liée au Vatican IILe culte de la réforme et édulcoré, l’Eglise soumise au dogme de la tolérance masochiste et concurrencée par la religion de l’hédonisme a vue ses lieux de culte se vider, sa substance s’affadir et a laissé les Français dans un état de vide spirituel jamais atteint depuis des siècles.

Pas vraiment approprié pour passer le relais à sa fille, qui a choisie de jouer la carte de la laïcité. Mais idéal pour redouter que ce vide spirituel ne soit rempli par une autre religion, importée principalement par les immigrés venus d’Afrique du Nord et d’Afrique noire. Il insiste pour dénoncer la conception archaïque de la femme attribuée à l’Islam… sans doute pour chercher à se différencier de sa propre conception individuelle… Toujours au chapitre des causes de la décadence, le fameux je vous l’avais bien dit, il entame un long couplet nostalgique en faveur de l’empire colonial. Sans clairement expliquer pourquoi nos ancêtres autochtones indo-européens avaient décidé cette colonie du continent africain. Normal ! Il n’est que breton et français ensuite. Le programme du FN des années 70 contenait en projet « social » d’affecter nos chers têtes issus de la diversité nées dans notre pays à des métiers manuels ou ingrats ; et d’offrir aux familles plus proches des miens la possibilité de choisir leur emploi. Marine Le Pen a abandonné ce projet ; elle propose de faire dans le « social » en promettant par exemple la retraite à 60 ans, et un meilleur salaire pour ceux qui ont « déjà » un emploi. Loin des petites phrases et des sous-entendus des discours de son père, la nouvelle présidente de l’ex-FN prône un Etat fort, républicain, démocratique et laïc. A l’heure où la crise et la mondialisation font rage, quand tout s’effondre, il y a encore l’Etat, se justifie Marine Le Pen. Elle convoque Jaurès, autant à la mode que De Gaulle ou Voltaire, et poursuit : Quand il faut réguler, protéger, innover, c’est vers l’Etat que l’on se tourne naturellement, parce que c’est l’Etat qui a la taille suffisante pour agir, la légitimité démocratique indispensable, et qu’il est inscrit dans notre ADN national.

Enfin, les boucs émissaires défilent : la gauche du FMI et des beaux quartiers et bien sûr l’Europe de Bruxelles, qu’elle accuse d’être à l’origine de la suppression d’administrations d’Etat. Un vrai plaidoyer pour les services publics et le rêve d’une société moins capitaliste : Non, nous ne voulons pas d’une société où l’avoir est plus important que l’être, où l’argent érigé en absolu est devenu une fin en soi.

Les passages chaudement applaudis sont ceux où il est question de résister face à l’Islamisation,  plus souvent cité que l’insécurité ou l’immigration. Surtout lorsque Marine Le Pen rappelle que l’Etat doit interdire l’aménagement d’horaires particuliers dans les piscines pour les femmes musulmanes ou l’introduction de régimes alimentaires dans les cantines scolaires, affirmant que personne ne devait être conduit contre son gré ou à son insu à manger halal. Une phrase très applaudie. Tout comme celles qui suivent : « Nous voulons pouvoir décider chez nous ce qui est bon pour nous, » ; « L’Europe n’est pas un califat, la France n’est pas un califat, elle ne l’a jamais été, elle ne le sera jamais ». Tous les moyens sont bons pour marcher vers la victoire. Surtout le grand écart. Pas de doute permis, le flambeau est bien passé.

« Il veut tout de même rester président »

La veille au soir, à la fête du Front, un journaliste de France 24 dit avoir été bousculé par le service d’ordre. Des vigiles l’auraient attrapé, tiré par la capuche de son manteau, molesté, lui auraient donné des coups dans le ventre, des coups dans le dos, tenu le bras derrière le dos, et cassé la montre… tout en le bombardant d’insultes à caractère raciste et en le traitant de « journaliste de merde ». Le FN démentira formellement : «  Monsieur Michaël S. a simplement été prié de sortir des locaux du Palais des Congrès de Tours dans lequel il ne devait pas être présent. Le Front national affirme par ailleurs que personne de son service d’ordre n’a cassé la montre de Monsieur S. et n’a proféré à son encontre des insultes à caractère raciste. Jamais enfin il ne lui a été dit qu’il était un journaliste de merde et que le service d’ordre du Front national était prêt à lui casser les dents. »

L’incident aurait pu être clos si le « président d’honneur » n’avait pas résisté à un commentaire douteux lors du point presse organisé par le congrès. Il tient à ironiser sur le fait que le service d’ordre ne pouvait pas savoir que le journaliste était juif : « Ca ne se voyait ni sur sa carte… ni sur son nez, si j’ose dire ! » Au lieu d’évoquer son programme, la nouvelle présidente va devoir passer ses premières interviews à relativiser. En expliquant, et elle n’a convaincu personne, que Jean-Marie Le Pen emploie souvent des expressions ambigües qui laisse à interprétation, et qu’il aime souvent ironiser, sans penser mal. Mais la fille lisse le discours du père, laisse les oriflammes frontistes aux combattants d’autres guerres. «Lui c’est lui, et moi c’est moi.» La Shoah, l’Indochine, l’Algérie ? «Culture du XXe siècle. Sa sœur Yann résume leur nouvelle répartition des rôles : Sa fille couronnée, il restera aussi président d’honneur du FN. «Il faudrait être crétin pour ne pas lui demander conseil », dit celle-ci. Sa sœur Yann : «Le président, c’est toujours lui. Et le chef, c’est Marine.» Un bon attelage : «Il a la culture, elle, l’ambition. Elle est couillu, ma sœur, c’est un lion !»

Un Jean-Marie Le Pen qui a jeté son épée face aux ennemis de toutes parts, comme Vercingétorix vs César. Ainsi, Marine Le Pen est  restée sous l’ombre tutélaire de son père jusqu’en 2012, puis le père a fini par lâcher du lest progressivement.

C’est ainsi, que de 2010-2012, jusqu’à son dernier souffle, il pouvait décider de défaire sa « reine » au profit d’un autre. En revanche, il peut encore lui servir d’inspiration lorsqu’elle est attaquée de toute part et notamment par les médias. Certains détracteurs se sont amusés à spéculer sur le FN en prétextant que le perdant des élections internes, Bruno Go., avait déjà servi d’appât pour un semblant de concurrence vs Bruno Mégret… Il n’était pas au FN à cette époque.

Il est venu ensuite intégrer le comité de direction et n’a jamais été inquiété de la famille Le Pen à propos de ses idées catholiques très conservatrices.

Reste qu’il incarne encore aujourd’hui un maurassien, à l’ancienne, que beaucoup d’adhérents veulent voir partir. Il en est venu à créer sa propre chaîne YouTube, faute de pouvoir se faire entendre au RN actuel.

Une entreprise de « dédiabolisation » de la présidente qui semble réussir.

Bruno Go. vs Le Pen : Un conflit terminé ?

L’une des pommes de discorde porte sur la réintégration des dissidents récents. Comme avec Carl Lang, Jean-Claude Martinez ou Bernard Anthony. Le 8 octobre 2011, sur LCI, Bruno Go. se prononce pour leur « retour », sans avoir été concerné par leur « départ », il les a même déploré. Une déclaration très mal vécue lors des élections internes à la présidence du parti, qui vit toujours dans le spectre de la grande scission Le Pen Mégret. Pourtant, environ 5 ans plus tard on saura ce que dit la nouvelle présidente : le 15 mars 2017, Marine Le Pen assure avoir fait le ménage parmi les éléments les plus radicaux de son parti. L’ancien président n’était pas censé en 2011 prendre position mais il avait déjà distribué quand même ses consignes : « Si Bruno Go. était élu, il y aurait un choc très grave. Surtout s’il fait rentrer les dissidents. Je ne siègerais pas avec Carl Lang. Mais je resterai au FN, et ça ne se passera pas comme ça. Les militants devront choisir entre la ligne Le Pen et la ligne Lang. » C’était en 2011… et il prenait ouvertement la parole en prenant partie à titre individuel, notamment en taclant le concurrent de sa fille, faisant mine de changer sa position pour le coup : « C’est certain que Bruno Go. est le candidat de tous les dissidents. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles il ne sera pas élu. » Déjà, le 1er décembre 2009, on se posait la question sur une scission idéologique en deux lignes : Celle « d’un certain Bruno » penché plutôt vers l’antisémitisme et qui défend l’Islam comme religion républicaine à plus ou moins long terme, ou celle de la famille Le Pen et notamment de la benjamine, à propos d’anti-islamisme. Marine Le Pen est même entourée par certains réactionnaires de l’époque Mégret : Steeve Briois, Nicolas Bay ou Bruno Bil. On voit même réapparaître le plus félon d’entre tous : son beau-frère, Philippe-Olivier. Le second marie de Marie-Caroline Le Pen a été viré du Front national en 1998. Mais six ans plus tard, les deux sœurs se sont réconciliées, et Philippe-Olivier, un temps conseiller de Philippe de Villiers, s’est rapproché de sa belle- sœur. A propos d’Alain Soral, déjà dans les parages de l’ex-FN en 2004 après avoir passé un cour moment au PCF, juste avant de se taire et de partir jardiner, il commença à parler de « la bande à Marine » comme d’un agglomérat de multi-transfuges, de marchands du Temple et de cage aux folles ». Et le fait qu’elle soit entourée de nombreux homosexuels lui est souvent reproché. Mais la suspicion continue et l’on s’acharne encore sur elle pour la diaboliser indéfiniment de peur qu’un jour elle soit élue… Déjà en 2011, aux élections internes son score médiatique bat à plat de couture celui de Bruno Go., peu « sexy », et qui ne réalise pas du tout d’audience, faute d’être invité. Ce qui achève de convaincre les plus opposants du RN que Marine Le Pen a été « choisie » par le Système. Elle a été effectivement choisie par le système, au-delà des choix électorales internes des adhérents de 2011. Déjà à cette époque, nous sommes à 24 heures avant la clôture des inscriptions au Congrès de Tours. Les partisans de Bruno Go. ont bien essayé d’imposer leur poulain sur le plateau A vous de juger mais un membre de l’équipe de l’émission aurait lâché, excédé : « Vous ne comprenez pas, c’est elle qu’on a choisie ». Ce que les partisans de Go. comprennent au sens large : « ils » l’ont choisie, le Système, le lobby…  Marine Le Pen elle, de son côté, voyait plus de la manipulation qu’une véritable admiration médiatique. Nathalie Saint-Cricq, la rédactrice en chef de l’émission, s’en amuse : « Je me souviens juste que les partisans de Go. ont protesté. On nous a fait savoir qu’il n’était pas content. On a reçu quelques mails, dont certains pour nous dire qu’elle passait sa vie dans des bars… On leur a fait répondre que nous n’étions pas l’organe interne du FN. »

Etrangement, certains journaux de droite nationalise ont choisi Bruno Go.

Y-a-t-il une presse d’extrême droite ?

Le NH a déposé son bilan en 2008 ; deux grands médias de la nébuleuse nationaliste ont contrarié la campagne de Marine Le Pen : Minute et Rivarol.

Quant à Présent depuis 2015 le journal s’est réconcilié avec la présidente. Présent, Le journal sous sa forme quotidienne est fondé par Bernard Antony dit Romain Marie (directeur général et gérant), Jean Madiran et François Brig. (directeurs de la rédaction), Hugues K. (rédacteur en chef) et Pierre Durand (directeur administratif), mais le titre existe depuis 1975 et est publié jusqu’en 1982 avec une périodicité variable par les Comité d’action politique et sociale. Vers une période plus récente, au sein du journal Présent les avis furent partagés entre les deux candidats internes lors des élections du RN pour 2011 : dans un article du 16 octobre 2010, parue dans le blog populaire « Droite(s) extrême(s), Jeanne Smit., il est question d’avortement.

Jeanne Smit., la directrice de la rédaction, se contenta de comparer les propositions des deux candidats sur le sujet. C’est surtout son point de vue qu’elle met en avant. Bruno Go. s’est prononcé pour l’abrogation de la loi Veil : « La législation actuelle doit évidemment être changée« .

Tout en précisant : « Je ne suis pas favorable à un retour à une situation qui faisait que des femmes, souvent en situation de grande détresse, répondaient seules devant les tribunaux du fait d’avoir avorté« . Elle note, satisfaite, qu’il s’agit au mot près du « projet de loi pour la vie » élaboré par le Centre Charlier.

« Gourgandine sans foi ni loi »

La charge la plus violente vient de Rivarol. Après avoir ouvert ses pages à Marc Georges, qui accuse Marine Le Pen d’être vendue au « Système », c’est au tour de Jérôme Bourbon, le directeur de Rivarol, de monter au créneau. Catholique intégriste, sédévacantiste et membre de l’Œuvre française, il a succédé en 2011 à Camille Gal. à la tête de l’un des plus anciens journaux de l’extrême droite. Alors que cette dernière s’était montrée plutôt neutre vis-à-vis du Front national, et que Bourbon lui-même ne tarissait pas d’éloges sur Jean-Marie Le Pen à cette époque, les attaques ciblaient subitement « le clan Le Pen » et rebaptisèrent le Front national le « Front familial » : Le Pen se comporte de plus en plus en satrape oriental, en grand mamamouchiSi Le Pen voulait absolument que ce fût sa fille qui lui succédât et personne d’autre, il aurait mieux valu le dire clairement, imposer à tous sa progéniture comme dans la communiste et tyrannique Corée du Nord, écrit Jérôme Bourbon dans l’édition du 15 octobre 2010. Pour un peu, Bourbon comparerait sa croisade contre Marine Le Pen à une guerre sainte : Lorsque je prononcerai mon Nunc chrétien, je devrai rendre des comptes au Bon Dieu et je ne peux pas en conscience rester neutre entre une gourgandine sans foi ni loi, sans doctrine, sans idéal, sans colonne vertébrale, pur produit des médias, qui a multiplié les purges depuis des années et dont l’entourage n’est composé que d’arrivistes sans scrupules, (… ) et d’invertis notoires. Rivarol et Minute ne sont plus en odeur de sainteté au RN.

Le président du FN fait la distinction entre les journaux dont l’hostilité est légitime, comme Libération, et les journaux d’extrême droite jugés traîtres à la cause : Quand il y a volonté de nuire, comme l’ont démontré Minute et Rivarol au cours de leurs derniers numéros. Leur hostilité n’est pas légitime. Ce qui n’empêche pas Rivarol de suivre le Congrès à la télévision et de livrer son avis dépité sur le nouveau Front national. Par ailleurs, les dernières idées de l’ex-FN peuvent se vérifier aujourd’hui. Le nouveau patron de Rivarol ne décolère pas, et va même jusqu’à faire des comparaisons, en associant Marine Le Pen à la « Carla Bruni de la droite nationale ». Il persiste et signe : Marine Le Pen est sans convictionelle n’est pas des nôtres, contrairement à son père qui lui au moins était antisémite. Par-delà Rivarol, c’est une défiance durable qui s’installe entre la vieille extrême droite et Marine Le Pen. Jean-Marie Le Pen avait lui aussi quelques défaut : la pauvreté familiale dans son enfance, il avait 11 ans lorsque la guerre a été déclarée en 1939 et l’occupation allemande en 1940, selon son entretien à la Tv le 24 avril 1974. A voir !

Malgré toute les critiques qu’à eu à subir la benjamine Marine Le Pen, c’est du passé ; Et ce grâce à son nom et à sa médiatisation, qui lui donnent une chance de regonfler les scores électoraux du Rassemblement National.

Son élection légalement validée par tous les adhérents dont je fus parti moi aussi, lui a permis d’accéder au poste de présidente du FN devenu le RN, un nouveau mouvement qui signifie peut-être, la fin d’un monde pour les courants les plus nostalgiques de l’extrême droite, mais qui reste de droite tout de même.

Hémorragies et vieilles dentelles

« 95% des membres de ce [mouvement] sont partis, demandez-vous pourquoi ! » lance Jean-Claude Martinez. Il ne décolère pas contre le nouveau  Front national. De fait… les effectifs ont changé… Le chiffre de ses adhérents est à interprété avec beaucoup de reculs, tout dépend comment est lue « la liste » : si l’on tient compte des adhérents qui ne renouvellent plus leur cotisation annuelle ou non… Si on ajoute pour fausser le chiffre les adhérents « non à jour de leur cotisation » ou même les sympathisants considérés comme « potentiellement futur(e)s adhérent(e)s ». A croire Marine Le Pen, le RN est passé d’environ 10 000 adhérents ex-FN en 2008 à 40 000 en 2011. Aujourd’hui le « mouvement » revendique près de 83000 adhérents et sympathisants ; On peut retrancher 40 000 sympathisants, ce qui ferait un chiffre net de 53 000 adhérents « fourre-tout ». Marine Le Pen compte sur sa médiatisation pour en gagner de nouveaux. Ce qui semble marcher, doucement et progressivement mais sûrement. Du côté des cadres ce n’est pas glorieux non plus, mais ça se maintient, difficilement certes. Si l’on revient à la scission, la première grande vague de départs successives était très importante : Bruno Mégret bien sûr mais aussi Jean-Yves Le Gallo, Franck Timmermans, Damien Baril, Serge Martinez, Pierre Vial, Bruno Cour… Dans le lot, l’ex-FN s’était débarrassé de quelques païens nazis encombrants pour leurs idées, mais il a surtout perdu des cadres, formés par les grandes écoles et très organisés pour défendre des idées de droite.

Le Front a aussi perdu ses élus les plus implantés localement, comme Jacques Bompard ou Jean-Marie Le Chevallier. Le Chevallier, l’ami de toujours, ne s’est jamais remis de la façon dont Jean-Marie Le Pen s’est comporté avec lui au moment de l’avènement de la scission. Depuis, les « barons locaux » apparaissent à la nouvelle présidente comme des personnes susceptibles de revenir. Surtout Jacques Bompard, ancien soutien de l’OAS et d’Occident, maire d’Orange depuis 1995 ; il rêve un jour de narguer le patriarche en devenant le bras droit de sa fille. Les querelles durent entre les deux hommes : Jean-Marie Le Pen a rompu tout contact avec lui. La seconde vague de départs, celle qui va considérablement alléger le pont du paquebot est due à Marine Le Pen et à son inflexion idéologique, entamée et visible depuis 2006, avec ses passages télévisés de plus en plus fréquents, conséquence ou avantage selon la sensibilité de chacun, du 21 avril 2002. En effet, depuis cette date marquante dans les esprits, la benjamine tente progressivement de dépoussiérer l’image du mouvement. Certains comprennent d’eux-mêmes qu’ils font partie des poussières encombrantes. Comme Bernard Anthony ou Christian Ba., poussés vers la sortie en 2006. En 2012, les idées restent de droite conservatrices pour les élections présidentielles. Ce qui ne pose aucun problème à la présidente du Front pour tenter d’apparaître à la fois comme « républicaine » mais « conservatrice » en même temps.

Un certain Patrick Bourson avait déjà claqué la porte en 2009, considérant que les idées du mouvement n’était pas assez conservatrices. Et ce, non sans avoir mis fin à son association avec Jany Le Pen et Jean-Marie Le Pen au sein de sa société de champagne. Patrick Bourson ne tarit pas d’insultes sur la nouvelle présidente, qu’il décrit comme « dangereuse » et responsable du pire ; certains internautes comme Gislain qui tient un blog sur ce site tout comme moi, prennent position clairement. Le dernier qui sera partie au début des années 10 de ce siècle débutant, et ce, au lendemain de l’élection de Marine Le Pen, n’est pas le moindre des poids lourds. Puisqu’il s’agit de Roger Hole. Ce Roger Hole. est l’un des fondateurs de l’ex-FN.

Il quitte le parti le 15 janvier 2011, bien que le Congrès de Tours l’ait élu à la deuxième place du Comité central. Il ne croit tout simplement pas en Marine Le Pen : « Je ne crois pas qu’elle croit ce qu’elle dit ». Aujourd’hui, comme un rêve d’enfant réalisé, ils sont partis. Et maintenant elle a reconstruit avec d’autres cadres…

Mais pas assez proches du peuple en tout cas.

« Les gars de la Marine »

Le slogan est bien trouvé. Il s’affiche sur les sous-vêtements tels les polos bleu marine des supporters de la présidente. En attendant de détecter des futur(e)s cadres potentiels dans les nouveaux arrivant(e)s, l’entourage de Marine Le Pen est assez élargi au delà du cercle familial.  Marie-Christine Arnautu., vice-présidente chargée « des affaires sociales »  a une certaine particularité sur les autres membres : elle serait plutôt chargée de sélectionner et de trier sur le volet les jeunes adhérents du FN pour les « lepénisés » encore plus. Si elle n’est pas française elle fait vraiment tout pour le devenir, avec son look et son air de classe sociale supérieur cadre chez Air-France, c’est le profil féminin le mieux placé pour succéder à l’avenir la présidente actuelle en alternative de Marion-Maréchal Le Pen, enfin… pour ceux et celles qui veulent se débarrasser de mademoiselle Maréchal. Si quelquefois Marie-Christine Arn. a des allures d’algérienne avec son air « m’as-tu vue » et ses bracelets autour des bras, elle n’est pas en tout cas algérienne ; roumaine ?… Non ! J’ai du mal à l’admettre. Italienne je veux bien. A ce qui paraît son père fut réfugié roumain !? Et sa mère d’origine napolitaine. L’amitié entre Marie-Christine et la famille Le Pen remonte à bien des années déjà. Alors qu’elle avait interrompu ses études de droit pour gagner sa vie, un camarade universitaire d’Assas lui conseille d’aller voir « le grand manitou ». Elle est alors embauchée en tant que secrétaire à la SERP. Depuis, elle voue une fidélité sans pareille au chef, le seul à l’époque qui dénonçait ce qu’il se passait de l’autre côté du Rideau de fer. Elle s’oppose à l’avortement mais accepte l’idée du PACS ; ainsi l’idée étant de renouveler le peuplement européen et en particulier français, en encourageant la natalité indo-européenne, la population blanche pour être plus clair. Mais elle reste tolérante et semble « sympathique » en apparence au moins. Une flexibilité de femme qui permettra à certain comme Nicolas Bay, devenu à la fois membre du bureau politique, délégué national de  la communication électorale et secrétaire départemental de Seine-Maritime, de réussir en politique. Non sans difficulté. Preuve que les ralliements ou les expulsions sinon les démissions volontaires ne sont pas vraiment guidés par les idées de ceux qui les portent ; ce Nicolas Bay est la preuve réincarné : en effet, il fait partie de ceux que Marine Le Pen a cooptés au titre de la réconciliation, dite « union des patriotes ».

En fait Marine Le Pen veut  à la fois avancer et en même temps conserve une certaine nostalgie de l’ex-FN : car elle n’a aucun scrupule à réintégrer des mégrétistes, du moment qu’ils font allégeance à sa ligne d’idée principale, pour elle les gens sont libres : « Si ceux qui sont partis avec Mégret veulent participer aujourd’hui à [mon] combat, qu’ils viennent. Ceux qui ne veulent pas, ils ne viennent pas. Je suis dans une dynamique, j’avance. Je pense que c’est en avançant qu’on crée une dynamique, pas en essayant des espèces de synthèse à la socialiste qui consisteraient à trouver le point d’équilibre entre les exigences de certains, les exigences contradictoires des autres ». Ce qui, pour le coup, ressemble tout à fait au même état d’esprit que son père. Dans la famille Le Pen, on n’a jamais été doué pour les synthèses élaborées de façon collégiale, encore moins dans un programme. Elle n’a pas encore avancé de ce côté-ci en 2019. Parmi la jeune garde chargée de la « dynamique », le fidèle David Rachel. a réussi à faire apparaître le FNJ comme un mouvement de jeunesse « soft ». Bien qu’il soit passé par Egalité et Réconciliation, puis les nationaux-révolutionnaires. A partir de 2009, il joue le rôle qu’avait joué Samuel Maréchal en son temps : former des nouveaux militants et surtout exclure les éléments qui pourraient nuire au clan « Le Pen »

Vénus. Myrtil fait partie des « chouchous » de ces militants du FNJ marinistes qui n’ont pas besoin d’être convaincus. Une vraie mascotte, presque le portrait craché de la « métisse » imaginaire mise en affiche en 2007. Née en 1989, elle n’a visiblement aucune idée de ce qu’a pu être le FN dans les années 1980-1990, comme beaucoup d’autres adhérentes…  Elle a milité un an aux Jeunesses communistes révolutionnaires (JCR) et au NPA, mais « leur côté internationaliste m’a gonflée ». Un autre ancien du NPA, passé par Lutte ouvrière,  se sent mieux au RN désormais : Fabien Engelmann, entre-autres. Sa candidature à Algrange (Moselle), sous les couleurs du FN, lui vaudra d’être suspendu de la CGT le 6 avril 2011. La CGT qui ne fait pas bonne figure de démocratie et juge ses membres pour leur origine ou leur sensibilité politique -ou les deux! – Un « Farid » au RN n’aurait peut-être posé aucun problème à cette organisation syndicale. Au départ Fabien n’évoque pas son adhésion au FN -est-il obligé de le faire ?- et je le comprends, mais quand il est investi pour les cantonales, la CGT demande un vote. Il est réinvesti par 20 voix contre 3. Le peuple décidément ne fera jamais comme le veut les élites…

Au grand dam de la CGT qui décide de l’exclure depuis Paris. C’est Maître Collard qui va le défendre et tenter de faire condamner le syndicat pour « discrimination », il aurait pu ajouter dans l’instruction du dossier le non-respect du choix des votes internes syndicaux. De son côté Marine Le Pen est évidemment très fière de revendiquer le ralliement de ces adhérents venus de la gauche. Le NPA a perdu 4000 membres sur 9100 depuis sa création, notamment à cause de sa complaisance envers l’intégrisme musulman. Certains militants du NPA fuient vers le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon. D’autres vers le RN, qui avait bien besoin de cette perfusion pour regonfler ses équipes. Le 1er mai 2011, pour son premier discours prononcé en tant que présidente du RN face à Jeanne d’Arc, Marine Le Pen décide de cibler les syndicats, en exigeant que « leur financement fasse l’objet d’un contrôle ».

Tout en souhaitant que soient encouragés « la création de « syndicats véritablement libres », qu’alors rejoindront les salariés, les fonctionnaires, les employés, les ouvriers, les agriculteurs qui par millions viennent à nous ».  Pourtant, ceux et celles qui sont dans la rue en gilets jaunes au moment où j’écris ces lignes, ne viennent pas tous du RN et n’ont pas spécialement envie de la rejoindre.

Elections, combien de divisions ?

Les élections cantonales de 2011 sont le premier test pour la présidente du Front fraîchement élue. Toutes les faiblesses et tous les points positifs de sa candidature vont être visible à cette occasion pour les opposants. La présence médiatique de Marine Le Pen, couplée à l’envie d’une forte abstention depuis 2002, lui a permis d’obtenir un score étonnamment élevé pour une élection locale d’ordinaire peu favorable au FN. Au premier tour des cantonales de 2011, le parti récolte 15.2% des voix. Les candidats frontistes arrivent en 2e position chez les ouvriers : 24% juste derrière la gauche plurielle habituelle qui obtient 32% seulement. Puis 18% chez les employés pour le RN, 11% chez les professions intermédiaires toujours pour le même mouvement ; je continue : 11% chez les professions libérales ou cadres supérieurs ; 9% chez les artisans, commerçants, chefs d’entreprise, agriculteurs. Malgré un discours plus favorable à la fonction publique, les salariés du public ne sont que 14% à choisir le scrutin « marine » comparé aux salariés du secteur privé : 18%. Par ailleurs, c’est la première fois que le parti séduit autant de femmes que d’hommes : 16% des électeurs sont des hommes, et 15% des femmes. Etonnamment qu’autant de femmes commencent à s’intéresser à un mouvement dont le créateur ne « mâchait pas ses mots » sur les années 40.

A un an de la présidentielle de 2012, son score résonna comme un avertissement. Comme aux plus belles heures, le parti se retrouve au second tour avec 403 cantons. Entre les deux tours, ses candidats se retrouvent comme une poussée électorale avec 300 mille voix. A l’arrivée, pourtant, la récolte est décevante : 2 sièges seulement !

Et pour illustrer l’évènement médiatique lors du débat de ce dimanche soir au second tour :  Louis Aliot dénonce le système électoral et politique : « L’alliance PS-UMP est antirépublicaine. C’est une escroquerie politique. » Marine Le Pen enfoncera le clou face à Jean-François Copé. Alors qu’elle vient de franchir un palier et que tous les regards sont braqués sur elle, elle ne supporte pas d’entendre le président de l’UMP lui reprocher d’avoir inventé des candidats « fantômes » à cette élection. Il faut dire que sur 1440 candidats présentés, plus de 540 n’avaient pas d’affiches auto-portrait montrant leur visage. Beaucoup se sont contentés de mettre leur nom, en petit, au bas d’affiches montrant Marine Le Pen… non pas en tant que candidate, mais en tant que présidente. La méthode est légale, originale et différente des autres partis mais possible. Mais beaucoup de ces 540 candidats n’ont pas fait campagne, ne connaissent pas le fonctionnement des conseils généraux pour lesquels ils postulent -comme beaucoup d’électeurs d’ailleurs ce qui ne les empêchent de voter et même de se présenter- enfin, une échantillon de ces 540 candidats ont répondu aux interviews de journalistes.

Quand ceux-ci ont réussi à les trouver, et à les convaincre d’accepter l’interview. Après quelques piques anodines, le numéro un de l’UMP, Jean-François Copé, a lancé l’offensive dimanche soir, sur LCI, après les premiers résultats des élections cantonales. « Mme le Pen est prompte à nous donner des leçons de morale » mais « elle a présenté des candidats (… ) tous plus anonymes les uns que les autres », qui ne montraient « pas leurs visages » sur les affiches, « des candidats qui « parfois résidaient dans des maisons de retraite », a-t-il déclaré déclenchant la réplique de la présidente du FN également présente à l’antenne. En entendant cette phrase, Marine Le Pen va sortir de ses gonds, avec un sourire de plus en plus crispé et une attitude qui a tout l’air d’une simple femme sur la défensive : « Mais quel mépris ! Quelle arrogance. Cette arrogance Monsieur Copé fera que demain vous serez jeté de la vie politique. Que les français vous tourneront le dos. Les candidats du FN étaient des étudiants, des chômeurs. Ils étaient des mères de famille, des travailleurs. Tous ceux à qui vous avez tourné le dos. Bien sûr, ce ne sont pas des énarques. Ah, on préfère être entre énarques et entre hauts fonctionnaires, entre apparatchiks à l’UMP ! Eh bien, tout ça c’est fini… Ce soir vous en sentez le goût, eh bien aux législatives vous en sentirez l’odeur ! » Pour ces cantonales, le FN a recruté plus de 22% de ses candidats parmi des employés. 33% sont des retraités, 5% seulement parmi les ouvriers. Sur 1440 candidats, seuls 372 étaient des femmes toutes catégories sociales confondues. Soit 25,8%.

Des candidats dans le placard

Le score réalisé aux cantonales en 2011 est d’autant plus impressionnant que le FN n’a présenté que 1440 candidats sur 2026 cantons. Autant dire que tous les fonds de tiroir ont été faits, 540 candidats fictifs, le reste des cadres élus tirés au sort.

En revanche aucun des adhérents n’a été sollicité par courriel, ni par voie postale d’ailleurs. La récolte est à cette image improvisée, et permet de comprendre pourquoi certains candidats n’apparaissent sur aucune affiche ou n’ont pas fait campagne.

Mais qui est donc cette candidate sortant de nulle part ?

Mais qui est donc Sandra Ka. ? Une candidate qui a réalisé un beau score dans le canton de Couder. – Branche (Nord) : 24.4% au premier tour (3348 voix) et 35.85% au second (5166 voix). Sur sa photo officielle (car la photo est bien mise en avant), on voit une jeune femme souriante, un peu BCBCG. A peine remarque-t-on un piercing au coin des lèvres… Sur les photos de son profil Facebook, par contre, la jeune fille pose en tenue très sexy, avec un serpent autour du corps. Bien entendu, vue la polémique, le profil a été retiré, j’ai fait une recherche sur les publications de 2011, je n’ai pas trouvé. On la voyait parfois aux dires de Caroline Fourest, en compagnie de femmes en tenue similaire, plutôt dénudées. Mais aussi sur une photo au côté de Marine Le Pen. Là non plus en faisant une recherche je n’ai rien trouvé… Paraît-il qu’un cliché n’a pas manqué de surprendre certains « amis » : « Mais qu’est-ce que c’est que cette photo ? » Elle répondit, laconique, « Je me présente aux cantonales.

Pour sa campagne, elle affiche un profil épuré : « étudiante en littérature, écrivain, chanteuse à ses heures. » Mais après tout, après plusieurs années de donneur de leçons de moralité, de façon « de se tenir », la bonne mœurs, etc. le FN commençait déjà à se remettre en question et chercha à être un peu au diapason des nouvelles mœurs du XXIème siècle ; et ça a marché au vue des résultats indiqués ci-dessus.

A croire que les gens regardent plus le visuel que les idées.

Car le problème n’est pas qu’une escorte-girl se présente aux élections, mais qu’elle concoure sous les couleurs du parti autrefois le plus moraliste de France.

Marine Le Pen, d’ailleurs, n’a eu aucun complexe avec la personne.

Elle peut demander la démission de Frédéric Mitterrand à Nicolas Sarkozy, « par respect de la morale et des principes républicains », un homme qui se revendique avoir profité de la « naïveté de quelques « beaux garçons ». Elle relativise quand un auditeur d’Europe lui fait remarquer que l’une de ses candidates figure sur des sites d’escortes : (Cf. la vidéo à partir de 44 minutes et 50 secondes, c’est une audio qui date du 30 mars 2011). Il paraît que ce n’est pas vrai. Et pourtant, je trouvais ça plutôt sympa. Une escorte-girl, c’est quelqu’un qui accompagne des gens seuls, qui n’ont personne pour aller dîner, c’est ça ? Oh, allez… Vous savez au Front national, nous avons eu des candidats qui étaient transsexuels. Ca pourrait étonner aussi. Et pourtant, c’est la réalité. Nous sommes représentatifs de ce qu’est la France. Et nous avons de tout dans nos candidats. Je m’en félicite. D’ailleurs les images ont été faite indépendamment de sa volonté. Ce qui n’empêche pas le Front national de se prémunir ne serait-ce que pour son image, de toutes diffamation à son égard quand il s’agit de sexes, d’érotismes ou toutes pensées laissant croire à ces thèmes.

S’il fallait exclure tout le monde

La candidature qui va le plus défrayer la chronique, c’est celle d’Alexandre Gabriac, candidat dans le sixième canton de Grenoble.

Entre les deux tours, le site nouvelobs.com publie une photo le montrant bras dessus bras dessous avec un homme au crâne rasé, faisant un salut nazi devant un drapeau frappé d’une croix gammée. La polémique s’accroit, alors Marine Le Pen prend ses distances et fait mine elle aussi, ne pas être au courant. Surtout quand on lui pose la question au micro d’une radio israélienne. Intervenant sur 90 FM la radio juive israélienne le 30 mars 2011, elle affirme que ceux qui font la promotion d’une idéologie nauséabonde seront exclus du Front national. Bien joué, c’est courageux, car le risque est de voir partir beaucoup de cadres.

Ainsi, Jean-Marie Le Pen se voit relégué au rang du père de famille, qui doit calmer les disputes des enfants. Lui-même ne s’est jamais embarrassé des statuts ni des instances du parti pour exclure. Des générations de militants peuvent en attester : toute critique du « président » pouvait coûter l »exclusion ». Sans préavis.

Celle de Carl Lang s’est passée dans son bureau, sans même solliciter l’avis de la commission des conflits.

Ce dernier était perçu comme un adversaire gênant au sein du parti, et depuis 2008.

Y-a-t-il encore des skins en France ?

Le 1er mai 2011, le DPS rivalise d’imagination pour préserver l’opération « dédiabolisation ». Alors que France Télévision produisit une émission pour la chaîne France 2 : Complément d’enquête ; diffusé le 26 avril 2011, un litige a été établi entre le FN et France TV pour, non pas le thème porté par l’émission mais le titre choisi : La tentation de l’extrême droite. Le tribunal d’Instance a été saisi en septembre de la même année, suivi d’une révision en appel à l’initiative du parti de Marine Le Pen représenté principalement par Waller. de Saint-Just ; dont l’arrêt a été rendu le 30 septembre 2015. Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et le Système d’Organisation -le SO- du RN prête attention aux tenues vestimentaires adoptés par les adhérents. Autre détail qui mérite peut-être d’être mis en avant : l’un des membres du SO revêtu du brassard « organisateur » n’est autre que Frédéric Châtillon, un ancien skin qui s’est remis en question…

Mais l’essentiel en tout cas est de nettoyer en profondeur. Difficile.

D’ailleurs si Marine Le Pen voulait vraiment faire le ménage, il ne resterait plus beaucoup d’électeurs. Mise à part la présidente. Une photo circule où l’on voit Marine Le Pen souriant fièrement entre deux fans portant des chemises à manche courte néo-nazi. Ce n’est pas mieux que « l’image d’Epinal » montrant notre président actuel entre deux français issus de la diversité dont l’un d’entres- eux montre son doigt d’honneur. Par ailleurs, le RN a encore un historique qui lui colle à la peau : un autre candidat, Jean-Baptiste Cordier par exemple, a été photographié en train de tendre le bras en compagnie de crânes rasés. Aussi rasés que de jeunes maghrébins du 93, antisémites et fauteurs de troubles. Une autre page Facebook vaut le détour ? Celle de Daniel Dos Santos, candidat dans le canton de Choisy-le-Roi. On y découvre un molosse avec une longue barbe grise, qui ne se gêne pas pour se présenter comme « un gaulois ». Mais il n’est pas si imbu d’esprit que l’on veut bien le croire : je prendrai comme exemple un fait bien établi, celui d’un Twitte de Marine Le Pen qu’il a repris sur sa page : {…} Il ne fait pas bon d’être français dans certains quartier, ou d’être juif. Post qu’il a diffusé dans son journal le 19 février 2019. Un autre candidat adoubé par le FN, Thierry Maillard, a fait ses classes à l’Œuvre française. Au fond, y-a-t-il encore des Skeans en France ? Ces gens ont plutôt l’air très sympathique, sinon des citoyens ordinaires, pas plus dangereux que nos frustrés bien français de l’extrême gauche la moins fréquentable. Marine Le Pen fera peut-être le ménage un jour. En attendant elle ne peut pas se passer de toutes les troupes.

Démagogie ?

L’une des révélations les plus choquantes, survenue au cours des élections de 2011, concerne un personnage de tout premier plan : Dominique Martin, le directeur de la campagne. Le site Médiapart dévoile une bande-son pour le moins compromettante. Un étudiant en journalisme, Benjamin König, l’a enregistré lors d’un atelier de formation tenu au Congrès de Bordeaux de 2007. On peut y entendre Dominique Martin donner des consignes particulièrement démagogiques, et même d’un mépris inouï pour les électeurs de l’ex-FN, qualifiés de « clients électeurs », qu’il faut appâter coûte que coûte. Si possible par une attitude « bien démago », « à mort » ajoute-t-il. Rien ne manque à la carricature. Dominique Martin commence par présenter la maquette d’un tract qu’ils vont distribuer : « C’est la maquette parce qu’on va [la] tirer à 10 000 exemplaires qu’il vous faudra mettre dans les boîtes aux lettres. Y aura un cœur, et y aura une petite fille qui va chanter… Pour faire bien démago. » Joint par Médiapart, Dominique Martin tente d’expliquer qu’il s’agit de copier les méthodes de l’adversaire voire de les caricaturer : « On dénonce les méthodes des autres, et on le fait parce que le combat est injuste. Ils ont une armada, on a des lance-pierres. » Sauf qu’il s’agit bien d’inviter les militants à l’imiter. Il finit d’ailleurs par l’admettre : « Oui, ça s’apparente à des méthodes commerciales. Les électeurs sont des chiffres, des nombres, il faut faire du chiffre, c’est la méthode de l’adversaire. » Ce qui n’empêcha pas l’ex-FN de prétendre incarner une alternative « crédible » aux méthodes de l’ « UMPS ».

Une alliance avec les autres partis est-elle possible ?

Que vise la « dédiabolisation », si ce n’est de conquérir plus de suffrages et donc d’intégrer le jeu classique de la politique ? Depuis Nicolas Sarkozy, tous les verrous sémantiques ou idéologiques permettaient à la droite classique de se tenir à distance du RN et de devenir plus acceptable, plus populaire, obligeant même la gauche la plus populaire à se droitiser un peu ; pis, le LR est devenu plus proche du PS et le RN à présent est devenu l’alternative. C’est cette même droite populaire LR un peu schizophrène à travers Mr Sarkozy, qui d’un côté n’hésitait pas fut un temps à considérer les jeunes des cités comme de la « racaille », de traiter les pauvres de veinards à ne pas vouloir travailler, mais tout de même à avoir créer un ministère de l’immigration, de l’égalité des chances ; et enfin la création du CFM -Culte français Musulmans. Beaucoup de combats dits « républicains » permettent ainsi à Marine Le Pen aujourd’hui d’être  crédible et d’obtenir plus de voix électorales. Tous les tabous sont tombés. Marine Le Pen, elle-même, y voit une influence en faveur du RN :  Les mots, les formulations, sonnent aux oreilles de nos électeurs. « Travailler plus pour gagner plus », « Identité nationale », Sur Europe 1, Claude Guéant a déclaré que « les Français à force d’immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux ». La gauche est choquée et le Front national se moque du ministre de l’Intérieur. Rien n’arrêta la tactique présidentielle qui avait pour but, visiblement, de « cliver » les Français sur les questions culturelles pour leur faire oublier cette soi-disant « impuissance » à résoudre les questions économiques, soit l’inégalité des revenus, voire l’inégalité sociale. Et ce, quitte à flatter des peurs qui pourraient être justifiées, ou non ! Le problème, c’est qu’à force d’avoir peur, les gens finissent par admettre que seul le parti le plus détestable est peut-être en fin de compte le seul parti à résoudre les problèmes des français. Autant le discours sécuritaire que tenait Nicolas Sarkozy fonctionnait mal quand il était ministre de l’Intérieur, autant ce fut pire quand il devint président en 2007. Marine Le Pen poursuit son analyse : [depuis 2007] les Français ont vu fleurir soi-disant de grands débats, de grandes déclarations politiques, mais suivies d’aucun effet. Ce qui ouvre un boulevard pour un discours sur la sécurité et l’immigration, ajouté du problème de l’Islam ; des thèmes portés par le RN qui n’a jamais gouverné. Finira t-il par y arriver à travers Marine Le Pen ?

Marine Le Pen envisage t-elle de porter son point de vue, quitte à faire échos jusqu’à la France Insoumise, pour capter un électorat qui jusque là était séduit par le communisme, ou le socialisme de Pierre Mendès France fut un temps à la fin des années 1970 ? Vers la jeunesse populaire des banlieues ? Marine Le Pen est-elle de gauche ? Quelques intellectuels se demandent même si elle ressemble quelque peu à Jean-Luc Mélenchon.

Si Marine Le Pen veut un jour être élue à la plus haute fonction de la République française, il lui faudra gagner la confiance de tous les électeurs, et nous avons pas mal de français qui, sans rejeter l’idée qu’il faut stopper l’immigration et lutter contre l’Islam, espèrent à un retour au socialisme, un vrai socialisme. Saura t-elle convaincre ? Il faudra bien plus qu’une ou plusieurs opérations de « dédiabolisation », et ne pas se contenter uniquement de paroles. Mais Marine Le Pen fut un temps méprisait le socialisme. A-t-elle changé de point de vue ? Cependant, elle ne peut pas se permettre d’abandonner totalement l’étiquette « Front national » et de renoncer à l’intégralité des valeurs fondamentales qui ont fait l’existence de ce parti. Elle a déjà travaillé à « un pôle de rassemblement » qui dépasse quelque peu l’étiquette d’extrême droite. Des intellectuels nationalistes comme Paul-Marie Couteaux, qui présidait le RIF -Rassemblement pour l’Indépendance de la France- ont rejoint le Rassemblement national. Cette alliance électorale réunit à présent au parlement européen tous les mouvements qui rejettent l’UE. Et ce, bientôt certaines gauches des autres pays européens. Fut un temps, quelques maires qui voulu lui donner leur signature pour lui permettre d’être candidate à la candidature de la présidentielle de 2012, se sont vu intimider par les deux grands partis : l’UMP et le PS. Interrogée sur Europe 1 et sur d’autres radios, elle n’a bien évidemment pas donner des noms. Et pour sûr, à quoi cela l’aurait elle avancer ? Car elle arrive quand même à obtenir gain de cause. Le RN a toujours obtenu ses 500 signatures, et même le FN avant 2011. Le RN n’est qu’un mouvement politique qui fait de la communication.

Une vague bleue marine ?

Selon Caroline Fourest qui a fait un entretien avec Marine Le Pen le 20 septembre 2010 : « quand on lui demande si elle a « envie » d’être élue présidente de la République, Marine Le Pen répond, comme toute bonne candidate, de ne pas le souhaiter par désir mais par devoir« . Pour ma part, je vais retranscrire au plus simple, et en résumé, l’extrait des échanges entre l’écrivain et l’Elue du Rassemblement National :

  • Est-ce que vous avez envie [d’être présidente de la République] ?
  • L’envie. Est-ce que vous avez envie d’abandonner toute vie privée, de sacrifier en partie vos enfants, pour être président de la République ? Envie, non.
  • Prendre encore plus de coups que vous n’en prenez déjà ?
  • Envie, non.

Même si aucun Le Pen ne se l’avouera jamais, il est plus confortable de donner des leçons depuis le parc de « Montre-tout » que depuis le parc de l’Elysée.

Entretien Jean-Marie Le Pen- bref résumé des échanges

Ceci étant la dernière étape de l’enquête réalisée par Caroline Fourest et Fia. Ven., elles ont demandé à interroger Jean-Marie Le Pen. Il a accepté. Les échanges ont eu lieu au « Carré », le siège du Front national, trois mois et demi après l’élection interne de sa fille. C’est au moment où Ben Laden venait d’être tué par les Américains et qu’une polémique enflait pour savoir si le sélectionneur de l’équipe de France avait, ou non, décidé de diversifier l’équipe des futurs joueurs ou de la maintenir un peu plus proche du français. Une brève description est constaté par l’écrivain : « Devant lui, le bureau est impeccablement rangé, presque vide. » Il est demandé à Jean-Marie Le Pen si elles peuvent enregistré leur entrevue. Alain Vi., présent pendant l’entretien et cadre élu du futur RN n’y voit aucun inconvénient, puisqu’il pose lui-même un enregistreur sur la table pour bénéficier d’une version de sécurité. Au cas où les propos du fondateur seraient déformés ou pour permettre à la présidente de contrer les arguments du livre qui fut publié par ailleurs en 2011 aux éditions Grasset, et qui par la suite a fait l’objet d’une poursuite judiciaire par Marine Le Pen pour diffamation ou désinformation. D’ailleurs, vous noterez qu’il y a eu une émission en face à face : Caroline Fourest, le président du journal Libération d’un côté, et Marine Le Pen de l’autre. Jean-Marie Le Pen interrogent les interlocutrices pour leur demander quel est l’objet de cet entretien. Il lui est répondu qu’un livre sur Marine Le Pen est en cours de réalisation, et que cette entrevue est la fin de l’ouvrage. Ainsi, Jean-Marie Le Pen et Alain Vi., savaient que le livre paraîtrait. La question que je me pose est celle-ci : pourquoi n’ont-ils pas demander à superviser ce livre avant qu’il ne soit publié ? Elles prétendent que dans ce livre les réponses -complètes- de Jean-Marie Le Pen sont retranscrites telles quelles. Pour ma part, je me contente de retranscrire ici le brève résumé des échanges qui ont eu lieu ; soit le plus important qu’il faut retenir, pour éviter au lecteur de s’attarder sur le détail insignifiant et non porteur du thème principal que cherchait à obtenir Caroline… :

  • Jean-Marie Le Pen : De quoi s’agit-il ?
  • Caroline Fourest : On fait un livre sur Marine Le Pen pour les éditions Grasset.
  • J’imagine que ce ne sera pas une [description sainte et sage de sa vie]… 
  • On ne fait pas [ce genre d’écritures] en général. Ce sera, de notre point de vue, le plus honnête et rigoureux possible. C’est aussi pour ça qu’on vient vous voir.
  • On peut tout à fait honnêtement véhiculer des choses fausses.
  • On peut être honnêtement critique.
  • J’étais jeune, blond aux yeux bleus, grand, évidemment [dans l’esprit de l’opinion publique] j’étais donc un Waffen-SS. On me faisait quand même la grâce de penser que j’étais officier !
  • Mais ça n’a jamais été écrit… 
  • Non, mais c’est pas ce qui est écrit qui est le plus grave, car ce qui est écrit peut être réfuté, parfois. Pas toujours. Les bruits qui courent sont bien plus difficiles à détruire que les affirmations. Je prends par exemple l’antisémitisme. Quand il n’y a pas d’antisémitisme, les organisations juives sont sans objet, alors quand il n’y en a pas, on l’invente. [… ]
  • C’est un vrai problème éthique.
  • Un vrai problème, oui [… ]. C’est vrai que Kr. avait écrit une colonne dans son journal : « A bas la peine de mort, sauf pour Le Pen ! » […] Un salaud ! Un vrai salaud ! Ca me fait rire, enfin, ça me fait rire tout ça… [… ]
  • Il y a une théorie, qui vient de quelqu’un qui n’a pas été très tendre avec vous pendant des années, mais qui a changé de bord depuis : le Réseau Voltaire. Il explique qu’on s’est débarrassé du symbole Ben Laden parce que, maintenant, les Américains auraient besoin des islamistes sunnites contre l’Iran et contre la Syrie. […] Vous-même, vous aviez déjà rencontré Khadafi ?
  • Non, jamais (menteur !). Avant d’être informé de lui sur les 65 otages, je n’avais jamais non plus rencontré ni Saddam Hussein ni même aucun Irakien.[…] C’est vous dire, je suis un euro-sceptique, mais je suis aussi un sceptique en général quant à la politique. Ecoutez, quand un troisième immeuble qui n’est pas touché par un avion s’effondre tout seul, je me dis qu’on a dû l’aider. Quand je vois des avions qui touchent un étage et que ça provoque l’effondrement de l’immeuble, ça me paraît bizarre aussi. Et y ‘a d’autres choses qui me paraissent bizarres… [… ] C’est des choses qui paraissent assez claires. Tout ça me paraît bizarre. Bizarre, j’ai dit bizarre.
  • Vous restez un sceptique devant l’éternel !
  • Oui, je suis sceptique, je pense qu’il faut des preuves. Quand on tue quelqu’un, et qu’on vous dit, « vous savez, on l’a tué, mais on ne peut pas vous le montrer tellement il est défiguré. C’est abominable, » ah bon ?Comment ça se fait ? Une balle dans la tête, ça vous défigure pas quelqu’un. [… ] Moi, je ne fais pas d’opération de communication. [… ] J’ai été persécuté pendant trente ans. J’ai dû faire trois mots qui ont servi de base à ma diabolisation : le « détail », « Durafour-crématoire ». [… ] Il faudrait que Laurent accepte de faire un changement de nom, de s’appeler Noir au lieu de Blanc. Il a un handicap formidable, on sait que le blanc, c’est mal vu actuellement !
  • Je voulais dire, [pour votre poste de président d’honneur] comment voyez-vous votre rôle, justement à un moment de votre vie ?
  • Sur la fin,… Personne ne connaît ni le jour ni l’heure.
  • Par rapport à votre conception du président d’honneur, on vous appellera toujours Monsieur le Président…  et Conseiller quand même… 
  • Non, {simple} conseiller. Je n’interfère pas, je donne mon avis, il n’est pas toujours conforme à celui de la présidence, mais je le donne fort de mon expérience, et peut-être avec une plus grande souplesse due à l’âge. L’âge durcit les artères mais assouplit les opinions.

Fin du résumé de l’échange

Caroline Fourest et sa compagne ont tout de même précisées que, au vue de l’impression qu’elles ont de l’homme et sa prétendue assouplissement de simple conseiller, il est difficile de le croire. Il est impressionnant surtout dans sa capacité à s’entraîner tout seul dans une fable conspirationniste. Alain Vi. saisissait les échanges sur son ordinateur, fit un geste amicale mais codé à Jean-Marie Le Pen pour lui faire comprendre qu’il lui fallait stopper ses arguments superflues qui pourraient compromettre l’image du futur RN. On peut supposer que ce Alain a rendu compte à la nouvelle présidente les dernières déclarations de son père, « décidément toujours en forme », selon l’écrivain. La suite de l’entretien non mentionné ici, repose sur des [vrais] points de détails, qu’il leur fallait vérifier, et Dieu sait que nous autres, lecteurs et internautes, n’avons aucun moyens de vérifier qui a raison et qui a tort. En tous cas le livre s’est bien vendu, ça on le sait.

Quant à Marine Le Pen, même présidente, elle n’a pas fini de parler d’elle, elle s’est débarrassée du père, et continue son chemin pour rendre son parti « acceptable ».

Conclusion selon Caroline Fourest

Au moment du lancement de son projet d’écriture, Caroline Fourest s’est demandé avec sa compagne si Marine Le Pen avait voulu déjà en 2011, rompre avec son père, c’est fait. Changer le Front national en profondeur ou simplement sauver les apparences ? Elle y travaille mais seulement pour sauver les apparences…

Pour le faire gagner ? Pas simple. Ce nouveaux siècle déjà entamé depuis bientôt 20 ans et le besoin de conquérir un nouvel électorat guident le mouvement RN à la volonté de muer, de changer ? C’est presque fait : Marine Le Pen veut sympathiser avec la communauté juive qui refuse, elle fait des appels d’airs à l’état d’Israël pour la recevoir ce qui n’est pas encore le cas, elle a renoncé à la sortie de l’UE et de la zone Euro en prétextant que le fonctionnement des institutions, le mode de vie habituellement pratiqué par les populations, et les stratégies adoptés par les entreprises et les banques font qu’une sortie -à moins qu’elle soit groupé par plusieurs pays en même temps- n’est plus possible.

Des idées défendues qui à présent ont largement contribuées au renouvellement des anciens cadres du parti ; son seul créneau d’opposition pour s’efforcer à se distinguer des autres familles politiques : l’instauration de l’Islam en France. Marine Le Pen, quelle que soit son envie de rafraîchir son image, reste prisonnière de ses sympathisants pour faire vivre son entreprise.  La dédiabolisation étant faite, l’image lissée, elle a tout de même du mal à se rendre crédible. Contre ce que j’appellerais aujourd’hui le « LREMODEMPS », les élites, le système, l’immigration et l’islamisation. Dans une époque où tous les tabous sémantiques sont dé- verrouillés, la violence des propos sur les plateaux et dans la rue a déjà commencé.

Jusqu’où veut-elle aller et jusqu’où se sent- elle capable d’aller ?

Aujourd’hui son électorat tourne autour d’au moins 20% dans les sondages. Ce qui n’a rien de surprenant dans un pays qui veut conserver ses acquis, sa culture, ses valeurs éthiques et son mode de vie. Un pays qui se sent dépassé par les évènements socio-économiques, qui refuse la mondialisation et il est dans ses droits, qui refuse le sionisme ambiant et l’islamisation, pour ne pas dire le « grand remplacement » dénoncé par un certain Eric Zemmour. Seul le contexte par ailleurs, l’attitude de la candidate et bien sûr les Français décideront de leur avenir, et notamment d’une amélioration de sa notoriété ou de sa disparition, ou du maintien RN.

Conclusion selon Marine Le Pen

A ceux qui ont peur de l’avenir, qu’ils sachent que, comme la fièvre est l’indication de la maladie, la peur est un réflexe sain et naturel face à un danger. Ce n’est ni une faiblesse, ni un vil sentiment ; ceux qui ne la ressentent jamais sont soit des fous soit des imbéciles.

A ceux qui doutent : qu’ils sachent que notre avenir commun dépend de leur foi en eux-mêmes, de leur croyance en notre nation, imparfaite sans doute, mais unique.

Je sais qu’il est des vérités difficiles à entendre, des constats désagréables à faire, que face à l’ampleur de la tâche à accomplir, on a parfois la tentation de renoncer ou de se soumettre. Et pourtant, il va nous falloir, comme le passeur d’eau, « garder les mains aux rames » et continuer, à contre flots, à être porteur de ce roseau symbole d’espoir et de liberté, conscient qu’en politique il n’y a de courage, de volonté et d’ambition qui ne s’incarnent dans la persévérance.

RN : Choisissez ce qui vous convient le mieux : résister, s’abstenir, ou soutenir.

Introduction

Que faire si un jour le Rassemblement National venait à devenir le principal parti de France ; où serez-vous et que déciderez-vous ? Allez-vous continuer comme si de rien n’était, allez-vous bondir de joie et faire la fête, ou bien manifester en opposition ? Ou peut-être même autre chose ? La vérité c’est qu’il faut se mettre au diapason de notre nouveau siècle : le parti de Marine Le Pen ce n’est pas le FN de Jean-Marie Le Pen. On ne pourra pas, vous comme moi, résister au RN en continuant à donner des arguments qui datent depuis les années 70. Ce mouvement est suffisamment malin pour séduire et convaincre, se « dédiaboliser » encore plus, pour vous inciter à lui faire confiance.

« Ni pour ni contre, bien au contraire » ?

Les médias traitent très correctement Marine Le Pen lorsqu’elle-même évite un discours incitant directement à la haine. Sous Jean-Marie Le Pen, la diabolisation relevait parfois simplement de l’effroi spontané suscité par cette personnalité, qui disait tout haut des « horreurs ». Bien des Français se sont abstenu de voter pour cet ancien Front uniquement à cause du scandale provoqué par ses petites phrases. Pour ne pas avoir honte. Marine Le Pen veut tourner la page. Et c’est une réussite puisqu’à présent ses électeurs n’ont plus de complexes à dire qu’ils vont voter pour elle. Ce n’est même plus une provocation, ni une menace, ce n’est même pas du racisme : des gens issus de la diversité votent RN. La vraie question qu’il faut se poser n’est pas de savoir si Marine Le Pen est antipathique ou non, mais de savoir si les idées qu’elle porte sont véritablement populaires ou non.

Le Rassemblement National fait partie du jeu politique et médiatique. Il faut l’accepter, au nom de la démocratie. Il ne faut donc pas caricaturer ou montrer ce mouvement du doigt comme si c’était un parti « pas comme les autres », un parti « fasciste », ou « nazi ». Mais ce qui serait le plus raisonnable, c’est que chacun d’entres-nous exerce son esprit critique et sa vigilance eu égard de votre intérêt personnel, celle de votre famille, ou de vos envies à une France : VOTRE France telle que vous voudriez qu’elle soit.

Au nom de la liberté d’expression, des opinions, et même la liberté à la différence.

Un rassemblement pour quel peuple ?

Un front monarchique très conservatrice diraient les uns, un rassemblement populaire diraient les autres. La châtelaine de « Montre-tout » s’est efforcée à devenir une française comme les autres : elle n’est plus la propriétaire de la villa, elle est à présent en aparté.

La formation a beau être objectivement affaiblie, son poids électoral ne semble quasiment pas affecté. L’entreprise est prête à défendre un programme ultra-libéral, prônant la dérégulation du franc pendant trente ans, puis à revoir sa copie une fois que la France aura touché le fond : scénario envisagé si le RN était élu à la présidence. De même, l’entreprise RN n’a aucun problème à mener une OPA sur la laïcité. Entendons nous bien : pour ce mouvement la laïcité ne veut pas dire la tolérance à toutes les religions ! Uniquement le christianisme, le catholicisme, et le judaïsme. En somme, un simple retour à la loi sur la laïcité de 1905. Le décalage entre la vie de Marine Le Pen et ses promesses -et elle n’est pas la seule dans le monde politique- est suffisamment visible pour que l’on puisse se demander comment des Français peuvent croire à sa sincérité.

Sa lettre adressée à Alain Finkielkraut le 19 février dernier montre cependant une question qui peut soulever une problématique centrale : Veut-elle vraiment lutter contre toutes formes de racisme et de discrimination, ou bien est-ce encore une stratégie politique pour ramasser un maximum d’électeurs manquants ?

« Démago à mort » ?

Quel peuple ?

Racistes !?

Longtemps, je me suis posé la question de savoir pourquoi l’accusation de racisme pesait sur Jean-Marie Le Pen depuis la création du Front national au début des années 70. C’était d’autant plus incompréhensible que, à l’époque, La France venait de vivre le conflit algérien dans lequel mon père avait à été à la pointe du combat pour le maintien de l’Algérie dans la France, donc pour « la France de Dunkerque à Tamanrasset », comme disait De Gaulle avant 1962. Si, comme on le dit, il avait été raciste, il se serait, à n’en pas douter, réjoui de l’abandon de ce territoire.

A mon sens, l’explication est tout autre. Le Pen fut le premier à pressentir que l’immigration, telle qu’elle était envisagée, entraînerait des conséquences néfastes sur le plan économique et social ; il en fit un thème de campagne central du tout jeune mouvement qu’il venait de créer. Or, à l’époque, personne ne percevait l’immigration comme un problème ; il fut par conséquent assez facile à ses adversaires d’en déduire que sa motivation pour s’opposer à celle-ci ne pouvait être que le rejet de l’étranger. Donc, le racisme et la xénophobie. C.Q.F.D. Une fois encore, la pensée dominante mais erronée, se vérifiait : Avoir raison trop tôt c’est une autre façon d’avoir tort.

En réalité, pour précoce et peu agréable à entendre qui’elle fût, l’analyse de mon père s’est trouvé depuis, hélas, justifiée par les faits. L’arrivée dans notre pays des italiens, des Polonais, des Espagnols était fondée sur une démarche tout à la fois individuelle et volontaire. Cette immigration était faite d’hommes et de femmes qui avaient choisi la France, pas nécessairement pour devenir Français, mais pour travailler sur notre sol, attirés qu’ils étaient par la fascination qu’exerçait encore la France et tout ce qu’elle représentait : un pays de liberté,  imprégné d’une culture dense et riche. Un pays respectueux d’un certain nombre de valeurs issues du siècle des Lumières : la Raison, l’Egalité, la Fraternité. On voyait bien, et l’avenir le confirma ensuite, qu’il s’agissait d’une véritable adhésion à l’âme de la France. La naturalisation de ces immigrés, lorsqu’ils l’ont demandée, était la concrétisation naturelle de cette comunion.

Parce qu’ils respectaient notre mode de vie, nos principes républicains, notre histoire, notre culture, nos valeur, qu’ils y adhéraient fondamentalement, ils se sont fondus dans la communauté nationale qui les a assimilés. [Ainsi], A la demande du grand patronat, le pouvoir politique a fait appel à l’immigration. L’objectif, comme toujours, est le profit à court terme, ce profit qui les fait choisir les délocalisations au détrmeint des travailleurs de notre pays. Et le pouvoir politique, limité lui aussi par son désir de réelection facile, se soumet à ce choix. Par la voie du regroupement familial et de l’acquisiton automatique de la nationalité française en vertu du droit du sol, l’immigration de travail va dès lors devenir une immigration de peuplement.

Racistes !?

Qui sont les racistes ? Ceux qui, comme nous, jouent la franchise et leur disent que nous ne pouvons plus les accueillir ou ceux qui continuent à les faire venir pour les loger dans des hôtels insalubres parce que l’ensemble des logements sociaux sont déjà surchargés par ceux qui sont arrivés avant eux ? 

Qui sont les racistes ? Ceux qui veulent, comme nous, d’abord tenter de nourrir l’ensemble de nos comppatriotes ou les nouveux escalvagistes qui font venir cette main-d’oeuvre étrangère pour la faire travailler pour des salaires de misère ?

Qui sont les racistes ?

Les racistes ne sont pas ceux qui, comme nous, parlent avec la raison. Nombre de ces étrangers comprennent parfaitement que nous défendions notre peuple avant tout.

Les racistes, ce sont ceux qui leur vendent du rêve, un travail qu’ils n’auraont pas, sans avouer que l’assimilation  est devenue impossible et que l’ascencsueur social est bloqué.

On a souvent accusé le Front national d’être « obsédé » par l’immigration, de ne parler que de cela. Mais la vérité c’est que l’immigration, si elle n’est pas le seul problème de la France, loin s’en faut, elle est néanmoins l’un des plus graves et des plus lourds de conséquences. La nation est un cadre. C’est un espace politiquement, culturellement et économiquement délimité ; il est nécessaire, à notre sens, bénéfique et protecteur.

A l’évidence, tous ne l’entendent pas ainsi. Certains voient au contraire dans la nation un cadre contraignant  qu’il faut contribuer à détruire pour ne pas gêner leurs aspirations. Or, le moyen de saboter une nation consiste, d’abord et avant tout, à faire disparaître ses frontières. C’est chose faite. Nos frontières ont aujourd’hui disparu, la libre circulation des biens et des personnes est totale au bénéfice de certains et au détriment de tous les autres. Mais une nation, ce n’est pas un simple espace géographique. C’est aussi la cohérence de son peuple, une cohésion culturelle.

L’idéologie  du culturalisme en fut la grande destructrice. Cela alors que de plus en plus d’enfants arrivent en sixième sans maîtriser ni la langue française, ni l’écriture !

Ce pseudo-respect des cultures, régionales ou étrangères, a interdit de facto, on le voit bien, l’assimilation des populations immigrées, cela au prétexte qu’elle serait une violence faite à l’individu. Certes, l’assimilation est incontestablement une violence tant il est vrai que renoncer à une partie de sa culture ou à la pratique de sa langue pour en acquérir une autre,c’est abandonner une partie de soi et que, pour cela, il est nécessaire de se faire violence. Violence d’autant plus forte,que la culture d’origine sera éloignée de la nôtre…. Et c’est justement ce sacrifice et cet effort sur soi qui sont le gage d’une volonté avérée d’entrer dans la communauté nationale. C’est par cette preuve du désir d’un destin commun, ce témoignage de l’amour porté à la France, qui celui qui oeuvre ainsi à son assimilation est d’autant mieux accueilli par la communauté nationale.

L’apologie de la différence s’est vite transformée en théorie de la division, de la fragmentation, nourrissant le communautarisme qui heurte aujourd’hui de plein fouet notre unité et notre cohésion nationale. [Ils sont] tellement important en nombre qu’on peut même se demander si nous aurions pu assimiler un tel flux d’étrangers pour autant que nous l’eussions voulu ! Toutes catégories confondues, la France a accueilli en trente ans plus de 15 millions d’immigrés. Le poids économique et social de l’immigration devenait insoutenable pour la communauté nationale et pour son économie fragilisée par des choix plus harsardeux les uns que les autres. Au moment où la France se débat dans une situation économique proche du dépôt de bilan, nos gouvernants continuent à faire payer, au propre comme au figuré, le coût de leur utopique générosité mondiale aux seuls Français qui travaillent et qui sont, comme on le sait, de moins en moins nombreux à le faire ! Car il n’est pas nécessaire d’avoir fait l’ENA  pour comprendre que les centaines de milliers d’immigrés qui rentrent en France chaque année sans pouvoir subvenir à leur propre besoins, deviennent peu à peu à la charge des contribuables. Pas besoin non plus de sortir des grandes écoles pour comprendre que la France n’a précisément plus les moyens de telles largesses.

Chacun peut constater aujourd’hui que nous sommes confrontés à une juxtaposition de populations qui, privés du ciment national, se constituent en communautés antagonistes pour obtenir des avantages financiers ou politiques. Enfant naturel de l’immigration non contrôlée et de l’abandon des principes de l’unité nationale, le communautarisme a explosé en France au cours des dix dernières années. Le communautarisme se situe à l’exact opposé de l’universalité dont on nous vantait dans le même temps les mérites à l’école publique. Il constitue la dérive obligée des sociétés sans repère. Sur d’autres continents, on parlerait volontiers de tribalisme et à d’autres époques, de féodalisme. Son apparition au détriment de l’Etat a toujours été analysée comme une régression. Comment peut-on alors le considérer aujourd’hui comme un progrès ? Comment peut-on le laisser prospérer et même s’étatiser ? Car du jour où les associations, représentant chacune une communauté, ont sollicité et obtenu des financements publics, est apparu un communautarisme d’Etat taisant son nom et préférant se retrancher dérrière les vocables plus politiquement corrects de « discrimination positive », « diversité » ou « égalité des chances ». C’est ainsi que depuis de nombreuses années, le pourcentage d’associations communautaires financées par les deniers publics au niveau national, régional ou départemental, a augmenté de manière vertigineuse, nos politiciens ayant vite compris tout l’intérêt qu’ils pouvaient tirer de l’existence de clientèles électorales identifiables, finançables et donc rendues captives.

Par faiblesse ou par clientélisme, le pouvoir politique cède donc à toutes les revendications, y compris les plus nocives pour notre République. Dans ce climat de laisser-aller, toutes ces revendications minoritaires issues de communautés sexuelles, ethniques, religieuses, régionalistes sont donc prises en compte, chacune contribuant à faire s’effondrer les piliers de notre société. A quand, sur le même modèle, la pression de certains religieux pour légaliser la polygamie ou la répudiation ? Les campagnes électorales voient apparaître elles aussi des listes communautaristes qui se concentrent sur des revendications n’ayant rien à voir avec la gestion du pays. Même le regard sur l’Histoire se communautarise, en voyant telle ou telle communauté faire le tri entre l’Histoire acceptable et celle qu’elle conteste car elle la trouve peu à son goût.

On ne pouvait que s’attendre, hélas, à ce que certaines communautés se servent de cette fragmentation pour asseoir leur pouvoir politique au sein même de notre pays, avec la complicité souvent active de la classe politique. C’est bien entendu ce que font quelques groupements musulmans pour qui cette pente naturelle est une véritable aubaine. Notre République et notre nation existent-elles encore ?

Que les électeurs prennent leur responsabilité !

Bien des Français souffrent, de chômage donc à plus ou moins court terme de pauvreté. Ils ne sont pas délinquants, ils ne sont pas non plus des « demis-citoyens » comme pensent pas mal de bénévoles associatives, de travailleurs sociaux et une partie électorale issue de la classe moyenne toutes sensibilités confondues. Bien des Français souffrent et ne votent pas RN pour autant, et ils ne votent pas FI non plus !

Cependant, bien des Français votent par désespoir de cause, pour le RN…

Souvent par naïveté, sinon à défaut d’un autre parti. Mais encore, bien des Français ne votent pas du tout : pas même un « vote blanc ».

Ceux et celles qui souhaitent se défouler, mais faute de moyens ou d’être entendu peuvent aller courir en jogging au parc de leur quartier le plus proche, et faire comme moi : tenir un blog que vous lisez en ce moment, avoir créer quelques groupes et une page sur Facebook, re- retweeter quelques évènements en les commentant… etc. Ceux et celles qui peuvent se faire entendre et ont des choses à dire, peuvent bien sûr se déplacer en lieu de permanence auprès de leur députée, de leur maire, ou aller s’inscrire dans une quelconque association qui les intéresse. Mais d’autres ne peuvent pas ou savent bien que c’est de l’effort sans issue… Et nous ne sommes pas tous doué en communication. Voter RN est-ce de la facilité ou tout simplement manifester son dégoût de ce système ? Voter FI n’est-ce pas non plus de la facilité là aussi pour exprimer un raz- le-bol ? Ceux et celles qui choisissent de le faire ont mal, leur douleur relève du cœur des sentiments et de l’esprit de révolté plus que de l’immaturité ou de l’impulsion irréfléchie. En bon mouvement il est vrai que le RN est un mouvement « démagogique » au sens où Marine Le Pen leur promet « la lune » : elle promet et dit aux gens ce qu’ils veulent entendre ! En cela elle n’est pas très différente des autres familles politiques !! Avons-nous besoin de l’immigration, d’une main d’œuvre supplémentaire pour les métiers les plus pénibles que l’on dit « refusé par le Français autochtone » ? Sinon peut-être pour baisser les coûts salariales ou pour exploiter leur naïveté du fait de leur manque de connaissances en droit civil et droit du travail ? Dans l’affirmative : Les intégrer suffit-il ? Ne faudrait-il pas les assimiler complètement à nos valeurs éthiques : état civil issu du calendrier napoléonien, religion chrétienne sinon au moins catholique, savoir-vivre, etc. Mais comment convaincre les Français issus de la diversité d’accepter cette assimilation si ceux-ci sont persuadé que tous les « blancos » les blonds, sont des racistes dans l’âme ? La certitude de se croire victime du racisme, de l’antisémitisme, de la ségrégation sociale et de penser que le « méchant collaborateur ou fils de… » ou fils de colonisateur soit les indo-européens va à l’encontre de la cohésion sociale, autrement dit « le vivre-ensemble ».

Dans l’opposition d’assimilation de la nouvelle civilisation qui vient et qui s’est déjà développé dans notre pays en masse, ce serait catastrophique et la France deviendrait l’Amérique du Nord. Elle deviendrait certainement plus compétitive dans les sondages et les tableaux de l’INSEE, puisque nous serions transformé en atelier de travail bon marché, avec des acquis sociaux dignes de la Roumanie, des « hommes aux foyer et des femmes » bénéficiaires de minima sociaux en masse. Une France très conservatrice et encore plus libéral qu’elle ne l’est déjà. Est-ce vraiment  ce que veulent les classes populaires françaises les plus pauvres qui ont renoncé au vote, ou qui votent RN /FI ? Si c’est non, qu’ils protestent, comme les gilets jaunes l’ont fait, par la violence puisque la communication n’est pas possible même dans un grand débat populaire.  En revanche, s’il est possible que cette nouvelle civilisation puisse accepter de se remettre en question pour renoncer enfin, à sa position de fausse victime, et de s’assimiler vraiment sans arrière-pensée, alors la croissance économique française se porterait beaucoup mieux, et pour tout le monde. A l’heure où j’écris ce long billet, il n’y a aucune offre alternative, et certainement pas pour les chômeurs de longue durée. Or c’est un grossier mensonge que de prétendre le contraire en prétextant que le RN est une alternative, ou que le PS sinon la FI sont les alternants pour les pauvres. Lesquels ? En apparence seulement…

On nous dit que notre système politique est ce qu’il y a de plus démocratique et diversifié dans le monde ; que le nombre de partis politiques est suffisant pour représenter toutes les nuances d’opinions. Mon œil ! Nous vivons sous un régime qui est représentatif dans les textes et au sein des organes publics : seulement dans les textes et au sein de ces organes où ne peuvent y mettre pied qui veut. Et je ne suis pas sûr que la proportionnelle partielle et même intégrale améliorerait notre sort. Alors moi je dis oui : il faut évoluer vers un système où les 4 plus grands partis majoritaires -je les nommes PS, Modem, Rem et LR- seraient contraints s’ils étaient élus comme membres du gouvernement et/ou majoritaires à l’Assemblée Nationale de faire alliance, d’établir des compromis, avec les extrêmes les plus lointains du centre, sous la surveillance de la population électorale populaire la plus pauvre ou la plus invisible : RN, FI, NPA, LO…

L’autre alternative possible mais plus compliqué serait celle-ci : s’inspirer de la démocratie suisse, parfaite pour permettre à la moindre opposition populaire significative sous conditions d’être majoritaire et consulté par tous, d’aboutir.

Maintenir la vieille république actuelle ou désigner une république plus populaire ?

En prenant exemple sur l’un des intellectuels connu du grand public, le danger du RN serait peut-être justement de devenir finalement la véritable alternative, faute de mieux. Après avoir été la risée de la fin du XXe siècle en tant que mouvement dangereux par ses propos et par son programme, le voilà à présent à récolter tous les déçus de la République, ces voix électorales qui croient à la fable qu’on leur a racontée. Voilà ainsi pourquoi la grande idéologie dominante des grands partis centraux qui ont duré et sont restés au pouvoir depuis plus de cinquante ans doit cesser ; ils doivent défaire ce qu’ils ont fait. Il leur faut accepter de se remettre en question en stoppant leur incroyable fixation sur les questions culturelles, de communautés, de « diversité » qu’ils préfèrent pour esquiver le débat économique et social qui aurait dû être instauré depuis toujours. Il faut reconstruire, le « Front Populaire » qui ne pourrait se trouver chez Jean-Luc Mélenchon ou pas seulement. Aurait- on intérêt à peser dans le pouvoir politique en balayant d’un revers de main tous ces élu(e)s qui n’ont rien d’autre à proposer qu’à nous donner des miettes de pains tombés sous la table, ou en nous regardant avec mépris le pantalon et les chaussures, ou en se bouchant le nez comme si nous étions « moins bien » ?

Quelle République ?

La nation française est en voie de disparition, victime d’un double phénomène concourant à sa perte : une Europe qui la dilue et un communautarisme qui la fragmente. Vidant peu à peu la nation de son contenu, les gouvernements sucessifs ont dans le même temps vidé de son contenu la nationalité, d’abord et en premier lieu en l’accordant sans aucune condition d’adhésion. La carte d’identité distribuée au premier venu n’est plus un honneur chèrement mérité. Ce n’est plus que l’attestation plastifiée d’une simple situation administrative, qui ouvre droit à des prestations, au même titre que la carte Vitale ou la carte Orange. Lorsqu’il n’est plus fait aucune différence entre ceux qui ont la nationalité et ceux qui ne l’ont pas, lorsque, sommé d’accueillir en son sein des nationalités, des cultures, des religions aussi différentes que celles qui s’expriment au travers des flux migratioires massifs, on n’arrive plus à défendre l’identité française, comment s’étonner du profond malaise qui saisit les Français ?

Tant que notre identité ne sera plus défendue ou même simplement apprise, il ne faudra pas s’étonner qu’elle ne soit plus un rêve, un idéal auquel on s’identifie, et que de plus en plus nombreux soient ceux qui s’en détournent pour choisir des identités de substitution.

Antirépublicains !?

La suprême accusation était lancée à la tête du Front national : nous serions des antirépublicains ! Rejetés hors du cercle politique par un « Front républicain » se fondant sur les « principes républicains », en appelant aux « valeurs de la République ».

Quel est donc cet objet politique non identifiable dont nous avions violé les principes sans le savoir ?

Pas de réponse !

Car enfin, la République, c’est vague. Quelle République, pour quel modèle : la République islamique d’Iran ? La République populaire de Chine ? La République démocratique du Congo ?

Ceux qui nous ont lancé cet anathème n’avaient oublié qu’une chose : notre République, la République française, est indissociable de notre nation or, pendant de longues années, nous avons été victimes d’une dialectique aussi politicienne qu’artificielle : la République d’un côté, la nation de l’autre. Les républicains dans un camp, les nationaux dans un autre. Les défenseurs de la nation étaient protectionnistes, ringards, égoïstes, culturellement pauvres, alors que ceux de la République étaient bien entendu ouverts sur le monde, généreux, humanistes.

La devise de la République française « Liberté, Egalité, Fraternité » qui ne se concevait en 1789 qu’entre les citoyens de la même nation est devenue la liberté, l’égalité et la fraternité entre les hommes du monde entier. C’est si vrai que l’article 5 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen édicte que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

« La devise est : Liberté, Egalité, Fraternité ».

L’égalité ne peut s’imposer qu’au détriment de la liberté individuelle, et l’expérience soviétique témoigne de l’impossibilité structurelle du défi posé.

La liberté, de son côté, aggrave les inégalités comme le démontre chaque jour plus durement le spectacle peu encourageant du système ultralibéral américain.

Or, seule la fraternité peut réconcilier ces contraires. Et qu’est-ce que la fraternité, sinon la conscience et le sentiment d’appartenir à un même peuple, à une même destinée, à une même nation ? Il n’y a que dans le cadre national, et dans ce cadre seulement, que peuvent prospérer ces trois principes.

Quand, de Marie-Georges Buffet à Nicolas Sarkozy, on s’apprête à accorder le droit de vote aux étrangers, ce qui vide la citoyenneté de son contenu, la France n’est plus une république une et indivisible comme l’annonce l’article 1 de notre Constitution, et ce, depuis que sous l’influence de certains, dont Nicolas Sarkozy, on introduit le poison de la « discrimination positive » et donc du communautarisme.

Et que devient l’alinéa 2 de ce même article 1 : « Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de religion ? »

Chaque communauté revendique ajourd’hui, en cultivant un statut victimaire, une protection particulière, et la loi s’adapte à n’en plus finir, créant autant de cas particuliers. C’est l’affaiblissement du modèle général qui permet la fragmentation de,la nation, l’identité nationale passant alors au second plan derrière l’identité religieuse, régionale, sexuelle, etc. Il existe des textes pour tous et surtout pour chacun, les homosexuels, les femmes, les juifs, les obèses, les handicapés, les descendants d’esclaves ; chacun doit pouvoir arguer d’une protection spéciale en fonction de son âge, de sa nationalité, de ses opinions politiques, de son appartenance syndicale.

Aujourd’hui, comme nous l’avons vu, la situation est dramatique. Des jeunes filles sont instrumentalisées pour porter le voile, véritable retour à l’obscurantisme ; des communes aménagent les repas dans les cantines de l’école de la République,  pour répondre à telle ou telle prescription religieuse, ou aménagent des horaires dans les piscines publiques pour éviter la mixité, laquelle disparaît aussi dans les activités sportives, les centres sociaux. On refuse de pratiquer le chant choral, de manipuler du porcs dans les lycées professionnels d’hôtellerie-restauration. L’hôpital public ne sait plus, lui non plus, à quel saint se vouer, et il voit de plus en plus de femmes refuser d’être soignées par des hommes et d’hommes d’être soignés par des femmes.

Nos politique n’ont rien fait, rien dit. Chruchill disait : « Ils ont accepté le déshonneur pour avoir la paix. Ils auront et le déshonneur et la guerre. »

Où sont-ils, les défenseurs des « valeurs républicaines » ? Que n’ont-ils su défendre ces « principes républicains » ? Plutôt que d’imposer fermement nos principes, ils légifèrent pour s’adapter à la pression imposée par ceux dont ils craignent le vote.

Cette classe politique peut-elle vraiment nous donner des leçons, alors que nous sommes les seuls aujourd’hui à vouloir remettre l’Etat à sa place et défendre les valeurs nationales françaises ? On m’a souvent posé la question : « L’Islam est-il soluble dans la République ? » et j’ai souvent répondu : « C’est aux musulmans de répondre ».

Encore faut-il que l’on ne transige pas, dès le départ, sur nos principes d’unité nationale et de laïcité. Ce n’est pas à la République française de se soumettre aux valeurs de l’Islam, c’est à l’Islam de se soumettre à la République française. Beaucoup de français musulmans adhèrent à ce contrat et vivent leur foi dans le respect de nos lois et de nos valeurs. C’est la raison pour laquelle il faut affirmer haut et fort que le retour du rouleau compresseur républicain, une laïcité sans concession, le refus absolu du communautarisme, une guerre sans merci à la criminalité et la fierté retrouvée de ce que nous sommes, incarnent le dernier espoir pour protéger notre nation et notre République, sauver le peuple français de la désespérance et à terme de la disparition.

Il n’y a de « sens de l’histoire » que celui que le peuple veut lui donner.

C’est lui et lui seul qui doit décider de son destin.

Ne pas abandonner le terrain du courage et des valeurs

Rien n’est pire que d’envisager l’impensable : plus de démocratie et plus de gauche. Pourtant ça a déjà commencé : la gauche a abandonné une grande partie des valeurs de la République et la laïcité pour défendre la diversité et la mondialisation ; ainsi le RN est devenu en lieu et place un renouveau en reprenant les idéaux du PS des années 70.

A l’époque où Jean-Marie Le Pen prétendait à la formule : « 3 millions d’immigrés=3 millions de chômeurs, il était l’épouvantail montré du doigt par les autres élus politiques.

Aujourd’hui Marine Le Pen dénonce des faits précis et concrets. Comme les prières de rue, qui sont effectivement illégales et contraire au principe non seulement de laïcité mais surtout d’égalité entre les riverains de quartiers devant la loi. Certains et certaines pouvant annexer l’espace public au « nom de la liberté religieuse » et de la « diversité », d’autres non. C’est accomplis : l’ensemble des services publics et les entreprises les plus importantes sont à présent gérés par des salarié(e)s qui sont du même bord…

Ces cas problématiques sont sérieux et méritent de s’y attarder pour s’y opposer.

Nier ces faits ce serait fermer les yeux sur toutes les implications que ça peut comporter, s’en réjouir serait encore pire. Un journaliste allemand dans les années 40 au moment où le NSDAP devenait le parti le plus dominant de l’Allemagne nazi, avait dit : « Le pire, c’est de ne rien faire ». En référence au film <Hitler, la naissance du mal>. Je pense qu’on pourrait aujourd’hui se servir une deuxième fois de cette opinion…

Je peux aussi prendre référence sur le voile ou la burqa, qui n’ont jamais été des accoutrements servant d’arguments au nom de la diversité ou de laïcité, mais des signes de rejets de notre civilisation, des abominations profondément réactionnaires en apparence passives, qui ont tout le symbole du rejet de l’indo-européen, du féminisme de gauche et de la libération de la femme. Peut-on faire confiance à des grands partis politiques, à « ni putes ni soumises » ; à la classe moyenne issue de mai 68 ou à SOS Racisme pour en découdre ? Tout l’enjeu de ces mouvements aussi populistes que le RN et la FI ont pour objectif commun de faire oublier leur caractère profondément anti-républicain et accomplir un fantasme par voie stratégique sous apparence de la victimisation sinon d’une résistance passive et conviviale : le remplacement et l’avènement d’une nouvelle population. Loin de déserter ce terrain pour faire barrage au Rassemblement national, les grands partis vont combattre le RN et chercher à convaincre que la mondialisation c’est bien, que la France a toujours été un pays sans racine ou plutôt de mélange et de diversité, cette imposture pour cacher le vrai problème : un choc des civilisations a déjà commencé sur un même continent ; la disparition de la laïcité pour laisser place à l’intégrisme et pas forcément le moins pire.

Le RN veut bien hurler au loup mais que propose t-il ?

Rien qui permettra d’améliorer la situation. La solution ne viendra pas de la résolution à un manque d’humanisme sous couvert d’esprits bornés, mais tout au contraire à limiter l’humanisme auprès de ceux et celles qui en ont véritablement besoin, nos semblables ; et cultiver l’esprit éclairé. Or ce véritable humanisme que nous avons oublié passe par la ré- éducation de ce que doit être la citoyenneté. Et cette ré- éducation ne peut se faire que dans des instituts universitaires populaires faits par des indo- européens pour leurs semblables. L’émancipation passe par le peuple et pour le peuple. Je ne suis pas sûr que cela fasse partie des projets de Marine Le Pen, et de son entourage.

Ne pas tout mélanger, ni flatter le « tous pourris »

Etre lucide bien entendu face au RN et aux autres organisations suppose de ne pas tout mélanger. Les nationalistes xénophobes, les souverainistes d’un côté, et les mondialistes, les europhiles de l’autre. Quelques-uns et quelques-unes d’entres- elles  soutiennent un nouveau genre humain diversifié comme si nous étions nous autres bon à remplacer ou à jeter. Nous avons donc le peuple, et puis nous avons les autres, ceux qui se croient au-dessus des lois et sont souvent à la TV. Mais en même temps il ne sert rien de faire des confusions entre les personnalités : Luc Ferry ce n’est pas Eric Zemmour, et ce dernier n’est pas non plus Marine Le Pen ; Djamel Debbouze ce n’est pas Mimi Matie, qui n’est pas non plus Jean-Luc Mélenchon. Il ne sert à rien non plus d’oublier les nuances que l’on peut trouver entre Marine Le Pen et une journaliste d’opinion tranchée comme Elisabeth Lévy ; De même que cette dernière n’a rien de commun avec Caroline Fourest. Et de même encore, on ne gagnera rien à mettre sur le même plan le populisme de la France Insoumise et les électeurs du Rassemblement National. Tous deux se disputent incontestablement la colère contre l’élite, mais n’ont pas les mêmes causes, les mêmes projets, les mêmes intérêts. Les mêmes raisons de contester.

Le RN en somme, n’est pas si différent des autres partis.

Il existe toutefois un moyen de se tenir à l’écart de cette comparaison : cesser de flatter l’idéologie minoritaire du « tous pourri ». Abandonner, au fond, la tentation communautaire pour lui préférer la liberté individuelle puis collective de critiquer : les intellectuels, les journalistes, les politiques et le monde en général.

Envisager un espace du libre-échange, au service de l’esprit critique, sans langue de bois.

Un parti dit « populiste » -un mot qui trouve son origine à partir d’un autre : peuple- prétendument démagogique n’est rien d’autre qu’un parti marginalisé parce que considéré comme non conforme aux idées dominantes que l’on prétend républicaines et démocratiques. On peut les citer et pourtant elles ont leur place légitimes bien plus que ne le sont les grands partis influents : NPA, LO, RN bien sûr, etc. Une parole issue du peuple est bien plus facilement inaudible qu’une parole prononcée par une personnalité publique. Pour éviter le piège de la personnalisation voire de la « pipolisation politique », et même pour éviter le « monopole du coeur », favorisé par la Ve République, il faudra montrer aux français, l’ensemble des décisionnaires anonymes de notre monde économique autant que ce petit monde des serivces publics et associatives qui prennent un malin plaisir à se jouer de certaines personnes -dont je fais certainement parti- en les considérant comme non prioritaires quand il s’agit de bénéficier de certains droits  acquis par d’autres. Et justement, Marine Le Pen qui est loin d’être anonyme, séduisante dans ses arguments, peut donner envie à un électeur de voter pour elle. Mais à quoi ressemblera son gouvernement ? Les Français veulent-ils  d’un Wallerant de Saint-Just comme ministre de la justice, d’un Bruno Gollnisch comme ministre de la solidarité, d’un Saint-Afrique comme ministre du travail et de l’emploi ?

Les politiques souffrent de la compression du temps médiatique, où nous devons expliquer toujours plus en moins de temps. Ils souffrent aussi des débats qui ne sont pas posés et tranquillement décrit à l’instar du XXe siècle, mais toujours dans le prêt -à -penser vite et sommaire pour mieux les caricaturer ensuite et justifier la légitimité des intellectuels qui vont commenter les arguments de chacun. C’est une réalité qui semble ne pas vouloir changer sinon toujours vers le pire et la consommation rapide de l’information. Il faut donc être un génie aujourd’hui pour s’y préparer et être un bon orateur bref et concis. Mais souvent c’est un risque : en procédant de la sorte on peut être considéré comme démagogue puisque les journalistes et intellectuels passent leur temps à commenter des arguments sommaires. Difficile alors pour une candidate à une élection de faire de la pédagogie face à des électeurs, le peuple ? Eh non… Face aux journalistes ! Un pouvoir médiatique qui recherche plus souvent l’audience que l’humain. D’accord, certaines chaînes organisent des débats sereins, où le citoyen peut vraiment apprécier les idées, et non des émissions de 2h qui n’aboutissent à rien, et où l’on ne comprend rien de ce qu’il fallait retenir. Un peu comme certaines chaînes. Un pays dont la première démarche repose plus sur le marketing et la consommation payante auprès de « cerveau disponibles » est un pays préparé à voter démagogie.

Ainsi, pour résister à la démagogie je propose de faire le choix de la démocratie critique.

Publié par jeremie92

Je suis un professionnel disponible, autodidacte et motivé : je mets à disposition mes compétences en freelance, soit en portage salarial à distance en télétravail ou sur place au choix de l’entreprise : Rédacteur web sinon blogueur professionnel pour les entreprises. Je peux aussi me rendre disponible pour des tâches en fonction support tels que la gestion administrative commerciale, l’achat, les moyens généraux, les ressources humaines et même la comptabilité. Mon taux journalier s’élève à 50€. Il est demandé un acompte de 50% pour couvrir les frais. Je n’ai pas de préférence sur les conditions et l’aménagement du temps de travail, mais j’ai une petite préférence pour les branches d’activités : sociologie, médias, radios et audiovisuel. Ce qui ne veut pas dire que je me ferme à d’autres opportunités ; je suis plutôt flexible, ce que je demande en tout bonne foi c’est de la sincérité et de l’authenticité

2 commentaires sur « MARINE LE PEN »

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